EXPLICATIONS ET RÉPONSES
Deux mots, si sublimes qu'ils expriment la création de tout ce qu'embrasse l'univers, ne sembIcnWils pas devoir envelopper les images de ces formations immenses que les premiers instants de l'existence du monde virent sortir des mains du Créateur? Or, dans ces deux mots mystérieux, oh la terre est nommée avec le ciel, où un point est compté avec l'immensité — au commencement Dieu ut le ciel et la terre — n'entrevoit-on pas que la terre appartenoit alors au ciel d'une manière beaucoup plus étroite que lorsque l'on put concevoir qu'elle en étoit entièrement détachée? C'est alors que je puis penser que dans ce ciel, océan de feu, d'où jaillirent des globes innombrables, la terre, pénétrée ellemême d'un feu qui n'étoit point pour elle de la lumière, étoit vide et nue, et le demeura de même jusqu'à ce que Tex*
*■ Le lecteur n'oublie pas que ce projet d'explications et de réponses est de Bexon.
tinctioii de son feu la couvrît de ténèbres proprement dites, qui en eflet ne l'offusquèrent pas plus que ne pouvoit faire sa propre incandescence, puisqu'il est reconnu que la seule réflexion des rayons sur des corps opaques peut produira des images, que dans le foyer même de la lumière tout objet est invisible, et qu'un œil placé dans le soleil ne verroit rien de l'univers? C'est apiès ces ténèbres du chaos, où les feux et la nuit confondus ombrageoient à l'envi la terre ; c'est dans ce premier instant d'équilibre et de repos, que la lumière jaillit sur elle, que le soleil exista pour elle, et que la lune lui prêta sa clarté. Loin donc que je nie que les premiers temps de la terre n'aient commencé par une nuit totale, je reconnois qu'elle ne put jouir que par la suite d'une clarté proprement dite, et que son pre* mier état, qui la rendoit accidentellement lumineuse pour d'autres globes;, étoit d'élre pour elle-même un abime abso* lu ment sans lumière,
Ce qui est avancé ici n'est donné que comme conjecture, ot je reconnois, en examinant plus profondément ce point, que l'établissement de la végétation sur de grandes perlions de la terre a pu et même dû précéder la production de la nature vivante au sein des eaux ; et qu'en effet l'on peut encore admirer ici l'accord des monuments de la nature avec la narration de l'écrivain sacré : car il est Irès-possible, ot même probable, que la chute des grandes cavernes eût absorbé une partie de l'ancien océan, et par conséquent découvert des portions élevées du globe, où dut s'établir d'abord la végélation, avant que l'océan lui-même ne fût
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parvenu au point de température favorable à la naissance des êtres vivants dont il plut alors au Créateur de le peupler : ainsi la première production des végétaux a précédé, daLs ce point de vue, celle des animaux vivants au sein des mers; et ce n'est que relativement à la retraite subséquente de ces mêmes mers, et à l'établissement de la végétation étendue de proche en proche sur les terres qu'elles abandonnoient, que Ton peut dire que la population des eaux et la naissance des végétaux sur une grande partie de la terre sont contemporaines.
Sans doute qu'un coin de la terre planté de la main de Dieu même n'attendoit pas que la foible main de l'homme vînt le féconder et l'embellir; mais cet heureux asile de rhomme innocent fut, comme on sait, effacé d'une terre qui ne porloit plus que des coupables : c*est à ces (ristes origines que nous sommes forcés de nous arrêter, puisqu'il ne resta rien de la félicité première qu'un souvenir et des regrets; et, en considérant le globe en ce dernier état, il faut avouer que, dans toutes ses parties, l'homme a subi l'arrêt qui le condamnoit à lutter contre la nature pour se la rendre favorable, et qu'il n'en est aucune en efTet où la persévérance et les efforts de l'homme n'aient dû seconder la nature pour amener cet heureux degré de température et de fécondité qui fait de notre séjour, non pas à la vérité un paradis, mais un lieu d'exil adouci ou du moins assez supportable.
Ce n'est pas du premier homme, ni de l'heureux et tran-
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quille séjour (ju'il habita si peu de temps, mais de ses descendants malheureux, et de la vaste demeui'e de peine, d'angoisse et de mort, où ils furent tous jetés, que j'ai voulu parler, en les peignant éperdus et tremblants devant les puissances de la nature irritées, et qui sembioient les menacer de toutes parts; aussi nai-je pas dit le premier homme, mais, les premiers hommes^ témoins des mouvements convulsifs^ etc. Quant à Adam et Eve dans le paradis, je sais parfaitement qu'ils ne rougissoient point et n'avoient pas à rougir de leur nudité, que ce n'étoit point une nudité honteuse et affligeante, et j'avoue qu'eu parlant de la nudité de leurs tristes enfants, c'est surtout sur la nudité d*esprit qu'il me semble que doit tomber tout ce que l'expression peut comporter d'idée d'afflictk>n et de honte. ^
Et pour ce qui regarde la crainte qu'iroprimoit aux premiers hommes la fureur des animaux féroces, on ne peut se dissimuler que l'homme n'ait été dépouillé de son empire sur eux en même temps que de ses autres prérogatives, que dès lors ils ne soient devenus pour lui des ennemis redoutables que l'art seul, joint à. la force, a pu dompter. *
Je sais de plus qu'Adam, en signe de son domaine sur les animaux, les nomma tous; mais ces dénominations ont été sans doute perdues, car il paroît qu'il a fallu en créer d'autres dans toutes les langues ; les rabbins sont, je crois, les seuls qui aient soutenu que Ces dénominations primitives étoient conservées dans la langue hébraïque, et que de plus elles renfermaient la véritable notion des vertus et du naturel de chaque animal ; mais nous sommes forcés d'avouer qu'en consultant les noms hébreux des animaux rela-
f iv^nient à leur histoire ualurelle, nous iravons pu y découvrir cette énergie.
