‹ Des manuscrits de Buffon (volume 2)Chapitre 35 sur 39 · DE QUELQUES COIXABORATEUM ACCESSOIRES · texte numérisé non relu

DE QUELQUES COIXABORATEUM ACCESSOIRES

Aux noms des (rois princifmux collahorateiirs de Buiïon, c'est justice d'ajouter ici ie nom de quelques autres.

Lorsque raccroissenu;nt des eolleclions iindit la surveillance des galeries trop pesante |)our Daubenton, BufTon lui adjoignit un de ses parents, qu'il chargea plus tard de surveiller rexéciition des dessins et des gravures pour ï Histoire des oiseaux :

« L'on reconnaîtra partout, dit-il^-.* les attentions « éclairées de M. Daubeiilon le jeune, qui seul a con- « duit cette grande entreprise ; je dis grande par le « détail immense qu'elle entraine, et par les soins (( cunlitmels qu elle suppose: plus de quatre-vingts a artistes et ouvriers ont été employés continuelle- « ment depuis cinq ans h cet ouvrage »

Un naturaliste d'AbbeviUe, Emmanuel Bâillon,

m COLLABORATEURS ACGBSSOIRBS

avatt envoyé à Buffon quelques observations irès^

bien faites sur divers oiseaux d'eau. Buffon ne le lâcha plus qu'il n'en eût liré de& observations seifibiables sur tous les oiseaux de mer qui habitent les côtes de la Picardie,

Je vois, par quelques lettres de Buflbn au médecin Arthur, correspondant du cabinet du roi, è Gayenne, avec quel art il savait aiumer le zèle de ceux qui pouvaient le servir dans ses grands desseins*

II lui écrit le 4 juiu i742:

a J'ai reçu ia caisse de curiosités que vous avez « bien voulu m adresser. • . M. de Jussieu ^ s'est chargé « de vous écrire en détiiil sur ce qu'elle conteci naît J ai renouvelé mes observations au sujet

« de vos appointements, et Ton m'a accordé une aug- \

« uientaiioii de trois cents livres H. le comte de |

« Maurepas protège immédiatement notre cabinet

« d*histoire naturelle, qui est actuellement arrangé

« dans un très-bel ordre ; vous lui ierez bien votre

« eour, si vous voulez bien, monsieur, m'adresaer i

« toutes les curiosités que vous pourrez ramasser... n

Comme M. de Maurepas est aiueué là à propos ! l c'est lui qui protège mmédiaiefmit le cabinet d'Idstûire naturelle^ et c'est aussi lui qui dispose des appointements et des pensions.

* Voyez, dans le tome n de mes Êlo^ hiêtmiquei, rarttde sur ( Beriiarà de lassiea, p. 90 et suiv*

Dans une autre lettre, IQ féirrier 1747, on voit

mieux encore la cm iosilé vive de Buiïon eirattention exacte qu il met à s informer de tout.

« Ce sont surtout des animaux que nous désirons

«beaucoup: s'il y a quelques pierres figurées

« et d'autres pétritications à Cajenne^ je souhaiterais « fort en ayoir, aussi bien que des échantillons de « pierres à bâtir et autres de ce pays. Vous me feriez « grand plaisir aussi de me dire si les montagnes de <r la Guvane sont fort considérables, et si le lac Pa- « rime, qu'on appelait le lac d'Or, est connu, si c quelqu'un y a été nouvellement, et si, en effet, il « est d'une étendue si considérable, et s'il ne reçoit « aucun fleuve. Faites-moi aussi lamitié de me « marquer quelles sont les espèces de poissons les « [)lus communes sur vos cotes et dans les rivières « de cette partie des Indes. Je vous demande grà( i « pour toutes ces questions, et je suis persuadé « que vous voudrez, bien y répondre ce que vous en « savez. 11 ) a encore un l'ait sur le(|uel je voudrais « bien être éclairci, c'est de savoir s'il n y a point « de coquilles pétrifiées dans les Cordillères au Pérou; tt M. de La Condaiuine prétend en avoir cherché inun tilement; si, par hasard, vous trouvez quelqu'un « qui puisse nous instruire sur cela, je vous en serai ^ a infiniment obligé. »

La dernière de ces questions, celle de savoir s*il y

a, ou non, des coquilles sur les Cordillères (tout le monde sait aujourd'hui qu'il y en a), et plus géuératement sur les hautes montagnes, est une de celles

qui ont le plus occupé et tourmenté Buffon, et d autant plus qu'il a voulu tour à tour, sur ce point, le pour et le contre.

