‹ Des maternités-- étude sur les maternités et les institutions charitables d'accouchement àChapitre 34 sur 93 · PRAGUE · texte numérisé non relu

PRAGUE

Le 17 août 1789, l'empereur Joseph II créa ^ Prague un établis ^ sèment spécial pour les accouchements et Fentrelien des enfants trouvés. Les femmes enceintes étaient antérieurement reçues dans le Wàische Spital, qui ne renfermait pour elles que trente lit.

Le décret qui annonçait la création de la Maternité renfermait une phrase qui mérilc d'être citée, et qui mériterait plus encore d'être méditée à l'époque actuelle. D'une philanthropie éclairée, sachant que ce n'est pas moraliser les femmes que de les pousser à Tinfanticide et à Tavortement en les forçant, pour être secourues, à divulguer leur faute, Joseph II disait : « La maison d'accouchements « offre aux femmes enceintes et malheureuses les secours néces- « saires et prend Tenfant soiis sa protection. Désormais le manque a d'asile et la peur de la honte ne servira plus d'excuse aux mères « pour tuer leur enfant. L'asile pour les femmes enceintes et malce heureuses existe ; elles sont invitées à y venir, et l'on ne s'in- « quiétera ni de leur religion ni de leur position sociale. » On gardait en effet le secret le plus absolu *.

Depuis, la maison a été modifiée et augmentée matériellement, surtout en 1824 et 1825, époque où l'on construisit la façade principale, tout une aile latérale et un autre bâtiment isolé.

La Maternité de Prague est située à l'extrémité sud-est de la ville, entre l'hôpital et la maison des incurables. Placée sur une colline élevée, elle est séparée par un ravin de ces deux établissements. On y jouit d'une vue splendide sur la ville, sur la campagne et sur la Moldau qui traverse la ville de Prague.

L'établissement sert à la fois de Maternité et d'hospice d'enfants trouvés. 11 se compose de deux maisons, une grande et une petite, séparées par une cour; en arrière, se trouve le jardin. Avant 1860,

i NAONAini Prager VierUljahr$$chrift. 1863, p. 7.

la prande maison était destinée aux accouchemenls, la petite aux enfants trouvés ; mais par suite de Faugmenlalion des pensionnaires, Félablissemenl se trouva insuffisant, et on dut louer au voisinage quatre maisons particulières. Dans Fune, on a placé les femmes accouchées, dans la seconde les médecins, et dans les deux autres les enfants trouvés. La maison principale sert aux accouchements, sauf le rez-de-chaussée, où se trouvent les services généraux et la communauté.

La maison a deux entrées : la grande porte et la porte secrète. Cette dernière, placée près de Féglise, est surveillée par la sagefemme chargée de la division secrète, qui a pour cet effet sa demeuœ au-dessus de cette porte.

La division secrète a un jardin et un escalier particuliers. La sagefemme et Taccoucheur en chef peuvent seuls y entrer.

Il y a quatre classes de malades : les trois premières appartiennent à la division secrète.

Première classe. — Chambre particulière, payement : 1 florin 5 kreuzer par jour (2 fr. 81) ; en cas d'abandon de Tenfant, il y a à payer 63 florins (158 fr. 60) ; c'est ce qu'on appelle taxe des enfants (Kindes-Taxe) .

Deuxième classe. — Une chambre pour deux personnes, 65 kreuzer par jour (2 fr. 90); Kindes-Taxe, 51 florins 50 kreuzers (82 fr. 75).

Troisième classe. — Deux chambres pour toutes les malades, 52 kreuzer 1/2 par jour (2 fr. 29) ; Kindes-Taxe, 12 florins (51 fr. 20).

La femme qui peut payer d'avance les frais d'entretien de Fenfant pour dix ans, a le droit de choisir la famille nourricière, et si l'enfant meurt avant dix ans, le restant du prix lui est remboursé.

Lorsque le séjour de la mère â Fhôpital ou en prison force à placer momentanément aux Enfants-Trouvés un enfant à la mamelle, le prix d^entretien est de 45 kreuzer 5/4 par jour (1 fr. 89). Le

prix pour les enfants sevrés, jusqu'à l'âge de dix ans est de 33 kreuzer 1/2 (1 fr. 43).