Toutes les cFioses que la révélation nous fait connoilre étant nécessairement de celles que la nature ne peut ni nous offrir ni nous apprendre, il suit que la prédiction de saint Pierre sur la destruction du monde doit nous' l'annoncer d'une toute autre manière que de celles que nous pourrions conjecturer par la suite des inductions naturelles: or celles-ci paraissant toutes nous convaincre du dépérissement futur du globe par l'extinction graduelle de la chaleur qui lui est propre, il suit que la prédiction de saint Pierre reçoit de cette hypothèse même le caractère le plus respectable et le plus important de la révélation, qui est d'annoncer des choses entièrement au delà de la nature, et que par ses propres forces elle ne peut pas plus faire prévoir que faire arriver.
L'époque de la séparation des deux grands continents peut bien être plus ancienne que la date des déluges, sans que celle de la première existence du genre humain en soit reculée au delà des bornes que les traditions sacrées lui assignent, puisque cette séparation peut s'être faite av.iut qu'il n'y eût des hommes; la conjecture qui fait rapporter cette séparation au moment de la submersion de TAtlantide ne doit point s'opposer à celte possibilité: premièrement, ce n'est qu'une simple conjecture ; en second lieu, ce qui est dit de la puissaiite population de l'Atlantide
n'est fondé que sur un récit de Platon ; or il est clair que, dans la concurrence une autorité de ce philosophe ue peut jamais balancer celle de Moïse.
Et quant à l'ancien peuple savant auquel il avoit peutêtre fallu trois mille ans pour trouver la période lunisolaire, ne put-il pas être détruit et disparaître dans ce point même de sa splendeur, sans que par conséquent sa durée ait excédé .celle qui peut être renfermée dans retendue des huit mille ans fixée par les interprétations permises de la chronique sacrée?
Le déluge universel étant en lui-même un article de foi^ puisqu'aucune cause naturelle ne peut produire sur le globe une fois découvert, un déluge véritablement universel, et que l'Écriture nous le fait en effet regarder, non comme une catastrophe de la nature, mais comme un fléau versé par la vengeance divine, ce n'est point sur ce déluge que j'ai pu raisonner quand j'ai parlé de ceux qui sont arrivés par la suite des révolutions du globe : ainsi les inductions tirées des temps, soit du déluge des Grecs ou d'Ogygès, soit de celui dont les Egypiiens avoient conservé la mémoire qu'ils avoient pu transmettre aux Hébreux, ne peuvent fournir matière à aucune difficulté concernant l'époque du déluge universel, que je crois d'autant plus par la foi, qu'il doit, comme je viens de le remarquer, moins être compris dans l'histoire de la nature.
Vin Loin que ce que j'ai dit sur 1* interpréta lion légitime de
MÈCES JUStH-JCAlIVÈS 277
TÉcriture, dans les points où les vérités naturelles doivent nécessairement se concilier avec elle, puisse autoriser les physiciens à en négyger le sens, je crois leur avoir donné un exemple, non-seulement du soin avec lequel on doit chercher a le pénétrer, mais du respect avec lequel on doit toujours regarder cette sainte Écriture, et des efforts que Ton doit faire pour y rapporter tout ce qu'une observation constante fait découvrir de vérités dans Fhistoire de la nature. Si mes leutatives n*étoient point heureuses, mes intentions du moins seroient estimables ; et il y anroit plus que de Tinconséquence à m'objecter que j'ai autrefois réfuté des physiciens pour avoir proposé des systèmes inconciliables avec le récit de Moïse, puisqu'ici je donne un nouvel exemple du soin avec lequel on doit chercher à les concilier. Si j'ai dit que l'histoire sacrée étoit écrite dans une langue pauvre, ce qui est reconnu de la langue hébraïque par tous les savants, ce n'est que pour mieux faire sentir la nécessité de porter la réflexion la plus profonde à Tinterprélalion de tous les mots du livre sacré qui peuvent embrasser l'étendue des notions métaphysiques, ou envelopper comme en énigmes les vérités de la nature : et il faut avouer avec moi que les inlerpréialions bornées ou factices de l'ignomnce, ou le servile attachement à la lettre, rendroient cette sainte parole aussi inintelligible qu'elle devient claire et lumineuse quand on en développe les sens profonds et qu'on en pénètre l'esprit.
