‹ Des manuscrits de Buffon (volume 2)Chapitre 36 sur 39 · BUFFO · texte numérisé non relu

BUFFO

« Â Moutbard, le 15 noveiuUre 17(57. »

Page LU Le renconlrant un jour à Marly, niadame de Pompadour lui disait : Vous êtes un joli gar^ çon, monsieur de Buffon^ on ne vous voit jamais

11 ne s'adressa jamais pour hn-méme h m<i4l.me de

Pompadour. Une seule fois il réclama son inler\cution; ce fut en laveur de Daubetiton.

SiG PlÈClSS JUSTIFICATIVES.

Page Lv // achetait des terrains ^ des liôtelSf des

collections^ faisait abattre^ planter ^ bâtir, payait de ses deniers, et, sur ses notes, VÊtat remboursait

Les papiers de Buffon nous en ont laissé des preuves.

Voici une SuscHption écrite par lui : « Cette boete contient les mémoires et quittances des ouvriers qui ont Iravailié pour le Jardin du roi depuis 1749 Jusqu^en 1787» et qui n*ont pas été produits pendant le ministère de monsieur d'Argcuson ; tous les mémoires et quiltanccf* peuvent être regardés comme inutiles, à moins qu'on ne recherche mes héritiers sur la dépense dont ils sont les pièces justificatives.

« Au Jardni du roi ce prentier juin mille sept cent soixantedeux.

«De Bitffon. »

Extrait d'un registre écrit en entier de la main

de Buffon.

« Il m'est dii par le: roi une somme de soixante et quinze mille sept cent soixanlC'dix livres, sept sols, que j'ai avancée pour la culture du jardin et l'entretien du cabinet du roi pendant l'année 1786, et dont j'ai remis l'état, ainsi que les pièces jusdiii aU vos de dépenses, à M. le baron de Bretcuil, qui mena iiiit expédier nue ordonnance de cette somme au mois de mars 1787 pour en être payé au trésor rojal, cy 75,770 liv. 7 »

« Uevu en mai et juin 1787i

PIÈCES JUSTIFICATIVES. 247

tt II in*est dû par le roi une somme de quarante et un

mille quatre cent treille livres, ilix-hml sols, neuf deniers, que j*ai avancée pour Teulretieu du jardin cl cabinet du roi pendant 1 année 17 86» et dont j'ai remis Tétai, ainsi que les pièces justificatives, à M. de la Chapelle le iS mai cy 41^450 liv. 18 s. 9 d. •

tt M. de la Chapelle» par sa lettre du i 7| roe marque qu'il a envoyé qette ordonnance en finance.

a Reçuàoompte, le 17 juill. 1787, la somme de 31 ,4301. 18 s. 9d.

a Reste 20,O0U liv.

« 11 m'est dû par le roi une somme de quatre-vingt-douze mille trois cent quatre-vingts livres, que j'ai avancée pour

les nouvelles constructions et acquisitions pendant les six premiers mois de l'année 1787, dont j'ai envoyé Télat des dépenses, ainsi que les pièces jnstilicatives, à M. de la Chapelle le 5 août pour obtenir une ordonnance de rembourse- ' ment, cy 92,580 liv. »

Page ux. Dans utie lettre adressée à la nièce de Montbdliard, confidente habituelle de ses faiblesses

Quelques passages des lettres nombreuses de Buifon

à madame DauLenUni-Boucheron justifieront ce mot.

Il lui écrit du Jardin du Uoi le 50 novembre 1772 (son fils» âgé de huit ans» était resté à Itfontbard) : « J ai reçu, ma très-chère belle amie, avec le plus grand plaisir, voire charmante petite lettre on j'ai tronvédes nouvelles de

tout ce que mou cœur aime, vous et mon (ils » Dans la

lettre suivante : a Si vous pouvez mener de Semur M. Dallet, vous roe ferez plaisir; il restera près de mon fils jusqu'à

248 PILCLS JUSTIFICATIVES.

mou retour Je m'amuse avec vos petits lévriers ; voa5

aurez It niin i et la femme Je vous remercie de ce que

vous avez dit à M ; son témoignage peut faire du

bien à la réputation de mes forges. C'est vous, bonne amie, qui savez faire les choses à propos, et l'à-propos pour vos amis est de tous les jnurs, de tous les iiioiiients oii il est question d'eux» parce qu'ils sont dans votre coeur, et ce cœur eat aussi honnête et aussi sensible que l'esprit qui ranime est yif et délicat. Ceci sans compliment et en toute vérité. »

A son retour I Paris le 4 novembre 1773, Butfon, qui

avait mis sou lils au collège, écrit : a J'ai trouvé mou

lils très-bien portant et mieux qu'il n était ù tous égards; il m'a demandé de vos nouvelles* et c*est beaucoup pour sa petite tête qui ne pense encore à rien ^

« J'ai vu aussi le fils de Mussy, Juut j'ai été fort content. J'ai .déjà parlé au docteur (Daubeuton); mais ce n'est pas dans une première conversation qu'on peut tirer de lui quelque chose de positif..... »

* Baflbn tils à madame Daubenton.

