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avancé. S... est présenté au Conseil de santé de Brest, qui lui donne un
congé de convalescence de trois mois. Le 9 février, S... arrive de l’île de Croix où habite sa famille. Le soir de son arrivée et probablement sous l'influence d’un refroidissement, accès de fièvre très intense, frissons, vomissements alimentaires d’abord, puis sanglants, urines sanglantes, teinte ictérique très prononcée. Get accès dure trois jours, plongeant le malade dans un état de prostration très grande et le laissant indifférent à tout ce qui l'entoure. »
…. C’est alors que le malade est pris de gangrène de la verge, entre à l'hôpital de Lorient et présente, en outre, de la tuméfaction du foie et de l'hypertrophie de la rate.
Nous ferons ressortir plus loin, au diagnostic différentiel, la valeur des symptômes ordinaires à cette affection ; mais notons une fois, comme un fait bien en faveur de sa nature paludéenne, la gangrène survenue chez le sujet. On sait, en effet, depuis longtemps, par les travaux de Petit et Verneuil, que la gangrène peut reconnaître pour cause l’intoxication paludéenne. Or, si chez un sujet incontestablement paludéen par ses antécédents survient, en même temps qu'une gangrène et un accès de fièvre avec ictère, des vomissements sanglants, il est vraisemblable que ceux-ci relèvent aussi de la même intoxication.
Guiol, à Noss1'Bé, a observé la gastrorrhagie au cours de la ne B . # bilieuse hématurique.
«… Si, dit-il, c'est par les reins que le sang s'échappe ordinairement dans cette maladie, n'oublions pas qu'il peut aussi se faire jour par ailleurs ; j'ai observé un accès jaune où la gastrorrhagie, chez un sujet n'ayant jamais souffert auparavant de l'estomac, a coïncidé avec les urines
noires; on m'a cité un cas analogue. »
Après les différents auteurs, dont il a été question aux vomissements bilieux, d’après leurs travaux et ses propres observations, Corre a consacré aussi dans son livre quelques lignes à la gastrorrhagie d’origine paludéenne.
Elle contribue à caractériser, avec l’entérorrhagie et les autres hémorragies avec lesquelles elle peut coïncider, une forme dite hémorragique du degré intense de la bilieuse paludéenne, forme bien distincte de la fièvre jaune.
« Il n'est pas difficile, écrit-il, de reconnaître dans l'état des matières rejetées par l'estomac et l'intestin une tendance hémorragique, en rapport avec l’altération profonde du sang. Mais quelquefois cette tendance est accentuée davantage, tantôt dès les premiers jours, tantôt à une période plus ou moins avancée de la maladie. Aux vomisssements et aux selles de matières noires ou brunes, souvent grumeleuses et tout a fait comparables à du marc de café ou à de la suite delayée dans de l’eau, matières dans lesquelles le microscope et l'analyse chimique retrouvent les éléments du sang, viennent s'ajouter des suffusions sanguines, d'apparence ecchymotique, et des patéchies à la peau, des hémorragies par les muqueuses nasale, gengivale, linguale, etc... ; la rémittence disparaît et la maladie présente tous les caractères de la fièvre jaune.
» Aussi n'est-il pas étonnant que des médecins partisans du développement local de l’origine malarienne du typhus amaril, aient cru retrouver celui-ci en dehors de toute importation, dans des régions où l'opinion générale la déclare inconnue. C'est à cette forme qu'il convient de donner le nom d’hémorragique on l'observait quelquefois en Algérie, pendant la saison estivale, mais surtout dans le commencement de la saison suivante (Haspel). C'est encore à celte forme caractérisée par le haut degré d'intensité de l’état bilieux, avec tendance habituelle aux manifestations hémorragiques, par une durée souvent très courte et la gravité du pronostic qu’en diverses localités de la zone intertropicale on à donné le nom d'accès jaune » (90-91).
Des hémorragies stomacales abondantes s’observent aussi,
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d'après Corre, dans la forme complète de la bilieuse hématurique ou hémoglobinurique.
« Quelquefois, dit l'auteur (pages 194-195), on observe des vomissements et des selles d'apparence sanguinolente où franchement hématique. Le sang provient souvent des cavités nasales, involontairement dégluti par le malade au cours d'une épistaxis. Mais en certain cas, où les matières présentent d'ailleurs la plus complète ressemblance avec celles de la fièvre jaune, et où l'on rencontre à l’autopsie une injection très prononcée de la muqueuse digestive, il peut reconnaitre pour origine une hémorragie ou une transsudation de la matière globulaire par la surface de cette mem-
brane. »
Quant aux moyens propres à arrêter ces gastrorragies, nous les trouvons dans les « indications relatives à l’état du sang et de la circulation ».
