‹ Des MaternitésChapitre 27 sur 106 · I.KIPZIG · texte numérisé non relu

I.KIPZIG

Pol ycl i ni( ] ue , 1 S iO-t 8.')9 .

Maternité, 1800 1801. .

DnESDE.. . . .

Miilernili', 1811-1801. .

ViF.NXF.

2<- Cliniiiiic, 1802. . . .

St-Phteusboiüiü

llebammcn-Inflitul,

1,1 IPZIG

Maternité, 1830-18,09. .

ViF.xxr... . .

U' Clinique, 1802.. . .

Pmii?

Maternité, 1850-1 800. .

Ce relevé montre le peu trinfliience (|ii’e.\erce sur le eliilïre total de la mortalité le nombre des acconcliemenls où riiiterventioii active a paru nécessaire. 11 montre d’une manière incontestalile que malgré le péril réel ([ue fait courir à raccoucbée la nécessité d’une opération, malgré l’aggravation de la statistique des établissements où les cas anormaux se présentent le plus souvent, cette influence disparaît devant celle de la fièvre \mer\wrd\e communûiuée de telle sorte que toute relation s’efface et dis[)araît entre la mortalité totale des élablissements ou institutions charitables où les accouchements difficiles sont fréquents et celle des institutions où les opérations sont rares.

La Maternité de Paris, est celle où les opérations ont été le plus rares (1 sur 38); elle est ce])enda'nt la plus meurtrière (1 morte sur 14 accouchées) ; tandis que la Maternité de Munich, où les opérations ont été relativement beaucoup [)lus nombreuses (1 sur 12), a une moi talité beaucoup moins élevée (1 morte sur 73 accouchées).

En tète de la liste, dressée suivant le chiffre de la mortalité, nous trouvons les services à domicile dépendant de Guy’s Hospital et de la Polyclinique de Leipzig; Guy’s est celui où l’intervention a été la plus rare, 1 sur 84 ; Leipzig, celui où elle a été la jilus fi'é- ({uentc, 1 sur 4, et cependant ce sont ceux où il y a eu la mortalité générale la moins élevée; c’est que tous deux sont des services d’assistance à domicile, et la cause la plus fréquente de maladies puerpérales, la contagion, n’existait pas pour eux, ou du moins elle n’existait que dans la mesure la plus restreinte. La Maternité de Paris est, après le service de Guy’s, l’institution où rintervention chirurgicale a été le moins fréquente, sa mortalité dépasse d’une manière fâcheuse celle de tous les autres établissements; c’est que tout semble, à Paris, favoriser la libre contagion.

Cette différence en faveur des accouchements à domicile se juge mieux encore si nous les comparons pour une même ville avec les résultats tournis par son hô])ital d’accouchement.

liKS MATF.RMTKS

A Paris.

/CCOL'CHEMENTS.

DF.CÈîj.

Hôpitaux

1169 ou

décès

sur

12 accoucliement-

Bureaux de Ideiifaisance. . .

A Saint-Pétersbourg.

Maternité des EnfantsTrouvés.

IGOll

825 ou

décès

sur

19 accoucliemenls

En ville

A Londres.

General lying-in Hospital. . .

172 ou

décès

sur

54 accouchement'

Royal Maternity Cliarity. . . .

Guv’s Hospital

Saint-Tlionias’s Hospital. . .

A Leipzig.

Maternité

20 ou

décès

sur

50 accoucliemenl.'î.

Polyclinifiue

A Munich.

Maternité

86 ou

décès

sur

47 accouclicnients.

Polyclinique

Résumaiil les considéra lions dans lesquelles nous avons du entrer, nous dirons :

La slalislique des Maternités est aggravée par la situation morale et physique des femmes qui y sont reçues, j»ar la fréquence j)liis grande d’accouchements laborieux et d’opérations obstétricales: mais elle est en général (et dans l’exception nous devons comprendre la Maternité et la Clinique d’accouchements de Paris) allégée d’im certain nombre de décès qui , j)ortant sur des femmes transférées dans d’autres services de médecine ne figurent pas an bilan de raccouebement.

La statistique des accouebements à domicile est mitigée éga-

UES MATERMTES.

leineiîl par un cerlaiii nombre de circoiislances : évacualion sur l’hôjtital dans les cas d’accouchemeul difficile ou de maladies pofit partum; omission d’un certain nombre de décès survenus plus ou moins longtemps après la période puerpérale et mis au compte, non de raccouchement, mais de la maladie intercurrente.

Toutefois, malgré les causes d’erreur qu’elles renferment dans leur évaluation numérique, les statistiques que j’ai réunies et citées plus liant portent sur un chiffre assez considérable pour qu’elles puissent être considérées comme suffisamment exactes dans l’espèce. Or, elles mettent en pleine lumière un fait aujourd’liui incontestable : la mortalité des femmes accouchées dans les Maternités et dans les hôpitaux est hors de toute proportion avec celle qui atteint les femmes accouchées dans leurs demeures; cette différence beaucoup plus considérable (jiie ne le comporte l’influence nosocomiale ordinaire, ne dépend ni de l’état social des accouchées, ni des conditions morales au milieu desquelles se fait l’accoucbcment. Elle peut être plus ou moins considéraltle suivant l’insalubrité de tel ou tel hôpital, suivant les précautions hygiéniques d’aération, de propreté des salles, d’isolement des accouchées malades, mais elle est partout, en Europe, heaiicoiq» plus élevée à i’hôpital qu’en ville; partout, en Angleterre comme en France, en Russie comme en Allemagne, nous trouvons pour rhôpital et la Maternité une mortalité moyenne de 1 sur 50, atteignant quelquefois, comme à Vienne, en décembre 1841, le chiffre de 1 décès sur 5, à Pétersbourg, dans la Clinique, celui de 1 sur 11; à Londres, en 1858, dans le General Lying-in Hospital celui de 1 sur 4. Ce n’est donc point tel ou tel établissement que nous devons incriminer ; mais en s’élargissant, la (juestion devient plus difficile à résoudre ; en se généralisant le problème s’élève. C’est du système tout entier des Maternités dont il me faut examiner la valeur, en recherchant les causes de la mortalité qui, dans toute l’Europe, pèse si lourdement sur tous les établissements destinés spécialement à raccouchement.

C’est la fièvre puerpérale qui est la jnâncipale cause des décès

survenant après raccondieinenl ; c’est de cette maladie seule dont je dois me j)rcoccnper pour recliercher les circonstances favorables ou défavorables à son développement.

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