Pour les enfants naturels apportés du dehors, la taxe est de 63 kreuzer (2 fr. 70) ; elle est réduite à moitié sur présentation d'un certificat d'indigence. Pour les enfants nés dans les provinces autrichiennes autres que la Bohême, leur admission aux Enfants- Trouvés n'a lieu qu'après payement de 126 florins (327 fr. 60).

Les accouchées de la première classe peuvent arriver voilées ou masquées. Toutes les femmes de la division payante peuvent taire leur nom et donner à leur enfant celui qui leur convient. Les enfants sont transportés dans la maison des Enfants-Trouvés aussitôt après leur naissance, à moins que la mère ne veuille garder le sien avec elle et le conserver plus tard à sa sortie, ce qui nécessairement arrive très-rarement.

Qiiatnème classe^ Clinique (T accouchement. — I^a clinique d'accouchement comprend les femmes appartenant à la quatrième classe. On leur accordait jadis le secret quand elles le demandaient ; mais depuis 1854 elles doivent montrer un certificat de domicile.

Celles qui ont un certificat d'indigence (testinumium paupei'tatis) sont reçues gratuitement; les autres payent 52 kreuzer 1/2 par jour (2 fr. 24) ; jx)ur tontes, la réception et l'entretien de l'enfant aux Enfants-Trouvés a lieu sans rétribution ; mais la femme doit se prêter aux observations obstétricales, servir comme nourrice dans l'hospice des Enfants-Trouvés, mais pour un temps qui ne peut en aucun cas excéder quatre mois.

Depuis le 1" novembre 1861, l'établissement est entré dans l'administration de l'État (VanvoMung des Landes).

Malgré sa situation favorable au dehors de la ville et son isolement, la Maternité de Prague a toujours eu une mortalité assez élevée. Les épidémies y sont assez fréquentes, et si dans la statistique que nous avons produite, la mortalité n'arrive pas en moyenne à 4 pour 100, il ne faut pas oublier qu'un assez grand nombre des femmes affectées de fièvre puerpérale sont transportées à l'hôpital

général, ce qui diminue notablement le chiffre de la mortalité à la Maternité.

L'impression que m'a fait éprouver la section clinique d'accouchement, lors de la visite que j'y fis avec mon ami M. Liouville (juin 1864), fut des plus défavorables. Les salles sont en général trop remplies ; elles communiquent directement, ou par Tinterraédiaire de corridors, les unes avec les autres. Nous y avons trouvé un assez grand nombre de femmes malades ou mourantes de fièvre puerpérale au milieu d'accouchées non malades, et l'on me pardonnera de dire que je serai heureux le jour où j'apprendrai la démolition de l'établissement actuel et son remplacement par une construction nouvelle, où seront observées les règles de l'hygiène spéciale des Maternités, tant pour ce qui regarde le bâtiment, que pour ce qui concerne les précautions qu'on peut prendre plus ou moins partout, comme l'isolement des malades.

Détniire la Maternité actuelle de Prague nous paraît le seul moyen de l'améliorer, car on ne peut la détruire avant d'en avoir créé une nouvelle.

RUSSIE

SAtHT-FÉTBlISBOUllO

■•buMMMi-lMlItat — Iaattt«t dm ■-• la çr— <a-4«oln«n

Hélàa» Fawlowna

En 1797, l'impératrice Maria Federowna fit l'acquisition d'une maison api)artenant au comte Subow, et située dans la partie sud de la ville, vers l'embouchure du canal de la Fontanka.

Elle la disi)osa pour servir d'école de sages-femmes et de maison d'accouchement pour les femmes indigentes et celles d'employés

subalternes ; elle constitua pour l'entretien de la maison un capital considérable confié au cx)nseil des pupilles de Sainl-Pélersbourg.

