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liirection de toute Tassistance hospitalière? la théorie dit peut-être, oui ; mais la pratique dit, certainement, non.
Il y a, en effet, impossibilité presque absolue dans la pratique, lorsqu'il s'agit de l'administration centrale hospitalière, de séparer complètement la gestion financière de la gestion médicale. Que le directeur médical demande la construction d'un nouveau bâtiment, qu'il demande seulement des réparations ou des améliorations dans un bâtiment existant, le directeur administratif sera M)uvent amené à lui opposer, comme argument décisif, Tabsence de fonds disponibles, D'ailleurs, cette situation engendrerait presque inévitablement des rivalitiîs, des luttes d'influence, des froissements d'amour-propre, ou bien l'annihilation de l'un des directeurs par l'autre, et, la concentration des pouvoirs existerait en fait sinon en droit.
Le problème résolu ailleurs est-il donc insoluble k Paris avec notre organisation ailministrative et pour ce qui concerne la direction générale de nos établissemrnts? Je ne le crois pas, mais je dois tout d'abord montrer quelle est Torgaoisation administrative de l'assistance hospitalière k Paris.
l/adrninis(ration générale de l'Assistance publique (Bienfaisance et Hôpitaux) est <!on(iée à un directeur responsable, nommé par le Ministre de l'Intérieur sur la présentation du Préfet de la Seine. Un conseil de surveillance, composé de |)ersonnes érninentes nommées par différents corps de l'État, est chargé, comme l'indique son nom, de surveiller l'administration. Trois personnes seulement sur vingt y représentent l'élément médical, d'autant plus effacé par l'élément administratif que le directeur général lui-même est purement administrateur et nullement médecin, et que le conseil n'a aucune action directe sur la gestion de l'œuvre.
a Le conseil éclaire, juge et modère au besoin, dans les limites de sa compé- « tence, les actes directoriaux, sans cependant jamais y néêtituer ses propres u actes; le directeur seul agit parce qu'il est responsable ; il a reçu des règlements « toute latitude de pourvoir aux besoins impérieux et incessants du service; mais « s'il centralise toutes les forces vives de ladministration, c'est à la condition « expresse de les faire toutes concourir ao même but : le soulagement efficace et « prompt des malheureux. » (llusson. Études sur les hôpitaux^ p. i71.)
Le directeur général actuel, Thonorablc M. Hussou, mA par le plus vif désir
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du bien, a institué depuis quelque temps un comité consultatif d^li^giène hospitalière dans lequel sont entrés quelques médecins, chirurgiens et pharmaciens des hôpitaux. Or, ce comité peut, quand on le lui demande, donner quelques conseils; mais il ne s*en suit pas pour cela que ses conseils doivent être suivis (on sait le sort qu'eut le rapport de la commission médicale nommée par Tadministration pour examiner les plans de THôtel-Dieu), et ce comité n'a d'ailleurs aucune action directe sur l'organisation de nos hôpitaux. Le directeur général, aidé peut-être du conseil de surveillance, règle tout ce qui se rapporte aux établissements hospitaliers : répartition des services et des malades, aménagement des salles, literies, régime alimentaire, organisation du service médical et pharmaceutique, évacuation et mise en activité des salles, etc. /tout est réglé et a toujours été réglé à Paris, depuis 1793, par des administrateurs et non par les médecins.
La concentration des fonctions administratives et médicales dans les mêmes mains a Tinconvénient de supposer possible la réunion d'aptitudes et de connaissances absolument différentes. Il me suffirait presque, pour démontrer cette impossibilité, de définir et de classer les fonctions administratives et les fonctions médicales.
La direction administratite centrale comprend la gestion des propriétés mobilières et immobilières de l'œuvre , la perception des « revenus et des impôts, le r^lement du budget des recettes et aussi de celui des dépenses, Tadjudication de la fourniture des objets mobiliers ou de consommation nécessaires dans les hôpitaux, la nomination et la surveillance des économes et employés supérieurs des divers établissements, et, pour ce qui concerne les malades : la réglementation générale des conditions administratives de leur réception, la fixation des frais de séjour, etc.
