UE SON
sa gorge, le dedans avec sa queue, revêtir l'exlérieur de petits morceaux d’écorce de goniinier, qu’elle colle alentour pour le défendre des injures de l’air, autant que pour le rendre plus solide. Tout l’ouvrage est attaché à deux feuilles, ou à un brin d’oranger ou de citronnier : quelquefois à un fétu pendant de la couverture de quelque case. Ce nid n’est pas plus gros que la moitié d’un abricot ou d’un très-petit œuf, et fait en demi-coupe. On y Irouve deux œufs tout blancs et pas plus gros que de petits pois. Le mâle et la femelle les couvent tour à tour l’espace de douze jours. Les petits éclos ne paraissent que comme des mouches. « Je n’ai pu remarquer, dit le « P. Dutertre, quelle sorte de becquée la mère leur apporte, « sinon qu’elle leur donne à sucer sa langue encore tout « emmiellée du suc tiré des fleurs. »
Ou conçoit aisément qu’il est comme impossible d’élever ces petits volatiles; ceux qu’on a essayé de nouirir avec des sirops ont dépéri dans quelques semaines : cette nourriture est trop différente de la manne délicate qu’ils recueillent en liberté. Il eût été peut-être mieux de leur offrir du miel. La manière de les prendre est de les tirer au sable ou à la sarbacane : ils sont si peu défiants qu’on peut les approcher jusqu’à cinq ou six pas. Unepetile chasse encore qui leur est propre, consiste à se nicher au milieu d’un arhre fleuri, une verge enduite d’une gomme gluante à la main ; on en touche aisément le petit oiseau, tandis que, suspendu, il bourdonne devant une fleur; il meurt aussitôt qu’il est pris. Privé de la vie, sa destinée est encore belle; il sert à décorer la beauté ; la parure d’une Indienne n’est pas complète qu’elle, n’ait en pendants d’oreilles deux de ces charmants oiseaux. Les Péruviens avaient l’art de composer avec leurs plumes des dessins émaillés et de petits tableaux, dont les anciennes relations ne cessent de vanter la beauté. Maregrave, (pii avait vu de ces ouvrages, eu admire l’éclat et la délicatesse.
HISTOIRE DES OISEAUX
(UUFFON.)
« innrquer, dit le P. Diitertre, quelle sorte de becquée la mère « leur apporte, sinon qu’elle leur donne à sucer sa langue « encore tout emmiellée du suc tiré des fleurs. »
On conçoit aisément qu’il est comme impossible d’élever ces petits volatiles; ceux qn’on a essayé de nourrir avec des sirops ont dépéri dans quelques semaines. Ces aliments, quoique légers, sont encore bien différents du nectar délicat qu’ils recueillent en liberté sur les fleurs, et peut-être aurait-on mieux réussi en leur offrant du miel.
La manière de les abattre est de les tirer avec du sable ou à la sarbacane; ils sont si peu défiants qu'ils se laissent approcber jusqu’à cinq ou six pas. On peut encore les prendre en se plaçant dans un buisson fleuri, une verge enduite d’une gomme gluante à la main ; on en touche aisément le petit oiseau lorsqu’il bourdonne devant une fleur. Il meurt aussitôt qu’il est pris, et sert après sa mort à parer les Jeunes Indiennes, qui portent en pendants d’oreilles deux de ces charmants oiseaux. Les Péruviens avaient l’art de composer avec leurs plumes des tableaux dont les anciennes relations ne cessent de vanter la beauté. Marcgrave, qui avait vù de ces ouvrages, en admire l’éclat et la délicatesse.
Avec le lustre et le velouté des fleurs, on a voulu encore en trouver le parfum à ces jolis oiseaux. Plusieurs auteurs ont écrit qu’ils sentaient le musc ; c’est une erreur dont l’origine est apparemment dans le nom que leur donne Oviedo, de passer mesquüiis, aisément changé en celui de passer moscalm. Ce n’est pas la seule petite merveille que l’imagination ait voulu ajouter à leur histoii’e ; on a dit qu’ils étaient moitié oiseaux et moitié mouches, qu’ils se produisaient d’une mouche, et un provincial des jésuites affirme gravement, dans Clusius, avoir été témoin de la métamorphose. On a dit qu’ils mouraient avec les fleurs pour renaître q,vec elles; qu’ils passaient dans un sommeil et un engourdissement total toute la mau-
MAMiSCItlïS üli lililTON
(IIEXON.)
Avoc li'liisirool le, velouté des Meurs, ou a eiieon; voulu o.i Ipouverle parfum à ces jolis oiseaux; plusieurs auteurs ont écrit ipi’ils avaient lodeur du musc. C'est uueerreurdonl l'origine est apparemmeni dans le nom, que leur donne Oviedo, de posser viosfiuitiis, aisément cliangé en celui de passer mosca- IHS. Ce n'est pas la seule petite merveille que l’imagination ait voulu ajouter à leur histoire : on a dit qu’ils étaient moitié oiseaux et moitié mouches, qu’ils se produisaient d’une mouche, et un provinc al des jésuites afiirme gravement, dans Clusius, avoir été témoin de la métamorphose. On a dit qu’ils mouraient avec les fleurs pour renaître avec elles, qu’ils passaient dans un sommeil et un engourdissement total toute la mauvaise saison, suspendus et le bec fiché à l’écorce d’un arbre, jusqu’à ce que le ivveil du printemps vînt les ramener sur les fleurs nouvelles : Ilernandez fait ce conte et s’effor.e d’y faire croire; et c’est apparemment là-dessus qu’on les appelle aux îles renés ou ressuscités. Mais Catesby serit de cette fiction, adoptée par une foule d’auteurs et rejetée par les naturalistes les plus sensés ; il assure avoir vu, durant toute l’année, ces oiseaux à Saint-Domingue et au Mexique, où il n'y a pas de saison entièrement dépouillée de fleurs. Sloane dit la même chose de la Jamaïque, en observant seulement qu’ils y paraissent en plus grand nombre après la saison des [iliues ; et Marcgrave avait déjà écrit qu’on les trouve toute l'année en grand nombre dans les bois. Quant à ceux de ces oiseaux qui s’avancent jusque dans les pays où l’on commence à sentir des hivers, ils en partent dès la lin de l’été, comme Catesby l’a ol> scrvé de ceux de la Caroline, et se retii'eut sous des cl'mats plus doux.
lIlSTniltE DES OISEAUX 1^.7
(llüFl'ON-)
v.iisn saison, suspendus par le bec à l’écorce d'un arbre; mais ces (idions ont été rejetées parles naturalistes sensés, etCati'sby assure avoir vu, durant toute 1 année, ces oiseaux a Saintl)oin‘in:-ue et au Mexique, où il n’y a pas de saison entièrement dépouillée de neurs. Sloane dit la même cbose de la Jamaïque, en observant seulement qu’ils y paraissent en plus • rand nombre après la saison des pluies, et Marcgrave avait déjà écrit qu’on les trouve toute l'année en grand nombre dans les bois du Brésil.
Nous connaissons vingt-quatre espèces dans le genre des oiseaux-mouches, et il est plus que probable que nous ne les connaissons pas toutes. Nous les désignerons chacune par des dénominations différentes, tirees de leurs caract res les plus apparents, et qui sont suffisants pour ne les pas confondre.
MANUSCRITS DE DUFFON
liE COLIBRI.
(dexon.)
