BIFFON
Dans le grand nombre de noms transportés pour la plupart sans raison des animaux de la terre à ceux de la mer, il s’en trouve quelques-uns d'assez heureusement appliqués, comme celui d'hirondelle qu'on a donné à une petite famille d'oiseaux pêcheurs, qui ressemblent à nos hirondelles par leurs longues ailes et leur queue fourchue, et qui par leur vol constant à la surface des eaux représentent assez bien sur la plaine liquide les allures des hirondelles de terre dans nos campagnes et autour de nos habitations : non moins agiles et aussi vagabondes, les hirondelles de mer rasent les eaux d'une aile rapide et enlèvent en volant les petits poissons qui sont à la surface de l'eau , comme nos hirondelles y saisissent les insectes ; ces rapports de forme et d'habitudes naturelles leur ont fait don- ■ lier, avec quelque fondement, le nom d'hirondelles, malgré les différences essentielles de la forme du bec et delà conformation des pieds, qui, dans les hirondelles de mer, sont garnis de petites membranes retirées entre les doigts, et ne leur servent pas
(CORHECTIOS» DE DUFto.N.)
enlèvent, en volant, les petits poissons qui sont à la surface de l'eau, comme nos hirondelles y saisissent les insectes ; ces rapports de forme etd’liabitudes naturelles leur ont fait donner, avec quelque fondement, le nom d’hirondelles de mer, malgré les différences essentielles de la forme du bec et de celle des pieds; car les hirondelles de mer les ont garnis de petites membranes retirées entre les doigts et ne s’en servent pas pour nager; il semble que la nature n’ait confié ces oiseaux qu’à la puissance de leurs ailes
M A.M SORITS OK lUIKFO.N
lure couliait plutôt ceüx-ci à la puissance de leurs aile», qui sont extrêmement longues et échancrées comme celles de Tliirondelle de terre * ou du martinet, et dont Thirondelle de mer fait le même usage pour planer, cingler, plonger, caracoler^en l’air, élancer, rabaisser son vol, le couper, le croiser de mille manières, suivant que le caprice, la gaieté ou la proie fugitive dirigent ou entraînent l’oiseau ®.
I,K BEC-EN-CISKAL'X.
(IIKNOS.)
Le genre de vie et les habitudes naturelles ne sont point dans lesaniiuauxun produit delil)erlé, ni un résultat de choix', mais* les effets nécessaires de la confonnation, de l'organisation et des’ facultés physiques. Fixés* chacun à la manicie de vivre que cette nécessité leur * prescrit, nul ne cherche®, nul ne peut chercher à s’en écarter; et c’est cette nécessité même qui peuple et anime tous les districts de la nature. L’aigle ne quitte point ses rochers’, non plus que le héron ses rivages; l’un fond du haut des airs sur l’agneau qu’il enlève et* déchire® du droit des serres cruelles; l’aiitre, le pied dans la fange, attend, à l'ordre
{corrections de Ul'PFON.)
* de nos hirondelles, et dont ils font le même usage. ....
“ plonger dans l’air, en élevant, rabaissant, coupant et croisant leur vol de mille et mille manières
• la gaieté ou l’aspect de la proie fugitive dirigent leurs mou-
vements.
' Le genre de vie, les habitudes et les' moaura ne sont pas aussi libres, qu’on pourrait l’imaginer, dans les animaux; leur conduite n’est pas le produit d’une pure liberté de volonté, ni même un résultat de choix
* mais c’est un effet nécessaire et résultant de la confonnation...
. ... et de l’exercice de leurs facultés
* déterminés et lixés
’ leur impose et prescrit . , ♦ ' '
IIISTOIRI: UES OISEUiV
pour tiagér, car il semble que la nature n'ait confié ces oiseaux qu'à la puissance de leurs ailes, qui sont extréiiierneut longues et échancréçs comme (elles de nos hirondelles; ils en font le même usage pour planer, cingler, plonger dans l'air en élevant, rabaissant, coupant, croisant leur vol de mille et mille manières, suivant que le caprice, la gaieté, ou l'aspect de la proie fugitive dirigent leurs mouvements.
KKC-EK-CINEAL'X.