La direction médicale supérieure comprend ou doit comprendre la solution de toutes les questions dans lesquelles la science intervient à un degré important. S'il s'agit d'hôpitaux à construire : désignation, suivant les règles de Thygiène, du lieu où l'hèpital doit être élevé; détermination du chiffre de sa population absolue, car la science a montré que le salut des malades est en rapport avec l'étendue et la population de l'hôpital ; répartition du nombre des malades suivant la nature de leurs maladies en un certain nombre de services ; examen et choix
du plan à suivre dans la construction, etc. S'il s'agit d'hôpitaux déjà existants : modifications h apporter dans le nombre, retendue et la distribution des bâtiments ; dans raménagemcnt des salles ; dans le choix et la surveillance du personnel médical supérieur, et par son intermédiaire du personnel médical subalterne; mesures hygiéniques à prendre en cas d'épidémies; modifications à apporter au régime des malades; précautions à prendre contre Textension des maladies contagieuses, etc.
Ce n'est pas tout encore, il faut que le directeur d'une administration hospitalière possède les connaissances médicales suffisantes pour savoir quels sont les moyens les meilleurs pour rendre les hôpitaux aussi salubres que possible, et pour diminuer ou faire disparaître l'influence fâcheuse de la réunion, dans un même lieu, de maladies, qui presque toujours réagissent les unes sur les autres; il faut qu'il puisse, en connaissance de cause, voilier à ce que chaque malade ait la nourriture, les médicaments et les soins appropriés à sa maladie, le placer, en un mot, dans une situation conforme à ce qu'enseignent la science et une longue expérience dans le traitement de chaque affection en particulier; savoir modifier cette situation, suivant l'âge des malades, les influences atmosphériques, les saisons, les climats, les constitutions médicales, la nature des maladies et leur facilité plus ou moins grande à se transmettre par contagion ; apprécier justement le rapport existant entre les changements apportés à Tétat du milieu dans lequel est placé le malade, et la marche favorable ou fatale de sa maladie ; faire la part, dans les résultats statistif]ues obtenus dans chaque hôpital, de ce qui revient à Thygiène de rétablissement et à la médication employée; varier l'organisation matérielle des hôpitaux, suivant qu'ils sont destinés h des enfants, des adultes ou des vieillards, k des blessés ou à des syphilitiques, au traitement de maladies chroniques ou à celui de maladies aiguës, de fièvres éruptives ou d'affections viscérales, etc., etc.
Telles sont les connaissances que doit posséder le directeur général d'une administration hospitalière, telles sont celles que doit posséder aussi le directeur d'un hôpital. En effet, la conduite d'un hôpital comprend, comme celle de l'administration centralisée, deux éléments : 1^ la gestion financière ; 2* la gestion médicale. Toutes deux appartiennent à Paris k un délégué administratif non médecin, aidé d'un économe et d'employés de bureaux. Une telle orga-
nisation, qu'on ne retrouve guère qu'en France et en Belgique, est un obstacle invincible à toute amélioration. Partout à l'étranger, Phôpital est, sous le rapport médical, dirigé par un médecin, qui, dans les petits établissements, est en même temps médecin en chef; qui, dans les grands hôpitaux, est tant()t agent administratif, mais agent compétent dans ses fonctions, tantôt médecin en chef de l'hôpital, sans y avoir toutefois de service médical personnel; mais, presque partout aussi, surtout quand l'hôpital a une certaine importance, à côté de ce directeur-médecin, existe un économe, représentant l'élément financier et administratif, subordonné au directeur-médecin pour ce qui concerne la gestion médicale, subordonné seulement à l'administration centrale pour ce qui concerne la gestion financière.
C'est à l'élimination complète de l'élément médical, dans la conduite directe de nos hôpitaux, qu'est du l'état déplorable où ils étaient à la lin du siècle dernier et l'état défectueux dans lequel ils n'ont cessé d'être depuis soixante-dix ans. Pour diriger les hôpitaux les meilleure» intentions ne suffisent pas. Qui oserait mettre en doute celles qui ont animé tous les directeurs généraux, tous les conseils administratifs qui se sont succédé à la tête de nos hôpitaux? Qui doute un instant que ces intentions n'aient été secondées par de hautes capacités financières et administratives? Et cependant, notre nécrologie hospitalière, bien plus éloquente encore depuis que nous la comparons à celle des hôpitaux étrangers, parle plus haut et nous dit : Rien ne remplace, quand il s'agit d'hôpitaux, la compétence que peuvent seules donner de longues études, de longues années où chaque matinée a été passée dans les salles d'un hôpital; Pintelligence et le dévouement ne remplacent pas la science et l'expérience : aùque suum. A l'administration la direction administrative et financière, aux médecins la direction des choses médicales I
L'histoire seule de nos Maternités suffit à mettre en lumière ces défauts de notre organisation.