ÎX
Je reconnois la différence immense qui se trouve entre les vérités révélées et celles que la simple observation nous
i'uil découvrii*; j'avoue que la certitude de la vérité physique, fondée seulement sur robservalion, n est jamais égale à celle que doit produire le témoignage de Dieu même; et je m*étonne même que Ton ait semblé accorder que ces deux certitudes puissent quelquefois être de iiiveau^ Hais je pense qu'il faut m*accorder aussi que ces certitudes, si différentes en elles-mêmes, se rapprochent dans la manière dont nous les acquérons toutes deux, qui est également le rapport constant de nos sens, ici sur les phénomènes que nous présente uniformément la nature, là sur la suite non interrompue d'une tradition authentique et transmise sans altération par tous ses organes.
L'aveuglement des philosophes dont parle saint Paul, sur les grandes vérités que prêchent les merveilles de la nature qu'ils ont connues, ne peut pas plus nuire à la persuasion qu'elles produisent sur les vrais sages que l'incrédulilé de ceux qui résistent à la foi ne nuit à la conviction des vrais chrétiens qui lui soumettent leur esprit. C'est en vain qu'on ohjecte que les grandes vérités physiques et astronomiques ne sont à portée que d'un petit nombre d'hommes : c'est pour ce nombre, petit mais précieux pour sa conviction et sa persuasion, que Dieu a donné à ces vérités tant de force et de majesté, et qu'il a fait du spectacle de l'univers le magnifique emblème d'une intelligence et d'une puissance infinie.
* Ce qu'on appelle vérités physiques connues par des observalions n'est pas aussi certain que les vérités que Dieu nous révèle, ou du moins ne l'est pas toujours. (Obs. de Messieurs de Sorbonne.)
Ce n'est rien ôter de leur force aux miracles particuliers que Dieu dans certaines circonstances a voulu faire éclater aux yeux des hommes, que' d'écouter en même temps la voix toujours parlante des merveilles de la création, de ces grands miracles de la nature qui nous enseignent sans cesse celte science divine, que, suivant une expression sublime et sacrée, le joui' annonce au jour et la nuit révèle à la nuit. Les miracles particuliers, dira-t-on, agissent plus généralement et sur un plus grand nombre; je l'avoue, mais les miracles de l'univers n'en agissent que plus puissamment sur le petit nombre des esprits qui, se tirant de l'ignorance aveugle de la foule commune, s'élèvent à la contemplation des œuvres admirables de la Divinité.
Le système des époques, pour ce qui concerne la formation des planètes, est une hypothèse, et, loin de rétracter ce que j'ai toujours pensé et ce que j'ai dit autrefois de la subordination des idées systématiques à des vérités d'un ordre infmiment plus respectable, j'ai, dans cet ouvrage même, renouvelé 1^-dessus ma soumission et ma déférence. Mais, quant à la partie des faits, j^avoue que je regarde mes Époques comme un ouvrage vraiment historique, pai'ce qu'en efl'et les faits y sont authenti({ues et constatés, et qu'à moins d'anéantir hs preuves innombrables que toute la nature nous en fournit, il faut reconnoitre avec moi que le globe a passé par toutes les révolutions dont nous avons suivi les traces empreintes sur toute sa surface. C'est donc à concilier ces faits, puisqu'on ne peut les détruire, que doivent se porter tous les efforts
des esprits sages; que si ma conciliation n'étmt pas aussi complète et aussi solide que je la crois, ce ne seroit qu'une raison de plus pour chercher à en trouver une autre ; aucune découverte n'ayant été faite jusqu'à présent dans la nature qui n'ait pu se concilier avec les principes sacrés, et réciproquement aucune vérité physique bien établie n'ayant pu jusqu'ici être attaquée par TÉcriture, sinon lorsqu'on se rcfusoit à l'interpréter et à l'entendre, comme trop souvent la présomption, l'obstination et l'ignorance en ont été la cause : cause funeste, puisqu'elle a compromis inutilement et sans fruit les principes respectables de la religion, en même temps que flétri la raison et affligé l' humanité.
Page xcu. Cest en effet à M. de Breteuil^ à donner des ordres au Jardin royal^ et non à M. d'Angeviller, qui n'y est rieii tant que j'y serai.
Non-seulement Buffon ne supportait aucun empiétement sur son autorité, mais il la voulait entourée des formes les plus pompeuses. L'échantillon suivant (dont le modèle est resté dans les archives de l'administration du Jardin des plantes) prouve qu'en ce genre il allait jusqu'au luxe.