« Madame et chère bomie amie,

« Je me trouve irèà-bieii au collège ; je suis à cet instant auprès de mou papa ; je dîne ches hil. Je vous prie de m'envoyer le plus promplement que vous pourrea des nouvelles de YinchcpiU, qui sifpiifie en français, jeu du vent ou lévrier, et du pauvre petit chevreuil. S'il est mort, cachetés, je vous prie, votre lettre de noir.

« Adieu, ma chère bonne amie; bien mes respects à tous mes bons amis et mes bonnes amies; adieu encore une fois. Je vous souhaite une bonne santé, et vous demande permission de vous embrasser.

« Ce dimaoche 177t. »

PIÈGES JUSTIFICATIVES. 249

« Je lâcherai d*échauffer le docteur, dil il dans une autre lettre; niai:» vous le connaissez, il ne prcnil rien à cœur. 9

A quelques jour? de là, il écrit encore :

n 11 parait que MM. Daubenlon seraient bien aises de vous voir dans ce pays-ci; mais vouâ saves, ma bonne amîe, qu'ils ne sont ni riiii ni l'autre bien ardents sur rien. Je verrai les leujuies, et je verrai de leur inspirer de vous appeler ou du moins de vous désirer, t

Le grave vieîîlanl iic trouve qu'indulgence pour les fantaisies de la jeime femme.

« Partez, chère boiiiio arnie, et partez tout de suite pour lejoIiBeaune (lieu natal de madame Daubculon); quittez le \îlain MuaLliUid j)i)ur aller à la chariuuute iio:e un mon cœui' vous accompagnera et jouira par moitié de toute la satisfaction que vous y trouverez »

11 lui avait écrit précéiiennnent :

« Ma santé est encore moins boinie ici dans le beau Paris qu'an vilain Montbanl; innA je relouriicrai le j»his tôt possible, et j'espère, boimc et toute aimable amie, que je n'aurai pas le guignon d'arriver après votre défiart pour la noce; mais, quand même elle me ferait ce tort qui n'est pas petit, j'y pren Ir. i et pr nds iièî> à présent le plus grand intérêt, car votre siitisfaction) ma chère enfant» fait une grande partie de mon bonheur. »

Au moment du départ potu' le joli Beauuc, il écrit :

« Dites-moi aus*^i, jour par homxc amie, votre

marche et les lieux -que vous habitez; je donnerais toute

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350 PIÈCES JUSTIFICATIVES

ma science pour savoir seulertienl où vous êtes, et tous mes papiers pour un billet île vous oh serait tout ce qui

ne s'écrit jtas. Adieu, belle amie; je ne puis vous rien dire au delà de ce que vous connaissez de mes senli^ ments; ils seront aussi durables que les charmantes qualités qui vous les ont acquis, i

16 décembre 1773.

« Quinze à vingt lieues dont vous vous êtes rapprochée en revenant o Moiilbard» dièrc boiiuc amie, me foui déjà un si grand eAet de plaisir, que je ne puis mesurer oc* lui que je ressentirais si vous vous déterminiez à faire cinquante lieues de plus. Je vous ai adressé, en attendant, une petite boîte qui vous arrivera mardi A par le carrosse, dans laquelle vous trouverez du rouge et la boîte pour le mettre, avec quelques petits pots de pommade de : âme candide, pei^nne nette et fraîche

n'a pas besoiii de parfums; mais le petit nez si liu les aime; j'espère qu'd les agréera, et j'y joins pour votre cœur Thommage, te don de tout le mien. Aujourd'hui fin d'année, demain commencement de Tan, «i pour toutes les fins, tous les commencemen's des jours et des ans qui s'épuiseront plutôt que mes sentiments pour vous, la plus digne et la plus aimable des amies. »

31 décembre 1773.

En effet, neuf années plus lard, Buiïon écrivait encore à madame Daubenton.

