‹ Des Manuscrits de Buffon avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateursChapitre 33 sur 46 · COIIRECTIOXS FUTES PAR BVFFON SOR LA COPIE · texte numérisé non relu

COIIRECTIOXS FUTES PAR BVFFON SOR LA COPIE

> .... à leurs.

* du globe.

^ sur.

* la mer n’a point laissé d’empreintes, parce qu’ils

^ ayant trouvé ces cavités remplies en partie de minéraux,

de pyrites et d’autres substances capables d’elTervescence

ÉPOQUES !>E LA NATURE (mpniMf.)

j4cmc de^ aniiaaii.v quadnipèdes el daiiscx'lui des co(|tiillages. La nalui-e riait alors dans sa première forre, ol ti'availiail la inaliêre orjjani(|ue et vivante avec une puissance plus active dans une température plus chaude : cette malièi e organique était plus divisée, moins combinée ave<‘ d'auti-es matières, et pouvait se réunir et se combiner avec elle-même en plus grandes masses, pour se développer en plus grandes dimensions : cette cause e^t surUsante pour rendre raison de toutes les productions gigantesques qui paraissent avoir été fi'équenles dans ces premiers âges du monde.

En fécondant ie.s mers, la nature ivpandait aussi les principes de vie sur toutes les terres cpie l’eau n'avait pu surmonler ou qu'elle avait promptement alwudonnées ; et ces terres, comme les mers, ne pouvaient être peuplées que d'aniniau\ el de végétaux capables de supiwrter une chaleur plus grande que. cÆlle qui convient aujounrhui à la natui'e vivante. Nous avons des monumi'iils tirés du sein de la terre, et particuliérement du fond des minières de cbarljon cd d'ardoise, qui nous démunirent qut' (|uelques-nnsdes poissons et des végétaux que ces matières contiennent ne sont pas des e.si>éces actuellement existantes. On peut donc croire (|ue la population de la mer en animaux n'est pas plus ancienne (|ue celle de la terre en végétaux : les monuimnits el les témoins sont plus nombreux, plus évidents pour la mer; mais ceux qui déposent pour la terre sont aussi certains, el semblent nous démontrer que ces espèces anciennes dans les animaux marins el dans les vi*gétaux terrestres se sont anéanties, ou plutôt ont cessé de se midtiplier dès (pie la terre el la mi'r ont jwi du la grande chaleur nécessaire à l'effet de hnir propagation.

Les coquillages ainsi (pie les vrgétaux de ce premier temps s'(*lanl prodigieusement multipliés pendant ce long espace de vingt mille ans, el I t durée de leur vie n’élanl que de peu d'années, les animaux à coquilles, les polypes des coraux, des

MAKUSCRITS DE BUFFOX

(»l'ITE DE L'iyPRIIIÉ.)

madrépores, des astroïtes et tous les petits animaux qui convertissent l'eau de la mer en pierre, ont, à mesure qu’ils périssaient, abandonné leurs dépouilles et leurs ouvrages aux capi-ices des eaux : elles auront tratjsporté, bris«'> et déposé ces dépouilles en mille et mille endroits; car c’est dans ce même temps que le mouvement des marées et des vents réglés a commencé de former les couches horizontales de la surface de la terre par les sédiments et le dépôt des eaux ; ensuite les courants ont donné à toutes les collines et à toutes les montagnes de médiocre hauteur des directions correspondanh*s, en sorte que leurs angles saillants sont toujours opposés à des angles rentrants. Nous ne répéterons jmis ici ce que nous avons dit à ce sujet dans notre lliéorie de la terre, et nous nous contenterons d'assurer que cette disiwsition générale de la surface du globe par angles correspondants, ainsi que sa composition par couches horizontales, ou également et parallèlement inclitiées, démontrent évidemment que la structure et la forme de la surface actuelle de la terre ont été disposées par les eaux et produites par leurs sédiments. Il n'y a eu que les crêtes et les pics des plus hautes montagnes qui, peut-être, se sont trouvés hors d'atteinte aux eaux, ou n'en ont été surmontés que pendant un petit temps, et sur le.squels par conséquent la mer n’a point laissé d'empreintes : mais, ne pouvant les attaquer par leur sommet, elle les a prises par la base; elle a recouvert ou miné les parties inférieures de ces montagnes primitives; elle les a environnées de nouvelles matières, ou bien elle a percé les voûtes (pii les soutenaient; souvent elle les a fait pencher : enfin elle a transporté dans leurs cavités intérieures les matières combustibles provenant du détriment des végétaux, ainsi que les malic'res pyiâtcuses, bitumineuses et minérales, pures ou mêlées de terres et de sédiments de toute espèce.

