CLINIQUE
Février. . . .
Juillet
Mars
Octobre . . .
Octobre
Janvier. . . .
Septembre. . .
Février. . . .
Juin
Août
Juillet ....
Octobre. . . .
Avril
Décembre. . .
La marche des é})idémies, dans les deux hôpitaux, est intéressaute à suivre (wzr pl. III). Jusc|u’au mois d’avril 1861, la mortalité de la Maternité dépasse celle de la Clinicpie ; mais, à partir du mois déniai, la inorlalités’élèvedaiis ce dernier établissement ; cllealtcinl 15,8 pour 100 en septembre 1861, s’abaisse brusquement en octobre, et remonte en novembre à 15 pour 100. L’étal sanitaire devient encore plus mauvais en janvier et février 1802, il suc-
’ La niorlalitc nioiisuollc ne répond pas d'une manière absolue à la niorbilité. Telle femme devenue malade le 28 janvier et mourant le 2 février, charge la mortalité de février et diminue celle du mois de janvier; mais cette légèi’e cause d’erreur peut être négligée, car d’une part la durée inojcnne d’une fièvre puerpérale mortelle n’est que de quatre à cinq jours, et d’autre part la compensation s’établit entre le cominencerncnt et la fin du mois.
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PARIS
Mortaiiié comparéi
combe, pétulant ces deux mois, 16 et 17 pour 100 des femmes accouchées, puis en mars, avril et mai, les choses reviennent peu à peu à l’état normal; en juin, tandis que la Maternité de Port- Royal est le siège d’une épidémie de fièvre puerpérale qui enlève
14.4 pour 100 des accouchées, la Clinique voit sa mortalité descendre à 2,9 pour 100. Tout à coup la fièvre puerpérale y éclate, s’étend à un grand nombre de femmes, et, dans le mois de juillet, 15 accouchées sur 65 succombent, donnant une mortalité de 20 pour 100. Pendant ce temps, la Maternité, ordinairement si meurtrière, présente une mortalité exceptionnellement faible (pour elle du moins) de 5,5; 5,5 et 2,2 pour 100.
Mais à partir du mois de novembre 1862, tout rapport cesse d’exister dans la mortalité des deux établissements ; tandis que la moyenne des décès, pour 1865 et 1864 réunis, est, pour la Clinique, de 4,5 pour 100 accouchées; elle est, pour la Maternité, de
16.5 pour 100, et elle y atteint, en janvier, 25 pour 100 ; en février, 52 pour 100; en octobre, 26 pour 100, et, enfin, en décembre, 58 pour 100, chiffre sans précédent; aussi, après que sur 54 accouchements effectués pendant ce dernier mois, il y eut eu 20 décès, on se décida enfin à fermer l’établissement.
Une seule fois, en mars 1861, il y eut une coïncidence dans l’existence d’une épidémie à la Clinique et à la Maternité. Ce fait est tellement exceptionnel que je me suis rendu à la maison d’accouchement de la rue de Port-Royal, pour savoir quels étaient à cette époque les médecins ou l’interne chargés du service de cette maison, car ils auraient pu être les agents de transmission de l’épidénaie de l’un à l’autre des deux établissements, mais je dois avouer que s’il existe à cet égard des probabilités, je n’ai pu acquérir de certitude pour la négative ou l’affirmative.
Vienne. — La non-coïncidence des épidémies entre deux établissements voisins est bien plus remarquable encore quant h ce qui concerne les deux Maternités de Vienne.
Les deux cliniques d’accouchements de Vienne, celle des élèves
en médecine et celle des sages-femmes sont placées dans le même hôpital (Allgemein Krankenhans), et comme il est facile de le voir (PI. Yl, hg. 2) dans deux cours contiguës, dans deux batiments faisant partie des mêmes constructions. Si la fièvre puerpérale est une maladie épidémique dont le dévelo[)pement soit du à ces inniieiices atmosphériques occultes, à ces miasmes créés de tontes pièces et voyageant avec les vents, elle devra régner simultanément dans les deux services d’accouchements, y faire un nombre de victimes variable sans doute; mais il paraît impossible que la mortalité descende en même temps dans l’un au-dessous de la moyenne, tandis qu’elle arrive dans l’autre à un chiffre élevé. Le tableau suivant démontre cependant, d’une manière évidente, celte absence de coïncidence dans l’étal sanitaire, la non-coïncidence des épidémies.
MORT.VLIÏÉ POUR lOO
1" CLI.MQIE
2' CI.IMQUE
Juillet. . . .
Juin
Odoln’c. . .
Décembre. .
Mors
Novembre. .
Octobre. . .
Moi
Avril
Septembre, .
Décembre. .
On ne saurait invoquer, pour expliquer ces différences, l’étal fâcheux de l’uhe des cliniques, puisque c’est tantôt l’une, tantôt l’antre qui est le théâtre de l’é})idémie.
Dans un tableau ci-joint (PI. IV), j’ai, à l’exemple de M. Spath, représenté par un tracé graphique la courbe de la mortalité dans les deux cliniques en prenant pour exemple les années 1840, 1841, 1842, 1845, 1844, 1845 et 1846.