(( Nous, Geoi'ges-Louis Le Clerc, chevalier, comte et seigneur de Bnffon, la Mairie et Ls Berges, vicomte de Quincy, Rougemoul et autres lieux, l'un dfs Quarante de l'Académie Française, trésorier perpétuel de l'Académie royale des sciences à Paris, des Académies de Londres, Edimbourg, Berlin, Pélei-sbourg, Rome, Florence, Bo-
* Ministre de la innison du Uoi.
logiie, Philadelphie, Boston, etc., etc., Intendant du Jardin et Cabinet du Roi, à Paris, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, sahit.
« Sur ce qui nous a été représenté que Toffice de professeur de chimie aux écoles du Jardin du Roi... est actuellement vacant par le décès du S. Macquer, et qu'il est nécessairede nommer un successeur capable de remplir les fonctions de cet office de professeur de chimie aux écoles dudit jardin. En conséquence et en vertu des pouvoirs à nous accordés par le Roi, ainsi qu'à nos prédécesseurs Intendants dudit Jardin royal, de nommer et présenter à Sa Majesté, tous les ofticiers qui dépendent de cet établissement, nous nous sommes duement informés de la personne et de la capacité du sieur Antoine-François Fourcroy, docteur en médecine de la Faculté de Paris,' comme aussi de sa bonne vie et mœurs et religion, l'avons, sous le bon plaisir de Sa Majesté, nommé et présenté, nommons et présentons par CCS présentes, pour être etc.
« 23 février 1784. »
 M. de Lacépède sollicitant un office au Jardin royal, liuifon demanda l'engagement suivant :
« J'ai riionneur de déclarer et d'assurer à M. le comte de BuiTon que si je suis assez heureux pour lobleuttuCpR^i-^ que place qui demande que l'on réside à t^Àrisy^' je renoncerai à tout emploi ou service étranger, incompatible avec la résidence dans cette capitale.
« Le comie de Lacépèdr.
« 5 décembre 1784. »
Page xciii. Il le maria n'ayant encore qiie vingt ans.
La jeune femme qu'avait choisie Buffon était orpheline de père; deux cent mille francs lui appartenaient à titre d^héritagQ. Buffon se chargea de gérer la fortune des jeunes gens.
Dans le registre des dépenses courantes qu'il tenait se trouve cette note :
« Je donne à mon fils 4,500 livres par quartier, ce qui fait 18.000 livres par an. Or, je lui donné 11,000 livres en un seul payement au commencement de chaque année, et madame la marquise de'.... lui donne 2,000 livres par chaque an, ce qui fait en tout 31,000 livres.
« Payé à mon fils jusques au 7 février 1787. »
Un autre registre constate minutieusement les produits de ses terres, prés, vignobles, maisons, etc., etc., et enfin les revenus ou appointements que lui payait l'État.
« 1" Ma place d'Intendant du Jardin et Cabinet du roi me vaut 6,000 livres, qui sont payés par semestre par l'administration des domaines du roi. Le sieur Lucas est chargé du recouvrement.
« 2** Il m'a été accordé par le roi, après trente-cinq ans de service, une somme de 5,000 livres en supplément de mes appointements par une ordonnance sur le trésor royal, dont il faut tous les ans solliciter Texpédilion.
^ Sa belle-mère.
« Reçu toutes les années jusques et y compris le 51 décembre 1786. "
« 3* il m'a été accordé par le roi une pension de 6,000 livres, dont 4,000 sont réversibles sur la tête de mon fils et qui me sont payées au trésor royal.
« Reçu toutes les années jusques et y compris le 31 décembre 1786.
« A^ J'ai une pension, en qualité de trésorier de TÂcadémie des sciences, de 3,000 livres.
a Reçu toutes les années jusques et y compris le 31 décembre 1785, ainsi Tannée 1786 m'est due.
< 5* Le roi a eu la bonté de m'accorder sur sa cassette une pension de 800 livres par an, laquelle se paie d'avance et par quartier.
<x Reçu toutes les années jusques et y compris le quartier d'octobre 1786.
a 6"^ Le roi m'a accordé une gratification annuelle- de 4,000 livres sur la caisse du commerce, et qui se paie chez If...., par six mois, sur ma simple quittance.
« Reçu jusques et y compris le 31 décembre 1786. »
Page xciv. Les instructions les pltis dignes^ les plus touchantes que puisse inspirer un e^piit ferme et juste uni à un cœur hautement moral.