Le docteur Mohrenheim, médecin de Sa Majesté, directeur de la division d'accouchements de la maison d'éducation (Enfant-Trouvés) fut chargé de la direction médicale et administrative du nouvel élablissement. Pendant plus de trente ans cetle nouvelle Maternité fut une dépendance ou une annexe de la maison impériale d'éducation ; ne recevant que peu d'accouchées, elle était surtout destinée à l'enseignement théorique de l'obstétrique; la division d'accouchements de la maison d'éducation par le grand nombre de ses lits sei*vanl surtout à l'enseignement pratique.

En 1829, lorsque la grande-duchesse Hélène Pavvlowna succéda à rimpéralrice, dans le rôle de protectrice de cet établissement, elle rendit indépendante les deux directions et confia celle du nouvel institut à son médecin particulier le docteur Ockel. De cette mesure date pour l'Institut une période de trente-quatre ans, pendant laquelle l'impulsion que lui donna une femme plus grande encore par le cœur et l'intelligence que par le rang, fut pour lui la cause d'un étal prospère* et qui prit sa source dans des améliorations incessamment cherchées et aussitôt exécutées que conçues.

Le nombre des accouchements qui n'avait été, de 1797 à 1828, que de 2,047, ou en moyenne annuelle de 64, fut, de 1829 à 1862, de 15,182, ou 400 environ par an. Pendant la première période, 512 sages-femmes y ont fait leur éducation, 975 y ont été instruites pendant la seconde.

En 1844, on adjoignit à l'établissement un service de gynécologie. En 1850, 50,000 roubles (environ 200,000 francs) furent affectés à l'agrandissement de la maison, qui de 25 lits put en renfermer 50, tout en effectuant la séparation des accouchées saines et malades.

En 1856, la grande-duchesse modifia l'organisation de l'établissement, le personnel fut augmenté de quatre médecins et d'une

sage-femme, attachés à Flnstilut, les uns d'une manière permanente, les autres temporairement.

Le i^ersonnel permanent se compose d'un directeur, d'un professeur, d'un répétiteur, d'une sage-femme en chef et de trois aides sages-femmes ; d'un économe, d'une gouvernante, d'une surveillante des élèves internes ^

Le personnel temporaire comprend quatre médecins assistants nommés pour trois ans.

Le directeur (D"^ Etlinger) a pour fonctions de diriger l'établissement sous le rapport médical et administratif. Le professeur fait le cours (en russe) et dirige la section d'accouchement. Le répétiteur est chargé de l'éducation des sages-femmes allemandes et dirige la section de gynécologie.

Les quatre assistants se partagent entre eux le service de la garde et de la consultation ; le plus ancien est chargé de la direction de l'infirmerie des accouchées malades.

Les élèves sages-femmes logées dans l'établissement sont annuellement au nombre de douze; elles doivent être âgées de 18 ans au moins et n'avoir pas plus de 26 ans, on leur donne gratuitement l'entretien et l'instruction. Elèves de la couronne, elles reçoivent à leur sortie, pour frais de première installation, une certaine somme d'argent et sont envoyées, par le ministre, dans les domaines de la couronne de diverses provinces où elles sont engagées pour un service de six ans.

En dehors de ces élèves de la couronne, on reçoit six ou huit pensionnaires [layant annuellement 100 roubles (400 francs) pour frais d'instruction et d'entretien. Si ces pensionnaires sont des paysannes cnvoyiMîs par le seigneur dans le but d'en faire une sage-femme pouvant soigner ses paysannes dans leurs accouchements, ces frais mut payés par le seigneur. L'abolition du senage a modifié cette jKirlic du règlement.

< KviffnwnuKH, Locc cilato.

Les élèves libres, externes, payent annuellement 30 roubles (120 francs). La durée du cours est de deux années; après l'examen les élèves reçoivent un diplôme.

Le traitement et Tenlretien des accouchées et des malades sont gratuits ; seulement, si une femme désire une chambre particulière, elle doit payer 60 kopecks par jour (2 fr. 40 c).

La dépense totale de la maison, y compris les gages des serviteurs et les appointements des médecins et des sages-femmes, est de 20,000 roubles (80,000 fr.) par an, dont 3,000 (12,000 fr.) sonl couverts par le payement des élèves et des malades payantes.