(WFPOS.'l '
Le genre de vie, les habiludt's et les mœurs dans h^s aniimuix lu' sont i»as aussi libres qu'on pourrait l'imaginer; leui' conduite n'est pas le produit d'une pure lil)erté de volonté ni “inéme un résultat de choix, mais un efl'et lU'cessaire qui il('Tivc (l(* la conformation, d(î l'organisation iR de rexercice de leurs facultés physiques : déterminés et fixés chacun à la manière de vivre que cette nécessité leur impose et prescrit, nul ne cherche à l'enfreindre, ne p<Mit s'en écarter ; c'est par cette luVessité, tout aussi variée (|ue leurs formes, que sc sont trouvés peuplés tous les districts de la nature; l'aigle ne quitte |voiut ses rochers, ni le héron ses rivages ; l'un fond du haut des airs sur l'agneau qu'il enlève ou déchire par le seul droit que lui donne la force de s(*s armes, et j)ar l'usage qu'il fait d(' ses serres cruelles; l'autre, le pied dans la fange, attend, à l'ordre du Itesoin, le passage de la proie fugitive ; le pic, n'aban-
(CORHXCTIOSi" I»E BlTrO.X.)
* nnl ne cherche à l’enfreindre ni même à s’en écarter, et c'est
l*ar celte nécessité, tout aussi variée que leurs forme», que «c «ont trouvés peuplés tous les district»
I, 'aigle ne peut quitter ses rochers ni le héron . ...
ou.
* par le seul droit que lui donne la force, de ses .arme» et
par l'usage qu'il fait de ses serres
Kii
M VXUSClUTS DE Bill FOX
du besoin, Je passage de la proie fugitive, qui souvent trompe sa patience souffrante le pic ne peut sortir du fond des bois ni abandonner le tronc des arbres à r^nlonr desquels il lui est ordonné de vivre; la barge doit rester dans ses marais “ et y chercher sa nourriture ; l’alouette, gîtée dans les guérets, est fidèle à suivre les sillons; et, pour ne pas sortir ici du genre des oiseaux, ne voit-on pas ceux qui vivent de graines chercher les pays habités, suivre le progrès des cultures et ne se plaire dans les champs que sur la trace du laboureur, tandis que ceux dont la subsistance est préparée dans les baies sauvages et les petits fruits des bois, constants à nous fuir, ne ((uittent point les retraites écartées au plus sombre des forêts ou au plus escarpé des montagnes, où ils vivent loin de nous et seuls avec la nature •*. C’est ainsi que sous l’ombre épaisse des sapius, et au milieu des myrtilles, elle retient la gelinotte et le tétras, qu’elle défend au merle soliUiire de descendre de son rocher et qu’elle ne donne au loriot, pour répondre à ses cris, que les échos des bois ; en même temps elle envoie l’ou- • larde sur les terres élevées et les friches arides; elle cache le râle au fond le plus frais et le plus herbu de la prairie, elle i’emplit nos vergers du petit peuple léger des vives et gaies fauvettes; et, comme pour nous prouver que ce que nous croyons nous être le plus approprié dans son empire n’en reste pas iTMins sous son domaine, elle nouscharge de loger sous nos toits
(corrections de Bl'ITON.)
*** Le pic n’abandonne jamais la tige des arbres à l’entoar de laquelle il lui est ordonné de ramper
** marais, la fauvette dans ses bocages, — l’alouette dans
les sillons; et ne voyons-nous pas tous les oiseaux granivores chercher les pays habités et suivre nos cultures, tandis que ceux qui préfèrent à nos grains les fruits sauvages et les baies, constants à nous fuir, ne quittent pas les bois et les lieux escarpés des montagnes. . .
’* la nature qui d’avance leur a dicté ses lois; elles retien-
nent la gelinotte sous l’ombre épaisse des sapins, le merle solitaire
IMSTÜIRE DES OISEAI X
donne jamais la tige des arbres, à l'entour de laquelle il lui est ordonné de ramper ; la barge doit rester dans ses marais, l’alouette dans ses sillons, la fauvette dans ses bocages ; et ne voyons-nous pas tous les oiseaux granivores cbercber les pays habités et suivre nos rultures? tandis (jue ceux qui préfèrent à nos grains les fruits sauvages et les baies, constants à nous fuir, ne quittent pas les laiis et les lieux escarpés des inonlagnes, où ils vivent loin de nous et seuls avec la nature qui d'avance leur a dicté ses lois et donné les moyens de les exécuter; elle retient la gelinotte sous l'ombre épaisse des sapins, le merle solitaire sur son rocher, le loriot dans les forêts dont il fait retentir les échos, taialis que l’outarde va cbercber les friches arides et le râle les humides prairies ; ces lois de la nature sont des décrets éternels, iinnniables, aussi constants que la forme des êtres ; ce sont ses grandes et vraies propriétés qu’elle n’abandonne ni ne cède jamais, même dans les cbosi^que nous croyons nous être appropriées, car, de (piebpie manière que nous les ayons acquises, elles n’en r. stent pas moins sous son empire; et n’est-ce pas pour le démontrer ((u’elle nous a chargés de loger des hôtes importuns et nuisibles, les rats dans nos maisons, l’Iiirondelle sous nos fenêtres, le
(CUHIIKCTIUNS DE IM KFOX.)