Elles furent portées par M. Faujas de Saint-Fond. Le jeune Buflbn servait dans les Gardes françaises à l'époque de son mariage; il quitta ce corps en 1786 pour entrer comme capilaine dans le régiment de Chartres. Incapable de concevoir un soupçon injurieux, il s'était laissé éloi-
Uk PIÈCES JUSTIFICATIVES
gner. Le 22 juin 1787, son père lui écrit : « L'honneur vous commande, avec moi, de sorlir de votre régiment
pour n'y Jamais rentrer » La démission du jeune homme
fut remise au roi. Le maréchal de Ségur le fît, plus tard, rentrer dans un autre corps. Dans les premiers jours d'avril 1788, madame Necker lui adresse celte lettre :
« Vous êtes m.njor en second, monsieur; je le sais depm's deux jours, mais c'est encore un secret, et je n*ai pas môme aujourd'hui la permission de vous le dire : ainsi n'en parlez absolument qu'à votre sublime père, on me l'apprendra en forme quand vous devrez le savoir et remercier. Au reste, ce que je vous dis est sûr. Madame de Grammont et H. de Guibert ont mis le plus grand zèle dans votre cause, et M. de Brienne s'y est prêté malgré tous les obstacles; j*ai déjà témoigné ma reconnaissance, mais nous conviendrons ensemble des visites que vous aurez à faire, quand la chose sera connue. C'est une nouvelle obligation que vous avez à votre sublime père, votre respect filial vous a bien servi dans 1 opinion. J'avais faitcopier votre billet, celui qui accompagnait cette ravissante lettre sur l'ouvrage de M. Necker, et tout le monde a lu ce billet aussi avec attendrissement; si j'étais capable de quelque mouvement de joie, cet cvénonient me l'aurait donné. Adieu, monsieur, redoublez de soins, s'il est possible, auprès de ce lit de douleurs, et que vos vertus vous rendent digne du nom que vous portez ; mille compliments et amitiés. »
Page xciv. Au mois de décembre il fit son testament.
Voici un extrait de ce testament :
« Par-devant les conseillers du roi, notaires au Châtelel,
« Fut présent H. Georges Louis le Clerc de Buffon, seigneur, etc., etc.
a Trouvé par les susdits notaires dans un cabinet ayant vue sur le jardin au premier étage du bâtiment de Tintendanoe dudit jardin, dans son fauteuil, malade de corps, mais sain d'esprit, mémoire et jugement, etc., elc
a Je laisse à mou fils les soins de faire convenablement mes obsèques et de donner aux pauvres les aumônes qu'il jugera à propos.
« Je prie ma très-respectable et plus chère anûe, madame Necker, d'agréer le legs que je prends la liberté de lui faire du déjeuner de porcelaine qui m'a été donné par le prince Henri de Prusse; on remettra aussi à madame Necker la boîte sur laquelle elle a eu la bonté de me donner son portrait.
(( Je donne et lègue à M. le chevalier de Buflbn, mon frère, trois mille livres de rente en pension viagère exempte de toutes retenues, etc.
tt Je donne et lègue à madame Nadault, ma sœur, deux
mille livres de rentes en pension viagère, etc., elc :
elle en recevra les intérêts sur ses simples quittances sans avoir besoin de Tautorisatiou de son mari. De laquelle rente la moitié sera réversible sur la tête de mademoiselle Sophie Nadault, ma nièce.
« Voulant reconnaître les soins, le zèle et la fidélité de la demoiselle Blesseau, surveillante de ma m.iison depuis dixneuf années, je lui donne et lègue quinze cents livres de rente viagère, et je lui donne et lègue en outre cinq années de ses gages à raison de six cents livres pai* année, ce qui fait une somme de trois mille livres une fois payée que j'en-
tends lui être délivrée dans les six mois de men décSs
« Je confirme la pension d*aumones viagères de huit cenl^ livres par année que j'ai faite au révér^fid père Ignace Boagot, ancien gardien des capuciniens et aetuellanent vicaire desservant ma paroisse de Buïïon, et entends en
outre que ledit révérend père Ignace Bougot conserve la jouissance pendant sa vie de tous les meubles meublants, effeU mobiliers, même de la vaisselle d'argent qui m'appartiennent et qui se trouveront dans ma maison seigneuriale de Buflbn et dépendances d'icelle.
« Je donne et lègue au sieur Lucas, huissier de l'Académie des sciences, une somme de trois mille livres une fois payée, en reconnaissance des services assidus qu'il m'a toujours rendus.
« Je donne et lègue à M. le vicomte de Saint-Belin, mon neveu et filleul, un diamant de la valeur de huit mille livres.
« Je veux et entends que tous les legs par moi ci-dessus faits soient délivrés francs et quittes de tous droits d'insinnation et autres, lesquels seront entièrement à la charge de ma snccession.
« Je fais et institue Georges-Louis-Marie Le Clerc de Duffon, mon fils unique, mon héritier et légataire universel dans tous les biens dont je mourrai pourvu
« Je veux et j'entends que les deux cent mille livres que j'ai reçus à compte sur la dot de madame de Buflbn (sa bellefille) soient affectées spécialement sur les fonds qui m'appartiennent et qui forment les cinq huitièmes de la valeur des privilèges de V Histoire naturelle et de tous les volumes qui en font et feront partie, montant à plus de trois cent mille livres, ce qui est plus que suffisant pour le remboursement
de ladite dot, le cas y échéant; en conséquence, j'engage mon fils à faire emploi des fonds qui proviendront dudit privilège jusqu'à concurrence de deux cent mille livres en acquisition .de contrats sur les états de Bourgogne ou autres, à titre de remploi des deniers dotaux de ladite dame de Buffon, afin que le surplus de mes biens soil déchargé de toute affectation relativement aux'créances de ladite dame pour les deux cent mille livres que j'ai reçus de sa dot.