La nature, prodigue de beautés, a produit dans les mêmes tiimals loiseau-mouche et le colibri* *. Presque aussi délicat, aussi brillant, aussi léger, vivant comme lui sur les fleurs, le colibri est paré de môme de tout ce que les plus riches couleurs ont (1 éclatant, de moelleux, de suave“. Tout ce que nous avons dit de l’élégance ^ de l’^oiseau-mouche, de sa vivacité, de son vol bourdonnant et rapide, de sa constance à aller de fleurs en fleln’s^ de sa manière de nicher et de vivre, doit s’appliquer également au colibri : un môme instinct anime ces deux charmants oiseaux®; la nature les produisit sur un même dessin, souvent aussi on les a confondus sous un môme nom
On a vu le père et la mère, rendus audacieux par l’amour ®, venir jusque dans les mains du ravisseur nourrir leur progéniture ■
C’est sans doute la constance de ce climat (le climat de Quito) qu ils aiment*. C’est là que, dans une suite non interrompue de jouissances et de délices, ils volent de la fleur épanouie à la fleur naissante, et que l’année, compo.sée d’un cercle entier de beaux jours®, ne connaît qu’une seule saison : celle de la fécondité et de l’amour.
(conilECTIONS DE DCFFO.x)'.
* La nature, en prodiguant tant de beautés à l’oiseau-mouclic, n’a
pas oublié le colibri, son voisin et son procheparent; elle l'a produit dans le même climat et formé sur le même modèle : aussi brillant, aussi léger, vivant comme lui sur
* suave; et ce que nous avons dit •
® dit de la beauté de l'oiseau-mouebe
* conslanceà visiter les fleurs
le Colibri (<^j.
lîéOtuec ^ 1 dhé*t/*-€^er9 <■ 'bc^-^u rv* u<^t^
(xJ^ — Ctcïutf^
Jttr-^ O r/rgéâr^c^^^^ — 7 , / ^ /?
éXlt h/>r*^ie^9A4y)
~e (f A/*^ hu^Jt^j ecü^
aZïJST
-jCa^y'
Co^i 6w er~P*^C^ ♦ "^eJrour-Ti^ e^/jS^r
p^j' couTtur^ u^of^ tioc
^ / cfç^ 6c
oi^^au4.~
jcuL t^ouJ'
imOUC^C- O^tt Ql^ Jon ÇoP Scic^i^OiU'LCU4p
e^rl. ■ ^ "^%pÈrr
HISTOIRE DES OISEAUX
dô'J
LE COLIRRI.
(buffon.)
La nature, en prodiguant tant de beautés à l’oiseaumouche, n’a pas oublié le colibri, son voisin et son proche parent; elle l’a produit dans le môme climat et formé sur le même modèle : aussi brillant, aussi léger cpie l’oiseau-mouche, et vivant comme lui sur les fleurs, le colibri est paré de même de tout ce que les plus riches couleurs ont d’éclatani, de moelleux, de suave, et ce que nous avons dit de la beauté de l’oiseau-mouclie, de sa vivacité, de son vol bourdonnant et rapide, de sa constance à visiter les fleurs, de sa manière de nicher et de vivre, doit s’appliquer également au colibri : même instinct anime ces deux charmants oiseaux, et, comme ils se ressemblent presque en tout, souvent on les a confondus sous un même nom
On a vu le père et la mère, par audace de tendresse, venir jusque dans les mains du ravisseur porter la nourriture <à leurs petits.
C'est à vingt ou vingt-deux degrés de température qu'ils se plaisent. C’est là que, dans une suite non interrompue de jouissances et de délices, ils volent de la fleur épanouie à la fleur naissante, et que l’année, composée d’un cercle entier de beaux jours, ne fait qu'une saison constante d'amour et de fécondité.
(COBRECTIONS DE BDFFON.)
® Et, comme ils se ressemblent presque en tout, souvent on les a confondus
® On a vu le père et la mère par audace de tendresse
leurs petits.
* C’est donc a 20 ou 22 degrés de température qu’ils se plaisent.
..... beaux jours, ne fait qu’une saison constante d’amour et do fécondité.
MAM'SCr.ITS DE FUIEEON
I iO