‹ Des Manuscrits de Buffon avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateursChapitre 25 sur 46 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

lŒPIlODüCTION DE QI ELOI ES FDAGMENTS DES MANUSCRITS DE BllFFON

ÉPOQUES DE LA NATURE

Notre MANUSCRIT des Époques de la nature contient, comme je l’ai déjà dit', deux copies de la seconde époque, une de la troisième, une de la quatrième, devenue la cinquième de l’imprimé, et deux de la sixième dont la première porte encore le titre de cinquième.

Ce que s’est ])roposé Buffon dans scs Époques de la nature (je l’ai déjà dit aussi*,, c’est de marquer par durées déterminées, par époques successives, par âges distincts, les différents changements du globe.

Deux points surtout l’occupaient : le premier, de bien démêler les grands faits de la nature et d’en marquer Y ordre successif; et le second, de donner à chaque fait sa juste étendue. « J’ai tâché d’après mes « hypothèses, dit-il, de tracer l’ordre successif des « grandes révolutions de la nature...; j’ai fait, dit-il a encore, ce que j’ai pu pour proportionner, dans « chacune de ces périodes, la durée du temps à la « grandeur des otTvrages". »

• Pagè 63.

* Page 64.

^ OEtwres de Buffim, t. IX, p. 576.

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MANUSCRITS DE ÜUFFON

Il y a deux ngenls : le feu et Veau; et, des deux, c’esl év'uh'mment le feu qui a le premier fait sentir son action. La preinicro époque a donc clé celle de la fusion; la seconde celle de la cousoUdaliou, la troisième, celle de la chute des eaux; la quatrième, celle de la retraite des eaux et de l'apparition des premiers auimuux terrestres ; la ciiupiième, celle de la séparation des deux coutiueuts, et la sixième celle de Vliomme. Voilà les six époques de nos copies

lluflbn s’aperçut bienlùl qu’il n’avait pas fait à l’action du feu une part assez grande. Celle action ne .s’ est |)as immédiatement épuisée : après la fusion (jéuérale, après la consolidation même du globe, elle a longtemps persisté, témoin les volcans éteints; elle persiste encore aujourd’bui, témoin les volcans actuels. Ruffon revint donc sur son plan; il l’ouvrit pour l’élargir, et, entre l’époque des eaux couvrant la terre et celle des premiers animaux terrestres, il eu

' Les sept époques du livre sont :

La première, lorsque la terre et les planètes ont pris leur forme ;

|j\ deuxième, lorsque la matière, s’étanl consolidée, a formé la roche intérieure du globe, ainsi que les grandes masses vilresciblcs qui sont à sa surface;

La troisième, lorsque les eaux ont couvert nos continents;

La (|uatrième, lorsque les eaux se sont retirées, et que les volcans ont commencé d’agir c’est celle-ci qui manquait encore au temps des copies) ;

la) cinquième, lorsque les éléphants et Ic^autres animaux du midi ont habité les terres du nord:

La sixième, lorsque s’est faite la séparation des continents;

La septième, lorsque la puissance de l’humme a secondé celle de la nature.

ÉPOQUES DE LA NATURE

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plaça une nouvelle, qui fut l’époque des premiers volcans et de leurs grands effets.

B'.ilTon traitait son sujet comme nos auteurs dramali(|ues ont coutume de traiter le leur. Ils ajoutent ou retranchent un acte ou deux à la moindre difficulté; ils déplacent même des scènes, et Ihiflon en faisait autant. Nous avons vu, en comparant les copies au livre, qu’il avait transporté l’apparition des premiers animaux de la seconde époque à la Iroi- .sième, et l’apparition de l’homme de la cinquième à la septième.

El, sous ce rapport du remaniement successif de scs idées, rien n’est plus curieux que la première des deux cojiies que nous avons de la seconde époque.

Btiffon réunissait alors sous une même et seule époque ce dont il a fait ensuite trois époques distinctes : l’époque de la consolidation, restée la seconde; l’époque de la chute des eaux et des premiers êtres vivants, devenue la troisième, et l’époque des ro/cmw, devenue la quatrième.

Je reproduis cette première copie tout entière, et je la reproduis telle que Buffon l’a primitivement écrite. Je mets en notes ce qu’il y a marqué plus tard de corrections et de changements. Je place enfin, en regard de la première copie, la rédaction dernière et définiti\e, c’est-à-dire celle que nous offre l’imprima'.

MANUSCRITS DE BÜFFON

■ECONDB ÉVOQUE

(l™ copie),

lOn^QIF. I.A MATIÈRE ï'ÉTANT CONSOLIDÉE A FORMÉ LES GRANDES MASSES DES SlIlsTANCES VITRiriAULES

Il a fallu, comme nous l’avons dit, près de trois mille ans * pour que le ^lobe terrestre ait pris toute sa consistance et que les matières en fusion se soient consolidées jusqu’à son centre. Comparons les effets de cette consolidation du globe terrestre* en liquéfaction par le feu, à ce que nous voyons arriver à une masse de métal ou de verre fondu lorsqu'elle commence à se refroidir*. Nous voyons qu’il se forme à la surface de ces masses des aspérités *, et dans l'intérieur ® des cavités qui représentent parfaitement les premières inégalités qui se sont trouvées sur la surface de la terre’, et ce grand nombre de mon- - tagnes, d’abimes, de trous et de cavernes* qui occupaient alors l’intérieur des couches les plus voisines de la superficie. Notre comparaison est d’autant plus exacte que les plus hautes montagnes*, que je suppose de 3,000 toises de hauteur, ne sont par rapport au diamètre de la terre que ce qu’un huitième de ligne est par rapport au diamètre d'un globe de deux pieds. Ces masses de rochers et ces chaînes de montagnes qui nous paraissent si prodigieuses tant par le volume que par la

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