« Fouruir au sang les moyens d'augmenter la coagubilité de son plasma, pour diminuer les chances d’un écoulement hémorragique d'autant plus à redouter que l'organisme est déjà plus affaibli, et les matières nécessaires à la reconstitution des globules par l'emploi du perchlorure de fer et des aliments azotés le plus facilement assimilables (lait, jus de viande, addition de pepsine, bouillon, ete.) par les voies stomacales ou rectales (248-249).
» Par ailleurs le sulfate de quinine comme dans les cas de vomissements
bilieux ».
Nous n'avons pas à revenir sur la démonstration de la nature paludéenne des affections dans lesquelles les gastrorragies ont été observées.
Mais il importe d’insister sur le diagnostic différentiel avec la fièvre jaune, dans laquelle les vomissements noirs sont ordinaires, et que quelques-uns considèrent comme une affection paludéenne.
Voici le tableau différentiel qu'en a tracé Corre
après
Copland, Rufz de Lavison et J. Jones.
Fièvre Jaune
Fièvre Paludéenne
A. Condilions éliologiques.
Endémicité non en rapport avec le développement des conditions malariennes.
Développement par propagation indifféremment dans les pays malariens et les pays non malariens.
Transmissibilité.
Sujets robustes particulièrement prédisposés.
Créoles et gens de couleur indemnes dans la plus large mesure.
Première atteinte conférant l’immunité.
Endémicité en rapport exclusif avec les conditions malariennes.
Point de développement en dehors de ces conditions.
Pas de transmissibilité.
Débilitation favorable à l’imprégnation.
Créoles et noirs non indemnes ou jouissant d’une immunité seulement relative.
Atteintes antérieures augmentant les chances d’atteintes ultérieures.
B. Caractères cliniques
Type continu ou rémittent à double paroxysme (deux périodes fébriles séparées par une rémission).
Formes peu nombreuses surtout en rapport avec le degré d'intensité de l'atteinte; caractères plus fixes.
Céphalalgie prononçant guère au delà du troisième ou du quatrième jour.
ne se
Rémittence marquée, quoique souvent obscure et difficile à saisir ; paroxysmes multiples, rarement prolongés au-delà de quatorze ou dix-huit heures, ordinairement quo-
tidiens ou revétant le type lierce.
Formes cliniques très diverses :
chaque cas présente, pour ainsi dire, une symptomatologie individuelle.
Céphalalgie plus prononcée parfois jusqu'au sixième et au septième jour. |
iORE
Délire rare, à peine quelquefois dans les. dernières heures, intelligence remarquablement conservée (du moins en apparence, l'absolue méconnaissance de son état constituant, chez le malade, un véritable délire) (Jaccoud).
Douleurs lombaires, courbature, accablement, mais force musculaire relativement conservée.
Hémorragies fréquentes.
Pouls atteignant sa plus grande fréquence dès le premier jour, et diminuant de fréquence graduellement à partir du second, parfois très lent dans la dernière période.
Ictère précoce hépatique et ictère secondaire, non constant, bilieux.
Presque toujours prononcée au début.
constipation
Vomissements noirs, fréquents, .abondants, constituant l’un des prin-
cipaux caractères de la maladie.
Météorisme non habituel.
Suppression des urines dans les cas graves.
Durée de cinq à sept jours en moyenne.
Mort survenant plus graduellement, signes pronostic plus certains.
Délire assez fréquent, intelligence moins libre dès le début,
Douleurs contusives générales, agitation, force musculaire déprimée.
Hémorragies rares.
Pouls augmentant de fréquence à mesure que. la maladie s'aggrave et ne se ralentissant pas à la fin.
tardif, bilieux, s'accompagne
Un seul ictère, quand la maladie d'état bilieux.
Assez fréquemment de la diarrhée au début.
Vomissements noirs dans quelques eas, mais fort rares.
Météorisme dans les derniersjours.
Suppression des urines moins fréquente.
Durée moyenne de deux septenaires.
Mort survenant d’une manière souvent imprévue, presque toujours sous forme d’un dernier accès à signes pronostiques moins sûrs.
Grande mortalité.
Sulfate de quinine inefficace.
Mortalité beaucoup moins forte.
Sulfate de quinine ordinairement efficace.