SITUATION
Femmes enceintes 94
2" étage.
Rez-de-chaussée.
Femmes récemment accouchées. 22
l,r étage.
(Gebarende) i
Ie' étage.
1er étage.
lor étage.
Femmes en couches 129 (
l"r étage.
(Wôchnerinnen)
2' étage.
2* étage.
Malades
lor étage.
2° Clinique.
La première clinique, celle du professeur Braun, nous présente d’intéressant un système particulier de chauffage et de ventilation, que j’étudierai dans mon rapport général sur les hôpitaux.
Le personnel se compose pour la première clinique (professeur Braun) :
1 médecin en chef. .
2 assistants
1 sage-femme en chef.
8 aides-sages femmes.
17 infirmières
1800 florins
à 12, 11 et lOfl. prmois.
Le personnel de la seconde clinique, dirigée par le professeur Spath, est à peu près identique.
Le professeur, l’assistant et la sage-femme ont leur logement particulier à l’hôpital. Le professeur est nommé par le ministre;
les assistants et la sage-femme sont nommés sur la présentation du professeur.
Admission. — L’admission gratuite n’est accordée qu’aux femmes non mariées, sans égard à leur religion, mais elles doivent remplir les conditions suivantes :
1° Être autrichienne, ou avoir séjourné dix ans en Autriche.
21' Avoir dépassé le septième mois de la grossesse, ou être sur le point d’accoucher prématurément.
3° Posséder un certificat d’indigence délivré par le curé, la police ou les autorités municipales.
4° Se soumettre aux explorations obstétricales nécessaires pour renseignement clinique, ou consentir à entrer après l’accouchement en qualité de nourrice à l’hospice des Enfants-Trouvés. L’acceptation de ces deux dernières conditions exempte du certificat d’indigence.
L’admission indéterminée, provisoire ( die Aufnahme ist noch eine unbestimmte), s’exerce envers les femmes qui ne payent pas à leur entrée, mais ne remplissent pas les conditions de la réception gratuite. Dans ces cas, on cherche ensuite à obtenir des parents le payement des frais d’hôpital.
Ce mode d’admission a lieu dans les circonstances suivantes :
1 Quand leur état ne permet pas de les refuser.
2° Quand le travail de l’accouchement est commencé.
3" Quand, accouchant chez une sage-femme, les difficultés qui se. présentent dans la terminaison de l’accouchement exigent les secours d’un accoucheur habile.
4° Quand elles sont envoyées à l’hôpital par un établissement public.
5° Quand elles sont étrangères.
6° Lorsqu’après avoir payé les premiers frais, le non-payement des frais ultérieurs d’un plus long séjour les fait transférer de la section payante dans la division gratuite.
Les femmes mariées, abandonnées par leur mari, ne peuvent jamais être reçues gratuitement.
Les veuves devenues enceintes après la mort de leur mari sont reçues comme les femmes non mariées, si elles apportent le certificat du décès de leur mari.
Les femmes de soldats ne peuvent être reçues dans un établissement civil.
Les femmes surprises dans la rue par le travail de l’accouchemenl sont reçues immédiatement et gratuitement.
Les femmes enceintes affectées de syphilis ne peuvent être reçues dans la section d’accouchement ; elles sont envoyées dans la section spéciale de l’hôpital.
Les femmes enceintes qu’on a été forcé de recevoir gratuitement doivent, lorsqu’elles ne remplissent pas les conditions exigées pour l’admission gratuite chercher les moyens de payer les frais exigibles. Elles sont obligées de se soumettre aux explorations nécessaires à l’enseignement de l’obstétrique, même quand le payement a lieu quelques jours après leur entrée ; car c’était (dit le règlement) leur devoir de se pourvoir de l’argent ou des documents nécessaires en temps utile, c’est-à-dire avant leur entrée \
La répartition des femmes enceintes est faite entre les deux cliniques de la manière suivante : La première clinique (étudiants) reçoit celles entrées les dimanche, mardi, jeudi et samedi ; la deuxième clinique (sages-femmes) reçoit celles qui se sont présentées les lundi, mercredi et vendredi.
Les femmes sont examinées à leur entrée par la sage-femme en chef, les assistants ou les sages-femmes pratiquantes (élèves ayant passé leur examen de capacité et reçues sages-femmes).
Les accouchées sont ordinairement gardées neuf jours après l’accouchement, excepté lorsqu’elles sont atteintes d’une maladie puerpérale sporadique; si elles sont affectées d’une maladie non
1 WiiTELsnPFER. Wien's Heil- und Humanitats-Anstalten . 1856.
puerpérale on les transporte clans les services de médecine de l’hôpital général.
Les femmes accouchées dans les divisions gratuites et qui désirent faire admettre gratuitement leur enfant à la maison des Enfants-Trouvés sont envoyées dans cette maison. Il y a exception pour les suivantes :
1° Les femmes malades. L’enfant seul y est envoyé et la mère n’y entre qu’a près sa guérison.
2° Les accouchées dont l’enfant est mort.
5° Celles qui ont été amenées par la police qui les réclame après leurs couches.