Le nouveau plan, présenté par le docteur Ellinger et réalisé en 1852, a non-seulement permis de porter de 25 à 50 le nombre des lits, il a aussi permis de combattre la contagion par l'application du système des chambres séparées, réalisé dans le nouveau bâtiment.

L'Institut des sages-femmes est, comme je Tai dit, situé sur le quai de la Fonlanka. Il se compose de deux bâtiments, l'un principal destiné aux femmes en couches, l'^iutre accessoire renfeimant la buanderie, les remises, les écuries'; il renferme aussi les logements de l'économe, des médecins, la salle de garde, la bibliothèque. Ce bâtiment, qui ne figure pas dansleplan ci-joint (pi. VU, fig. 1), est tout à fait distinct delà Maternité et en est séparé par une cour.

Le bâtiment principal est divisé en deux: Tancien et le nouveau; l'ancien a deux étages, le nouveau en a trois, en y comprenant le rez-de-chaussée. L^ancien bâtiment renferme au rez-de-chaussée l'appartement du docteur Etiinger médecin en chef et directeur de l'établissement; au premier étage, la salle de réception des malades arrivant, la chapelle et quatre salles de femmes en couches (deux plus grandes renfermant de 5 à 8 lits, deux plus petites n'en contenant que 3 à 4).

Le bâtiment ancien communique avec le nouveau par un escalier chauffé. Le rez-de-chaussée de la nouvelle construction est occupé

par les services généraux : chambre de réserve pour le linge sale et pour les habits des malades, chambre pour les laveuses, salle des provisions, réfectoire des gens de service, cuisine , boulangerie, chambre des infirmières chargées du soin des malades, etc.

Le premier étage renferme le logement de la sage-femme en chef, les chambres à coucher et le réfectoire des élèves, les logements de la surveillante, de la seconde sage-femme, de l'économe, etc.

Le second étage, que reproduit le plan ci-joint, est consacré aux accouchées. Il comprend une salle de bain, une petite cuisine ou office, la chambre où se fait l'accouchement et qui i^euferme deux lits, trois chambres, i>ouvant communiquer ou être isolées, destinées aux accouchées non malades ; enfin, dans Fangle du bâtiment, une grande chambre de six lits, destinée aux femmes enceintes, et formant une sorte de séparation entre la partie destinée aux l'emmes malades et la précédente. Les petites chambres sont consacrées aux accouchées malades, les deux salles aux femmes atteintes d'affection de Tutérnsel des voies génitales; les deux dernières sont réservées pour les accouchements secrets. Une |>orle sépare le bâtiment en deux parties distinctes.

J^ ventilation de l'édifice principal et de l'aile surajoutée est effectuée par des fenêtres à valves (Klap})en-Fenster), des i)oêlesavec foyers d'appel, et des cheminées à foyers ouverts. Le chauffage se fait surtout par les poêles (Zug-Ofen) placés dans les salles et dans les corridors, la ventilation par les cheminées.

Les chambres non occupées restent ouvertes, quelle que soit la saison, et Ton y fajt des fumigations de chlore, de vinaigre et de sureau. J'ai parlé plus haut [voir Prophylaxie) des moyens hygiéniques employés pour les objets mobiliers et des précautions prises |)our em\}èchev la contagion par les malades et les médecins.

« Quand ces précautions venaient à être négligées, la fièvre puerw pérale, dit M. Hugenberger, ne tardait pas à se manifester, de fi sorte qu'une fièvre puerpérale, dévelopi^ée à la suite d'un accou- « cliement ])athologique, en déterminait d'autres par transmission.

« Quand les iiifraclions aux lois de la propreté amenaient une épice demie, elle ne cessait qu'à Tarrivée d'une saison chaude, alors a que la venlilalion pouvait ôlre faite d'une manière plus complète, « ou seulement par la fermeture momentanée de la maison, comme c< en 1846, 1848 et 1859. Aussi la prophylaxie consiste dans la (c ventilation, la propreté et l'ordre. »

De 1845 à 1859, l'établissement a reçu 8,519 femmes enceintes, 597 femmes atteintes d'affections gynécologiques, et 5,911 malades diverses. 8,036 ont accouché, 20 sont mortes avant l'accouchement, 262 ont quitté la maison avant d'être accouchées.

