‹ Des Manuscrits de Buffon avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateursChapitre 31 sur 46 · SL'ITE »C NOTRE COFIE · texte numérisé non relu

SL'ITE »C NOTRE COFIE

SrITE QUI SE TRODVE TRARSFORHCE EN TROISIEME ÉPOQUE DANS l’imprimé.

Au boni de vinglH'inq ou de vingl-six mille ans ‘ de la foruiatiou du globe, il commeiiçail à êire assez refroidi pour recevoir les eaux à sa surface *. Le chaos de l’atmosphère a commencé® à se débrouiller* alors, les eaux et toutes les matiért's volatiles que la trop grande chaleur y tenait relégutVs et suspendues, toinliant * de toutes parts, produisirent un vrai déluge universel, ou du moins elles remplirent toutes les profondeurs, toutes les plaines, tous les intervalles qui SC trouvaient entre les parties les plus élevées de la surface du globe *. On a des preuves évidentes que les eaux ont couvert toute rEuroi)e jusqu'à 8 ou 900 toises’ au-dessus du niveau de la mer actuelle , puisqu’on trouve di's coquilles et d’autri's productions marines dans les Alpes , dans les Pyrénées, etc., jusqu’à celte même hauteur. On a les mêmes preuves pour les conlineiils de l’Asie et de. rAfrique*; et même, dans celui de l’Amérique, ovi les montagnes sont une fois plus élevées qu’en Europe, on a trouvé des coquilles et des prodm lions marines à plus de deux mille toises de hauteur au-dessus du niveau actuel de la mer du Sud. 11 est donc évident® que, daiLs ces premiers temps, la surface de la teire était en gérai plus élevée qu’elle ne l’est aujourd’hui, et que pendant

CORRECTIONS FAITES PAR Bl'FFON SfR LA COPIE.

* A la date d’un million d’années de la formation des planètes, lu

terre commençait à

* à sa surface sans les rejeter en vapeurs

® commençait à

* alors, non-seulement les eaux, mais toutes

® tombèrent de toutes parts et produisirent...,.

Él'OgUES DE LA NATURE

THOISIBME ÉPOQUE

(imprime).

L0KM3UE LES EAUX OUI CODVEni KOb CO.XTI>E.Xrs.

A la date de trente ou trente-cinq mille ans de la rormation des planètes, la terre se trouvait assez attu’die pour rc'cevoir les eaux sans les rejeter en vapeurs. Le chaos de ratinosplière avait commencé de se débrouiller; non-seulement les eaux, mais toutes les matières volatiles que la trop j;raude clialeur y tenait reléjjuées et .suspendues loinbérent successivement : elles remplii enttoutesles profondeui’s, couvrireiittoutes les plaines, tous les intervalh's qui se trouvaient entre les éminences de la surface du globe, et même elles surmoutéienl toutes celk-i (|ui n'étaient pas excessivement élevées. On a des preuves éviik'iites que les mers ont couvert le continent de l'Eui'ope jusqu'à quinze cents toises au-dessus du niveau de, la mei- actuelle, puisqu'on trouve des coquilles et d'autres piuducticns marines dans h*s Alpes et dans les Pyrénées justpi'à cette même hauteur. On a les mêmes preuves pour les continents de l'Asie et de l'Afrique; et même dans adui de l'Amérique, où les montagnes sont plus élevées qu'en Europe, on a ti ouvé des co<{uilles marines à plus de deux mille toises de hauteur au-de.ssus du niveau de la mer du Sud. 11 e.st donc certain que dans ces premiers temps le diamètre du glolw avait deux lieues de plus, puisqu'il était enveloppé d'eau jusfpi'à doux mille torées

(coiinECTinxs faites rAn biffcix bun l.i loi'ie.)

* entre les aspérités de la snrracc iln globe, et niénie elles

surmontèrent tontes celles qui n’etaient pas exce.'sivemcnt élevées. On a des preuves. ...

'' mille

** ... de r Afrique et de l'Amérique. Il est donc.. .

“ certain.

..... du globe.

oc

MANÜSOlUTS DE DlFFuN (confe.)

iiii«> assez ' longue siiile de siècles, la mer Ta ivcouvcrle en entier, à l'exception de tons les sommets et des crêtes de montnjfi.es (jiii seuls surmonlaieiit alors ctdte mer universelle-, dont rélévation ètaitaii moins à ces mille toises de liauleiir”, on l'on cesse de trouver des c(«iuilles ou d'autres débris des productions marines. Les animaux auxquels ces dépouilles appariM'unent ont donc été les premiers habitauls du globe, et leur multituflc était innombrable, car cVsl de leurs détriments (|u'onl été formés toutes les pierres calcaires, tous les marbres, les craies, les marnes*, etc.