EPOQUES ÜE U.V NATUUE

lU'J

C’est ici que Bulîon passe de l’aclion des eaux à celle du feu secondaire ou des volcous. H réunissait donc ainsi, comme je l’ai dit, p. 81 , dans une seule epoque (la seconde)^ le sujet de trois époques distinctes (la seconde, la lroisièmo,ct la (|ualricine).

Nous venons de voir comment il en a détaché la Iruisièine^ en retirant de la seconde tout ce qui était relatif à Vaction des eaux. Il fit de même pour la quatrième. Il sépara de la seconde tout ce (jui se rapportait à ïacüon des l'oJcnns.

Au reste, ce sujet des volcans, dont le développement fait, dans l’imprimé, une époque tout entière, était ici à peine indique. Buffon n’y avait consacré que trois ou quatre pages que je crois devoir reprod;ire.

Je continue donc.

Ils étaient .lutrefois (les volcans) en taen plus grand noinl»re, et leur action dépend de celle de l'eau contre le feu ConiHie ces hautes montagnes contieiment dans leurs feates piTpendanilaires des pyrites et d'autres matières f|ui peuvent s'enflammer par la seule effervescence; il (•st nécessaire que le feu, produit par cette c.ause, s’entreti<'nne et dure tant qu'il trou e des matières* qui [univent lui servir d'aliment ;

(cotmEctioss Faites pab uoffox sin i.a copie.) ’

* contre le feu. Ce» volcans ont pu br.ilcr dès le commoncc-

iiient , niai.s sans explosion, car les nialièrcs qui leur sorvciil d’aliniciU pouvant s'eiillaimucr ....

* ..... subslaiiccs.

5 le nouirir.

ilü

MANUSCRITS UE CUEFüN

mais s'il arrive que ce feu se choque contre l'eau qui e>t au pied et dans l'inlérieur de la montagne, il en résulle* les explosions, les éruptions et tous les effets qui accompagnent le travail et l'action des volcans. Nulle puissance, à l’exception de l’eau choquée par le feu, ne peut produire des mouvt'ments aussi prodigieux.

Les ohsei vations confTrinent parfaitement c e que je dis ici de l'actioii des volcans; tous ceux qui sont maintenant en travail ou en action sont situés près des mers ; tous ceux * qui sont éteints, et dont le nombre est beaucoup plus grand, sont placés (Unis le milieu des ferres ou tout au moins à quelque distance de la mer, et quoique ceux ’ qui subsistent paraissent tous appartenir aux plus hautes montagnes, il en a existé beaucoup d'autres dans les collines et même dans les plaines*, comme nous le démontrerons dans nos suppléments à la Théorie de la terre. Mais la date de l’àge des volcans n'est pas pour tous la même; les premiers n’ont certainement agi qu’aprés l’établissement des eaux sur la terre, et peut-être même longtemps après; et à mesure* que les eaux se sont rctirws de leur voisinage, ils se sont éteints , et il s'en est formé d’autres dans les terres dont la mer s’est approchée.

On pourra me demander quel est le temps oi'i je suppose que les pyrites ® et les autres matières capables de s’enflammer par la seule effervescence ont été déposées dans le sein des montagnes. La réponse serait moins diflîcile, si l’on con-

(cOItliECTlONS FAITES TAU BUFFOX MJII LA COPIE.)

* contre l'eau, il en résulle...

