DE DE KO N
s’unirent avec les l’acullés de subsister et de se reproduire purent seules êire conservées ; elle n’adopta pas toutes les fermes qu’elle avait tentées d’abord; elle eboisit les plus belles pour eu composer le tout harmonieux et l’ensemble admirable des cires qui nous environnent. Mais, au milieu (le ce magnifique spectacle, quelques productions négligées, je'ées comme dos ombres dans le grand tableau, quelques formes moins beureuse.s, paraissent subsister comme les restes de ces dessins mal assortis, de ces composés disparates que la nature dut rejeter de son ouvrage.
Après une première coiTedion, déjà très-heureuse et que je mets en note‘, après bien des changements, bien des bésilations, l»ien des ratures, Bufibn s’arrête à celle-ci, qui est plus heureuse encore.
L’échasse est dans les oiseaux coque la gerboise est dans les quadrupèdes ; ses jambes, trois fois longues comme le corps, nous présentent une disproportion monstrueuse; et
' « L’ôcliasse est dans les oiseaux ce que la gerboise est dans les « quadrupèdes ; les jambes, trois fois longues comme le corps, nous « présentent une disproporlion monstrueuse, et, en considérant ces « excès, ou plutôt ces défauts énormes, il semble que, quand la « nature essayait ses forces et traçait le plan de la forme des êtres, « « ceux en qui les proportions d’organes s’unirent avec la faculté de se I
« reproduire ont été les seuls qui se soient conservés; elle ne put donc |
a adopter toutes les formes qu’elle avait tentées d’abord; elle choisit f
a les plus belles pour composer le tout harmonieux des êtres qui nous | « environnent. Mais, au milieu de ce magnifique spectacle, quelques J « productions négligées, jetées comme des ombres au tableau, quel- « ques formes moins heureuses paraissent subsister comme les restes ► « de ces dessins mal assortis et de ces composés disparates qu’elle ,
f( eût dû rejeter de son ouvrage et même de ses projets. » ^
CUlUllGÉ l’AIl BIM FOiN
OU cotisidéruuL cos cxcos, ou pluLoL cos (Icluiils eiioiuios, il semble que, quami la iiaUire essayait toules les puissances de sa première vigueur, et qu’elle ébauchait le plan de la ' forme des èires, ceux en qui les proportions d’organes s’unirent avec la faculté de se reproduire ont été les seuls qui se soient maintenus i elle ne put donc adopter a perpétuité ' toutes les formes qu’elles avait tentées; elle choisit d’abord i les plus belles pour en composer le tout harmonieux des ' êtres qui nous environnent; mais, au milieu de ce inagnii liqiie spectacle, quebiues productions négligées, et quelques : formes moins henrenses, jetées comme des ombres au la-
i bleau, paraissent être les restes de ces dessins mal assortis et de ces composés disparates qu’elle n’a laissé subsister cjue pour nous donner une idée plus étendue de ses projets.
Comme ce dernier trait, d’un ordre plus délicat,
: ' d’un tour jiliis vif, est bien amené et termine bien tout ce tableau! Mais enlin, et la simple justice veut que je le répète, c’est toujours le fond, c’est toujours l’idée première de Bexon, et tout le travail du maitre , n’a eu pour effet, et n’avait pour objet que de mettre I cette idée dans son jour, dans son plus beau jour.
Plus j’examine ces manuscrits, corrigés |)ar Bufi’on, plus je me convaincs que son dessein le plus arrêté, lorscpi’il chargea successivement Queneau de Mont- ' beillard et Bexon de ['Histoire des oiseaux^ ce fut de i ménager ce don supérieur ijui a fait sa puissance, \ cette force de penser qui l’a mis au-dessus de tous les I naturalisles, et de ne pas l’employer, jiour me servir
22 DE DEXON COlllUGÉ l‘AU DUEFON
de süii expression, « à travailler sur des [dûmes'. »
Lui-même nous le dit ailleurs très-éloquemmeiit :
Me trouvnnl aiijourd’liiii dans la néce.ssilé d’opter entre ces deux objets (l’Iiistoire des oiseaux et celle des minéraux), j’ai préféré le dernier comme m’élant plus familier, quoique plus difficile, et comme ôtant plus analogue cà mon goût par les belles découvertes et les grandes vues dont il est susceqilible
Ici le soin de ménager sa pensée, que s’est imposé lluffon, va si loin qu’il profite de tout dans Bexon : de ses idées, de ses vues, de ses tours, de ses expressions : quelquefois, après avoir effacé une expression, il la reprend ; après avoir écarté une idée, il y revient ; et tout cela aux moindres frais possibles, même jiour la peine physique d’écrire, car il se sert le plus qu’il peut des mots écrits par Bexon, sauf à les modifier plus ou moins, selon le besoin.
Je donne, dans ce volume, quelques fac-similé de CCS corrections. Je multiplierai d’ailleurs, un ])cu jilus loin, les exemples du genre de ceux qui précèdent. 11 est. bon do pouvoir [)arler de Buffon, comme Montaigne nous dit qu’il aimait à parler de César : tout à l'aise.
' Voyez, ci-devanl, p. 7.
- Voyez t. VI, p. t, de mon édition deljuffoiii