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Ainsi, pendant la durée de l'épidémie, le nombre des décès par causes générales ne fui que de 5 eu y comprenant même un cas de rupture sponlanée de l'utérus, tandis que le nombre des décès par cause puerpérale atteignit le chiffre de 148.
I«i mortalité par affections intercurrentes, variole, pneumonie, lièvre typhoïde, hépatite, etc., survenant {tendant la période puerpérale est peu variable suivant les années, les mois et aussi suivant les établissements d'une même ville et l'on pourrait même ajouter suivant les pays ; eMe enXfe dans la mort(Uité générale des accouchées comme un élément rwmérUpte à peu près invariable; si
donc on voit le chiffre lotal des décès monter momenlanément trèshaut pendant un ou plusieurs mois et présenter des variations trèsnolables, on peut affirmer sans s'ex|>oser à commettre une erreur que celte différence notable et accidentelle, tient à Taugmentalion du chiffre des décès par cause puerpérale, ou plutôt par iîèvre puerpérale; car les autres accidents puerpéraux: rupture de l'utérus, hémorrhagies pendant ou après l'accouchement, éclampsie, etc., se montrent comme les affections étrangères à la puerpéralité dans une proportion assez constanle.
Du reste, cette cause d'erreur qui serait de quelque importance s'il s'agissait de chiffres peu élevés, perd la plus grande partie de sa valeur et peut même être négligée lorsqu'il s'agit de chiffres aussi considérables que ceux que j'ai pu rassembler, et lorsqu'on demande à la statistique, non une précision mathématique, fort inutile en pareille matière; mais une base d'appréciation.
Nous avons, en effet, à constater la mortalité après l'accouchement non d'une manière absolue, mais d'une manière relative; nous avons à com])arer la mortalité des divers établissements avec les résultats obtenus en ville. Ce qu'il importe, c'est de donner une ïtâscî identique à la statistique, et je veux seulement montrer qu'on yeul ]»rendre ])our base d'une juste appréciation, la mortalité générale après l'accouchement : que la mort soit le fait même de la puerpéralité, ou qu'elle résulte d'une maladie accidentelle survenue comme complication.
Je dirai même plus, c'est qu'il est préférable de prendre pourpoint de départ la mortalité générale. Si l'on procède autrement, on n'a, |Kmr établir la distinction entre les causes de la mort, que le diagnostic du médecin : ce que l'un appellera fièvre puerpérale sera conhidéré par un autre comme péritonite simple, comme métrite «impie, comme fièvre typhoïde même, et tel décès qui, pour l'un, figurera dans la statistique des fièvres puerpérales, en sera retranché \m' l'autre. A qui apprendrai-je les illusions trop fréquentes des médecins qui présentent leurs propres statistiques pour montrer
DES BÎATERNITÉS. 39
l'efficacité d'un nouveau mode de Irailemenl dont ils sont les auteurs? celles des chirurgiens qui n'auraient que des succès
sans les maladies in lercur rentes qui emportent leurs malades? La mortalité totale ne peut être modifiée; elle est ce qu'elle est en dehors de toute interprétation, et, comme la mortalité par causes générales est à peu près invariable sur un grand nombre d'accouchements, il ne nous reste guère qu'un élément variable : la mortalité par causes spéciales, celle doutions avons à apprécier l'étendue et à rechercher les causes.
Une autre cause d'erreur, plus importante et réelle, consisterait dans l'omission d'un nombre plus ou moins considérable de cas mortels. Beaucoup de maternités ne forment qu'une section d^un hôpital général, et souvent alors les femmes atteintes de fièvre puerpérale ou d^aflections intercurrentes sont transférées dans un service distinct des salles d'accouchement, et la statistique des accouchées se trouve améliorée de toute l'aggravation qui se porte alors sur celle des salles de médecine.
A Vienne, par exemple, les deux Maternités affectées l'une aux élèves en médecine, l'autre aux élèves sages-femmes, renferment chacune une infirmerie de 18 lits; mais, parfois, soit parce que le nombre des accouchées malades est trop considérable, soit à cause de la nature de leur affection, on envoie un certain nombre de ces malades dans le service de gynécologie ou dans celui de la clinique médicale. Il en résulte, on le comprend facilement, une diminution dans le chiffre de la mortalité des salles d'accouchement; diminution qui se fait surtout sentir lorsque la fièvre puerpérale atteint à la fois un grand nombre de malades, et qui abaisse le chiffre proportionnel des décès au moment même où il tend à êti'e le plus élevé. Ajoutons, de plus, que ce transfert n'est ni constant, ni égal pour les deux cliniques; car, en 1861, la première (celle des élèves en médecine) a envoyé à VAllgemein KrankenJimis 62 femmes atteintes de maladies puerpérales, tandis que la deuxième (celle des élèves sages-femmes) n'en envoya que 49. En 1862, la première
iO DES MATERNITÉS.
en transféra 20, landis que la seconde n'en transférait aucune.
Li mortalité dans les services d'accouchement, à Vienne, est donc un peu plus élevée encore qu'elle ne le paraîtrait d'après le tableau que j'ai produit plus haut.
A Prague, la même chose se produit. Un certain nombre de malades sont parfois transférées dans l'hôpital général, peu distant de la Maternité. Cependant ce transfert ne paraît pas ordinaire ou habituel, car, à l'époque** où accompagné de mon ami, M. Liouville, j'ai visité cet établissement (juin 1864), j'ai trouvé, dans les salles et au milieu des autres accouchées, un nombre assez considérable de femmes atteintes de fièvre puerpérale grave.
A Munich, la Malernilé est peu distante de Thôpital, et Ton y transi)orte également un certain, nombre d'accouchées malades. 1^ tableau suivant permettra d'apprécier dans quelle pro|)ortion a lieu ce transfert; il comprend la statistique de cet établissement du l*' octobre 1858 au 50 septembre 1859 '.
Accoiicliées I33IÎ
MorU'S après raccouclicniciit 2
Guéries. . . 57
Malades. . .
SoiijDées dans la ninison. . . . 62 , ,,
^ I Mortes 5
T f ' * Il » •• I Ml \ Guéries.. . .
Tinnsferees a 1 hôpital t* { „ .
' Mortes 8
Si nous ne consultons que la statistique de la Maternité seule, nous trouvons sur 1555 accouchées un chiffre de 7 décès donnant, par conséquent, une mortalité de 0,5 pour 100 ; mais la mortalité monte à 1 |M»ur 100, si nous ajoutons les 8 déct»s de femmes transférées à riiôpitid.
Ici je pouvais, sachant le sort ultérieur des malades transférées, rectifier la statistique et la faire figurer dans mes calculs; mais je n*ai jKis fait figurer celles où cette indication nY»tait pas donnée, car
« -V^ latfichrifl fur Ccburtskunde, 1860, t. XV, p. 397.
DES HÀTERNITËS. . 41
je ne pouvais faire entrer, dans mon évaluation générale, des statistiques que la mortalité des malades transférées modifie quelquefois beaucoup.
Ainsi, pour Cologne S la statistique de la mortalité de la Maternité, laquelle ne figure pas dans le relevé que j'ai donné plus haut, nous fournit le tableau suivant:
TRiXSréRtES
ACcoDcntes.