Sur les 8,036 accouchements, 7,852 étaient dus à des grossesses simples, 181 à des grossesses gémellaires; trois fois, il y eut trois enfants à la fois. 7,598 accouchements eurent lieu à terme, 428 avant terme, 478 réclamèrent des opérations.

■ateralté émm Bnftuits-TroaTés.

Ce que je viens de dire de l'Institut des sages-femmes me dispense de détails sur la Maternité annexée à l'établissement impérial d'éducalion des Enfants-Trouvés. Celui-ci est également destiné à l'éducation des sages-femmes ; mais il est loin de pouvoir nous seiTir de modèle. Les salles communiquent les unes avec les autres; la plupart des précautions prises contre la contagion, dans l'Institut de la grande-duchesse, y sont négligées; mais ce qui nous engage surtout à ne pas entrer dans une description inutile de cet établissement, c'est qu'il va bientôt être supprimé, et que peut-être il l'est déjà à l'heure qu'il est. Un nouveau bâtiment, situé près de l'hôpital Marie, et dont je donne le plan, a été conslruit récemment ix)ur le remplacer.

Cllaiq«e ebiMétridda ém VàgmàénA:

Celte clinique est une section des hôpitaux que renferme l'Académie médico-chirurgicale, située sur les bords de la Neva; elle n'est ouverte que pendant la période scolaire, c'esl-à-dirc pendant Fhiver et ne renferme que 14 lits. 576 accouchements seulement y ont eu lieu de 1854 à 1859, avec une mortalité moyenne considérable, 9 pour 100 (34 moris). 11 est vrai que la plupart des accouchements sont pathologiques. Je citerai plus loin quelques |>articularités appartenant à cette clinique, quant à ce qui concerne la manière assez ingénieuse dont se fait la démonstration pratiipie du travail de Taccouchemenl et des manœuvres obstétria\les.

llovTttlla Katandté.

Les mauvaises conditions dans lesquelles se trouvait placée la Maternité, dépendant de la maison des Enfants-Trouvés de Saint- IVHorsbourg, a déterminé le gouvernement à construire un nouvel élabliswunenl. Lorsque nous Favons visité, au mois d'avril 1864, il était A peu près complètement terminé, mais non encore habité.

La nouvelle Maternité est située dans la Nadejdinskaïa, large rue, alMMitinsaut à la poi^peclive Newski et aux environs des jardins (pli dép(»ndenl du grand hôpiliil Marie. Le bâtiment principal, parullèhs i\ la rue, eu est séparé jiar une grille et une petite avantcour IrèH-étroile. Deux ailes surajoutées, faisant retour en arrière, ruuHlituruI \\\w cour incomplètement fermée par une construction

panilhMr au hAliuuMit principal, destinée (je crois) à seiTir d'hôpital

vW.

A «h'uilo de rédilicus se trouve une entrée particulière, condui- Nanl \\\\\\^ tiiK* P**lil^* ^'^^^^^^ latérale, dans laquelle se trouve l'am-

phithéàtre d'aulopsie, qui^ pour le dire en passant, laisse fort à désirer quant aux dimensions et à la clarté.

Le plan, reproduit pi. 8, fig. 1, me dispense d'une description toujours fort difficile à rendre intelligible, et je me bornerai à parler de la destination affectée aux deux étages principaux, en faisant part des observations que m'a suggérées la visite attentive et trois fois répétée du nouvel établissement.