L'accouchement n'est pas une maladie, c'est un acte physiologique qui ne doit que très-rarement, en cas de complications, amener des accidents mor^ tels. Il n'était pas besoin d'être médecin pour le savoir et pour s'émouvoir vivement de l'excessive mortalité qui régnait à Paris dans nos services spéciaux, aussi depuis longtemps l'administration s'en était-elle émue.
a Par suite de quelles circonstances la maison (raccouchement, si longtemps « épargnée, s* est-elle fait remarquer, depuis 1840, parmi les établissements les cr plus accessibles à la contagion et malgré sa situation exceptionnelle sur Tun cr des points réputés les plus salubres de Paris, malgré ses vastes jardins? C'est « là une question à laquelle ni la science, ni l'administration n'ont encore pu « répondre. On sait à quel point elle nous préoccupe et quels efforts ont été fc faits déjà pour en expliquer et en prévenir les causes... les chiffres qui se « rapportent à la situation actuelle des services d'accouchement accusent encore « une mortalité assez considérable pour solliciter les investigations et pour « engager les amis de la science et de l'humanité à rechercher, de concert avec c nous^ par quelles dispositions il serait possible d'arrêter les progrès d'une « maladie terrible qui a déjoué jusqu'ici tous les calculs...
c Quelles que soient les difficultés considérables qu'elle éprouve, en présence « surtout du silence gardé par les corps scientifiques, à organiser d'une ma- « nièrc efficace h s services d'accouchement, Tadministration ne reste pas inac- « tive. » (llussoUjÉtudes sur les hôpitaux^ p. 137 — 139.) Ainsi, dans une question aussi importante, l'administration no peut que constater ses incertitudes, et cependant, à ses doutes, nous pouvons, nous médecins, opposer, outre les remarquables travaux de M. Tarnier, les magnifiques rapports, à la fois médicaux et administratifs, de MM. Hugenberger, sur la Maternité de Pétersbourg ; de Sinclair et Johnson sur celle de Dublin ; de Braxtonllicks sur le service d'accouchement de Guy's llospital à Londres; de Semmelweis, Arneth, Braun, Spath, sur les !^Iaternités de Vienne ; de llecker sur celle de Munich; de Credé sur celle de Leipzig; de Greensersur celle de Dresde, etc., rapports et travaux faits par des directeurs médecins, qui ont pu non-seulement étudier les lois de la propagation de la fièvre puerpérale, mais, ce qui est mieux, en diminuer notablement les ravages, tandis que la mortalité allait sans cesse en augmentant à la Maternité de Paris, pour arriver enfin à un chiffre inouï, sans que l'administration pût y apporter un remède, que les médecins eussent pu lui donner, si on avait laissé à leur initiative la possibilité d'appliquer les mesures nécessaires.
11 n'y a qu'un seul remède à cet état de choses : donner au corps médical une part directe dans l'administration des hôpitaux. Si les moyens d'y arriver sont multiples, les meilleurs sont ceux qui n'apportent pas la désorganisation
dans une vaste administration. Or, rien ne serait plus facile que de donner h un conseil médical, composé de médecins, chirurgiens et pharmaciens des hôpitaux nommés par leurs collègues, la conduite directe des choses médicales afférente aux hôpitaux. Ce conseil, que présiderait le directeur de l'assistance, n'agirait que sous le contrôle du conseil de surveillance, auquel seraient soumises toutes les questions en litige ou les questions importantes. Les directeurs administratifs de chacun des hôpitaux seraient choisis parmi des médecins ne faisant pas partie du corps médical des hôpitaux et subordonnés au conseil médical supérieur.
Tous les mois, les médecins, chirurgiens et pharmaciens d'un même hôpital se réuniraient, sous la présidence du médecin directeur, pour discuter toutes les questions afférentes au service médical de rétablissement.