Dans son premier système sur- la formation des montagnes (Tkéoriede la tetre^}, il fallait qu'il y eût des coquilles jusque sur les plus hautes, car les niuiitagnes se formaient alors dans les mers* :

Et les mers des Chinois sont encore étonnées. D'avoir, par leurs courants» formé les Pyrénées.

YoLtASUI.

Mais, dans son second système {Époques de la nuiwe)^ il fallait qu'il n y en eût pas, car alors ce n'était plus par l'eau, c'était par le feu, c'était à ï époque du *,li)be encore incandescent que les montagnes s'étaient formées % et par conséquent bien avant

* Li date de la paUicalÛMi de la Théorie de la terre est 1740, et la date de celte letlre-ci est 1747.

* « ExaiDinons de près la poesibilité ou l'impossibilité de la for- « malion d'une montaGfne dans le fond de la nier par le mouvemeot « et par le sédiment i\<^s cnux... » [Théorie de la terre.)

'* « Comparons les etlels de la consolidation du globe de la terre c en l'usioii à ce que nous vovons arriver à une masse de métal ou « de verre fondu lorsqu clic comuu nce à se refroidir : i) se forme à « la surface de ces masses..., des ondes, des aspérités..., des Iwur- « u soufflures, lesquelles peuvent nous représenter id les premières « inégalité qui se sont trouvées & la sur&ce de la terre. .. Nous aurons c dés lors une idée du grand nombre de montagnes qui se sont for- « roées dès ce premier temps... > {Époguei de te nature.)

COLLABORATEURS AGGESSOiiiLS 233

qu'il y eût des mers el des êtres vivants sur le

globe.

On a fait tant de systèmes ' sur les montagnes de* puis BufTon, qu'on peut bien lui pardonner d'en avoir fait, à lui tout seul, deux opposes el contraires, et, malgré leur opposition, aussi peu fondés l'un que Tautre.

J ai dit, dans Tintroduction, tout ce que André

Thouin, resté j)<irnii nous coniine l'un des derniers et des plus intimes témoins de la grande vie de Buffon, avait fait pour concourir, sous la direction de celui-ci, au développement du Jardin du Roi.

Dans les plus mauvais jours de la Terreur, André Thouin reçut de Bernardin de Saint-Pierre, qui, îiprès avoir été, pendant une année, intendant du Jardin du Roi, veuait de se retirer à Essonne*, la lettre suivante, où, sous la plume de Bernardin, se peignent très-bien les émotions de cette époque.

* Voyez, n\r les systèmes relatifs à la formation des montages, mon Eloge' hUtorique de UofioUi deBucht dans le prmier volume de

mes Elnqen.

•A la mori l'e liiiffon, l'intendance du Janlin du Roi pnssa an marquis de la liiliardciie, frère du comte d'Augcviller (voyez I'introddction). En 1792, M. de la fiillardcric ayant émigré, Bernardin de Silnt-Pierre ruloommé iotendant par LouisXVI, qui lut dit: t J'ai la vos t oDvnges; ils sont d'un honnête homme, et j*ai cru nommer en yoos c on digne successeur de Buffon. »

Dès l'année suivante, t'intentl.uice fut supprimée pour faire place à l'administration collective des Professeurs, et le titre de Jardin du Roi transformé en celui de Muséum d'histoire naturelle.

BEBNARDIH DE SAlBIT-nERRE AUX CITOYENS THOUUf, AO MUSéuil

o'msrotRB haturbllb, au jaroik national, a paris.

« Voici une lettre qui iti est adressée comme à « l'intendant du Jardin national et qui peut être « ulile à la Ménagerie ou au Muséum. Je vous prie « donc de la remettre au ciloven Daubenlon ou à « quelque membre du comité afin qu'on y fasse ré* « ponse si on le juge convenable. Je profite de cette K occasion pour assurer toute la iauiille des Thouin « de toute mon amitié; certainement je dois mettre « au premier rang la bienfaisante citoyenne qui m'a « restauré d'un \erre d'eau et de sucre, au sortir de ff mes sermons de morale. Je prie la citoyenne Gni* « bert, la mère de toute la famille, de lui en réitérer « ma reconnaissance et de me rappeiei' à l'amitié de K son mari et de ses frères et sœurs.