On s'habitue si vite, en Russie, au grandiose des établissements publics, on s'habitue surtout si facilement à voir de grands espaces affectés aux jardins et aux cours des hôpitaux civils ou militaires, cpi'on est impressionné d'une manière fâcheuse en trouvant si resserrées les unes sur les autres les constmctions qui constituent la nouvelle Maternité, et je n'ai pu m'empêcher d'en faire la remarque. Il n'est pas besoin, me répondit-on, de jardins pour un hôpital (le femmes en couches, puisque aussitôt qu'elles peuvent se lever, elles quittent la Maternité. Cela est vrai ; mais qui dit jardin, dit en même temps isolement et aération ; aussi je continue à regretter qu'il n'y ait \ms plus d'espace vide autour des bâtiments nouveaux, cela eût permis déjà d'éloigner l'amphithéâtre et les dépendances.

Si je passe maintenant à l'examen des étages occupés par les accouchées, j'aurai à faire des objections plus graves. Le deuxième étage au-dessus du rez-de-chaussée est, comme le troisième, destiné aux femmes en couches. On y arrive par un large escalier placé au centre du bâtiment; sur les côtés se trouvent la lingerie et l'appartement de la surveillante du linge; en face, la salle des conférences et les chambres pour le médecin et la sage-femme de service.

A droite et à gauche règne un lai^e corridor prenant jour sur la cour intérieure, et sur lequel s'ouvrent les salles. A une des extrémités du bâtiment de façade se trouvent deux chambres pour Tac^ couchement, une salle pour quati^ femmes enceintes; puis sept chambres à quatre lits pour femmes en couches (non mariées).

Cette disposition, qui peut-être n'aura pas été conservée, ce que

j'ignore, ne me i)araîl pas sans reproches. 11 esl indispensable d'empêelier, autant que possible, que les cris des feminçs accouchant ne viennent troubler le sommeil des accouchées. Or, les deux salles |X)ur l'accouchement s'ouvrant directement sur le comdor commui>, les cris doivent s'entendre dans toute la partie correspondante toutes les fois qu'on ouvre les portes de ces salles. De plus, les quatre femmes enceintes couchées dans la chambre voisine ont d'autant phis sujet (l'être troublées par ces cris qu'ils leur annoncent les douleurs qu'elles auront bientôt à subir.

Ces inconvénients eussent pu être évités en partie en affectant à l'accouchement la salle affectée aux conférences, à la condition de supprimer la porte donnant directement sur le corridor, et en la reportant dans celui qui donne accès à la chambre de la sage-femme ou à celle du médecin de service.

Dans les ailes latérales se trouvent, de chaque côté, quatre chambres à un seul lit, pour accouchements secrets ; une chambre d'inlirmières; un oflice ou petite cuisine; deux chambres à quatre hts jK)ur accouchées mariées ; une salle de bain. Eniin, dans l'aile dmite, une chambre pour accouchée gravement malade.

Ici; les objections deviennent plus sérieuses ; car, à côté de trèsbonnes dispositions, il en est d'autres que je trouve tout à faitmauvaises. Chaque accouchée secrète occupe une petite chambre particulière, bien séparée du reste de l'hôpital, ce qui est excellent; mais cet isolement excej)lionuel n'a vraisemblablement pas été fait dans un but d'hygiène spéciale : entre cette section et celle des femmes mariées se place une chambre destinée à une accouchée gravement malade, c'est-à-dire presque toujours à une femme atteinte de fièvre puer|H5rale, et ce que j'ai dit dans la première }>artie de ce travail iuc\nu\}lv de faire ressortir les graves inconvénients d'un i)areil voirai nage.

b*s salles craccouchées renferment quatre lits; c'est, à mou avis,

di;ux, ou au moins un de trop, car cela multiplie d'autiuit les chances ilr nropagalion de la lièvre puerpérale. Le bâtiment placé au fond

de la cour servira, me dit-on, d'hôpital d'été; il est fâcheux qu'il ne serve pas plutôt d'infirmerie spéciale pour les femmes atteintes de fièvre puerpérale.

Mais ce que je reproche par-dessus tout à la nouvelle Maternité, c'est son mode de chauffage et de ventilation. La méthode de chauffage employée est celle par Tair chaud, et je dois dire tout d'abord que de très-grandes améliorations y ont été apportées par M. Dei'schau, l'habile ingénieur chargé de réaliser cette partie du programme. Le chauffage par Taîr a deux inconvénients qu'il faut, avant tout, faire disparaître : la surchauffe de l'air, sa dessiccation.

