CÉSARIENNE
Total
Proportions. . .
POUR ICO
Cette fréquence si grande aurait lieu de nous étonner; elle s’explique par deux causes : la première, c’est que beaucoup de sagesfemmes lorsqu’elles se trouvent, dans leur clientèle privée, en présence d’un accouchement anormal, aiment mieux invoquer le secours de la Polyclinique que d’envoyer leur malade à l’hôpital ou à la Maternité ; la seconde, c’est que par un désir un peu trop vif de s’habituer aux manœuvres obstétricales, les jeunes praticiens ou ceux qui les dirigent appliquent le forceps, par exemple, dans un certain nombre de cas où un peu plus de patience rendrait son application inutile.
1 Communiqué par l’administration des hôpitaux.
Nous nous empressons d’ajouter qu’à Leipzig, comme partout, les droits sacrés de l’humanité ne sont pas oubliés par le médecin ; son intervention, nous n’en douions pas, si elle n’est pas toujours nécessaire, est du moins toujours justifiée et justifiable ; enfin malgré cette fréquence plus grande de l’intervention obstétricale, la mortalité dans la Polyclinique est de 1 femme sur 92, tandis qu’elle fut dans la Clinique de la Maternité de 1856 à 1859 de 1 femme sur 50. Ce qu’il m’importe de démontrer c’est que :
La fréquence des opérations obstétricales ne modifie que peu la mortalité générale. — La fièvre puerpérale est, comme je le montrerai plus loin, la cause principale, pour ne pas dire unique, de l’augmentation notable de la mortalité dans les services spéciaux d’accouchement; les opérations obstétricales peuvent prédisposer les accouchées à des péritonites traumatiques, à l’atteinte de la contagion, elles peuvent concourir à augmenter la mortalité et l’on peut affirmer qu’elles l’augmentent, mais cette augmentation est légère par rapport à celle qui dépend de la contagion. C’est ce que peut démontrer le tableau suivant dans lequel se trouvent résumés les faits observés à la deuxième Clinique de la Maternité de Vienne durant une endémie de fièvre puerpérale pendant les mois d’octobre, novembre, décembre 1861, janvier et les 1 et 2 février 1862. Ce tableau donne, divisés par séries, le nombre des accouchements dans lesquels a eu lieu l’intervention médicale ou chirurgicale, ceux où des accidents se sont ou non montrés, etc. La première colonne donne le nombre total des accouchements relevant de chacune des séries; la seconde le chiffre desaccouchées n’ayant pas été malades; la troisième celui des accouchées ayant été malades et la quatrième celui des accouchées ayant succombé. Quanl aux deux dernières colonnes : la première donne la proportion pour cent malades de la mortalité des accouchées appartenant à chaque série (proportion permettant d’apprécier le degré absolu de gravité de chacune des complications, et l’importance qu’elle a pour la vie des accouchées) la dernière colonne montre en centièmes dans
quelle proportion la mortalité de chaque série entre dans la mortalité générale du service d’accouchement, par rapport au nombre total des accouchées.
MATERNITÉ DE VIENNE — 2‘ Clinique 1861-1862 Octobre 1861 à Février 1862).