* .... la plus grande partie de ceux qui

■* ces volcans

* les plaines. Mais la date... .

* mais à mesure que

® Nous venons de supposer que le Icnips où les pyrites

El’ÜQÜES DE LA NATUKD

iKiissail’ lu cunipusition intérieure d'uii seul vulcuii; mais, jusqu'à présent, nous n’avons sur cela (|ue de légers indices qui semblent seulement nous avertir qu'il y a des connnunicalions souterraines enti’e quelques-unes de ces bouebes à feu, et que, quoique le foyer de leur embrasement ne soit qu'à une profondeur médiocre® au-dessous de leur sommet, il y a néanmoins des cavités qui descendent beaucoup plus bas, et que ces cavités, dont la profomleur et l'étendue nous sont inconnues, jjouvent être en tout ou en |iartie remplies des mêmes matières que celles qui sont actuellement embrasées. On pourrait® donc rapporter à peu prés au même temps la production des liions métalliques et celle des amas de tous les minéraux qui contribuent à l’embrasement des volcans. Mais il se i»ourrait aussi que plusieurs de ces matières, ayant besoin de l'interméde de l'eau jwur se former, elles n'eussent été produites qu'aprés la chute des eaux sur la surface de la terre et ((u'elles aient été entrainées avw. elles dans b*s fentes et dans les cavités qu'cdles occupent aujourd'bui. L'eau U*s y aura déposées et ensuite se sera retirée dans le temps de l’aljaissement général di's mers ; en sorte que ces matières n’auront commencé à entrer en effervescence que succc*ssivement et postérieurement à l’établissement des mers; ceci paraît assez clairement indiqué parles volcans éteints qui tous sont éloignés des mers, et par les volcans allumés qui tous en sont voisins.

Quoiqu'il en soit, nous ne devons pas perdre de vue la division générale que nous avons doniM'e des matières terrestres, dont

(cOUhECtlOSs FAITES l'An BCFFOII SUR LA COPIE.)

^ ont élu produites dans les cavernes cl dans le sein de» iiiontagnes est à peu près le même que celui de la sulilimalioii des

liiélaux: nous en serions plus assuré si l’on connaissait

® ne soit peut-être pas à une grande profondeur.. i..

® On peut donc,..,!

Il'i

MA.MISCK[TS DE ÜL! FON

la preiiiién; classe renferme Umlt's celles qui • oui été piodiiiles par le feu pi imilif, c'esl-â-dire loiiU?s les substances solides el vilrescibles <’es(|uelles rêlablissement local a |nmi cliauj’ê el lorme le fou I du jçlobe, ainsi cpie les noyaux el les pics de lonles l(!S liantes nionbfjnes. La seconde classe :onl'enl lonli* *s les lealiêres calcaires, c'esl-à-sliri' Imites les 'substances [iroiluites par les cmiudla^es el autres auiniaiix de la mer; elles réouvrent d'assez ;;rands espaces sur la surface de la lene*; elles se tiouveiil aussi à d'assez grandes jirofondeurs; elles cmivrent * les bases dt's luon'agnes les plus «'•levées jusipi'h mille toises de hauteur *; el la l oisièiue classe est celle des mat êr«‘s soulevt'‘« s et rejet«'*«'s par les volcans, dont «pielipiesnnes pai aissenl èti e mêlées des di'ux premières, el d'aulres ont subi sans mélange une seconde action du feu, qui leur a donné un nouveau caractère. Ou doit rapporter à res li-ois classes toutes les substances miné-rales, et l’on peut, eu les examinant ®, n‘connailre leur origine ce qui suflil pour nous indiquer à jieu pirs le Itniips de h'ur fornwliou; ear. couuiKï nous venons de l'exposeï', il parait clairement que

(l OnnECTIOSS faites par uvffos sur la copie.)

' tics volcans ; et ce temps a |!r,'cé<lc celui de l'aclioii de ces

iiiènics volcans, et par conscipicnl «•cltii de la i'ormalion des laves cl des antres nialières qu’üs ont rejetées.