« Je jouis du repos avec ma femme et mon euiaut, a plaignant les troubles de votre capitale et cheru chant dans ma solitude les moyens de calmer, non « les agitations d un grand peuple, ce qui passe aia ff puissance, mais de prévenir celles que les pré- « jugés élèvent, dès le berceau, dans nos âmes.

« Ma santé, ainsi que celle de tous ceux qui m'ap- « partiennent, est aussi bonne que je puisse le dé- '< sirer. Mon voyage à pied de Paris à Essonne, au

« milieu de la chaleur, ne m'a point incommodé.

« Si quelque nouvelle peut me distraire agréable^ « blement, c'est celle qui m'apprendra que vous « jouissez tous d*une bonne santé, que les subsis- « tances arriYeni dans la capitale et que la concorde « en rapproche tons les partis.

a Saiut et Iraternité.

« Db Saimt-Pierre.

« A Essonne, ce 1 prairial l'an m de la République une el indiviaible. »

Je compte enfin comme collaborateurs de Buffon, et certainement encore avec toute justice, tous ces naturalistes, tous ces voyageurs, devenus plus tard des hoinmes illustres, et qu'il put attacher, soit au - Jardin^ soit au Cabinet du Koi, grâce aux places de Correspondants qu'il fit créer en 1773 : les Sonnerat, les Dombey, les Mongez, les Bâillon, les Michaux, etc«,etc., hommes dévoués, excellents, pleins d'ardeur, qui, se répandant sur tous les points du globe, rapportaient de partout des matériaux à Buffon, et portaient partout son nom et sa gloire.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

PIECES JUSTIFICATIVES

Pa^c VI Vu milieu de ses papiers de [amlle, ou en

lî'ouve un qui pointe ce litre :

Extrait d'un arrêt de la Cour des aides, donné sur lettres ]>a tentes le 17 décembre 1615, uu sujet de la famille de MM. Le Clerc, originaires de Clamecy en Nivernois, aujourd'hui entre les mains de M. Le Clerc d'Arcoks, à Paris, faubourg Saint-Honoré.

<» L'un d'eux (dit ce document), nommé lîobert Le Clerc, sieur de la Forest, près Clnmecy» l'ut anobli par le roi Philippe de Valois eu 1349, et comme Philippe le Bel fut le premier de nos rois qui s'attribua, en 13iS, le droit d'anoblir ceux fjui ne l'étaient pas d'uri^^ine, MM. Le Clerc doivent donc être regardés comme les premières fanullos bourgeoisies qui aient élé honorées des privilèges de la noblesse; puisque depuis 1315 (époque du premier anoblissement) jusqu'en 1541), année où le lui Kohert Le Clerc, sieur de la Forest, il uc s'était peul-éire pas fait^ pciMlant

Mt^CËb JUSTIFICATIVES.

ret espace de treiite-six ans, cinq ou six anoblissemeaU dans ic royaume.

t Robert, qui fui anobli, eut pour fils maître Guillaume î^e Clerc, sieur de la Forest, général des finances, lequel fui père de maître Jean Le Clerc, siciir de la Forest, pourvu, sur la iiii du règne de ( liarles V I, on 1419, de la charge de chancelier de France.

ff Ënfin, Antoine Le Clerc, sieur delà Forest, descendu en ligne directe de HM. Le Clerc cî-dessus, mais d'une branche quidan^ l;i suite exerça peiulaiit plusieurs génératiua> la prutes^ioti d avocat (profession qui dérogeait alors à la noblesse), fut obligé de se faire réhabiliter par des lettres patentes qui lui furent accordées par le rot Louis XIII pendant sa niiiiorité.

« Tout cela se voit dans un arrêt de la Cour des aides de Paris du 17 décembre 1615, rendu en faveur dudit Antoine Le Clerc, sieur de la Forest, maître des requêtes de l'hdtel de la reine Marguerile, tante de Louis XIII.

