IMPII'MÉ
leil lie pouvaient pénétrer; cette même atmosphère obscurcie de nouveau par les nuages d'une épaisse fumée: la cohobalion mille fois répétc*e et le bouilloiiuemeul continuel des eaux lonila-es et lejeté'es alternativement; enfin la lessive de l’air jiar l'ah;mdnn des matière volatib^s précédemment sublimées, cpii toutes s'en séparèrent et descendirent avec plus ou moins de précipitation : quels mouveineiits , quelles tempêtes ont dû précéder, accompagner et suivi e rétablissement local de chacun de ces éléments! Et ne devons-nous pas rapporter à ces premiers moments de choc et d'agiUition les liouleversemenis, les preinières'dégradations, les irruptions et les changements qui ont donné une seconde forme à la plus grande partie do la surface de la terre’/ Il est aisé de sentir que les eaux qui la couvraient alors presipie tout entière, étant continuellement agitées par la rapidité de leur chute, par raction de la lune sur ratmosphérc et sur les eaux déjà tomla'es, par lu violence des vents, etc., auront obi-i à toutes ces impulsions, et que dans leui-s mouvements elles auront commencé par sillonner plus à fond les vallées de la terre, par renverser les éminences les moins solides, rabaisser les crêtes des montagnes, percer leurs cliaiues dans les points les plus faibles; et (pi'aprés leur ét.ublis.sement, ces mêmes eaux se seront ouvert des roules souterraines, qu’elles ont miné les voûtes des cavernes, les ont lait rérouler, et que par conséqiHuit ces mêmes eaux se sont
ICODRECTIOS.S FAITES PAR RI FrOR SCR LA COPIE.)
donc bien fondés à attribuer l’abais«enicnt successif des mers à cctic première cause qui nous est démontrée par les faits.
* De place en place toutes les scories de verre et toutes les
matières qui se trouvaient réduites eu poudre
^ 11 s’est donc fait dans ces quatre ou cinq cent mille années un si grand changement
* D’abord.
^ Ses productions trouvées à.....
^ .... sapées ou percées par l’action cl l’effort des eaux
MANUSCRITS DE BÜFFON
lüü
(copie.)
■soiileiiir les terres dont elles étaient chargées. A mesure q»’ü se faisait quelques grands affaissements par la rupture d'une ou plusieurs cavernes, l’eau arrivait de tous côtés pour remplir cette nouvelle profondeur, et, par conséquent, la hauteur géuéi'ale des mers diminuait d'autant, en sorte qu’étant d'abord à mille toises d'élévation, elle a successivement baissé jus--
(|u’à son niveau actuel
On iloit donc présumer que ces cotpiilles et les autres pro-; (luctions marines que l’on trouve aujourd’hui* à mille toises' de hauteur sont les espèces les plus anciennes de la nature; et il serait bien important pour l’histoire naturelle de recueillir un assez grand nombre de ces premières productioirs de la mer qui se trouvent sur nos montagnes à la plus grande hauteur, et de les comparer avec celles qui sont dans les couches inférieures de ces mêmes montagnes ou dans les plaines voisines. Nous sommes assurés que dans nos collines et sur nos petites montagnes la plus grande partie des coquilles qu’on y rencontre* ne se trouvent actuellement existantes que dans les mers méridionales. Nous trouvons dans les mêmes endroits plusieurs autres coquilles dont on ne connaît point les analogues vivants. Si jamais on fait un recuçil de ces pélrilica-^ lions, prises à la plus grande élévation dans les montagnes, ou sera peut-être en état de prononcer sur l’ancienneté plus ou moins grande des espèœs relativement aux autres espèces de ce genre Tout ce que nous pouvons en dire aujourd'hui, c’est que la plupart dé ces espèces ®, dont nous ne connaissons pas les analogues vivants, étaient beaucoup plus grandes qu’aucune espèce du même genre actuellement existante: des
(COIIRECTIO.NS FAITES PAR BDFFON SC« LA COPIE.)* ' : k*). ,
* jusqu’au niveau où nous la voyons aujourd'hui.
* l'on trouve <à mille toises -
^ de hauteur au-dessus de ce niveau ' -
* rencontre appartiennent à de; espèces inconnues, c’esl-è-
ÉPOQUES DE LA NATURE
(IMPBIHÉ.)
abaissées successivement pour remplir les nouvelles profondeurs qu’elles venaient de fonuer : les cavernes étaient l’ouvrage du feu ; l’eau dès son arrivée a commencé par les attaquer; elle les a détruites, et continue de les détruire encore; nous devons donc attribuer l’abaisscmient des eaux à l’aflaiss*'nient des cavernes, comme à la seule cause qui nous soit dé*raontrée par les faits.
Voilà les premiers effets produits par la masse, par le ytoids et parle volume de l'eau; mais elle en a produit d’autres par sa seule qualité : elle a saisi toutes les matières qu’elle pouvait délayer et dissoudre ; elle s’est combinée avec l’air, la terre et le feu pour former les acides, les sels, etc.; elle a converti U*s scories et les poudres du verre primitif en argiles ; ensuite elle a, par son mouvement, transporté de plact* en place ces mêmes scories, et toutes les matitn-es qui se trouvaient réduites en |>elits volumes. Il s'est donc fait dans cette seconde période, d»»puis trente-cinq jusqu’à cinquante mille ans, un si giond changement à la surface du globe, que la mer universelle, d’aloi-d tré,s-élevée, s’est successivement abaissée pour remplir les profondeurs occasionnées par l’affaissement des cavernes, dont les voûtes naturelles, sapées ou percées par l’action et l’efTet de ce nouvel élément, ne pouvaient plus soutenir le poids cumulé des terres et des eaux dont elles étaient chai-gées. A mesure qu’il se faisait quelque grand affaissement par la rupture d’une ou de plusieurs cavernes, la surface de la terre se dépi-imant en ces endroits, l’eau arrivait de toutes parts pour lomplir cette nouvelle profondeur, et par conséquent la hauteur générale des mei’s diminuait d’autant; en sorte qu’étant d’a-
(CORRECTIOBS FAITES PAR BDFFON SUR U COPIE.)
(lire à des e.spèces dont la mer ne nous offre pas les analogues vivants .
plus ou moins grande de ces espèces relativement aux
autres. Tout ce que
® ..... de ces coquillages.
lOi
MANUSCRITS DE RUFFON
(copie.)
cnriie.s d'Amnion do snpl et liuit pieds de diamètre sur un pied d'épaisseur, dont on trouve le.s moules pétrifiés; des bélemnites de neuf et dix pouces de longueur sur un pouce de diamètre ,à In hase, sont certainement des êtres gigantesques dans ce genre des coquilli's et dans celui des oursins. La nature était alors dans sa première vigueur • et travaillait la matière organique et vivante avec, une force * plus active dans un élément plus chaud *, mais elle n'opérait encore que dans le sein de la mer. La surface de la terre était encore trop chaude pour (pi'on pût la toucher. Elle ne pouvait donc, être peuplée que de plantes et d'animaux capables de supporter une chaleur* bien plus grande que celle qui nous convient®. Mais nous avouons que celte idi^, quoique vraisemblable, n'est qu'une supposition qui n'est pas fondée, comme celle de la population
(connEcrioxs f.\ite.s pah ncrFov sur la copie.)
* force.
* puissance.
■' ..... clément plus chaud. Celle cause est suffisante pour rendre
raison de toutes tes productions gigantesques si communes et si fréquentes dans les prcmier.4 âges du monde. Celte cause puissante opérait également dans le sein de la mer et sur les hautes terres que les eaux n’avtiienl pu surmonter; ces terres ne pouvaient être peuplées que de plantes
* clialcur plus grande
•’> nous convient; et nous avons des monuments dans les
mines, surtout dans celles de charbon et d’ardoUc qui nous démontrent par les poissons et les végétaux qu'elles contiennent que ce ne sont pas des espèces qui existent actuellement. On peut donc croire que la population de la mer n’csl pas plus ancienne que celle de la terre; les monnnienls elles témoins sont plus nombreux et plus évidents pour la mer, mais ceux qui déposent pour la terre sont aussi certains, et nous démontrent que ces espèces anciennes dans les animaux et dans les végétaux marins ou terrestres se sont anéanties ou plutôt ont cessé de se multiplier dès que la terre cl la mer ont perdu la chaleur nécessaire à leur existence.
Les coquillages ainsi que les végétaux de ce premier temps s’étant pro<ligienscmcnt multipliés pendaAt ce long espace de quatre
ÉPOQUES DE LA NATURE
(mrnniÉ.)
I Iwnl à deux mille toises d'élévation, la niera successivement
baiss»'* jusqu’au niveau où nous la voyons aujourd'hui.
On doit présumer tpie les coijuilles et les autres i)roductions marines (|ue l'on trouve à de jurandes hauteurs au-dessus du ' niveau actuel des mers, sont les espèces les plus anciennes de
la nature; et il serait important poui- l'iiistoire naturelle de rei ueillir un assez ^rand nombre de ce.s pro.luctions de la mer (|ui se trouvent à cette plus grande hauteur, et de les compa- ' l er ave.; celles qui sont dans les Uîrrains plus bas. Nous
' sommes assurés que les coquilles dont nos collines sont com-
' jiosées appartiennent en partie à des espèces inconnues, c'est-
à-dire à des espèces dont aucune mer fiéquentée ne nous ’ offre les analogues vivants. Si jamais on fait un recueil de ces
' pétrifications prises à la plus grande élévation dans les mon-
' tagnes, on sera peut-être en état de prononcer sur l’ancien-
iieté plus ou moins grande de ces espèces, relativement aux autres. Tout ce que nous pouvons en dire aujourd'hui, c'est que quelques-uns des monuments qui nous démontrent l'exis- ' tence de certains anjuaux terrestres et marins, dont nous ne
J connaissons pas les analogues vivants, nous monti eut en même
t temps que ces animaux étaient beaucoup plus grands qu'au-
f cune espèce du même genre actuellement subsistante : ces
grosses dents molaires à pointers mousses, du poids de onze , ou douze livres ; ces cornes d'Ammon, de sept à huit pieds de
. diamètre sur un pied d'épais.seur, dont on trouve les moules
I pétrifiés, .sont ccTtainement des êtres gigantesques dans le
(CORKECTIOSS FAITES PAU Ul'FFOS SVR LA COPIE.)
OU cinq mille ans, et la durée de leur vie n’étant que de quelque, années, les animaux à coquille et tous ceux qui convertissent l’eau de la mer en pierre ont, à mesure qu’ils périssaient, aliandonné leurs dépouilles aux caprices des eaux: elles les auront transportées, brisées et dé|iosée8 en mille et mille endroits, car c’est dans ce même temps que le mouvement du
MANUSCRITS DE BDFFON
' (copie.)
plus ancionne de la mer, sur les monuments de la nature, puisqu’ils nous démontrent un grand nombre d’espèces perdues dans les animaux marins, au lieu qu’à peine pouvonsjious citer quelques exemples d’animaux terrestres dont on puisse croire que l’espèce est perdue.
C’est dans ce même temps que le mouvement du flux et du reflux a produit les courants qui ont donné à toutes les collines et à toutes les montagnes de médiocre hauteur des directions correspondantes, en sorte que les angles saillants correspondent toujours à des ' angles rentrants. Nous ne répéterons pas à ce sujet ce que nous avons dit dans notre Théorie de la terre, et nous nous contenterons d'assurer que celte disposition générale de la surface de la terre* par angles saillants et rentrants, ainsi que sa composition par couches horizontales, démontrent évidemment que la structure entière de la terre, jus- ‘ qu'à de grandes profondeui’s, a été disposée par les eaux et produite par leurs sédiments. Il n’y a eu que les crêtes, les pics et les sommets des plus hautes montagnes qui se sont trouvés hors d’atteinte et contre * lesquels la mer, par son mouvement, n'a pu agir directement*, puisqu’ils lui étaient sup<'rieurs par l’élévation ; mais, ne pouvant les attaquer par leur sommet, elle les a pris par leur base, elle a miné les teires, percé les cavernes et les voûtes qui soutiennent ces vastes et hautes montagnes, et ayant rempli ces cavités elle a produit, dans presque toutes , les volcans , dont quelques-uns subsistent encore aujourd'hui. ~ V: •