(( Je nomme et choisis pour exécuter mes dernières intentions, H. le chevalier de Buiïon, mon frère, et H. le chevalier de Saint-Belin, mon beau-frère; je les prie de vouloir bien me donner cette dernière preuve de leur attachement et d'aider de leurs conseils mon fils ; je Texhorte à se conduire en tout par les sages avis de ses oncles.
« Je révoque tous testaments, codicilles et autres dispositions de dernières volontés que j*ai faits avant le présent testament, auquel seul je m'arrête comme contenant mes dernières intentions »
Page xciv. Il se souvint alors douloureusement des plans de M. d'Angeviller^ et fit un dei'nier effort pour ressaisir cette survivance tant désirée pour son fils,
11 écrivit à M. de Breteuil. H fit écrire par son fils au marquis de la Billarderie, frère de M. d'Angeviller. Celui-ci qui, seize ans auparavant, avait obtenu que la survivance du Jardiu royal lui serait accordée, n'osa point alors faire valoir ce titre, bien qu'il eût reçu de Buffon une sorte de démission. Voici la réponse du marquis de la Billarderie au jeune comte de Buffon :
i ïài écrit hier à mon frère, monûéûr, oomme je TOUS ravais promis; n'ayant pas reçu la n^onse, j'ai pris le parti d'aller à Versailles. Je n'ai pu le voir que lard et j'arrive ce soir à onze heures. Je ne me lEraîs pas trompé en vous prévenant de sa délicatesse sur ce qui est affaire d'argent; il m'a dit qu'il ne s^était pas cru susceptible d'une pareille offre, et qu'il ne se pacrdonnendt jamais s'il avait été capable de Imlancer un instant à la refuser; je m*y attendais d'autant plus que ma manih'e de penser est toute semblable. Il m'a ajouté qu'il a déjà fait des démarches assez fortes poiir obtenir que je lui fusse substitué, et qu'il ne pouvait rien changer à ses dispositions. Quant à moi, monsieur, ma tendre amitié pour H. votÀ père et cdie que j'ai pour vous de- * puis votre enfance vous assurent des soins que je me don^ neràis pour vous obtenir ma survivance si nous avons le malheur de perdre M. votre père, et je compte assez sur votre amitié pour me (latler que dans ce cas vous me souhaiteriez d*aussi longs jours que j'ai désirés à mon respectable ami; c'est au moins une justice que vous rendrez aux sentiments avec lesquels je suis
« i" a^ril 1788, à minuit. »
Les deux lettres suivantes, adressées par le jeune Buffoii probablement à H. de Breteuil, bien que celui-ci fût alors remplacé dans le ministère de la maison du roi par M. de Villedeuil, mettent en lumière sa déférence filiale et son désintéressement.
PIECES JUSTIFICATIVES 'i8U
« Monseigneur,
« Monseigneur rarclievè|ue de Sens ^ n^est point à l*aiis, et il in*est impossible, dans des moments où mon pèie est aussi malade, de le quitter et d'aller à Versailles; j'ai donc riionneur de vous envoyer les deux papiers relatifs à la survivance du Jnrdin du roi. Vous en ferez, monseigneur, ainsi que de la letlrc que vous a écrite mon père, Tusagc ((ue vous croirez convenable. Je suis bien sûr que Tamilié que vous avez toujours eue pour mon père et la supériorité de vos lumièies vous fera prendre le parti que je dois suivre.
.( l'"- avril 1788. »
« Monseigneur,
« J'ose vous prier de vouloir bien ne faire aucun usage de Tacte que je vous ai remis de la part de mon père concernant la survivance de Tin tendance du Jardin du roi. Je n'ai fait en cela qu'exécuter sa volonté positive, et je n'ai nulle part à Pacte qu'il a fait. Lu démission qui existe dans vos bureaux, monseigneur, me persuade que mon père a eu à ce sujet une absence de mémoire, qu'il n'est pas étonnant d'avoir après une maladie aussi longue. Enfin je vous demande, monseigneur, de vouloir bien regarder cet acte comme non avenu et d'ordoimer qu'il me soit renvoyé. J'ai
* Étieiine-Cbarles de Loménic de Brienne, né à Paris en 1727; sacré évêque de Gondom en 1761, archevêque de Toulouse en 1765; chef du conseil des finances en 1787; archevêque de Sens et ministre principal en 1788.
tm PIÈGES HJSTIPICÀTIVË^
écrit à HotiÀeigiieur rarclievê(|uc de Sens pour lui faire lu même èmvoàe^ et j'espère qu'il yùoirdr bien avoir égard à ma letM^ . î
« J'ai rhoiuieiir, p,^.
•i-u» î.ii
Le marquis de la Billàr^rie parvint à êlf*e lîiléiidaiit du Jardin da roi; mais il le fui peu de temp^.' En 1^#I, eflrayé de la gravite des ëvéneni^$, il quitta son posté et passa à rétranger.