Enfin, tous les six mois, revenant aux dispositions du règlement de 1802, « les officiers de santé devront se réunir auprès du conseil général pour lui
a communiquejT leurs vues sur les améliorations à introduire dans le service de a santé des hospices. »
L'intérêt même de Tadroinistration doit rengager à se décharger d'une responsabilité d'autant plus grave qu'elle l'assume tout entière. La comparaison de
nos résultats avec ceux de l'étranger n'avait éveillé d'abord que l'attention et l'inquiétude du corps médical ; la mortalité de nos hôpitaux doit diminuer ; la
seule manière d'y arriver est de laisser au corps médical l'initiative à laquelle il a droit et la responsabilité qu'il réclamerait alors, mais qu'aujourd'hui il repousse tout entière. Le salut de nos malades est à ce prix.
Si la mortalité moyenne des accouchées dans l'ancien Hôtel-Dieu de 1788 fut, comme nous l'apprend le magnifique ouvrage de Tenon, de une accouchée sur quinze ; elle fut à la Maternité actuelle, de 1860 à 1864, de une accouchée sur huit. En cinq années, 1226 accouchées sont mortes à. la Maternité de Paris! Ni la science, ni Thumanité ne me permettaient le silence.
a On est justement alarmé de voir qu'en aucun endroit de l'Europe, en au-
« cuue ville, en aucun village, en aucun hôpital, rien n'est comparable à la « perte qu'on fait des accouchées à l'Hôtel-Dieu de Paris. . a Qu'un homme, une femme meurent à la fin de leur carrière, leurs enfants « sont élevés, on n'a guère alors à se soumettre cpi'à la nature, qui, dans son
et cours, entraîne et détiiiit ce qu'elle avait formé ; mais qu'une femme enceinte, « b i en portante, se rende à l'Hôtel-Dieu, y contracte une maladie, y périsse (c enfin à la fleur de son âge... I Ce n'est plus à ce cours inévitable des événea ments qu'il faudra adresser nos regrets... Vesou proposa démettre ces accou- « c bées dans un lieu particulier, où elles fussent exemptes d'un air contagieux. c( Combien depuis cent vingt-deux ans n'eût-on pas sauvé de ces femmes malc( heureuses, si l'on eût suivi ce conseil salutaire ! Mais la raison n'amène pas tou- « jours des réformes utiles; les malheurs redoublés donnent longtemps des « leçons terribles avant de renverser les anciennes habitudes : c'est précisément a ce qui est arrivé à l'Hôtel-Dieu. »
Telles [sont les tristes, mais fermes paroles qu'écrivait Tenon dans son rapport sur les hôpitaux de Paris, publié en 1788, par ordre et aux frais de L ouis XVI ; puissent-elles ne plus recevoir leur application en 1888 ; mais si je ne dois pas être plus heureux que Tenon, je veux, du moins, être fidèle à cette règle de toute ma vie : chercher la vérité partout, l'examiner froidement et la dire sans crainte.
Quel qu'ait été, quel que soit le sort réservé à ce rapport, il ne m'en reste pas moins un devoir à remplir, et je le fais de grand cœur : celui de témoigner ma vive et sincère gratitude envers l'administration et surtout envers son directeur général, M. Husson; car en me confiant la mission que j'ai remplie l'année dernière, il m'a permis de poursuivre et d'étendre sur la mortalité des femmes en couches, des recherches limitées d'abord à la France et à TAngleterre.
Si ce travail peut avoir quelque résultat heureux pour l'amélioration de nos hôpitaux, s'il peut amener quelque bien, je désire qu'on rende à l'administration la part importante et légitime qu'elle a semblé reftiser d'avance.
UoN LE FORT.
Paris, 20 janvier 1866.
Secourir la femme qui va devenir mère ; lui donner un asile où elle jïuisse, pour quelques jours, abriter sa misère; lui ouvrir parfois un refuge où elle aille cacher les regrets et les chagrins d'une faute, dont trop souvent elle portera seule la responsabilité ; pr(5venir et combattre, par la charité, les défaillances morales et les funestes résolutions du désespoir; entourer, })endant quelques heures, de soins qui plus tard lui manqueront peut-être, le berceau d'un pauvre enfant ; telles sont les idées philanthropiques et réellement chrétiennes qui ont amené, dans toute l'Europe, la création des Maternités.
Cependant, au triple point de vue de la société, de la famille et de l'individu, l'assistance hospitalière donnée par l'Etat ou la Commune a l'inconvénient sérieux de jieser lourdement sur les ressources publiques ; de faire oublier les devoirs de solidarité que créent les liens de la famille; de substituer à la prévoyance et à
l'épargne individuelles les secours, toujours préparés, de la charité
publique. Ces inconvénients deviennent bien plus sérieux encore lorsqu'il s'agit d'éloigner de sa demeure de séparer de son mari, souvent de ses enfants, la femme sur le point d'accoucher.
