‹ Des manuscrits de Buffon (volume 2)Chapitre 10 sur 39 · D£ BUFFON. LT · texte numérisé non relu

D£ BUFFON. LT

qui (lésariiia Buffon. Les choses restèrent suspendues; mais à son ami Hontbeillard ^ il écrivait : « J'ai « grand besoin de repos pour achever de me réta- « blir, ayant essujé ici des orages de toute espèce... » Et plus tard ^ : it Ha santé s'est soutenue malgré « les tracasseries et le chagrin qu'on m'a donnés « bien injustement et bien ingratement. j»

Dès le commencement de 1772, on voit Buffon se rnnimer devant la mission d'énergique organisateur qu'il s'impose. Six ans auparavant, pour faciliter le classement des collections, il avait abandonné son logement d'intendant; il revint alors liabiter rétablissement, et sa présence sembla y faire circuler une vie nouvelle.

G* est de ce moment où Buflbn, compris et apprécié, pouvait tout obtenir, que date le véritable développentent du Jardin royal. Louis XV lui ouvrit les trésors de l'État avec une générosité qui témoigne de tout ce qu'il y avait, dans le monarque, de respect pour le grand lioinme. Celui-ci achetait des terrains, des hôtels, des collections, faisait abattre, planter, bâtir, payait de ses deniers, et, sur ses notes, TÉtat remboursait.

Ces nobles procédés durèrent jusqu'à sa fin, et les

* Ptem, l*" mil 1171.

' Cr 8 décembni 1771.

m INTRODUCTION.

papiers de BufTon nous conservent des indications comme celle-ci : « Il m'est dû par le roi une somme « de quatre-vingt-quinze mille six cent quatre- « vingt-lrois livres neuf sols deux deiiiers, que j'ai « avancés pour des travaux de maçonnerie et four- « iiilures de liialériaux depuis le 1®' juillet jusqu'au <c 5 décembre, et dont j'ai envoyé 1 état et mémoires c< quittancés à M. de la Chapelle pour obtenir une « orduuuance de remboursement. »

A des plans compliqués, dont Texécution demandait une infatigable persévérance, Buffon n'admit qu'un seul confident dont la jeunesse emprunta, d'une probité sévère, d'une soumission aveugle, quelques traits d une figure antique. André Tbouin est un jardinier; il rend compte. Chaque quinzaine, Buffon lui répond de Montbard une longue lettre bien confiante, et la puissance de l'honneur et de la v^tu est telle, qu'elle établit une sorte de parité entre ces deux hom'iies. *

Presque invariabieuient, Buffon commence par quelque chose qui ressemble à ceci : «t J'ai reçu vos « états de dépense, et je vois que vous coïkluisez nos « travaux avec toute l'intelligence et toute la pru- « dence possible. » Après une affaire laborieusement conclue, Buffon écrit*: « Je le répète, vous

* Moutbard, f)l août 1785.

* Moatbaia, 24 août 1784.

DE BUFFON. vm

« êtes prudent et très-avisé , i» deux qualités par

lesquelles Thouin se rapprochait du philosophe, qui, un jour, lui dit ^ : « Deux ou trois hommes, qui se- <( raient sous tos ordres, garderaient mieux nos

« plantes que toute la maréchaussée de Paris. »

Dans une enliepnse pour laquelle rien n'avait (Hé prévu, il n'y eut guère que le zèle de son délégué qui ne fit jamais défaut à Buffon. Aux embarras miiiliples qui surviennent, ceiui-ci oppose des ressources qui rappellent Tingénieuse facilité du créateur de syslùnics : « Faites-moi le plaisir, mon cher monsieur « Thouin, » écrit-il ^, ce de remettre vous-même la « lettre ci- jointe à M. Dufresne, et, comme c'est pour « obtenir de l'argent, dont nons avons un si grand <c besoin, il n'y aurait pas de mal de lui porter quel* « ques fleurs et quelques arbustes : cela ne pourrait a qu'augmenter sa bonne vdlonlé. Je lui demande « les S5»000 francs qui restent dus sur les 75,000 « pour la maison et le terrain qui est actuellement « réuni au Jardin. Il ne sera pas nécessaire de lui <( parler des travaux que vous faites au delà du « Jardin, ni de l'échange avec Saint-Victor, de peur « d eilrayer par de nouvelles demandes; mais vous a pouvez lui exposer que nous sommes absolu* « ment sans argcnlj et qu'il nous ferait grand bien

1 Monlbard, 27 juin 1784.

Moutbard, 30 iuillei 17Si

Digili^

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