« Doux laits sont donc prouves par cet arrêt : le premier, que ledit Antoine Le (ilerc, sieur de la Forest, sortait en lj;;ne directe de Robert Le Clerc, sieùr delà Forest, anobli par le roi Philippe de Valois en 1549 ; et le second, que ledit Antoine Le Clerc l'ut obligé d'obtenir des icUres de réhabilitation,, euregistrées à la Cour des aides le 17 décembre 1615, parce que son père, son aïeul et son bisaïeul avaient exercé la profession d*a?ocat au bailliage d'Aoxerre. »

Page vî I r /{ laissait wne veuve qui quelques années

plus tard fi t don

« Le 21 novembre 1714, Jeanne Paisselier, veuve de no*

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PIECES iUSTtPlCATiY£S. m

Me Georges Blaizot, seigneur de Saint-Esfieone et de Ma-

rigny, conseiller, maître auditeur en la cour souveraine des comptes de Savoie, et directeur des fermes du roi de Sicile, faisait dou « à Georges Le Clerc, âgé d'en?iron sept « ans, arrière*neveu et filleiil dudict seigneur, fils du sieur u Beujainiu-Fran(,rois Le Gltrc, advocat à la cour, tlenieu- « raat à Moiilbard, et de demoiselle Amie-Christme Mar- « lin, son espouse, tiièce dudict seigneur, » de plusieurs contrais de rente qu'elle avoît reçus de défunt son

mari « qui niontoient cy-devaut à la ^ouidu de

<i 91,200 livres et ne reviennent, en conséquence de lader- • nière réduction ordonnée par la déclaration de Sa Ma- « jesté, qu'à celle de 78,000 livres, n

(Extrait de la Uevue archéoiogi(j}i.<\ 12^ année, article Monibard et Buffon, par M. Nadaull de Builou, 1855.)

Page XXXVII En 174.1, il rend tin compte détaillé

à Af. Laniin, doifen du parlement^ des sains qu'il prend pour faire graver une médaille

« J'ai toujours différé, monsieur, de répondre à la leUre que vous m*aves fait Thonneur de m'écrire au sujet de la médaille de 1* Académie de Dijon, parce que j'attendais une * réponse de M. le comte de (laylus, à qui je m'étais adre^hc pour connaître les meilleurs ouvriers et pour savoir comment il fallait faire l'inscription et la gravure; il vient de me répondre que II. de Bose, de TAcadémie des inscriptions, décidera de l'exergue de la légende, etc., que Boucliardon dessnicra et que Marteau gravera; il ajoute que, comme l'Académie de Dijon ne lui parait pas décidée, il lui faut un mémoire instructif auquel il répondra, soit pour

m l»lfe€SS JUSTIFICATIVES.

les prix des coius, soit pour le m^rciié du balaucier. Si vous me permeltei de tous faire mes observations à ce sujet, je TOUS dirai qu'il serait fort inutile de faire faire cette

mcdaillc à Genève, parce qu'elle serait Irès-certainemeiit sujette à cire ariètée et eoiilisijuée. il ue convient poiutaussi de mettre le portrait du fondateur; cela ne s'est jamais fait pour une médaille qui doit servir de prix; c'est tout au plus si on met son nom dans l'exergue. A l'éiiard du prix, on assure qu'il ue montera pas aussi liauL que vous le craignez. M. de Boze ne prendra rien pour l'inscription; Boiicliardon ne prendra point d'argent, et on en sera quitte poiu* lui envoyei' une feuillette de vin de Bourgogne. Quand rinscription sera (iéciiiée, vous saurez tout aussitôt les prix des coins et du balancier. Gela dépend du dessin, selon qu'il est plus ou moins chargé*. Quand vous nfaurcz, inousieur, mai^pié vos intcnlioiis, j ecruai à M, Caylus, qui a bien voulu se eliargu* de celte allai re, et qui assurément est plus en état que persoime de la bien faire.

« J'ai riionueur d'être, avec un respectueux attachement, monsieur, votre trcs>hunii)ie et li-ès-obéissant serviteur.

fi BlIFPOH.

« De Monlbard, le 26 septembre 1?4I . »

{Lettres inédites de Buffon^ J. J, Ransseau, Voltairei

IHron, etc., publiées par C. X Giraidt. Paris. Dijon.

VDGCCXlXj.

Page xxxvii..«.. « En 1752, il écrit à son ami le président Huffey :

« Mous faisons ici tous les jours de belles expériences sur

biyiiizeQ by

PIÈCES JCSTIFICATIYES. 245

le tonnerre. C'est moi qui les ai fait connaître et exécuter

le premier.