Sou frère, qui avait aussi émigré, UHnbé dans la détre^, et mourut en Russie en 1810/ L*impênitiice Catherine lui avait fait une pension.
Page xGv. Les det*niêres ligotes que Buffm dicta furent adressées à madame Necker.
il venait de se faire lire (deux jours avant sa mort) rinlroduction du Hvre de M. Necker sur les opinions icligieuses :
« Ah ! la siiperhe introduclion ! Ce ne sont point de vains arguments, mais des vérités constantes que l'auteur développe avec une force qui n'apparlieni qu'à lui. Y a-t-il, en effet, aucun ordre social dans lequel le souverain et son peuple ne doivent être de même opinion religieuse, quelle «jue soit celte religion? et notre grand homme, plus attaché à la sienne, a eu toute raison de la donner pour exemple, en disant même comment il a été conduit, après le vide des affaires, à des spéculations plus élevées. Je pui^ lui promettre en effet trois sortes d'immortalités ; la première, celle dont il ne doute pas, et qui, par un élan su-
PIECES JUSTIFICATIVES 2i)I
blime, porte son âme dans celle immensité dont elle est propre à faire partie; la seconde immortalité sera celle que riiisloire donnera à M. Necker, comme administrateur regretté de la nation entière; et cnGn la troisième immortalité de mon éloquent ami sera celle d*un écrivain qui n*a pas eu de modèle, et dont le cœur et l'àme se réunissent [tour le bonheur des Iioinnies.
(( Cette partie m*a d'autint plus louché, qu'il y réunit les vertus de ma sublime amie, que je n'ai cessé de respecter et d*admirer comqie un don divin, et d(int elle seule avait été favorisée par le souverain Être. »
a J'ai présenté la plume à mon père, et il a encore eu Ja force de signer. »
Madame Necker écrit au jeune Buflbn :
« Comment vous rendrais -je, monsieur, toutes les impi-essions que nous avons reçues hier? L'étonnement, la douleur, la tendresse, mille sentiments réunis, sont entrés dans nos cœurs comme par torrents. L'aurions-nous pu croire que ce grand homme, que dis-je? cet homme sans pareil, eût ajouté à notre admiration, et que ce fût au milieu de ses souffrances, après une longue maladie, qu'il se montrât plus sublime encore que lui-même? car il offre seul une mesure digne de lui; il me semble que je succombe sous le poids de cette merveille qui me paraît une sorte de rêve; mais, hélas! tous ces mouvements cèdent bientôt la place aux angoisses qui me dévorent. Comment a été cette nuit si redoutée? J'ouvre toujours vos lettres avec effroi. Croyez cependant, monsieur, que votre piété fdialo est mie consolation pour moi, et qu'elle ajoute lieau-
coup encore â Unit Tattadieinent que tous m'aviez inspiré. »
Apres la perte de son père, le jernie eomte de Buffcn reçut de madame Necker cette lettre :
« Ah ! mmmieur, vous avez tout perdu» et mcM que pourrai-je vous dire? Ma douleur est aflreuse; j'avais poiur ami cet homme unique sur latarre par la puissance db h pensée, jointe à la sennbiHlé, à la bonté, à des v^rH» aussi f ubiimes que son génie. Vous aviez pour père et pour le meilleur des pères celui dont le nom vivra autant que ce mcuiie dont il fut le phis bel ornement; il vivra peur la « gloire, mais il ne vivra plus pour nous. mon Dieu ! daigne recevoir dans ton sein cdui dont les vertus te rendirent un si bel hommage sur h terre; daigne entretenir son enlant unique dans les principes nd)les et purs dont il reçut un si bel exemple, ^iii sont gravés d'avance dans son cœur, et qui seuls peuvent honorer encore en particulier une mémoire illuslre qui sera clière à loutes les nations. Je ne sais ce que j'écris, je ne sais ce que je pense; tout m'avertit qu'il n'est plus, et je le cherche encore dans les objets qui lui furent chers et qui ont été témoins de ses derniers moments. Il me sera doux de. vous voir dès que votre arniction vous permettra de sortir, si je puis au moins trouver encore quelque douceur au milieu de l'amertume dont mon âme est inondée. Je ne puis continuer sans excéder mes forces. Vous jugez de notre aflliction et de l'intérêt que M. Necker prend à vos peines.