sur «uu rocher, le loriot dans les forêts dont il fait retentir les échos, tandis que, par les mêmes lois, l’outarde va chercher les friches arides et le râle les humides prairies; ces lois sont des décrets éternels, immuables, aussi constants que la forme des êtres, qui dans clwque espèce est toujoin-s la même; ce sont les grandes et vraies propriétés de la nature qu’elle n’abandonne ni ne cède jamais, même dans les choses que nous croyons nous être appropriées; de quelque manière que nous les ayons usurpées, elles n’en restent pas moins sous son empire; et n’cst-ce pas pour nous le démontrer qu'elle nous a chargés de loger des hôtes importuns ou nuisibles, les rats dans nos maisons, l’Iiirondelle sous nos fenêtres, le moineau sur nos toits, et lorsqu’elle amène la cigogne au haut de nos vieilles tours en ruine
MANlsaUTS ÜE Bl'KFON
riiiruiidelle, de soulTrir le moineau, liôte iinpurlun de nos demeures et sur les créneaux eu ruine de nos vioiHes tours, où s'est déjà cacliée la triste famille des oiseaux de nuit, eJk* amène la cigogne connne pour se hâter de reprendre sur nous des possessions'* qu'elle a pu cckler, . mais qu'elle a chargé la main sûre des siècles de lui rendre?
m; TMOPHIUE ou UE OAlUU-EiMlUEUK.
t\ous avons vu des oiseaux se porter du ^lord au midi ' de l'hémisphère, et d'un vol libre et vague peuphîr tous les climats; nous en verrons d’autres confinés aux deux j)ôles-, comme les derniers enfants de la nature mourante dans ces régions glaccM's*; cx“lni-ci semble atla<hé à suivre* le char du soleil sous la 7X)ne brûlante qiu' iMu dent les tropiques : volant sans cesse sous ce ciel enflammé, sans s'écarter des deux limites extrêmes de la route du grand astre, il annonce aux navigateurs leur prochain passage sous ces lignes célestes; aussi tous lui ont-ils* donné le nom d'oiseau du tropique^, et ils ne doutent jias à sa vue dii toucher de prés à l'entrée de la Torride’, soit qu’ils y*aiTivcnt par le côté du nord ou par celui du sud", et qu'ils se trouvent dans les ineisde l’Inde, de l’Afrique ou de l’Amérique, que cet oise.au friiqueute également. , '
{«■.onnECTioss ns mrros.)
** lie seiiiblc-t-ellc pas se hâter de reprendre
'* des possessions usurpées pour un temps, mais qu'elle a
chargé
' au midi et |>arcourir il'uo vol libte tous les climats de l;i
icnv et des mers, nous eu verrons . .
IIISTOIHE DES OISEAUX
moineau sur nos toits ; et lorsqu'elle amène la cigogne au haut (le nos vieilles tours en ruine, où s'est déjà cachée la triste famille des oiseaux de nuit, ne semble-t-elle pas se hâter de reprendre sur nous des possessions usurpét!s pour un temps, mais qu'elle a chargé la main sûre des siècles de lui rendre?
L'OUKAV DV TBOPIQUE Ol! LE PAlLLE-ENHeVEL'E.
(bitfos.)
Nous avons vu des oiseaux se porter du nord au midi, cl parcourk' d'un vol libre tous les climats de la len’o et des mers; nous en verrons d'autres continés aux régions polaires comme les derniers enfants de la nature ii.ouranle sous celte sphère de glace; celui-ci semble, au contraire, (;lre attaché au char du soleil sous la zone brûlante que Itomenl les tropiques; volant sans cesse sous ce ciel enflammé, sans s'écarter des deux limites extrêmes de la route du grand astre; il annonce aux navigateurs leur |)rocliain passage sous ces lignes célestes ; aussi tous lui ont donné le nom d'oimiu du tropique, parce que son apparition indique l'entrée, de la zone torride, soit qn'oii arrive par le côté du jiord ou p;u’ celui du sud, dans toutes les mers du monde que cet oiseau fnspiente. égalemenl.
(CORRECTIOUS 1»E mjFFO^.)
. . . . . aux régions polairos.
sons cette sphère de glace
attaché au char du soleil
lui ont donné
. . . . . parce que sou apparition indique.
. . . . , de la zone torride
soit qu’on arrive , ^
du sud dans toute' les mers du monde que cet oiseau