« On fait au premier jour de l'an un nouveau contrat

PIÈCES lUSTIKiCATlVËS 251

avec la vie; mais, avec un ancien amiy il n'est pas besoin de faire nn pacte nouveau : tous les jours sont égaux quand

les sentiments sont toujours les mêmes. Aimer conslammeut est une rare vertu; apprenez de bonne !i cure celte morale à jolie Bet2j; vous m*avcz fait grand plaisir de me donner de ses nouvelles; je la bobe et vous embrasse bien sinccremciil. La fêle d'iiier s'est pas>ée sans lumiillc cL sans accident, grâce aux grandes précautions qu'avait prises M. le lieutenant de police, ta reine est embellie de sa coudic : un Dauphin produit gloire et santé; sa première couche a\ai( un peu flétri sa beauté; celle-ci paraît l'avoir augmentée.

« récrirai dans quelques jours à mon frère; failes->lui mes amitiés, ainsi qu'à M. et madame Nadault,

< Paris, AU Jardin du Rôi| 23 janvier 175).

« P, S. J'oubliais de vous dire que les observations sur les cygnes me sont arrivées trop tard. Je n'ai pas répondu dans ce temps à votre cher oncle, parce que j*esp^rais pouvoir les employer; niais mallicuicusenient les bonnes feuilles de cet article du cygne étaient cntièrcmenl ti* rées. Âu reste, les observations s'accordent assez bien avec celles que j*ai recueillies d*ailleurs. J'écrirai au premier jour an cher oncle pour le remercier d'une lettre charmante qu'il a eu la bonté d'écrire à mon fils Âdieu, très^hère amie; dites quelque chose pour moi à votre chère tante^ qui est aussi ma bonne amie, t

Madame Oaubenton-Boucheron devint veuve et reçut cetlo dernière lettre :

PIÈCES JUSflFlCiTlVES

ff Soyez un peu plus tranquille, ma chère bonne amie;

vous tiurcz la jiclitc l ecctlc des crus que je ne croyais pas qu'on pût donner à une femme, et que dans celle même idée ma sceiir m'avait demandée pour son fils. Soyez bien sârc que je Q*aî cessé de m*occuper de vos buérùls, cl que j'ai ilf^à des espérances d'obtenir quelque chose, lant sur la place de maire que sur la recette du grenier. AinFÎ prenez coaragef mon enfant; rappelez auprès de tous votre gentille Betzy; vous la soignei'i z mieux même pour sa sanlc. Tachez d'êloi-' gncr, s'il est possible, la nomination de son curateur; il est essentiel» dans la drconslance présente, de ne le pas nommer de sitôt. Adieu, chère amie; vous serez peut-être plus heureuse que vous ne l'avez jamais été.

c Au J«rdtn du Rot, M man 1785. »

Page Lxi. Déjà pour Buffon la vieillesse arrivait^ mais elle arrivait pleim d'autotité,,.

Dans sa Bourgogne, il se voyait honoré selon ses vesos. Le \^ août 1776, il écrit au président de 1* Académie de

Dijon :

« L'Académie, monsieur, ne me doit aucun remerci-

ment, tandis que je hii dois tout alLachement et respect. Je chercherai donc toutes les occasions de lui témoigner ces sentiments, et je suis très-aise qu'elle ait reçu avec bonté le buste et les creusets que j'ai pris la liberté de lui offrir. Je ne puis aussi, monsieur, que vous marquer ni.i reconnaissance en particulier de 1 estime el de ramitié

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PIÈGES JUSTiriCVIlVISS ^3

que vous voulez bien m'accorder, et vous supplie d'être persuadé du retour de la mienne et du très-sincère attachement avec lequel j'ai Thonneur d'être, monsieur, votre très^humUe et très-obéissant serviteur,

« BOPFON. »

« Le 5 août 1775 («lit M. Girault, dans son recueil de

« Lettres im*dites, déjà cité), M. de Buffou présida la « séance de l'Acadéaue où lut faite Tinauguration du « salon de ses séances pùbHques. En 1776, il envoya à « TAcadémie son buste en terre, ouvrage du célèbre Pa-

« jou, avec ies creusets nécessaires pour le reproduire et le <( multiplier.

c Lorsque T Académie fut supprimée pr le décret du ■ 8 août t795, ce buste fut déposé à la bibliothèque de « la ville, où il est encore. »

Page Lxxv Sa fierté ne lui permettant de vendre

que ses doigls»

Tout le monde sait que J eau-Jacques gagnait ::a vie à copier de la musique.

Page Lxxix. Celte affaire n*eiU pas d autre suite fdchèuse que d'en entendre parler

Dans les manuscrits de Bufbn, se trouvent :

Une copie des objections de la Sor})onne contre Buflbu; Kt un prqial da r^nse ébauché par Bexou.

