‹ Des maternités; étude sur les maternités et les institutions charitables d'accouchement à domicileChapitre 107 sur 111 · INFIRMERIE · texte numérisé non relu

INFIRMERIE

L'infirmerie est exclusivement destinée aux femmes atteintes de fièvre puerpérale; les accouchées atteintes de maladies contagieuses, de fièvres éruptives seront isolées dans les chambres du bâtiment principal ou placées dans une des salles de l’aile en repos.

L’infirmerie doit être indépendante de la Maternité, dont elle sera séparée par une grille et mieux encore par un mur percé seulement d’une porte grillée.

Elle se compose de trois étages. Un rez-de-chaussée occupé par les services généraux et le logement du personnel, deux étages destinés aux malades et destinés à alterner l’un avec Vautre.

Chaque étage renfermant neuf chambres pour malades isolées et la Maternité ne contenant à la fois que 24 lèmmes accouchées, même en admettant l’alternance absolue de chaque étage de l’infirmerie, on voit qu’elle suffit à une morbüité de o7 pour cent; mais, comme les femmes atteintes de fièvre puerpérale séjournent plus longtemps que les accouchées non malades, on arrive en admettant un séjour moyen de vingt jours par malades à pouvoir donner asile à une moyenne de 18 pour 100 de malade, chiffre plus que suffisant avec ce qu’exigera une Maternité bien construite et où l’on observera toutes les précautions que l’expérience indique.

Le bâtiment a 46 mètres de développement en façade, chaque étage est percé de 1 1 fenêtres. Le système de corridor commun était ici une nécessité.

Rez-de-chaussée. — Elevé sur un plancher placé à 50 centimètres au-dessus du sol pour éviter l’humidité, il comprend :

Le vestibule (1) d’entrée menant au corridor. A gauche de l’entrée se trouvent :

(6) Le logement de la première surveillante chargée de la direction des infirmières ;

(5) Le logement du médecin assistant composé d’un cabinet de travail et d’une chambre «à coucher;

(4) Le logement de l’économe ou de l’employé chargé de la direction administrative de l’infirmerie.

À droite, (3) l’escalier conduisant au premier étage;

Le logement de la surveillante (7);

(8) La lingerie. L’infirmerie devant avoir son linge particulier.

(9) Le réfectoire des infirmières , (10) les latrines (11), une salle pour les habits des malades.

Le premier étage comprend neuf chambres à un seul lit pour malades, et au centre la salle de jour (4) pour les convalescentes.

L’aile centrale en saillie sur la façade postérieure renferme l’office (5) avec une baignoire mobile.

Une chambre pour l’infirmière de jour, surveillante de l’étage (6). — Une seconde chambre pour l’infirmière de nuit (7) le lift (8) la trémie (9) et les waler-closet (10).

Le second étage est semblable au premier.

Une petite rotonde est ajustée au rez-de-chaussée à l’aile centrale.

Le mur du corridor est plein, afin de séparer complètement l’infirmerie des salles que renferme cette aile et la rotonde surajoutée ; cependant un corridor (12) existant entre le mur de gauche et la chambre du lift (15) permet la communication.

Cette portion ainsi en grande partie séparée comprend :

(16) La buanderie. On y arrive de l’extérieur par une porte s’ouvrant sur le corridor (13). — La trémie (14) vient s’ouvrir directement dans la buanderie ;

(17) La machine à vapeur fournissant l’eau chaude pour le chauffage et pour les besoins des malades. On pourrait ajouter une petite machine motrice;

(18) La salle d’autopsies éclairée par une large fenêtre, ayant entrée sur le corridor de communication avec l’infirmerie et dans

(19) Le dépôt des morts, lequel a une seconde porte s’ouvrant à l’extérieur pour laisser entrer les parents qui viennent reconnaître le cadavre et une troisième porte de communication avec

(20) Lachapelle funéraire,

(22) La sacristie,

(21) Le dépôt des bières et cercueils ,

(23) La chambre du garçon d’amphitéâtre.

Le petit pavillon placé près de la grille d’entrée peut servir à loger le portier et le mécanicien.

Communication de l’infirmerie et de la Maternité. — Il me reste à étudier le mécanisme du service en cas de transfert à l’infirmerie d’une femme atteinte de fièvre puerpérale.

On place sur le brancard la malade et le matelas sur lequel elle est couchée, et par le lift on descend le brancard jusqu’au rez-dechaussée d’où on le transporte à l’infirmerie.

Après le départ de la malade la paille de la paillasse est brûlée, les linges, les toiles, le lit préalablement démonté, sont envoyés à la chambre de désinfection et soumis à la purification la plus complète. Après quoi on envoie à la buanderie tout ce qui est susceptible d’être lavé, on repeint le lit et, s’il y a lieu, on revernit les meubles.

Pour éviter les frais qu’entraînerait le service de deux cuisines distinctes on peut desservir l’infirmerie par la cuisine du bâtiment principal. Pour cela un petit tunnel comme il en existe entre l’hôpital et la Maternité de Kiel , loge un petit chemin de fer souterrain sur les rails duquel roule un petit wagon. Le wagon est mis en mouvement par un appareil très-simple que je n’ai pas à décrire ici et au signal parti de la Maternité ou de l’infirmerie les

vases de cuisine placés sur le truc vont par un mouvement de va-et-vient de l’un à l’autre des bâtiments sans que personne, doive ou puisse les accompagner.

L’infirmerie n’ayant pas de sous-sol, la chambre du tunnel y formera une cave souterraine, dans laquelle on descendra par un escalier placé dans le corridor (12) à côté et au-dessous de la trémie (11) qui ne dépasse pas le rez-de-chaussée.

On ne trouvera dans ce projet aucune place pour la chapelle. Les accouchées retenues au lit et sortant aussitôt après leur rétablissement, n’ont pas à acquitter de devoirs religieux pendant leur séjour à la Maternité, et quant aux élèves sages-femmes, rien n’empêche de les laisser se rendre ou même de les conduire à l’église la plus voisine. Comme mes collègues de l’étranger, je garde toute ma sollicitude pour la vie des accouchées, et sans négliger d’observer à l’égard des élèves sages-femmes, les règles de la science, de la morale et des devoirs qu’imposent les diverses religions, je ne crois pas qu’à l’exemple de ce qui existe à Paris, une école d’accouchement doive être un cloître.

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