a Si vous avez le dessein de les répéter, vous n'avez qu'à faire élever dans voire jardin une perche de vingt ou trente pieds de hauteur; sceller avec du plâtre un cul de bouteille cassée au-^lessus de la perche, en sorte que le creux soit en haut; po>cr sur ce creux une viT^^e de fer, longue d'un pied ou deux et très-poititue, et la mai u tenir par un contre-poids, comme l'on tient en équilibre un marmouset d*ivoire fur un petit guéridon; ensuite attacher à la verge de fei un long fd d'ai'clial, (!out vous coiiduii cz l'exlrémité dans votre galerie d'asscuibiée. Vous ferez avec ce fil de fer, lorsqu'il y aura de Torage, toutes les épreuves que Ton fait au moyen des machines éleciriques» J'oubliais de vous dire que, pour empêcher le creux de la bouteille de se remplir iVeau (ce qui détruirait relTet), il faut mettre par-dessus un entonnoir de fer*blanc. — Les nuées sont souvent électriques sans tonnerre, et le moment où il y a le plus d'électricité, c'est lors']ue l'éclair brille. — L'abbé Nollel meurt de (•hag:riu de toutrelar

<( Il n*y a rien à craindre, et au contraire, à mettre la barre de fer au*dessus de la maison. J'en ai une ici an-dessus de mon logement ; mais j'aurais préféré la mettre dans le jardin s'il n'eût été public. — Pourvu que la pointe de la verge surpasse de deux ou trois pieds la hauteur des bâtiments qui environnent votre jardin, elle ne manquera jamais de réussir. Je crois seulement avoir oublié une ciicouslancc, c'est (pi'il faut mettre au-dessus de la perche une boîte de six pouces carrés remplie de résine (dans laquelle résine, au lieu de plâtre, vous inlixerez le

S4I PIÈCES JUSTIFICATIVES

cul de lu bouteiile cassée)» et ne pas oublier l*enfoniiofr renversé pour couvrir le cul de la bouteille et la bcrîte.

Il faut en eft'et que le fil de for ijue vous altaclierez audessus de rentounoir à la verge de fer et que vous amènerez dans votre galerie ne touche à rien et soit soutenu par des cordons de soie. Si, au lieu d*uiie pointe de fer, vous mettez nue pointe d'argent, vous vein z que le feu électrique des nuages rendra celte pointe d'un beau jaune doré. — Voilà» comme vous voyez» une singulière façon de faire du vermeil ; mais, sans plaisanterie, cette expérience est jolie et prouve que le feu du tonnerre n'est pas tout à fait du soufre, e^r le soufre rend TargeuL noir. U y aurait aussi une belle expérience à tenter, niais je n ai pas le temps : ce serait de savoir a rélectridté ne serait pas le phlogislique des chimistes. Pour cela, il faudrait faire fondre du plomb dans un vaisseau de verre, le remuer jusqu*à ce qu'il fiU calciné en poussière jaune, et ensuite l'électriser continuellement pour voir si ou ne viendrait pas à le revivifier eu métal par le moyen de I éleciricité; j'en doute, mais cependant cela vaut la peine d'être tenté. »

Page Li Buffon prenait d'ailleurs en très-grand

sérieux ses talents et son importance de maître de forges

A M. de Montbelliard, capitaine an régiment royal d'artillerie, iuspeclcur des armes à Cliarlcville.

« J'ai In, monsieur, avec grand plaisir, votre mémoire

sur le fer fabriqué avec de vieilles ferrailles, et je l'ai trouvé en tous points dans les vi ais principes.

PIÈGES JUSTiFlGATlVfiS. ' 245

(( Do ce qu'il se lève des éciiillo-; qui «e dulacliciit de la surface du fer, je pense, comme vous, monsieur, qu'on ne doit pas ea concluFe qu'il se fasse de pareilles exfoliations dans rintérieur comme sur Feitérieur : c'est, comme tous le diti s très- Lien, le conlacl de l'air qui détacitc et I rompe ces écailles, et, quand même ces exfoliai ions se feraient en plus grande quantité, elles ne nuiraient point à la parfaite réunion des pièces que Ton soude ensemble, piiî^ne ces écailles sont du fer pur. Je i ai vu et n'en ai jaiiiai^ i.oulé; vos expériences le confirm. ut, et il suffirait d'approcher uu aimant de ces écailles pour can vaincre ceux qui voudraient le nier. Âu reste, ce que vous dîtes dans votre mémoire des fers à nerfs cl à grains est aussi très-bioii vu et conforme aux expériences que j'ai faites el suivies moi-même sm* la composition et décomposition du fer, matière que personne n'entend, et qui cependant est de la pins grande importance.

i J'ai i'homieur d'être, avec tonte l'estime et (ousles senliments que vous pouvez désirer de moi, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

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