Ces deux pièces m ont paru avoir assez d'intérêt pour être reproduites.

1»1ËCES JISTIKICATIYËS

i'IlOl'U^lTiOISS EXTRAITES DES ÉPOQUES DE LA NAïUiiE.

rallie IX, page 495*. Il faut rapporter à cotte première époque ce que j'ai écrit de Tétat du ciel dans mes mémoires sur la température des plauètes : toutes au commencement étaient btiUantes et lumineuses; chacune for moi t un petit soleil.

Page 496. Le globe terrestre, lumineux et chaud comme le soleil» n'a perdu que peu à peu sa lumière et sou ieu.

It

Pa^e 499. — On puiil croilc que la populaliuii de \A mer en animaux n*est pas plus ancieuue que celle de la terre en végétaux.

Page Dâns ce même temps^ oh les terres élevées

^ De nion édition de liuUciii, ûdilioa que j'ui Luujttuis cilée duils ce Toliime.

PIÈCES JUSin ICATIVES

TBXTB DE L ÉGBITURE ET OBJECTIONS.

Moïse dit :

« lu princi[iio crccivil Deus cœliim ettcn aiiK Terra « lem erat inanis et vacua^ et tenebraî eraiit supei* faciem

Aiori le premier Aat de la terre ne fut pas d*étre lumineux.

y 12. « Protulit terra herbam vireitlem... lignum fa^ « ciens fructuin^ etc. » et factum est ve$pei*e et maiie Dies it tertius, »

^22. « Creavit Deus cete et omnem animam viventem « quam produxerunt aquœ... el faclumest Diesquinttis, » On deit donc croire la population de la i«xre en végétaux^

rikCfcîj JliStlUCAtlVfcS

FROPOSmORS EXTRAITES DBS éPOQOES DE Ik NATDRB.

au-dessus des eaux se couvroienl de ijraïuis arbres et de végétaux, la mer générale se peuploit partout de poissons.

Page 590. Heureuses les contrées ou tous les éléments

(le la teiii[>éruture se Irouveiit balancés, cl assez avantageusemeiil combinés pour n'opérer que de boQs eflets ! Mais en est-U aucune quif dès 9on originef aUeuceprivUegef aucune où la puissance de thamme n'ait pas secondé celle de la nature?

Page 579. Les pi eniiers huiiimes, témoins des mouvements coiivnlsils de k terre encore récents et très-û'é' quents, n'ayant que les montagnes pour asiles contre les inondations, chassés souvent de ces mêmes asiles par le feu des volcans, tremblants sur une terre qui Irenibloit sous leurs pieds, nus d'esprit et de corps, exposés aux injures de tous tes éléments, victimes de la fureur des animaux féroces, dont Us ne pouvoient émter de devenir la proie;»., tous également pressés par la nécessité, n'ont-ils pas très-prompte ment cherché à se réunir, d'abord pour se défendre par le nombre, ensuite pour s'aider et travailler de concert à se faire un domicile et des armes?

IMfcCES JUSTIFICATIVES

TBITB DE L'éCRlTURB BT OBIBCTIOMS.

qui a eu lien au troisième jour, plus ancienne que celle des poissons, qui n'est que du cinquième jour.

Que seroit-cesi» par jour, on entendoit des époques?

UI

Genèse, e. n, ^ 8 et 9.

« Plantaverat Dominus Dens paradisum voluptatis à prina cipio,,. Produxit Dominus l>eusde liumo omne liguum « pulchmm visu, et ad vesoendum suave. »

• i*^ 11 n'y a qu'un seul premier homme.

2® G., c. II, ^ 15. « Tulit Dominus hominem et posuit « in paradiso vokipMis. » Ainsi scm premier état fat un étal de bonheur.

^® G., c. Il, ^ 25. « firat uterque nudus, Adamscîlicet et « uxor ejus : el non erubescebant. » Ce n'étoit donc [)as une nudité honteuse ou aliligeante, telle que la décrit M. de ' Bufion.

4^ G.y c. I, y 28. « Benedixit Dens (homini) et ait...

« dominabimini piscibus maris, volai ilibus cœli, et unitf versis animanlibus qunc nioventur super terram... »

Et c. ^ 19. « Formatis de hunio cnuctis animau^ « tibus terr», et volatilibus cœli, adduxit (Dominus) ea ad n Adam... Appellavitque Adam nominibus sois cuncta aniu mantia. t

PIÈGES JUSTIFIGATIYES

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