‹ Des manuscrits de Buffon: avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateurs (volume 2)Chapitre 57 sur 60 · PROPOSITIONS EXTRAITES DBS EPOQUES DE LA NATURE · texte numérisé non relu

PROPOSITIONS EXTRAITES DBS EPOQUES DE LA NATURE

vre, dénuée d'expressions précises pour les idées abstraites

Page 476. La parole de Dieu seroit contradictoire on inintelligible, si nous n'admettions point rexi^ence de ces premiers temps antérieurs à la formation du monde tel qu'il est.

Page 476. Toute raison, toute vérité venant également de Dieu, il n'y a de différence entre les vérités qu'il nous a révélées et celles qu'il nous a permis de découvrir par nos observations et nos recherches, que celle d'une première faveur faite gratuitement à une seconde grâce qu'il a voulu différer.

Page 477 . Les vérités de la nature ne dévoient paroîlre qu'avec le temps, et le souverain Être se les réservoit comme le plus sûr moyen de rappeler l'homme à lui lorsque la foi, déclinant dans la suile des siècles, seroit devenue chancelante.

TEXTE DE • l'Écriture et objections.

11 y a d'autres différences entre les vérités révélées et celles que nous découvrons par nos observations. Ce qu'on appelle vérité physique, connue par des observations, n'est pas aussi certain que les vérifés que Dieu nous révèle, ou du moins ne l'est pas toujours.

Les vérités de la nature ne sont pas le plus sûr moyen de rappeler Thomme à Dieu, témoin les philosophes dont parle l'Apolre dans son épîlre aux Romains. < Qui cum coff gnovissent Deum, non sicut Deum glorificaverunt. » Ce n'est pas par la physique, mais par une révélation nouvelle que Dieu a réformé le monde. Eh! comment les vérités physiques seroient-elles le plm sûr moyen, lorsque M. de BufTon avoue lui-même (page 476) « qu'il n'y a qu'un petit (( nombre d*hommes auxquels les vérités physiques et as- « tronomiques soient assez connues à n'en pouvoir douter, « et qui puissent en entendre le langage. »

piê(;es justificatives

Page 478. Une vÈrité Douvelle est une espèce de miracle; refletenestlemêine.etellGnedilTèredu vrai miracle qu'en ce que celiii-r.i eA un coup d'éclat qiie Dten frappe immédiatement et rarement, au lien qu'il se sert de l'homme pour Jécouvnr el manifester les merveilles dont il a rempli lu sein de la nature, elr...

TEXTE DE l'Écriture et objections.

C'est ôter au miracle sa force probante, anéantir ses effets, que de lui comparer, de lui assimiler ce qu'on appelle une vérité nouvelle de physique; celle ci n'est jamais aussi certaine, elle n'a point une fin aussi déterminée que celle pour laquelle le miracle est fait, elle n'est pas à la portée de tout le monde, au lieu que le miracle, le vrai miracle, frappe et a la force de convaincre les plus ignorants comme les plus savants.

On ajoute, pour fniir ces observations, que l'ensemble du système proposé dans l'ouvrage des Époques de la nature ne s'accorde en rien avec ce qui est l'apporté dans le premier chapitre de la Genèse.

Les différentes époques de M. de Buffon n'ont aucun rapport avec les différents jours de la création, ni pour V ordre du temps ni pour les circonstances des faits, et cependant M. de Buffon avoit dit en 4751 : a Je déclare que je n'ai « eu aucune intention de contredire l'Écriture... que je « crois très-fermement tout ce qui est rapporlé sur la créa- <( tion, soit pour V ordre des temps ^ soit pour les circon- <( stances des faits, et que j'abandonne ce qui, dans mon '( livre, regarde la formation de la terre, et en général tout « ce qui pourroit être contraire à la narration de Moïse. )>

Le système des époques est-il présenté comme une pure hypothèse ou comme une véritable assertion? Pour résoudre

TE\TB DE l'Écriture et objections.

cette question, il faut distinguer ce qui est dit dans cet ouvrage de la première formation des planètes, et ce qui est dit des révolutions par lesquelles elles (surtout la terre) ont passé.

M. de Buflbn (page 487) demande seulement qu'on se contente de conclure avec lui que, « si Dieu r eût permis, (( il se pourroit, par les seules lois de la nature, que la terre (( et les planètes eussent été formées comme il le dit (par « le choc d'une comète qui les eût détachées du soleil) . »

Hais pour les révolutions de la terre qui ont suivi sa première formation et que M. deBuffon appelle les Époques, ce sont des faits qui appartiennent à l'histoire de la terre, faits ensevelis, à la vérité historique desquels il faut remonter par la seule force des faits subsistants; c'est un passé ancien qu'il faut juger par les faits, par les monuments, par les traditions, moyens qui ne peuvent servir à une pure hy[)Olhèse, d'une chose possible dans un autre ordre; ce sont des faits prouvés dans toute la rigueur qu'exige la plus stricte logique, d'abord à priori...; 2* ab actti,..\ 5* à posteriori.

D'ailleurs les seuls efforts que fait M. de Buffon pour concilier ses Époques avec le récit de Moïse prouvent qu'il prétend parler de l'organisation passée de la terre.

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