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Eu mai 1840, l’état sauilaire des deux cliniques était assez satisfaisant, car la mortalité y était descendue à 1,1 et 1,2 pour 100; elle diminua encore les deux mois suivants dans la seconde clinique (0,6) et son maximum, qu’elle atteignit en octobre, fut de 5,8 pour 100. Pendant ce temps la mortalité s’éleva graduellement dans la preinière clinique ; elle atteignit successivement les chiffres de 10; 14; 19; 21 pour 100 en août, septembre, novembre, décembre; elle était montée, en octobre, à 29 pour 100, et en six mois, sur 1593 femmes, il en mourut 250; tandis que dans la seconde clinique, celle des sages-femmes, sur 1064 accouchées, il en était mort 45, c’est-à-dire que la seconde clinique avait conservé sa mortalité moyenne de 4 pour 100, tandis qu’elle s’était élevée dans la première à 17 pour 100.
En janvier et février 1841, l’épidémie entra en décroissance, l’état sanitaire redevint assez satisfaisant en mars, avril et mai, et, sauf une légère aggravation en juin dans les deux cliniques, cet état se continua assez bon jusqu’en octobre. Mais, à pai tir de cette époque, une grave épidémie envahit la première clinique, et la mortalité s’y éleva en novembre et décembre 1841, janvier et février 1842 à 22; 19 ; 20 et 12 pour 100, tandis que la seconde clinique, placée dans les mêmes constructions, mais sans connnunicalion de personnel avec la première, n’avait qu’une mortalité de 5; 5 ; 2 et 4 pour 100. Bientôt cependant la seconde clinique voit cesser son immunité relative, sa mortalité s’élève et reste élevée toute l’année (5; 12; 7 pour 100) ; mais celle de la première clinique s’élève bien davantage : une effroyable épidémie y fait périr en 8 mois 432 accouchées, et la mortalité y atteint, en décembre 1842, 31 pour 100, tandis (pi’elle n’est dans l’autre clinique que de 2 pour 100.
A partir de ce moment le jiombre des décès diminue dans la première clinique d’une manière constante, et en juillet la mortalité tombe à 0,5 pour 100. Elle suit une marche absolument inverse dans la seconde clinique, et du mois de décembre 1842 au mois d'avril 1848, elle monte graduellement et arrive à 20 pour 100.
PeiidanUoutes les années suivantes, la inortnlité de la première clini(|iie reste toujours pins élevée que celle de la seconde; cette différence se prononce surtout en octobie 1845; elle se continue pendant treize mois jusqu’en novembre 1846.
Pendant que 545 femmes sur 5881 accouchées succombent dans la première clinique, donnant une mortalité moyenne de 15,9 pour 100, la seconde clinique perd 104 accouchées sur 5752 ou 2,7 pour 100.
Les mômes divergences se sont montrées dans les années 1854, 1855, 1856, 1857 et 1858. En février 1854, la première clinique a 10 pour 100 de mortalité; la deuxième, 1,7 pour 100 seulement. En se}ttembi'e, le rapport se renverse, tandis (pie la première garde sa moyenne (5 pour 100), la seconde perd 15 pour 100 des accouchées. En décembre, nouveau changement, la mortalité s’élève à 7 })our 100 dans la première, mais elle s’élève dans la seconde au chiffre élevé de 18 pour 100.
De telles différences ne sauraient exister si la maladie était purement épidémique dans le sens hippocratique donné ordinairement à ce mot. A quoi tiennent donc les différences si grandes dans la mortalité simultanée des deux établissements voisins? C’est que la contagion ne s’est exercée que trop facilement dans la clinique envahie, dans des salles renfermant un grand nombre d’accouchées; mais que cette contagion n’a pu s’exercer de l’une vers l’autre clinique, la première étant réservée exclusivement aux étudiants, la seconde exclusivement aux sages-femmes, et qu’aucune communication directe ou indirecte n’existait entre elles.
Peut-on, en présence de pareilles divergences dans la mortalité de deux établissements aussi voisins, admettre aujourd’hui que l’on a affaire à des épidémies pures de toute contagion? Si l’éclosion et le développement de la maladie étaient dus à des miasmes répandus dans l’air et s’arrêtant au-dessus d’une Maternité, ou à un état j)articnlier de l’atmosphère: chaleur, humidité, électricité, pression barométrique, etc., capable de développer primilivement et daîis le
BES MATERNITES.
même temps la fièvre jnœrpércde chez ungraïul nombre (V accouchées, l’épidémie devrait sévir à la fois dans deux services placés dans le même établissement, presque dans la même cour, dans le même bâtiment ; la coïncidence devrait surtout exister lorsqu’une mortalité exceptionnellement élevée frappe une des Maternités; or, cette coïncidence dans la mortalité n’existe que lorsque cette mortalité est peu élevée, et elle disparaît, au contraire, quand la mortalité s’élève notablement ; de telle sorte qu’il faudrait admettre que ces prétendues influences épidémiciues exercent d’autant 7noms largement leur action ciiéelles soîit plus actives, et qu’une épidémie se localise d’autant plus qu’elle sévit avec plus de force. Soutenir une pareille proposition serait se mettre en contradiction avec tout ce que nous a appris l’observation, avec la logique la plus élémentaire. Les épidémies de fièvre puerpérale tiennent à la contagion, c’est ce que j’espère démontrer par de nombreux exemples.