Malheureusement, si les Maternités sont, comme les hôpitaux, une nécessité sociale qu'il faut et qu'il faudra longtemps encore i-egarder, dans bien des cas, comme une des bienfaisantes créations de hi charité publique ou privée; cette nécessité des Maternités, il faut aussi le reconnaître, ne devient absolue que dans trois circonstances : lorsque la famille est dans un tel état de dénûment que l'accouchée, quoique mariée, ne i)ouri-ait trouver chez elle le plus strict nécessiûre; à j)lus forte liaison quand la femme enceinte se trouve sans asile, et, enfin, lorsqu'elle veut, |X)ur cacher une faute, aller accoucher loin de ceux auxquels elle a pu laisser ignorer une grossesse illégitime.
La preniièn» condition se rencontre beaucoup plus exceptionnellement qu'on ne le jKMise en général, et un grand nombre des femmes mariées qui, à Paris, réclament pour leur accouchement les secours hospitaliers leurraient ne réclamer que ceux de l'assistance à domicile.
Quand on visite les capitales étrangères, on est tout d'abord étonné (du moins l'ai-je été pour ma paît) de tmuver si restreints, en apparence, les secours hospitaliei'S sj^éciaux à l'accouchement. A Londres, il n'existe guère que quatre i)elites Maternités : Britishj City of Landofi, Qiieen Charlotte's et Genei'al Lyifig-in Hospital, renfermant chacune une quarantaine de lits et ne recevant, toutes ensemble, qu'une moyenne annuelle de mille à douze cents accouchées. Ces établissements indépendants de la commune et de TEtat, soutenus seulement par des souscriptions volontaires, et exigeant certaines conditions d'admissibilité que nous examinerons plus tard, ne sauraient seuls répondre à tous les besoins d'un nombreuse iK)pulation indigente.
A Vienne, la Maternité, destinée si)ecialement aux femmes mariées, est non-seulement fort petite, mais encore une rémiuié-
ration (fort légère, il est vrai, pour la troisième classe) est exigée pour l'admission.
A Berlin, à Leipzig, à Dresde, à Munich, les Maternités sont peu considérables et ne renferment qu'un petit nombre de pensionnaires mariées.
Cette insuffisance apparente des Maternités s'explique et disparaît quand on voit quel large développement a été donné, presque partout, à l'assistance obstétricale à domicile : grâce à cette institution, des femmes mariées à des ouvriers ou à des artisans pauvres, peuvent ne quitter ni leur mari ni leur famille, et reçoivent chez elles, de sages-femmes, d'élèves et de médecins des hôpitaux, les soins les plus éclairés.
A Paris, un trop grand nombre de femmes mariées viennent encore réclamer leur admission dans les services d'accouchements ; mais cette fâcheuse tendance s'affaiblit heureusement chaque jour, grâce au développement qu'a reçu depuis quelques années l'organisation de notre assistance à domicile; le nombre croissant des accouchements pratiqués chaque année par les médecins et les sages-femmes attachés à nos bureaux de bienfaisance montre quels éminents services est appelée à rendre cette belle institution.
Les Maternités deviennent encore un lieu de refuge indispensable lorsqu'il s'agit d'une femme tout à fait sans asile; soit parce que, vivant au jour le jour de son travail quotidien, elle ne pourra subvenir à son entretien pendant les derniers temps de sa grossesse et les premières semaines qui suivront son accouchement, soit parce que son état l'a fait chasser de la maison oii elle était domestique.
Dans cette classe d'infortunées viennent de plus se ranger les paures filles séduites, victimes ou coupables d'une faute qu'elles cherchent à cacher à tous les yeux ; pour toutes ces malheureuses un asile est nécessaire, mais les conditions du secours changent avec le pays qui l'accorde.
A Paris, la charité publique n'établit pas de catégories de secours : céhbalaire ou mariée, la femme est, sans distinction d'état civil,
reçue dans tous nos élablissemenls, ou, si elle le peut et le demande, elle est accouchée chez elle.
