BAVIÈRE
■UHICH
La nouvelle Maternité de Munich a été élevée en 1853 sur remplacement occupé par l'ancien établissement. Elle a, outre l'avantage du voisinage de rhôpital et des cliniques de TUniversilé, celui d'élre placée sur un terrain sec ; libre de tous les côtés, elle est entourée de jardins, protégée des venls du nord par les édifices voisins. Sa façade est séparée du boulevard sur lequel est situé rétablissement par un petit jardin.
Le bâtiment se compose d'un rez-de-chaussée élevé sur caves, d^un entre-sol et de deux étages occupés parles femmes en couches.
De forme carrée et ne foiinant à l'extérieur qu'une seule masse, la Maternité se divise intérieurement en une partie centrale et deux latérales, qui, en cas d'apparition d'une épidémie ou de faits isolés de fièvre puerpérale, peuvent être complètement isolées Tune de l'autre au moyen de portes vitrées.
Les deux parties latérales se ressemblent, sous le rapport du nombre et de la dis|)osition des chambres, de sorte que la maison entière présente pour ainsi dire deux édifices séparés réunis par leur partie moyenne. (Voir pi. V, fig- 1.)
Pour rendre possible, en cas de besoin et sans gêner le service, la séparation des deiix moitiés de rétablissement, chaque partie latérale a une entrée particulière, un escalier séparé ; et comme cela existe également pour la partie moyenne, il en résulte que le bâtiment a trois portes d'entrée.
Le rez-de-chaussée renferme le cabinet du directeur, les appartements de l'économe et de son employé, la cuisine, le magasiu au
DES MATERNITÉS. i93
bois, les bains, les chambres pour provisions, la loge du portier.
A l'enlre-sol sont : la salle des cours, Pappartement du premiei* et du second assistant, le musée, la chambre de garde du pratiquant, Tapparteraent de la sage-femme et les salles pour les pen*^ sionnaires de la pi*emière classe.
Le premier étage est occupé par le réfectoire, le dortoir, Pinfirmerie et la chambre de travail des femmes enceintes, Pinfirraerie des enfants, la chambre de la sage-femme.
Le second étage (clinique d^accouchements) comprend la chambre des accouchements, une chambre pour accouchées malades, la salle de la sage-femme, la chambre de réunion des convalescentes, huit salles pour accouchées, la chapelle, etc.
Les salles des femmes enceintes ou accouchées forme un carré long, ayant, vers Pentrée, une sorte d^excavation, dans laquelle se trouve le poêle de chauffage. La largeur de ces salles est de 21 pieds (6'",09), sa longueur de 40 (H",60), sa hauteur de 15 (4",35); elle donne, par conséquent, un cubage total de 10,500 pieds pour six lits, ou 1,750 pieds (51",21) par lit.'
Les lits sont placés le long des cloisons de séparation des salles, de manière qu'aucun courant d'air ni des fenêtres ni des portes n'arrive sur la malade. Chaque salle pourrait, au besoin, renfermer dix lits, et comme il y a, outre les deux chambres pour Paccouchement, dix-huit salles pour femmes enceintes ou accouchées, il en résulte qu'on pourrait placer dans l'établissement 180 lits, tout en conservant plusieurs petites chambres pour les femmes qu'on voudrait isoler.
Parmi le^ particularités que nous présente la Maternité de Munich, nous pouvons citer la salle de désinfection, dans laquelle Pair est fortement chauffé à l'aide d'un poêle particulier. Lorsqu'on en fait usage, on y place les objets à désinfecter, on ferme hermétiquement la porte; mais, pour qu'on puisse surveiller l'intérieur, une fenêtre est enchâssée dans la porte, et un thermomètre permet de constater l'élévation de la température, et de la régler de
iU DES MATERNITÉS.
manière à ne pas détériorer les objets ou les ustensiles passés ainsi à rétuve.
Le parquet des salles, comme celui de presque tous les établissements hospitaliers de l'Allemagne, esl enduit d'une composition, dont rhuile fait la base, et dont la propriété esl d'empêcher Timbibition du bois, et de le préserver de l'humidité.
La Maternité de Munich reçoit deux classes d'accouchées : V les malades payantes et celles qui veulent garder le secret ; 2** les malades pauvres, reçues gratuitement.
La division payante n'a aucun rapport avec la clinique obstétricale; le médecin qui la dirige est nommé par le magistrat de la ville.
Le professeur d'accouchements, chargé de la direction de la clinique, est nommé par le gouvernement ; il en est de même de celui qui dirige l'Ecole des sages-femmes.
L'établissement sert alternativement à l'éducation spéciale des étudiants et des sages-femmes. Aux premiers, pendant huit mois, de décembre en juillet; aux sages-femmes, pendant quatre mois, d'août en novembre ; de telle façon que les étudiants ne séjournent pas dans l'établissement en même temps que les élèves sagesfemmes \
La maison d'accouchements est la propriété de la ville de Munich, qui en dirige Tadministration ; la direction immédiate est confiée au professeur de la clinique obstétricale.
L'administrateur {yenmlier) doit surveiller tous les services, et, au besoin, représenter le magistrat. Un conseil surveille plus spécialement les déj^nses et le service de l'économat; il tient souvent ses séances dans l'établissement.