(( Le séjour de Paris m'étant odieux, je ne tarderai pas à me rendre n Saint-Ouen; mais je serai également h por-
tce d*avoir de vos nouvelles et de communiquer avec
vous. »
Plein de reconnaissance pour une amitié que n*aftaiblissni( point son isolement, le fils de BufTon se montra dévoué à Nccker. Son caraclère généreux lui fit embnissrr avec ardeur toutes les réformes; pour un moment il devint Tobjet de la faveur populaire; cet'e fiveur lui valut une ovation à Bordeaux, et le fit nommer général de la première fédération (|ue formèrent les quatre départements composant l'ancienne Bourgogne. Mai<, lorsqu'on en vint h exiger qu'il abandonnât le nom porté par son père, il écri\it au président de l'Assemblée nationale :
(( Le nom de Buflbn, que mon père a toujours porté
et a tant illustré, est devenu pour n)oi la partie la plus cbèie et la plus précieuse de mon patrimoine. Je dois tout à ce nom si justement célèbre, et cependant, comme c'est le nom d'un village, je serais forcé de l'abandonner ou d'en prendre un autre. L'Assemblée nationale n'exigera pas un pareil sacrifice; il est au-dessus de mes forces, et le moment où elle a placé dans la salle de ses séances le portrait de Franklin sera celui où le fils de Buflbn obtiendra d'elle de continuer à porter le nom d'un père aussi illustre par ses talents que par ses vertus. C'est à l'ombre de sa mémoire, de sa réputiUion et de sa gloire que j'o. e vous présenter cette demande. Les titres, les armes, "rje les f|uitte sans regVets; mais renoncer à un nom si précieux est impossible pour moi
« 25 juin 1790. »
Dès qu'une loi autorisa le divorce, il en réclama le bé-
'Bi PIÈCES JUSTIFICATIVES
néfice. En janvier 1795, il épousa la fille de madame Daubenton, cette jeune Betzy, dont son- père parle souvent dans ses lettres.
Lors de la réorganisation de l'armée^ en 1790, il avait élé nommé colonel d*un régiment d'infanterie; mais bientôt profondément attristé des eicès commençants de la révolution, il s*était retiré au château de Brienne et fut porté sur la lisle des officiers qui avaient déserté leur corps.
Dénoncé p^r.un domestique, il fut arrêté à Paris et enfermé au Luxembourg, en 1793. Le tribunal révolutionnaire l'accusa d'avoir trempé dans une conspiration, il refusa de se défendre. Le 10 juillet, au pied de l'écbafaud, il remit au prêtre qui l'accompagnait une montre sur laquelle son père avait fait placer son portrait de vieillard en une magnifique miniature; il pria qu'elle fût remise à sa jeune femme, oubliée alors dans une prison; puis il gravit d'un pas ferme les marches qui le conduisaient au supplice; mais, avant de livrer sa tèle, il jeta au peuple ce mot sanglant pour la nation : « Citoyens, je me nomme « BufTon. »
rOlJCE ADMIMSTltÂTIVË DE PARIS.
7 thermidor an II de la République.
Acte de décès de Louis-Marie Le Clerc- Buffon, du 22 messidor, âgé de vingt-neuf ans, domicilié à Paris, rue Matignon, lo.
Je (lois indiquer au lecteur, qui a bien voulu me suivre dans cette étude, les sources où j*ai puisé.
A l'apparition du volume que je publiai en i844, la veuve du fils de Baffon\ voulant, me dit-elle, m engager à un nouveau travail me confia, avec un abandon complet, toutes les lettres qu*elle possédait, tous les papiers. qui étaient restés au château de Montbard : à ces matériaux précieux, elle ajouta ses souvenirs.
iMadame de la Fresnaye, petite-fille de Gueneau de Montbeillard, a eu la bonté de me communi- (|uer leh lettres de Buffon à ce plus illustre de ses collaborateurs.
M. Feuillet de Couches ne s'est pas borné à m'ouvrir ses si riches et si justement célèbres collections; il a bien voulu faire fouiller, pour moi, dans les collections étrangères.
* Morte au château do Montbard on 1852, Agée de soixante-dixliuit ans.
M. NadauU de BufTon, rqprésenUiii ia^reel, mais unique aujourd'hui, de la faimUe du grand ^naturaliste, après avoir mis en ordre les matériaux qui déjà m'avaient été confiés par madame de-BufTon, a biai voulu les mettre à ma disposition.
L'érudit et excellent Walckenaer avait depuis longtemps déposé entre mes mains le fruit de ^es recherches; il me léguait, disait-il, le soin d*en Hsiire usage. )l. Cousin, dont la magnifique bibliothèque embrasse tout, a bien voulu me donner quelques lettres. Je dois aussi témoigner ma reconnaissance à MM. Chastes (mon savaid; confrère à V Institut), J. Janin, Chambrv, Boillie et Tessereau.
TABLE DKS MATIÈRES
Introduction. -^ Dr BriFON i à x<:v
PREMIÈKE PARTIR.
Des ¥A!idscrits de Bitfox \
Ch\p. !•'. — De Bcxon corrigé par BufTon T»
Chap. II. — De Bexon corrigé par Bufron 2r>
Chap. III. — De Bexon corrige par Buffon 29
CiiAp. IV. — Histoire des minéraux. i5
CiiAp. V. — De Bexon corrigeant BiilTon 51
CiiAP. VI. — Des Époques de h nalnn» O.**!
SRCONDR PARTIE.
Rrproddctiox de quelqijks fragments des manus^crits de Buffon. "n
Epoques de la nature 70
Histoire des oiseaux 125
9M TAB» nm MATIÈRES