DANS
Octobre 1861
Novembre. .
Décembre. .
Janv. 1862. .
1" et 2 fëvr..
Ainsi, pendant la durée de l’épidémie, le nombre des décès par causes générales ne fut que de 5 en y comprenant même un cas de rupture spontanée de l’utérus, landis que le nombre des décès par cause puerpérale atteignit le chiffre de 148.
La mortalité par affections intercurrentes, variole, pneumonie, fièvre typhoïde, hépatite, etc., survenant pendant la période puerpérale est peu variable suivant les années, les mois et aussi suivant les établissements d’une même ville et l’on pourrait même ajouter suivant les pays ; elle entre dans la mortalité générale des accouchées comme un élément numérique à peu près invariable; si
donc on voit le chiffre total des décès monter momentanément trèshaut pendant un ou plusieurs mois et présenter des variations trèsnotables, on peut affirmer sans s’exposer à commettre une erreur que celte différence notable et accidentelle, tient à l’augmentation du chiffre des décès par cause puerpérale, ou plutôt par fièvre puerpérale; car les autres accidents puerpéraux: rupture de l’utérus, hémorrhagies pendant ou après l’accouchement, éclampsie, etc., se montrent comme les affections étrangères cà la puerpéralité dans une proportion assez constante.
Du reste, cette cause d’erreur qui serait de quelque importance s'il s’agissait de chiffres peu élevés, perd la plus grande partie de sa valeur et peut même être négligée lorsqu’il s’agit de chiffres aussi considérables que ceux que j’ai pu rassembler, et lorsqu’on demande à la statistique, non une précision mathématique, fort inutile en pareille matière; mais une base d’appréciation.
Nous avons, en effet, à constater la mortalité après l’accouchement non d’une manière absolue, mais d’une manière relative; nous avons à comparer la mortalité des divers établissements avec les résultats obtenus en ville. Ce qu’il importe, c’est de donner une base identique à la statistique, et je veux seulement montrer qu’on peut prendre pour base d’une juste appréciation, la mortalité générale après l’accouchement : que la mort soit le fait même de la puerpéralité, ou qu’elle résulte d’une maladie accidentelle survenue comme complication.
Je dirai même plus, c’est qu’il est préférable de prendre pourpoint de départ la mortalité générale. Si l’on procède autrement, on n’a, pour établir la distinction entre les causes de la mort, que le diagnostic du médecin : ce que l’un appellera fièvre puerpérale sera considéré par un autre comme péritonite simple, comme mélrite simple, comme fièvre typhoïde même, et tel décès qui, pour l’un, figurera dans la statistique des fièvres puerpérales, en sera retranché par l’autre. A qui apprendrai-je les illusions trop fréquentes des médecins qui présentent leurs propres statistiques pour montrer
l’efficacité d’un nouveau mode de traitement dont ils sont les auteurs? celles des chirurgiens qui n’auraient que des succès
sans les maladies intercurrentes qui emportent leurs malades? La mortalité totale ne peut être modifiée; elle est ce qu’elle est en dehors de toute interprétation, et, comme la mortalité par causes générales est à peu près invariable sur un grand nombre d’accouchements, il ne nous reste guère qu’un élément variable : la mortalité par causes spéciales, celle dont nous avons à apprécier l’étendue et à rechercher les causes.
Une autre cause d’erreur, plus importante et réelle, consisterait dans l’omission d’un nombre plus ou moins considérable de cas mortels. Beaucoup de maternités ne forment qu’une section d’un hôpital général, et souvent alors les femmes atteintes de fièvre puerpérale ou d’affections intercurrentes sont transférées dans un service distinct des salles d’accouchement, et la statistique des accouchées se trouve améliorée de toute l’aggravation qui se porte alors sur celle des salles de médecine.
A Vienne, par exemple, les deux Maternités affectées l’une aux élèves en médecine, l’autre aux élèves sages-femmes, renferment chacune une infirmerie de 18 lits; mais, parfois, soit parce que le nombre des accouchées malades est trop considérable, soit à cause de la nature de leur affection, on envoie un certain nombre de ces malades dans le service de gynécologie ou dans celui de la clinique médicale. 11 en résulte, on le comprend facilement, une diminution dans le chiffre de la mortalité des salles d’accouchement; diminution qui se fait surtout sentir lorsque la fièvre puerpérale atteint à la fois un grand nombre de malades, et qui abaisse le chiffre proportionnel des décès au moment même où il tend à être le plus élevé. Ajoutons, de plus, que ce transfert n’est ni constant, ni égal pour les deux cliniques; car, en 1861, la première (celle des élèves en médecine) a envoyé à YAllgemein Krankenliaus 62 femmes atteintes de maladies puerpérales, tandis que la deuxième (celle des élèves sages-femmes) n’en envoya que 49. En 1862, la première
en transféra 20, tandis que la seconde n’en transférait aucune.
La mortalité dans les services d’accouchement, à Vienne, est donc un peu plus élevée encore qu’elle ne le paraîtrait d’après le tableau que j’ai produit plus haut.
A Prague, la même chose se produit. Un certain nombre de malades sont parfois transférées dans l’hôpital général, peu distant de la Maternité. Cependant ce transfert ne paraît pas ordinaire ou habituel, car, à l’époque où accompagné de mon ami, M. Liouville, j’ai visité cet établissement (juin 1864), j’ai trouvé, dans les salles et au milieu des autres acconehées, un nombre assez considérable de femmes atleintes de fièvre puerpérale grave.
A Munich, la Maternité est peu distante de l’hôpital, et l’on y transporte également un certain nombre d’aecouchées malades. Le tableau suivant permettra d’apprécier dans quelle proportion a lieu ce transfert; il comprend la statistique de cet établissement du 1er octobre 1858 au 50 septembre 1859 L
Accouc liées 1533
Mortes après l'accouchement
S Soignées dans la maison. ... 62
| Transférées à l'hôpital V. . ' -g
Si nous ne consultons que la slatistique de la Maternité seule, nous trouvons sur 1335 accouchées un chiffre de 7 décès donnant, par conséquent, une mortalité de 0,5 pour 100 ; mais la mortalité monte à 1 pour 100, si nous ajoutons les 8 décès de femmes transférées à l’hôpital.
Ici je pouvais, sachant le sort ultérieur des malades transférées, rectifier la statistique et la faire figurer dans mes calculs ; mais je n’ai pas fait figurer celles où cette indication n’était pas donnée, car
| Guéries. . . 37
| Mortes 5
Mo latsschrift fur Geburlskunde, \ 860, t. XV, p. 397.
je ne pouvais faire entrer, dans mon évaluation générale, des statistiques que la mortalité des malades transférées modifie quelquefois beaucoup.
Ainsi, pour Cologne1, la statistique de la mortalité de la Maternité, laquelle ne figure pas dans le relevé que j’ai donné plus haut, nous fournit le tableau suivant: