‹ Des manuscrits de BuffonChapitre 41 sur 141 · I.E rOKCOE · texte numérisé non relu

I.E rOKCOE

(UEXOX.)

Cül oiseau*, quoique solilaire et nuile pari nombreux, est pai’loul remarqué par une liabitiide trés-élraiige, el qui n’esl qu’à lui : e'esl celle de tordre et de tourner le col de coté - et en arrière, la tète jetée à la renverse ^ sur le dos, et les yeux à demi lermés Ce mouvement n'a l'ien de précipité il est lent et moelleux, el tout semblable aux replis ondoyants d'un reptile. C’est, à ce qu’il parait®, une convulsion de surprise et d'elTroi’, une crise d'étonnement ** à l’aspect de lout objet nouveau : c’est aussi un effort qu'il semble faire pour se dégager lorsqu’il est retenu quoi qu’il en soit, ce tournoiement lui est tout naturel. Les petits dans le nid se le donnent déjà, et plus d'un chasseur effrayé les prit pour de petits serpents.

DISCOURS SUR UA iVATURC DES OISEAUX D’EAU.

^UBSOX.)

Le genre des quadrupèdes (un petit nombre d'amphibies excepté) n'a de séjour que la terre ferme : le genre volatile, bien plus étendu, avec la terre el l’air embrasse aussi le domaine des eaux. Une partie les habite, y vil, y nage, y vogue, comme sur son élément naturel : partout une abondante pâture, une capture facile y est offerte à ces hôtes ailés : pour

(COimECTlO.XS DE DIFFOX.)

‘ se recoimaît au premier coup il’œil par un Irait ou plutôt

par une liabitudc qui n’appaiiicnl qu’à lui; c’est de tordre

- de côté et en arrière

® la tète renversée sur, ...

^ à demi fermés pendant ce mouvement qui n’a

rien de précipité, et qui est, au contraire, lent, sinueux et

tout semblable

IllSTOlIlE DES OISEAEX

LE TOnCOL.

(BUFKON.) ^

Ci'l oiseau se reconnaît au premier coup d’œil par un signe ou plutôt par une habitude qui n’aj)partient qu’à lui : c’est de tordre et de tourner le cou de côté et en arrière, la tète renversée vers le dos et les yeux à demi fermés, pendant tout le temps que dure ce mouvement, qui n’a rien de précipité, et qui est au contraire lent, sinueux et tout semblable aux replis ondoyants d’un reptile; il parait être produit par une convulsion de surprise et d’effroi, ou par une crise d'étonnement à l’aspect de tout objet nouveau : c’est aussi un effort qu’il semble faire pour se dégager lorsqu’il est retenu ; cependant cet étrange mouvement lui est tout naturel et dépend en grande partie d’une conformation particulière; puisque les petits dans le nid se donnent les mêmes tours de cou; en sorte que plus d’un dénicheur effrayé les a pris pour de petits serpents.

LES OISEilUX AQL'ATIQLES,

(düffon.)

Les oiseaux d’eau sont les seuls qui réunissent à la jouissance de l’air et de la terre la possession de la mer. De nombreuses espèces, toutes trés-multipliées , en peuplent les rivages et les plaines; ils voguent sur les flots avec autant d’aisance et plus de sécurité qu’ils ne volent dans leur élément naturel : partout ils y trouvent une subsistance abondante,

(COIIHECTIONS DE UlTFOM.)

® ...T. (1 un replil(f; il parait être produit par une convulsion....,

" ou par une crise

de cet oiseau

’ cependant cet étrange mouvement est tout naturel et dé-

pend en grande partie de la conformation, puisque les petits dans io nul se donnent les mêmes tours de col, et que idns d’un déniclicnr ciTrayc les a pris

•M AM St; KITS I»lî lilJI'TOA'

la saisir, les uns Tendent les ondes et s’y plongent : à d’autres il suffit d’en raser rapidement la surface; tous s’y établisseni en grandes sociétés, et, sans rien redouter de l’élément terrible, s'y jouent avec les flols, lutleid avec les vents, bondissent sur la vague émue, paraissent au milieu des tempêtes el ne connaissent pas les naufrages*.

LE CABIAMA.

' DEXOX.)

Nous avons vu ' la nature, marchant d’un pas égal, nuancer® tous ses ouvrages, en lier® l’ensemble par une suite de rapports constants et de gradations insensibles*, remplir® par des transilious les intervalles où nous pensons lui fixer des divisions et des coupures, occuper® par des productions intermédiaires les points de repos fpie la seule latigue de notre es|irit d ns la contemplation de ses œuvres immortelles nous oblige d’y maixiner''; établir sur le jiassage d’une forme à une autre forme éloignée® des relations cpii les rapprochent®; composer enfin de son admirable ensemble un tout

(connEcTioNs de uuffon.)