La Maternité de Vienne a été pendant longtemps une des plus meurtrières de l’Europe. Ses premières années furent cependant très-favorables j à cette époque la division en deux cliniques n’avait pas encore eu lieu. De 1784 à 1822, sous la direction successive de Zeller et de Boër, la Maternité eut 71,395 accouchements avec 897 morts ou 1, 25 pour 100 de mortalité.
La plus grande mortalité fut en 1814 et 1819. En 1814, sur 2,002 accouchements il y eut GG morts ou 3,7 pour 100 ; en 1819, 3,089 accouchements, 154 morts ou 4,9 pour 100.
Boër prit sa retraite en 1822 et fut remplacé par Johannes Klein. Dès la première année, la mortalité monta à 7,4 pour 100 (2,872 accouchements, 214 morts). Ces fâcheux résultats se continuèrent les années suivantes, car sur 32,326 accouchées 1,714 moururent ou 5 pour 100. Le minimum de 1823 à 1834, fut pour une seule année de 3 pour 100.
En 1834, l’augmentation du chiffre des femmes reçues à la Maternité engagea à ouvrir une nouvelle section. Barges garda l’ancienne section, Klein prit la nouvelle. Il n’y fut pas plus heureux que précédemment ; quoique le nombre des accouchées eût diminué, quoique le bâtiment fût nouveau la fièvre puerpérale s’y installa et la mortalité augmenta. Du 1er janvier 1834 au 30 avril 1839, sur 12,253 accouchées 902 moururent : 7,3 pour 100.
Du mois de novembre 1836 au mois d’août (inclusivement) 1837, sur 1975 accouchements il y eut 288 morts : 14 pour 100. La mortalité avait été au mois d’août 1837 de 22,7 pour 100.
L’autre clinique (l’ancienne) n’était pas, il est vrai, beaucoup plus heureuse, car sur 9,363 accouchements il y eut 620 morts ou 6,6 pour 100.
Les deux sections de la Maternité étaient alors communes aux étudiants et aux élèves sages-femmes. Cette coïncidence dans la mortalité n’a rien d’étonnant pour nous qui croyons à la contagion puisque rien ne s’opposait à sa dissémination par les élèves de l’un et de l’autre sexe. Une excellente mesure devait amener une différence remarquable dans la mortalité.
En 1839 on sépara les deux cliniques, l’une fut destinée aux sages-femmes, l’autre aux étudiants.
Dans la clinique des étudiants (première clinique), la mortalité augmenta d’une manière formidable, et, jusqu’au mois de juin 1847, elle fut le siège d’une endémie meurtrière. Dans cette période de huit ans et un mois, la mortalité fut de 10,4 pour 100 (24,455 accouchements, 2,482 décès). Les principales épidémies furent :
Juin
Décembre
Novembre
Décembre
Janvier
Avril
Octobre
Avril
Avril
En 50 ans il y eut dans les deux cliniques, 192575 et 8624 ou 4,5 pour 100 La lre clinique celle des médecins compte, 104492 et 5560 ou 5,5 —
La 2e — sages-femmes, 88085 et 5064 ou 5,4 —
Ces chiffres déjà si élevés sont cependant encore au-dessous de la réalité, car il est presque certain, d’après M. Spath, qu’on n’y a
pas compris les femmes transférées malades de l’hôpital général et qui y ont succombé.
Dans la clinique des sages-femmes, les cinq premiers mois furent assez favorables, cependant elle fut en 1842 le siège d’une épidémie qui dura seize mois avec une mortalité de 9,1 pour 100. Mais après celte époque cette clinique présenta si peu de mortalité qu’en y comprenant tout le temps écoulé du 1er mai 1839 au 1er juin 1847, il n’y eut que 810 morts sur 21,155 accouchements, c’est-à-dire 3,8 pour 100 de mortalité, tandis que l’autre clinique perdait 10,4 pour 100. Il y avait par conséquent, en moyenne 6 pour 100 de différence dans la mortalité des deux cliniques.
Un pareil état de choses ne pouvait manquer d’attirer l’attention: Semelweis chargé de la première clinique, attribua cette différence à la propagation de la fièvre puerpérale par l’inoculation de matières septiques. En mai 1847, il prit toutes les précautions contre cette cause de contagion, et quoique se trompant, à notre avis, sur sa véritable cause, les précautions prises devaient, on le conçoit, avoir la plus favorable influence. La mortalité diminua d’une manière notable, elle s’abaissa au-dessous de la moyenne de la clinique des sages-femmes, et depuis cette époque dans l’une et l’autre clinique les épidémies très-meurtrières ont à peu près disparu. Dans ces deux dernières années, surtout 1863-1864, les résultats ont été des plus remarquables, la mortalité moyenne arrive à peine à 2 pour 100. Les moyens nouveaux de ventilation employés par M. Braun peuvent, sans aucun doute, avoir une part notable dans ce résultat favorable; mais nous affirmons, avec l’espoir d’être démenti parles faits, qu’ils seront insuffisants, et, tant que les femmes accouchées seront réunies en si grand nombre dans des salles communes, la fièvre puerpérale se montrera encore trop souvent à la Maternité de Vienne.