Nous devons rappeler ici la division générale que nous avons liiilc de toutes les matières tcr.'csires en trois classes: la première renruniic celles qui

* .... elles s'étciidcnl sur des provinces entières et rurnieiil même

d'asicz grandes contrées

® environnent

* jusqu'à une très-grande hauteur.

^ .Nous rapportons à ces trois classes toutes les substances mitiérale.s, parue qu'en les examinant.., .

* .. ..on peut toujours rcconiuiitru à laquelle de ces trois classe.

elles apparlienneiil cl par conséquent prononcer sur leur origine

Il.’l

KIM/QL KS DK L A N AI T U K

(miD's lr>s liwIhTo; vilrosribli's ont ôlô ' produites par le feu priiuitir, et que. par tonsé<pient leur foruinlioii appartient au temps de uotn* seeouile époque, taridis que la forwation dea mnlièrcs calcaires n'apparliail qu'à des temps ptisld rieurs^. F-t eomme dans les matières rejetées par les volejuis on trouve (pielquefo s des suhsUiuccs ealeaires, on ne peu! fînêi-e douter que la roi inatiou de ces mêmes matières rejetées par les volcjins ne soit aussi postérieure à la formation des matières ealeaires. ■'

Je prie que Tüii remarque la correction ituli(|iiée dans l’avant-ileriiière note, la note 0 : « La formation des matières calcaires s'est faite dam des temps subséquents et doit être rapportée an commencement de notre tiioisiême ÉroQUE; » je prie que l’on se rappelle en même temps ct>s mots sur lesquels (p. 92) j'ai appelé l'attention : « page 22 de la TnotstÈitE époqle, » et l’on verra clairement indiqué par lit ffon lui-même tout ce qu’il voulait détacher de la seconde époque (c’i^t-à-dire tout ce qui appartient à l’action des eaux) pour en former la troisième,

11 en retranchera de môme plus tard tout ce qui se rapporte à Vaction des volcans. H fera de ceci sa quatrième époque, — lorsque les eaux se sont reti-

(connvcTioxs faites i>aii ncrios &ni la copie.) miitières vitrcsciLlcs solides et qui ii’onl pas cliaii^'é. de

n.Tliirc ni de siliiatiun ont été proiliiitcs

* . ... et que leur rornialioii... .

® .... lu füi'iiuilion dc.s matières calinirt.s s'est faite dans des tenqiÀ suliséqueiits et doit être rapportée nu l'ommeiuemeiit do notre rnoisièME Ki>o<piE.

*'* encore.. ..

rées et que les volcans ont commencé (Vagir; — cl dès lors il aura tiré d’une seule époque, la seconde^ trois époques dislincles : la seconde^ la troisième ^ et la quatrième.

Et de plus (ce qui était surtout l’objet qu’il avait en vue), chaque époque ne contiendra plus que des phénomènes de même ordre : la seconde que des phénomènes dus au feu primitif, la troisième que des phénomènes dus à Vaction des eaux, la quatrième que des phénomènes dus au feu secondaire, au feu des volcans.

Ces trois époques, tirées d’une seule, sont, à ne considérer ici que nos copies, le grand changement ou, pour mieux en parler, le grand progrès des idées de Buffon. J’ai reproduit ce grand changement dans toute son étendue; et, comme je l’ai déjà dit, il est tout entier renfermé dans notre première copie de la seconde époque. Les autres copies ne nous offrent que des modifications de détail.

Cela est particulièrement vrai de notre seconde copie (car j’ai déjà dit que nous en avions deux*) de la

* Page 65. J’ai déjà dit ausôi [p. 63] que nos copies n’étaient pas complètes. Noire première copie de la seconde époque n'a que vingt-sept pages ; notre seconde copie de la môme époque n’en a que vingt. Dans ces deux copies, ce sont les dernières pages qui manquent; la copie de la troisième époque manque des premières et des dernières. La copie de la quatrième (cinquième de l’imprimé) est à peu près complète; la première copie de la sixième (sous le titre de cinquième) n’a que huit pages; et la seconde copie de cette môme sixième époque (cette fois-ci sous son vrai litre de sixième] en a vingt-six.

