ROUGEOLE
1857. avril à juillet
1859 . avril à juin
ERYSIPELE.. .
1853. octobre à décembre
Si ces diverses épidémies avaient une influence quelconque sur l’apparition ou le développement de la fièvre puerpérale la mortalité de la Maternité devrait s’élever pendant la durée de l’épidémie. Or, c’est ce qui n’est pas, et nous voyons tantôt la mortalité des femmes en couches être très-minime, être au-dessous de 1 pour 100, être même réduite à zéro, tandis que dans d’autres moments elle dépasse de beaucoup la moyenne pour atteindre jusqu’à 16 et 18 pour 100.
La mortalité, dans le même temps, et pendant ces diverses épidémies, était de plus très-inégale dans les deux cliniques, ce qui
n’eût pas dû être si l’épidémie régnante avait pu avoir quelque influence sur le développement de la fièvre puerpérale.
En est-il de même pour l’érysipèle? On pourrait sur ce point conserver quelques doutes et réserver son jugement définitif.
En effet, quelques auteurs sont assez disposés, non sans quelque apparence de raison, à croire que l’érysipèle a une certaine influence sur le développement et la propagation de la fièvre puerpérale. Kneeland, Hutchinson, Renton, Ingleby, Jackson, Siders, Tilbury Fox, les considèrent comme des anneaux de la même chaîne, et si M. Spath montre qu’en 1853 l’état des accouchées resta favorable malgré l’existence d’une épidémie d’érysipèle à Vienne et dans les environs, « en 1861, ajoute-t-il, on a observé fréquemment des cas d’érysipèle dans la Clinique d’accouchement des sages-femmes et des médecins à Vienne, immédiatement avant l’apparition de l’épidémie de fièvre puerpérale.
Influences individuelles . — Je ne dirai rien de l’influence exercée sur le développement de la fièvre puerpérale par l’âge, la constitution, l’état morbide général, les grossesses précédentes, la durée de l’accouchement, les plaies et contusions des parties génitales, les manœuvres obstétricales, etc., toutes ses conditions si importantes devraient être examinées en détail si j’avais à faire l’histoire purement médicale de la maladie puerpérale; mais une pareille élude sort évidemment du cadre déjà si étendu dans lequel se trouve renfermé le sujet spécial qui m’occupe.
11 est une question cependant qui se rattache intimement à mon sujet, et que je dois chercher à résoudre. Quelle influence peut avoir sur le développement de la fièvre puerpérale le séjour plus ou moins prolongé dans la Maternité antérieurement à l’accouchement?
M. Tarnier1, acceptant les idées de M. Lasserre, croit que la femme court moins de dangers quand elle s’est en quelque sorte
Tarnier. De la fièvre puerpérale, p. £2,
acclimatée dans l’établissement où elle accouchera quelques jours plus tard. M. Lasserre avait produit les chiffres suivants :