‹ Des manuscrits de BuffonChapitre 40 sur 141 · UF.SO.N · texte numérisé non relu

UF.SO.N

Entre les oiseaux, comme parmi les quadrupèdes, il n’y a guère que les Irugivores qui entrent en société. Eux seuls ont les mœurs douces et la vie facile et paisible que l'instinct sot'ial suppose®; ils goiitent sans soin et jouissent sans trouble. Le riebe fonds de leur subsistance les environne, et, dans ce grand banquet de la nature, l’abondance du lendemain est égale à la profusion de la veille. Les autres, au contraire®, occupés à pourchasser .sans cesse une proie c(ui les fuit Ion jours, pressés

(coiuiECTio.NS iiE iiurrox.)

' De Ions le.s perroquets, l'àra est le plus graiiil et le plus niagniliquenient parc. Le pourpre, l’or et l’a/.iir brillent sur son plumage; il a l’œil assuré, la conlenarice ferme, la démarche grave, et même l'air désagréablement dédaigneux, comme s’il sentait son prix et ronnaissait trop sa beauté; néanmoins son naturel paisible le rend aisément familier, et même susceptible de quelque allachement; on peut le faire domestique sans le rendre esclave; il n’abuse pas de la liberté qu’on lui donne. La douce habitude le rappelle auprès de ceux (|ui le nourrisscnl. et il revient assez constamment au doniieilo qu'on lui fait adopter.

IIISTOrHE DES OISEAUX

MîS ARAS.

(IIÜFFON.)

Do Ions les perroquets, l'nra est le plus grand et le jilus magnifiquement paré; le pourpre, l’or et l'azur brillent sur son plumage; il a l’œil assuré, la conlenauce ferme, la demarclie grave et même l’air désagréablement dédaigneux, comme s’il sentait son prix et connaissait trop sa beauté ; néanmoins, sou naturel paisible le rend aisément familier et môme susceptible de quelque attadieinent ; on peut le rendre domestique sans en faire un esclave ; il n’abuse pas de la liberté qu’on lui donne ; la douce habitude le rappelle auprès de ceux qui le nourrissent, et il revient assez constamment au domicile qu’on lui fait adopter.

z>e:s pics.

(niTFON.)

Les animaux qui vivent des fruits de la terre sont les seuls qui entrent en société; l’abondance est la base de l’instinct social, de cette douceur de mœurs et de cette vie paisible qui n’appartient qu’aux êtres qui n’ont aucun motif de se rien disputer; ils jouissent sans trouble du riche fonds de subsistance qui les environne; et, dans ce grand bancpiet de la nature, l’abondance du lendemain est égale à la profusion de la veille. Les autres animaux, sans cesse occupés à pour-

(CÜIIIIKCTIO.NS DE DÜFFO.N.)

* Les animaux qui vivent des fruits de la. terre sont les seuls qui entrent on société. L’abondance est la base de l'instinct social, de cette douceur de mœurs et de cette vie paisible qui n’appartient qu'aux cires qui n’ont aucun motif de se rien disputer; ils jouissent .sans trouble du riche

■’ Les autres animaux sans cesse occupés à pourchasser une

proie qui

MANUSCRITS DE BlIFFON

par le besoin', aiguillonnés par l’appétit, retenus parle danger, sans moyens que leur activité, sans provision que leur industrie, sans ressource que dans leurs efforts, ont à peine le temps de vivre - et n'ont pas® celui d’aimer. Telle est la condition de tous les oiseaux chasseurs, excepté peut-être de quelques lâches* * qui s’acharnent sur une proie morte et s’attroupent plutôt en brigands qu'ils ne se rassemblent en amis : tous® se tiennent isolés et vivent solitaires. Chacun est tout entier® à se procurer un nécessaire étroit et pénible, et nul n’a de sentiments, comme de biens \ à partager avec autrui ®

Ses mouvements (les mouvements du pic) sont® brusques, son air est '® inquiet, ses traits ont de la rudesse son naturel paraît larouche : il fuit toute société, même celle de son semblable, et quand l’amour ‘® le force '* de la rechercher, c’est sans pouvoir lui donner aucune des grâces dont alors il embellit tous les êtres...

(comiECIIOXS DE BUFFON.)

* pressés par le besoin, retenus par le danger, sans provi-

sion, sans moyens que dans leur industrie, sans auti’e ressource que leur activité

® de se pourvoir

® n’ont guère

* à l’exception do

® tous les autres

® tout entier à soi, et nul n’a de sentiments

ni de biens

IllSTOIRIi DES OISEAUX

cliasser une proie qui les luit toujours, pressés par le besoin, retenus par le danger, sans provision, sans moyens que clans leur industrie, sans aucune ressource que leur activité, ont à peine le temps de se pourvoir et n’ont guère celui d’aimer. Telle est la condition de tous les oiseaux chasseurs; et, à l’exception de quelques lâches qui s’acharnent sur une proie morte et s’attroupent plutôt en brigands cju’ils ne se rassemblent en amis, tous les autres se tiennent isolés et vivent solitaires. Chacun est tout entier à soi, et nul n’a de biens ni de sentiments à partager...

Ses mouvements sont brusques; il a l’air inquiet, les traits et la physionomie rudes, le naturel sauvage et farouche : il fuit toute société, même celle de son semblable, et quand lé besoin physique de l’amour le force à rechercher une compagne, c’est sans aucune des grâces dont ce sentiment anime les mouvements de tous les êtres qui l’éprouvent avec un cœur sensible.

(cORnECTinNS DE BCFFOIH.)

® à partager

sont lourds cl brusques

.... il a l’air inquiet

" les traits d’une physionomie rude

.. .. le naturel sauvage et même farouche

le besoin physique de l’amour

'■* le force à rechercher une compagne, c’est sans aucune des

grâces dont ce sentiment embellit les mouvements de tous ceux qui l'cprouvenl avec un cœur sensible.....

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