‹ Des Manifestations Gastriques, Intestinales et Gastro-Intestinales Du PaludismeChapitre 25 sur 25 · PET · texte numérisé non relu

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la gastralgie, l’entéralgie avec ou sans constipation d'origine saturnine; ce sont des manifestations de sources diverses.

La gastralgie et l’entéralgie palustres s’observent soit dans les pays paludéens, chauds et humides, soit au sortir de ces milieux dans les pays tempérés, surtout chez les cachectiques, les anémiques. C’est tantôt sous forme d'état larvé, tantôt en alternance ou en coexistence avec les accès de fièvre : (accès gastralgique et entéralgique) ou avec d’autres manifes- à tations névropathiques (névralgie orbitaire, intercostale, etc.). a

Elles sont l'expression d’une profonde imprégnation mias- #4 matique. Ce sont essentiellement des névralgies du sympathique ; la névralgie intestinale entraîne après elle la contrac- + ture des muscles de l'estomac et de l'intestin; la constipation s’en suit pour ce dernier et la colique sèche se trouve ainsi À constituée.

. Conséquemment, au point de vue thérapeutique, la gastralgie et l’entéralgie palustres, comme toutes les névropathies qui relèvent du paludisme, sont justiciables du sulfate de quinine. Il faut le donner à dose assez élevée contre l'accès et aussi dans l'intervalle des accès, contre l’intoxication première dont elles procèdent.

La belladone est un adjuvant contre l’hypéresthésie mais surtout contre la contracture intestinale et sa conséquence la constipation. Les succédanés de la quinine.ont leur raison d'être dans l'intervalle des accès.

Le mot de colique sèche employé seul ne saurait faire pré-

sn Le, NPA

juger de la nature de l'affection ; il faut s'appliquer à préciser cette nature, en lui adjoignant, suivant le cas, l’épithète de s saturnine ou paludéenne ; ainsi envisagé il peut être conservé.

La gastralgie et l’entéralgie palustres, contrairement à la gastralgie et à l’entéralgie saturnines, ne s’accompagnent jamais du liseré bleu des gencives ou de Burton, ni de féti- |

dité de l’haleine, ni de saveur stytique, ni de rétraction du ventre, ni d’encéphalopathie, ni de paralysie des extenseurs, mais seulement et assez rarement de troubles nerveux graves, voire même de paralysies autres que celle des extenseurs et nullement spéciales au saturnisme.

Par ailleurs, si la gastralgie et l’entéralgie saturnines se compliquent souvent de paludisme et affectent sous son influence le type périodique et intermittent, elles s’observent le plus ordinairement dans des milieux et chez des sujets absolument indemnes de la malaria. En outre, la complication paludéenne une fois vaincue par la quinine, la colique saturnine persiste et ne cède pas à l’administration de cet alcaloïde.

Les vomissements peuvent exister soit à l’état larvé, soit dans les formes fébriles du paludisme. Dans ce dernier cas, 1ls sont muqueux et d'observation courante, bilieux et fréquents, hémorragiques et plus rares. C’est dans la billeuse paludéenne de types divers et dans la bilieuse hématurique qu'on observe ces derniers.

Ces affections sont bien de nature paludéenne, justiciables de la quinine et distinctes la première, de la fièvre inflammatoire bilieuse et de la fièvre gastrique commune, toutes deux de l’ictère grave et de la fièvre jaune, la seconde en outre de l’hémoglobinurie paroxystique.

Les vomissements simples sont purement d'ordre réflexe.

Les vomissements bilieux se lient à l'hypersécrétion biliaire et au reflux spasmodique de la bile du duodenum dans l’estomac, et de celui-ci au dehors, phénomène réflexe dont le point de départ est l’irritation de la muqueuse gastrique par contact de la bile et quelquefois en outre (fièvre bilieuse hématurique) de l’urée et des autres principes excrémentitiels accumulés dans l’économie par défaut de l'élimination rénale.

Les vomissements hémorragiques sont dus à la congestion gastrique et à l’altération du sang.

Il faut en général combattreles vomissements : les muqueux et les bilieux par les applications locales et les évacuants; les hémorragiques, par les hémostatiques et les coagulants.

L'entérorragie s’observe dans les mêmes circonstances que la gastrorragie, est justiciable des mêmes diagnostics, des mêmes moyens thérapeutiques. Elle est souvent Intermittente. Elle relève à la fois de l’altération du sang ainsi que de l’obstruction pigmentaire des ramuscules portes et de la gêne consécutive de la circulation mésaraïque.

Les flux diarrhéique et dysentérique s'observent sous Le type intermittent et périodique à l’état larvé ou à l’état fébrile. Dans ce dernier cas, tantôt elles ne sont qu'un symptôme accessoireau milieu du tableau clinique varié de la fièvre paludéenne, tantôt au contraire elles constituent avec la fièvre toute la maladie (accès diarrhéique et dysentérique). Alors elles coexistent ou alternent avec les accès fébriles, remplacent souvent les sueurs, disparaissent avec les accès sous l'influence du sulfate de quinine qui peut les arrêter d'emblée; sont en général de peu de durée, plus souvent bénins que graves.

Leur pathogénie est complexe. Ce sont des phénomênes sympathiques : vaso-dilatation de source médullaire, amenant suivant le plus ou moins de persistance ou d'intensité de la cause, la congestion simple et l’hypersécrétion glandulaires de l'intestin (diarrhée), l’apoplexie avec l’exhalation sanguine intestinale et souvent même un léger degré d’inflammation (dysenterie).

Dans les formes fébriles graves, en outre, l’obstruction pigmentaire des ramuscules portes entraîne, par gêne de circula-

tion mésaraïque, la congestion et par suite HART ou même l’exsudation sanguine intestinale.

Enfin, dans les cas de diarrhée bilieuse, l’'hypersécrétion du foie est encore en jeu.

Les manifestations gastro-intestinales sont: d’une part la forme gastro-entérorragique; mais surtout d'autre part les fièvres gastro-entériques de trois degrés: légère et grave, distinctes des accès diarrhéique et dysentérique et de la diarrhée et de la dysenterie endémiques; pernicieuse ou cholériforme distincte du choléra asiatique.

Le sulfate de quinine et les préparations de quinquina constituent le remède souverain de ces formes. Elles relèvent pathogéniquement d’une profonde altération des centres nerveux, aboutissant à la fois aux vomissements, à l’hypersécrétion intestinale et aux névropathies gastro-intestinales.

: Vu : Le Doyen,

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