‹ Des manuscrits de Buffon (volume 2)Chapitre 21 sur 39 · DES MINÉRAUX · texte numérisé non relu

DES MINÉRAUX

détruire^ animcnl l'uiavers et eu font uu liiéàue de scènes toujotirs nouvelles, d'objets sans cesse reaaissants*

Je lis dans 1 imprimé :

La nature, iiulépendamment de ses hautes puissances auxquelles hoiis ne pouvons atteindre, et qui se déploient par des effets universels» a de plus les facultés de nos arls qu*dle manifeste par des effets particuliers : comme nous, elle sait fondre et sublimer les métaux, cristalliser les sels, tirer le vitriol et le soufre des pyrites, etc.; son mouvement plus que perpétuel, aidé de Y éternité du temps, produit, entraîne, amène toutes les révolutiùttSt toutes les combinaisons possibles : pour obéir aux lois établies par le Smiverain Être, elle n'a besoin ni d'instruments, UKiadmi' nîculeSf ni d'une maiu dirigée par l'intelligence humaine; tout 8*opère, parce que à force de temps tout se rencontre, et que, dans la libre étendue des espaces et dans la succès* sion conlinue du mouvement, toute matière est remuée, toute l'orme dormée, toute figure imprimée : ainsi tout se rapproche ou s'éloigne, tout s'unit ou se fuit, tout iecom^ bine ou s'oppose, tout se produit ou se détruit par des forces relatives on cmitraires, (|ui seules sont constantes, et, se balançant sans se nuire, animent l'univers et en font ua théâtre de scènes toujours nouvelles et d'objets sans cesse renaissants.

J'ai souligné tous*les mots changés ou ajoutés, et

l'on voit ici plus d'un soin : d'abord celui du style, comme toujours, et puis celui d'une certaine prudence, inspirée par le souvenir de la Sorbonne^ que

UuHoa eut toujours présent, et dont nous verrons

Digiti/

UISTOIKE

encore d'antres preuves, et sur des points bien plus impoilants.

Après un passage de YHistoire des mtiéraux^ ou BufTon se corrige lui-même, voyons un passage où il corrige Bexon. L' article du granit est tout entier de Bexon.

Je lis dans le manuscriti c'est-à-dire dans Bexon :

Bes quatre matières simples, la plus fusible est sans corn-

paraison le feldspath ; il Test à un degré de feu bien inférieur à celui que veut le quarlz pour se iundre, puisque ce dernier, quand il est pur, résiste au plus grand feu de nos fourneaux, tandis que le feldspath s'j fond avec facilité, et entraîne même dans sa fonte la fusion du quarts. Le feld* spath est mémo plus 1ii>il)lc que le mica; car il coule à un degré de chaleur moindre que celui où le mica se réduit en un verre spumeux. Or ces diflérenls degrés de fusibilité respective dans les trois matières qui composent le granit, savoir le ijuartz, le mica et le leldspalli, me seml)leiit suffire pour rendre clairement raison et expliquer d'une nianière palpable, et, si je Tose dire, mécanique, la formation des granits.

Et je lis dans Timprimé, c'est-à-dire dans Bexon

corrigé par BuFfou :

De loules les matières produites par le feu priiiiitif, le granit e&l la moins simple et la plus variée : il est ordinairement composé de quart», de feldspath et de schorl, ou de quarlz, de feldspath et de mica, ou enfin de quaiMz, de feldspath, de schorl et de mica : de ce^ quatre bubslances

DES NhNÈRAUX iO

primiliveS) les plus fusibles sont le feidspath et le schori :

ces VLTres de iiatiuc ^c loiiileut sans addifion au même degré de feu que nos verres factices, taadiâ que le quart z résiste au plus grand feu de nos fourneaux ; le feldspath et le schori sont aussi beaucoup plus fusibles que le mica, auquel il faut appliquer le feu le plus violent pour le rcdnirc en verre ou plutôt en scories spumeuses. Enfin, le feldspath et le schori communiquent la fusibilité aux matières dans lesquelles ils se trouvent mélangés, telliB que les porphyres» les ophites et les granits, qui tous peuvent se fondre sans addilion ni fondant étranger ; or ces différents degrés de fusibilité respective dans ks matières qui composent le granit, et particulièrement la grande fusibilité du feldspath et du schori, me semblent snfOre pour expliquer d*une manière satisfaisante la iuiinaiiou du granit..

Je n^examine pas ici le fond des choses. Voyez, pour cela, mon édition anrwtée àtsœu\re& de Buf> fon^ Buffon compose le granit de quartz^ de feldspath et de sckarly ou de quart%^ de feldspath^ de sckorl et de mica.

Le granit se compose de quart^^ de fddspath (orthose ) et de miea. Le nom de schnrl est un nom vague qui a été donné à différents minéraux.

Buffon nous dit encore que a le quartz, eu s'égre*nant, formait les micas. » Mais le qmrt% et le mka n'ont pas la même composition, l.e quartz est ï acide silitique^ h sUiee pure; et le mica se compose de silice^ d*alumine^ de peroxyde de fer, etc.

* C*€9i celle que je cite eoattammetit dans ce volume.

50 HISTOIRE DES MINÉRAUX

Laissons donc ces erreurs sur les faits, qui tiennent

aux erreurs d'un temps qui n'avait pas encore la chimie. Je remarque ici, dans BuCfon, cette belle et pittoresque expression : les verres de nature. Elle définit clairement ce que Bu (Ton entendait par le mot verre, appliqué au globe : les verres de nature, c'est-à-dire les radies du globe fondues par le feu prir mitif

Et je remarque, dans Bexon, une expresàon trèsviye aussi, et négligée à tort par Buffon : d'une manière mécanique. Elle peint neUeuiint la vue la plus particulière et la plus intime de fiufibn sur la formalion du globe.

En effet, puisque tout, selon Buffon (suivant en cela Leibnitz), a été primitivement liquéfié, gazéifié, fondu, la formation du globe (de la croûte du globe) n*adonc été qu'une suite de eoiuolidatiouSf de dégagements mécaniques: les diverses substances, mêlées ensemble à Tétat de gaz, se sont dégagées successivement les unes des autres à mesure qu'elles se sont consolidées; la consolidation a été le ressort mécani' que qui les a dégagées, séparées les unes des autres, et chacune à son temps, selon son degré de fusibilité.

Le degré de fusibilité donne donc la date de la con- SûlidatioUy c'est-à-dire de ï ancienneté relative de chaque substance, ce qui est toute la théorie de Buffon • Tout se passe donc dans cette Ibéorie, comme le dit Bexon, et le dit irèâ-bien ; d'une manière mécanique.

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