première partie, qu'une Description du Cdmet par
Daubenlon, mais Use termine par cet admirable chapitre sur les Variétés de f espèce humaine^ où Bui'fon pose pour la première fois les bases de VhUtoire no* turelle de Ikomme. On n'avait étudié jusqu'à lui que V homme-individu : il a, le premier, étudié I hammeespèce.
A l'apparition de cette œuvre si imprévue et si hardie par rapport aux idées qui régnai^t alors, la surprise et l'admiration partagèrent le public, et la réputation de Buiion s'étendit au loin.
L'Académie des sdences l'avait nommé son trésorier en 1744.
Il avait, en 1747, reproduit, à réionuement général, cette expérience, renouvelée d'Archimède, et devenue si fameuse, de l'inflammaliuii des corps à de grandes distances au moyen de ses miroirs fl}*dents.
Forte de la puissance de l'opinion publique, YHistoire naturelle voyait les presses de T Imprimerie royale lui donner un concours illimité. Cet ouvrage semblait jouir des privilèges d'une gloire nationale. « M. le comte d'Argenson ^ ne m'a pas ente core renvoyé la liste des personnes auxquelles on « donnera le livre de Ylltaloire naiurelle^ mais j'esic père que cela ne retardera que de quelques jours
' Hinistre de U guem.
«mil INTRODUCTION.
<x encore; avez- vous eu occasion d'en parler à M. de « Voyer^? » écrit Buffon * à Le Blanc. »
A ce moment) celui-ci croyait toucher au but désiré.
« J'ai appris de très-bonne part, lui dit son ami
« dans la même lettre, qu'il était beaucoup question « de vous pour la place de TAcadémie. Je m'en ré- «jouis avec vous, et je vous écris pour vous de- « mander si je ne pourrais pas vous servir auprès de « quelqu'un par mes sollicitations. On dit que vous «n'avez d'autre eompéliteur que l'abbé Trul)let'; « cela me donne de grandes es{)éraiices, car, quel- « que appuyé qu il soit par les Tencins, si vos amis « d'un certain ordre agissent, vous serez certaine- « ment préféré, et d'ailleurs vous méritez si fort de fit rétre. »
A deux mois de là, Buiioa lui dit, daus une nouvelle lettre* :
c Le récit que m'a fait M. Daubenton de tout
c( ce qui vous est arrivé m'a aftligé et indigné ; il y a « bien de la noirceur dans le pays que vous habitez; « il y a bien du courage à y rester HonnAte homme, « puisqu'on est presque sûr d'être la victime des K méchants. Cependant vous ne devez pas être entiè* « renient abattu; il n'y a que la mauvaise conscience
* Ministre des affaires étrangères.
< Château de Montbard, le iO ftoùil749.
^ L'uhhé Trublet ne fut nommé qu'en 1161.
* Moatbard, 16 octobre 1749.
DE BUFFON. xtn
«I qui puisse nous mener au désespoir. Consolez*Tous
« donc, mon cher ami...; lorsque Totre âme sera ic plus tranquille, ii tous sera facile de pourvoir aux « autres besoins : je crois que malgré vos malheurs a vous pouvez compter sur un certani nombre de percf sonnes qui s'intéressent véritablement à vous..,. »
A la suite de ce désastre, qui ne paraît pas avoir été seulement acadomique, Le Blanc partit pour 1 Italie; il accompagnait M. de Vaudtères, directeur général des bâtiments du Hoi. Madauie de Pompadonr, qui protégeait le candidat malheureux, voulut lui apporter son contingent de consolations et fit réta* blir pour lui la place d'historiographe des bâtiments de Sa Majesté.
« Comment se peut-il, «lui écrit Buffon^ dans une lettre adressée à Home, « que vous u ayez pas encore « oublié les sujets de chagrin qu'on vous a donnés si « mal à propos, et qui n'ont fait tout au plus qu'une
« uupression passagère sur l'esprit des autres
« Tout le monde parie bien de votre voyage, et vos u ennemis sont dans le silence. L'un de cmx qui c< vous a fait ie plus de tort, l'abbé que vous me « citez, me parait tomber tous les jours de plus en « plus dans le mépris; pourquoi donc ne vous tranqu il- *
« lisez-vous pas? Reposez-vous sur nous du soin
« de votre réputation ; j'aimerais mieux avoir à com- « balli e pour cette cause que pour la mienne contre
* 21 maiv 1750.