ÉPOQUES DE LA NATURE 115

seconde époque. Il y a sans doute ici, comme il y a toujours dans BufTon, de très-noml)reuses modifications de mots, de phrases, de développements d’idées, mais l’essentiel, mais le fond en est partout conforme à l’imprimé.

Je puis en dire presque autant de notre copie de la • troisième époque. Le fond en est conforme à l’imprimé, à deux différences près cependant, et toutes deux très-dignes d’être notées.

1® Buffon conserve encore dans cette copie de la troisième époque^ c’est-à-dire dans une époque où ne doivent se trouver que des faits relatifs à Yaction des eaux^ les trois ou quatre pages sur les volcans de la première copie de la seconde époque (pages qui viennent d’être reproduites’; ; mais, après les avoir fait transcrire, il les efface. Et ce n’est qu’à ce moment-là, au moment où il les efface, qu’il songe à sa quatrième épo(iue : l’époque où les volcans ont commencé d'agir.

2“ C’est dans cette copie de la troisième époque que se trouve la digression* sur la difficulté de notre esprit à concevoir d’immenses durées de temps, digression que Buffon, comme je l’ai dit (p. 67), transporta plus tard de la troisième époque dans la première, regardant comme plus prudent de préve-

' Voyez les p. 07 et 08.

ilO JJANUSClUTS DE BIÎFKOK

nir rt'ffroi de son lecteur sur ces immeiiftes (Uirees que d’avoir à le dissiper.

Je passe à la quatrième éjwque de nos copies {ciuquième de l' imprimé), — lorsque les éléphaiils et les autres animaux du Midi ont habité les terres du Nord.

VÆc époque est l’une des plus remarquables parle spectacle nouveau qu’elle nous offre, celui des grands animaux du globe passant des terres du Nord dans celles du Midi.

On n’y voit qu’avec plus de regret le mélange des idées solides et des bypotbèses. C’est là, par cx(‘inple, fjue Ibil’fon se demande pourquoi les especes du midi de l’un des deux continents sont toutes différentes de celles du midi de l’autre’, et qu’il se fait cette singulière réponse, savoii-, que les molécules organiques ont trouvé des moules dans le midi de l’ancien continent et qu’elles n’en ont pas trouvé dans le mnli du nouveau : « Les grands animaux sont arrivés du « Nord sur les terres du Midi; ils s’y sont nourris, « reproduits, multipliés, et ont par consé(juent ab- « sorbé les molécules vivantes, en sorte qu’ils n’en « ont point laissé de superflues qui auraient pu for- « mer des espé'ces nouvelles; tandis que, au con-

* Voyez, sur les nnimniix propres à cha<'Un des deux conlinenls rime dci plus heües vues de Iluffon, mon Histoire de seit Iraraii.T et de ses idi'es, p. (serondc Édition',.

kl'0()i:KS DK LA N AT 11 li K a traire, dans les terres de l’Amérique méridionale, « où les grands animaux du Nord n'ont pu jwnéirer, « les molécules organiques vivantes, ne sc trouvant '« absorbées par aucun moule, animal déjà sul)sis- « tant, elles se seront réunies pour former des es- « pèces qui ne ressemblent point aux autres »

J'ai déjà dit que notre copie de cette époque est à peu près complète'. Elle est aussi, pour le fond, très-semblable à l’imprimé.

Je n'ai guère vu qu'un point essentiel par où la copie diffère de l’imprimé. Ce point est celui qui concerne la création de l'homme.

Le lecteur peut se souvenir que j'ai cité (p. 7Ô| quelques phrases de notre copie touchant cet objet. Je reproduis ici le passage entier qui s'y rap|)orle.

' Voypî la noie de la pape 1 1 1.

il8

MANUSCRITS DE DUFFON

(copie.)

Il re.^le colle de l’homme : a-l-elleélé contemporaine à celle des animaux? Des raisons particulières semblent forcer à dire, qu'elle s'est faite postérieurement à toutes nos époques; néanmoins l’analogie, las monuments et même la tradition nous démontrent, au contraire, que l’espèce humaine a suivi la même marche et date du même temps que les autres espèces, qu’elle s'est même plus universellement répandue, et que, si l’époque de .sa création est postérieure à celle des animaux, l’homme n’a pas moins subi les mêmes lois de nature, les mômes altérations , les mêmes changements , et que la seule différence réelle qu’il y ait entre son espèce et les autres ne consiste point dans les facultés coi’porelles , mais provient uniquement de ce rayon divin qu’il a plu au Souverain Être de lui départir; en sorte que la matière se trouvant dans l'homme conduite par l’esprit , il a souvent modifié les effets de la nature et trouvé le moyen de résister aux intempéries des climats; il a créé de la chaleur, lorsque le froid l’eut détruit. L’élément du feu, qu’il a su tirer artificiellement en choquant les matières les plus dures, l’a rendu plus fort et plus robuste qu’aucun des animaux, puisque cette découverte, due à sa seule intelligence , l’a mis eu état de braver les tristes effets du refroidissement. D’autres arts, c’est-à-dire d’autres traits de son intelligence, lui ont fourni des vêtements et des armes, et bientôt il s’est trouvé le maître du domaine de la terre; ces mêmes arts, quoique encore très-simples, lui ont donné les moyens d’en parcourir toute la surface et de s’habituer partout, parce qu’avec plus ou moins de précautions, tous les climats lui sont devenus pour ainsi dire égaux. 11 n’est donc pas étonnant que, quoiqu’on ne trouve aucun des animaux des parties méridionales de notre continent dans l’autre, et que, réciproquement, il ne se trouve aucun des animaux des parties méridionales du nouveau continent dans le nôtre,

ÉPOQUES DE LA NATURE HO

(ivpniMÉ )

n reste celle de riiomme : a-l-elle été contoniporaine à celle des animaux? Des motifs m ijenrs et des raisons très-solides se joi;,ment ic.i pour ])rouver tprelle s'est faite postérieurement à toutes nos époques, et (pie riiomme est en effet le grand et dernier œuvre de la création. On nemaïuiuera pas de nous dire que l’analogie semble démontrer que l’cspéce Immainea suivi la même niarcbe et qu’elle date du même temps (pie les antres espèces; qu’elle s’est même plus universellement répandue, et que si l'époque de sa création est po.stérienre à celle des animaux, rien ne prouve que l'iiomme n’ait pas au moins subi les mêmes lois de la nature, les mêmes altérations, b's mêim's cbang(‘menls. Nous conviendrons que l’espèce bumaine ne diffère pas essentiellement d(»s autres espèces par ses facultés corporelles, (>t qu’à cet (‘gard son sort eût été le iiu'ane à peu prés que celui des autres esp«^ces ; mais pouvons-nous douter que nous ne différions prodigieusement des animaux par le rayon divin qu’il a plu au Souverain Être de nous départir ; ne voyons-nous pas que dans l'homme la matière est conduite par l'esprit ? il a donc jm modifier les effets de la nature ; il a trouvé le moyen de résister aux intempéries des climats; il a cr('*éde la chaleur lorsque le froid l’eut détruit; la découverte et les usages de l’élément du feu, dus à sa seule intelligence, l’ont rendu plus fort et plus robuste qu’aucun des auimaux, et l’ont mis eu état de braver les tristes effets du refroidissement. D’autres arts, c’est-à-dire d’autres traits de son intelligence, lui ont fourni des vêtements, des armes, et bientôt il s’est trouvé le maître du domaine de la terre : ces mêmes arts lui ont donné les moyens d’en parcourir toute la surface et de s’habituer partout, parce qu’avec plus ou moins do précautions tous les ciimals lui sont devenus pour ainsi dire (‘gaux. U n'est donc pas étonnant que, quoiqu’il n’existe aucun des animaux du midi de notre continent dans l’autre, l'homme

lii) MVMX-.IllTS l»K r.l KFn.N

Page 1