' Tous les animaux quadrupèdes, à Texccplioii de quelques aiiipliibies, n’habitent <juc sur la terre; ils la parcourent sans pouvoir s’eu séparer, sans qu’il leur soit possible de s’élever dans l’air ni de s’établir sur Tcau ; les oiseaux, indépendamment de l’empirejqu’ils ont dans l’élément de l’air, usent comme les quadrupèdes de celui de la terre, et y réunissent encore le domaine des eaux. De grandes, de nombreuses espèces, toutes très- multipliées, fréquentent les mers, les habitent, y vivent, y nagent, y voguent comme sur leur élément naturel; partout une abondante pâture, une capture facile leur offre une subsistance abondante. Pour la saisir, les mis fendent le* onde.< et s’y plongent; d’autres ne font que les effleurer et raser leur surface par un vol rapide et mesuré sur la distance et la quantité de la proie; tous s’y établissent en grandes sociétés, et, sans rien craindre de leurs mouvements, ils semblent se jouer avec les flots, lutter avec les vents, bondir sur la vague agitée, enlin s’exposer aux tempêtes sans les redouter ni subir de naufrages.

HISTOIRE DES OISEAUX

une proie qui ne peut les fuir; et pour la saisir les uns fendent les ondes et s’y plongent; d’autres ne font que les effleurer en rasant leur siuface par un vol i-apide ou mesuré sur les distances et la quantité des victimes; tous s’établissent sur cet élément mobile, comme dans un domicile fixe; ils s’y rassemblent en grandes sociétés, et vivent tranquillement au milieu des orages; ils semblent même se jouer avec les vagdes, lutter contre les vents, et s’exposer aux tempêtes, sans les redouter ni subir de naufrages.

LC CARIAMA.

(ÜÜFFÜN.)

Nous avons vu que la nature, marchant d’un pas égal, ~ nuance tous ses ouvrages ; que leur ensemble est lié par une suite de rapports constants et de gradations successives ; elle a donc rempli, par des transitions, les intervalles où nous pensons lui fixer des divisions et des coupures, et placé des productions intermédiaires aux points de repos que la seule fatigue de notre esprit dans la contemplation de ses œuvres nous a forcé de supposer : aussi trouvons-nous, dans les formes même les plus éloignées, des relations qui les rapprochent,

(COnllECTlONS DE BUFFON.)

' Nous avons vu que la nature

nuance

. que leur ensemble est lié

successives . ...

. elle a donc rempli

. et placer des productions intermédiaires aux points de repos.

' nous a forcé de supposer

* Aussi trouvons-nous dans les formes moine les plus éloignées. .

» en sorte que rien n’est vide, tout se touche, tout se tient

dans la nature et qu’il n'y a que nos méthodes et nos systèmes qui soient incohérents, lorsque nous prétendons lui marquer des section' ou de« limites qu’elle ne connaît pas.

MA. NU S cm T 8 DE DUEI-OiN

où non n’esL vide, où tout se louclie, où tout se lieiil el où se confondent nos méthodes et nos systèmes, loi'S(ine nous prétendons lui marquer des sections, des distances, des limites qu’elle ne connaîl pas.

tE SECKÉTAIUE OE EE ItlESS.\GEn.

‘ (be.xon.)

Cot oiseau, considérable par saj-randeur aillant que remarquable par sa struclure * *, est non-seulement d’une espèce nouvelle, mais d’un genre tout nouveau 2, ou plutôt semble fait pour éluder cl pour confondre toute idée de classification et tout arrangement de nomenclature. Ses longs pieds indiquent^ un oiseau de rivage; son bec crochu ^ est celui d’un oiseau de proie; son ensemble offre mine tête d’aigle sur un corps de cigmgneoude grue : à quelle classe peut appartenir « un être où se rapprochent’ des caractères en apparence si opposés®? Nouvelle preuve que la nature, libre au milieu des limites que nous pensons lui prescrire, est plus riche que nos idées et plus vaste que nos systèmes.

LF.0 »ARGFS.

(UEXON.)

De lout le genre des oiseaux’ sur lequel la nature a répandu tant de vie et de grâces, qu’elle a jeté® à travers la grande scène de ses ouvrages pour en faire le mouvement et la parure et dont elle semble avoir formé tous les êtres heureux

(connECTio.Ns 1 e nurFo.N.)

' ligure

* genre isolé et singulier au point J éluder el même de con-

fondre tout arrangement de méthodes et de nomenclature.

, ® En même temps que ses longs pieds désignent

* bec crochu indiquerait un oiseau

il a pour ainsi dire une lêlc

IKSTOIIIK r»KS OISEAUX

1 ill

Cil sorte que rien ii'esl vide, tout se touche, tout se tient dans ia nature, et qnM n’y a que nos métliodes et nos systèmes qui soient incohérents lorsque nous prétendons lui marquer des sections on des limites qu’elle ne connaît pas.

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