L'Angleterre, qu'il faut si souvent citer comme exemple et souvent admirer lorsqu'il s'agit d'institutions charitables, égarée par un puritanisme trop rigide, par un désir immodéré et surtout mal entendu de moralisation (car on ne moralise pas par la répression), l'Angleterre a méconnu sur le point qui nous occupe les vrais princi|)es de la fraternité humaine, les meilleurs préceptes de la morale chrétienne, en établissant une distinction trop radicale entre les fillesmères et les femmes mariées. British et City of London Lyingin Hospital ne sont ouvertes qu'aux femmes mariées; General lying-in accorde une première fois ses secours aux filles-mères, mais les leur refuse en cas de récidive. L'on ne saurait cependant, pour justifier cette exclusion, invoquer l'inconvénient de réunir dans un môme établissement, dans les mêmes salles, des femmes mariées et des pécheresses quelquefois fort peu repentantes, car la même exclusion est sj)écifiée pour les services à domicile de Royal Maternity Charity, de Guy's Hospital, etc.
Mais, hâtons -nous de le dire, il ne s'agit ici que d'institutions privées, soutenues par des contributions ou souscriptions volontaires, (îl l'on ne saurait rendre la commune et l'État, qui doivent leurs Hccours à tous, responsables de cette exclusion. Sans doute une association charitable a bien le droit de se constituer des règles à sa convenance, de donner des secours à c^ux qu'elle en juge dignes ; Sans doute il faut rendre à Ja charité privée anglaise cette justice : qu'elle n'a d'égale nulle i)arl sur le continent européen *; mais
* Habitués & se passer de rialerventioa gouveruementale, secondés par le puissaul levier d'une religion qui a pour précepte : aide les autres, et le ciel t^aidera, nos voisins ont créé partout des institutions charitables ayant pour bases la mutualité et rassociation . Outre les secours donnés p»r la paroisse au moyen des taxes perçues en vertu du poor-law, il existe h Londres plus de sis cents fondations {tarticulières, uniquement soutenues par des legs privés et des contributions volontaires. J'examinerai plus spécialement et avec plus de détails dans un autre travail le mode d*»ssis»tance privée eo vigueur dans le Royaume-Uni ; on me pardonnera de montrer, brièvement ici, f*on itnporbnce en montrant quelles furent, du 30 septembre iSGO au 50 septembre 1861, les ressources dont purent disposer les OiO institutions charitables et privées de Londres soutenues
lout en lui donnant nn large tribut d'admiration, je ne puis que re-
f>ar des coDlributions volontaires. Nous empruntons ces chiffres au relevé de M. Sampson Low (The Cliarilies in London),
>OMBnE
DES
ÉTABLIsSKMR.XT
FUTURE DBS I2ISTITL'TI0?IS.
Hôpitaux généraux pour les malades . . . .
Hôpitaux, infirmeries et autres institutions destinées au traitement de maladies spéciales. . .
Dispensaires
Institutions ayant pour but de présiTver la vie, la santé et la morale publique
Ilôpilnux et institutions pénitentiaires pour les femmes
Sccoura aux prisonniers, institutions de réforme ou de refuge
Jluspice d'enfants trouvés
Institutions pour soulager les gens sans asiles, et quelques misères spéciales
Maisons de secours pour les ouvrières, les servantes et les femmes travaillant à l'aiguille. .
Pensions ou secours annuels.
Sociétés et caisses de secours pour les prêtres pauvres de l'Église anglicane
/(f^m, pour ceux de l'Église dissidente
Caisse de secours pour employés et ouvriers . . .
Caisses de secours dépendant de City Company et des caisses paroissiales
Caisse spéciale et nationale de secours en 1861 (famine aux Indes)
Collèges, hospices, Almshonses et autres refuges pour les vieillards
Établissements charitables pour aveugles, sourdsmuets
Idem, pour pauvres estropiés
Sociétés et caisses do secours pour les écoles d'enfants ou d'adultes
Asiles pour l'éducation et Tenlreticn complet de 1086 orphelins
Asiles pour l'éducation et l'entretien complet de 2804 enfants
Sociétés bibliques et caisse des missions pour t Londres, parmi desquelles :
11 Sociétés bibliques
6 Caisses pour la construction d'églises et de
chapelles
26 Caisses de secours pour missions, leçons et éducation
6 Sociétés irlandaises auxiliaires
7 Sociétés pour l'observation du dimanche. .
Sociétés et caisses de secours paur les missions
étrangères
Sociétés pour œuvres diverses
sooscnn>Tioivs volortaires
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