Et dans les cotnmencemenls de ce séjour des eaux sur la surface de la terre, n'avaienl-elles pas un degré de chaleur (pie nos poissons et nos coquillages actuels n’auraient pu suj)porter? et ne devons-nous pas présumer que les pn'miéres jiroductious de la mer® encore bouillante étaient différentes de ceilc*s qu’elle nous offre aujourd’hui? Cette grande chaleur ne pouvait convenir qu’à d'autr(>s natures de coquillages et de laissons; et par conséquent c’est à cette époque intermédiaire ' que l'on doit rapporter l'existence de ces espèces perdues®, dojit on ne retrouve nulle part les analogues vivants; telles que les énormes volutes, dont nous avons parlé , toutes les cornes d’Amnion, les grands oursins armés de grosses Indemnités, etc. Ces événements se sont passés depuis l’année vingt-cinq mille de la formation des planètes jusqu’à l'année trente-cinq mille, à laquelle envirou nous avons fixé le com-

(cOntitCTIOSS FAITES FAH WFTOX Slin l,A COflF..)

* ..... très-longue

■ à l’exception peut-être des jdus liants sonimcls et ilc.s pics

lie montagnes qui seuls surmontaient celle mer universelle

^ dont l'élcvalion êlait au moins à celle liautciir de mille

loi.-cs, où l’on cesse de

* des produclions marines, d’où l’on doil inférer que les ani-

maux auxquels ces dépouilles ont appartenu doivent èlre regardé» comme les premiers liabilimts du globe ; cl celte population était ini-

EPOQUES DE LA ?iATLUE

(IMPHIMÊ.)

de liaulcur. La surface de la terre en général était dune beau- (•oii|) pins élevée qu'elle ne l'est anjonrd'lini; et pendant une lu igiie suite de temps les mers l'ont iwonverlt* en entier, à l'exception pent-»'-lre de quelques terres trés-<'‘levées et des sonnnets des luintes montagnes, qui seuls surmontaient c<‘tte mer universelle, dont l'élévation était au moins à cette hauteur où l'on cesse (le trouver des coquilles; d'où l'on doit inférer que It's animaux auxcpiels ces dépouilles ont api>arlenu peuvent être regardés comme les premiers hahitants duglohe, et cette iwpulation était innomhrahie, à e i jiig(*r pai- l'iminens(^ (piantité de leurs déiK)uill(*s et de leurs détriments, imisqne c'est de ces mémos d(“pouilles et de hnirs d(Hrimenls qu'ont été fonnt*es toutes les couches d(>s pierres calcaires, des inarhres, des craies et des tufs ipii com|*osent nos collines et (jui s'éUmdent sur de gi andi's contrées dans toutes les parties (le la t(*rre.

Or, dans les commencenKMits de ce séjour dc;s eaux sur la surface du globe, n'avaient-elles pas un d(*grc de chaleur (pie nos poissons et nos coquillages actuellement existants n'auraient pu supporter? et ne devons-nous pas pivsnmer ipie les premières productions d'une mer encort' iHniillanli? étaient différentes de celles (pi’elle nous offre aujourd'hui? Cette grande chaleur ne jKiuvait convenir ipi'à d'autres natures de co(|uillages et de poissons ; et par conséciuent c'est aux premiers

(COIIIlECriOSS FAITE.', PAII IK'FFOS SUD LA CIIPIE.)

ilicnse, car la nuillilude de leurs dépouilles est innombrable, puisque c’est de ces mêmes dépouilles et de leurs détriments qu’ont été formés tonies les pierres calcaires, tous les marbres, les craies, les marnes, etc., qui coiii|)osent nos collines et s’étendent sur de grandes

contrées dans toutes les parties de. la terre

ï Or

® d’une mer. ...

'< c’eal aux premiers temps de celte époque.. ..

n des espèces perdues

>IANUSCIUTS DE DUFFON

(COPIB.)

iiieiiceiiH'iit dp la nature vivante* sur la surface sèche du j,dol)p, c’est-à-dire au temps où elle s'est trouvée assez n»- IVoidie pour permettre aux êtres sensibles comme nous de la touclier sans se brûler.

El l’on ne doit point être étonin'î de ce que j’avance ici. (|u'il y a eu des poissons * et d'autres animaux aqtialiqnes capables de s\q»porter nu degré de chaleur beaucoup plus fort que c«'lui de la temp<‘ralure actuelle de nos mers méridionales, puisfpie, encore aujourd'hui, nous connaissons des espèct's de poissons et de plantes qui vivent et végètent dans des eaux prescpie bouillantes, ou du moins chaudes jusqu'au cinquantième et soixantième degré.

Reprenons donc ce second temps où les eaux jusqu'aloi’s réduites en vapeurs, se sont condensées et ont commencé de tomber sur la terre aride et dess('*chée * ; tâchons de nous re- |)résenter les prodig'eux elTets qui en ont résnlté ; lasépaiation de réléiin'ntde l’air et de l'élément de l’eau, la production des vents, la pnrilicalion de l'atmosplière par l'abandoii et la chute de toutes les matières a(iueuses *, huileuses, bitumineuses i‘t de toutes les substances volatiles; telles que le mercure, les acides, les alcalis, etc., qui toutes doscendii-ent et tomla*rent avec plus ou moins de pr»!cipilation. Quels orages ont dù précéder, accompagner et suivre l'établissement local de chacune de ces substances®? et ne devons-nous pas rapporter aces premiers momeiiLs et aux temps immédiatement

(coniiEcrio.ss faites fah bcffox sun i.a cohc.)