Dans beaucoup d'appareils, l'air froid se chauffe au contact de cylindres de fer fortement chauffés ; la lame d'air qui louche les parois intérieures du cylindre, comme à Beaujon, où la surface extérieure du poêle, comme dans les salles de M. Braûn, à Vienne, se chauffe à 100 degrés, et quelquefois bien au delà, et cet air prend une odeur particulière qui témoigne de son altération. En faisant traverser à Tair froid un fourneau épais de briques réfi'actaires, M. Derschau s'est assuré que le maximumi de chauffe ne dépasserait pas 40 ou 50 degrés.

L'hydratation de l'air desséché par le chauffage sera, m'a-t-il été dit également, en examinant les appareils non encore en activité, opéré par un filet d'eau pulvérisée à l'intérieur du tuyau où circule l'air chauffé.

Je l'ai répété bien des fois déjà (et, dans mon rapport généi^al sui' les hôpitaux, je pourrai entrer, à cet ^ard, dans les développements que comporte cette im|X)rlante question), le chauffage par l'air chaud est en même temps la ventilation par Tair chaud, et il faut au malade de l'air frais et pur pour la respiration, du calorique rayonnant pour réchauffer la surface extérieure du corps. Une cheminée à foyer ouvert chauffe par le calorique qui en rayonne directement, et une personne assise devant une cheminée où brûle à découvert du bois ou du charbon peut recevoir sur la surface extérieure de son corps des rayons de 30, 40 degrés de chaleur, sans que la tem|>éralure de

la couche d'air au milieu duquel elle est plougéc, et qu'elle i^espire, dépasse une teDi|)érature de 15 degrés, tandis que dans le chauffage par Fair chaud, l'air qui arrive aux poumons est à la même tempe* rature que celui dans lequel le corps se trouve placé.

Le chauffage par l'air chaud, passible toujours de reproches, me |)araît, malgré les raisons d'économie, devoir être absolument banni des hôpitaux. En vain objectera-t-on, spécialement pour la Russie, qu'on ne |)eut laisser entrer directement de l'air dont la température peut l'hiver être abaissée jusqu'à — 20*"; entre réchauffement préalable, jusqu'à 4- 6*" ou 8% de l'air extérieur ultérieurement échauffé par les poêles ou les cheminées de la salle, et réchauffement complet et artificiel de tout l'air inli-oduit, il y a pour le médecin et l'hygiéniste un abîme que la science de l'ingénieur ne saurait combler.

Je regrette d'autant plus de voir des systèmes malheureusement employés en France (sans avis préalable des médecins et des chirurgiens des hôpitaux, et qu'on emploiera peut-être encore, quoique la Société de chirurgie les ait fonnellement proscrits), s'introduire en Russie, c'est-à-dire dans un pays dans les hôpitaux duquel nous avions trouve, avec un véritable bonheur, un mode de chauffage aussi simple qu'excellent : la réunion dans les mêmes salles des jx)êles en briques ou en faïence et de cheminées ouvertes ; les poêles élevant à un degré suffisant la température de la chambre ; la cheminée renouvelant incessamment l'air, et offmnt au malade débile, affaibli, fébr ici tant, les douces influences d'un bon feu.

Ainsi que j'aurai plus lard l'occasion de le dire et de le montrer, les hôpitaux russes, pris dans leur ensemble, sont les mieux tenus 4*t les plus satisfaisants de tous les hôpitaux de l'Europe. Le désir de mieux faire a fait adopter pour la nouvelle Maternité des dispositions i;mpruutées à la Belgique et à la France, et je suis si convaincu de leur nocuité, que j'ai cru et que je crois encore pouvoir annoncer, avi'i; l'espoir d'être démenti par les faits, que la nonvelle Maternité îw. mTd |ias longtemps inaugurée sans qu'on y voie apparaiti^e d'une ini;m inquiétante la (ièvre puerpérale.

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