Dans beaucoup d'hôpitaux d'Allemagne, la cuisine est affermée, tantôt en payant au fermier chaque article, chaque mets en particulier, tantôt en payant par jour et par tête pour la nourriture des
< UiU diftpotiiion te retrouve dans plusieurs Maternités d* Allemagne, spécialement \ Wun-
malades. C'est cette dernière rnélhode qui est employée à Munich. La cuisine de la maison d'accouchemcnl est affermée à l'adrainislrateur {Verwalter)j moyennant 14 kreuzer (54 cent.) par jour et par tête. En 1855, il a reçu 3,868 florins, 54 kreuzer (8,356 francs). Sans expérience suffisante, nous ne saurions approuver ou blâmer celle manière de faire, qui nous paraît a priœ'i préjudiciable au bien-être des malades.
Le professeur donne renseignement; il est aidé par le répétiteur de PEcole des sages-femmes et par les sages-femmes de la maison. Chaque élève sage-femme doit au moins avoir fait vingt-quatre accouchements, avoir examiné et soigné un plus grand nombre de femmes enceintes, ordinairement plus de quarante.
Trois sages-femmes demeurent dans rétablissement, et reçoivent des honoraires : une sage-femme en chef et deux aides-sagesfemmes.
La sage-femme en chef, outre ses fonctions médicales, est chargée de la surveillance de tout ce qui concerne le service : ordre, propreté, linge, etc. Elle est aidée par ses aides-sages-femmes, une infirmière (Anshûlfs-Hebammé) , et des élèves externes {Hospitantinnen) de l'École des sages-femmes, en nombre indéterminé, et faisant gratuitement le service.
La sage-femme en chef reçoit 12 florins (25 fr. 90 cent.) paf mois; chaque aide- sage-femme, 6 florins (12 fr. 95 cent.); et rinfîrmière, 5 florins (10 fr. 80 cent.), plus 25 kreuzer (90 cent.) par jour pour sa nourriture, une portion de bière, le logement, le chauffage et Féclairage.
Les élèves externes sont logées leurs jours de garde. Si elles le méritent par leur conduite, leur zèle et leur instruction, le magistrat peut les nommer sages-femmes dans les arrondissements qui en sont dépouiTus. Par cet arrangement, dit M. Anselme Martin, ancien directeur de la Maternité, l'établissement a gratuitement des aides, et la ville de Munich des sages-femmes expérimentées.
J'ai cru utile de citer, à titre de pièce justificative, les chapitres
les plus imporlanls du règlement de la Maternité de Munich; il peut seiTir, comme spécimen, à se rendre compte des détails de l'organisation des Maternités allemandes.
■atonUë de ■uloli.
La Maternité est sous la direction immédiate du professeur de clinique obstétricale de TÉcole des sages-lemmes, délégué et représentant de Tadministration municipale, à laquelle appartient rétablissement.
Deux médecins en chef s'occupent de l'enseignement et des soins à donner aux malades ; l'un de ces médecins est le directeur de la Maternité.
Deux médecins assistants sont les aides et les suppléants des médecins en chef; ils reçoivent des appointements, et sont logés dans l'établissement.
Une maîtresse sage-femme, ou sage-femme en chef, a la surintendance des subalternes.
Un employé (Yeiwaltei*) s'occupe des détails matériels et financiers.
DjRECTEun*. — Le directeur de la maison d'accouchement doit surveiller Taccomplissement des ordres de l'autorité supérieure, et diriger l'établissement. 11 est responsable devant le gouvernement de la haute ltoviôi*e ; et, i)our ce qui regarde plus spécialement les onlivs entraînant une dépense de fonds, il est responsable devant le magistrat. Gomme il n'est chaîné ni de l'administration, ni du détail des dépenses, ni d'affaires administratives, le budget et la direction matérielle sont sous la sur\'eiliance du magistrat.
H reçoit comme président de l'École des sages-femmes 700 floriuH; mais il no reçoit rien comme directeur de l'établissement cruccouchcment, cette seconde fonction étant une conséquence de la
< (igNir* und Findelhtius in MUncken, ihre Ge$chichte und Erfahrungen, ton D. A. Martin.
IHSTRUCTIOnS PODR LE DIRECTEUR.
1 . Il a la direction supérieure, \eille à rexécution des ordres du gouvernement^ du magistrat ou du comité de suneillance et de ses propres ordres.
2. Il doit se tenir au courant de tout ce qui se passe dans rétablissement, où rien ne doit être changé à son insu.
3. Il est responsable devant le gouvernement (ministère de l'intérieur) de la direction générale, et devant le magistrat des dépenses faites par ses ordres personnels.
A. Tout le personnel de la maison lui est subordonné.
5. L'économe doit se conformer aux ordres du directeur; s'il les croit incompatibles avec les règlements ou préjudiciables à rétablissement, il s'adresse au magistrat pour en recevoir les instructions nécessaires.
Droits et devoirs spéciaux, — /. Admission et renvoi des malades,
6. Il a seul le droit d'ordonner l'admission des femmes enceintes ou accouchées. Il a le devoir de surveiller leur sortie.