' Ces premières c.«pèces, niaiiilcnanl auéanlies. oui subsisté i»eiiilanl les quatre ou cinq cent mille ans qui ont iminédialcment .suivi le temps aiu]ucl les eaux venaient de s’établir, et c’est à cette secundc date de quatorze ou quinze cent mille ans de la formation des planètes que nous avons fixé le commencement de la nature vivante

* ..... ici, qu’il y a eu, avant ce second tcinp', des poissons

ÉPOQUES DE LA NATURE

(iVPRtKlt.)

Imps fie celle époque, c'est-h-dire depuis Ironie justpi'à quai-anle mille ans de la formalion de la lerre, que l'on doil rapporter l'existence d«îs espèces perdues dont on ne trouve nulle part les analof{ues vivants. Ces premières espèces, maintenant anéanties, ont subsisté pendant les dix ou quinze mille ans qui ont suivi le temps auquel les eaux venaient de s’établir.

El l’on ne doit point être étonné de ce que j’avance ici qu'il y a eu des poissons et d’autres animaux aquati(|iies ciqiahles de supiforter un degré de chaleur beaucoup plus grand que «* *lui de la tempéniture actuelle de nos mers méridionales, puis- (jue encore aujourd’hui, nous connaissons des espèces de jioissons et de plantes qui vivent et végètent dans des eaux presque Itouillantcs , ou du moins cluiudes jusqu’<à 50 ou GO degrés du thermomètre.

Mais, pour ne pas perdre le lil des grand.s et nombreux phénomènes que nous avons à exposer, reprenons ces lenqts antérieurs, où les eaux, jusqu'alors réduites en vapeurs, se sont condensées et ont commencé de tomber sur la tei re bi ùlanle, aride, desséchée, crevassf’e |iar le feu : tâchons de nous représenter h^s prodigieux elTels qui ont accomp;»gné et suivi cette chute précipitée des matières volatiles, toutes séparées, combinées, sublimées dans le temps île la consolidation et pendant le progrès du premier refroidissement. La séjraralion de l'élément de l'air et de l'élément de l'eau, le choc de.s vents et des flots qui tombaient en tourbillons sur une ten-e fumante; la dépuration de l'atmosphère, qu'auparavanl les rayons dn so-

^ (CORRBÇTIOKS FAITKS PAR BUrFOX SUR LA COPIE.)

^ Mais pour ne pas perdre le fil des grands et nombreux phénomènes que nous avons à exposer, reprenons ces temps antérieurs où lee eaux

* et desséchée par le feu./...

et la chute des matières aqueuses....

® .... de chacun de ces éléments....

Diyi' ûibyG' l'vjli

MANUSCRITS UE RUFFON

(copie.)

.subw‘‘q»H>nts les «rands iKmlevei'sements, les alTaissemeiits, les iiTuplions el tous les cliaiigemeiils qui ont donné une seconde forme à la surface du globe? Il est aisé de sentir que les eaux <|ui en rouvrirent alors presque toute la surface étant continuellement agitées par l'action du flux eldu reflux ont commencé par sillonner la terre, et que , par leur long séjourelles se sont ouvert des routes souterraines, ont l'empli les cavernes, et se sont abaissées d’autant plus, que ces mêmes cavernt's .se sont affaissées eji plus grand nombre ; elles étaient l'ouvrage du feu ; l'eau le.s a détruites et continue de les détruire encore.

Les eaux ont en même temps saisi toutes les matières qu’elles pouvaient délayer ou dissoudre ; elles ont fondu les sels, séparé les builes et les bitumes et transporté de plac^ en place ton! ce qui se trouvait réduit en poudre * ou en petits volumes. Il s'est donc fait dans ces dix mille années, c’est-üdire depuis vingt-cinq jusqu'à trente-cinq mille ans de la formation di’s planètes, un si grand changement ® à la surface du globe, que la mer, alors ♦ élevée ed mille toises, comme l'indiquent ses productions qu’on trouve® à cette hauteur, s'est succe.ssivement abaissée pour remplir les profondeui’s occasionnées par l’affaissement <les cavernes dont les voûtes naturelles, sapées par le mouvement des eaux ®, ne pouvaient plus

(l»Illlt:CTIOS> FAITES TAK BI FFOX SCR LA CÜAIE.)

* .. .. l*ar l'action de leur chute, par celle du flux et du reflux, |iar les vents impétueux, elles auront obéi à toutes ces impulsions, et que dans leurs mouvements elles auront commencé par sillonner la terre, en renverser les pointes les moins solides, rabaisser et percer les chaiiics les plus faibles des montagnes primitives et ensuite par leur long séjour, elles se sort ouvert des routes souterraines, ont rempli les cavernes, et cette mer presque universelle s’csl abaiss«‘e successivement et d’autant plus que ces mêmes cavernes se sont arTais.sées en plus grand nombre : elles éfliient l’ouvrage du feu, l'e.-in les a détniiles et continue do les détruire encore. Nous snmnus

lui

ÉPOQUES DE LA NATURE

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