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PROPAGATION PAR CONTAGION

« La contagion est le mode suivant lequel l’iiomme malade transc< met à l’homme sain, plus ou moins prédisposé, la maladie dont il « est lui-même alfeclé.

« Sortie le plus souvent d’une semence spécifique communiquée, « la maladie contagieuse peut cependant se développer d’une ma- « nière toute spontanée chaque fois que les conditions qui lui ont « donné naissance une première fois se trouvent de nouveau réu- « nies. »

Telles sont un peu modifiées les définitions données par M. Monneret, et je les accepte en ajoutant que la transmission peut avoir lieu par intermédiaire, c'est-à-dire que le germe morbifique, pris

sur un individu malade par un individu sain, peut contaminer une troisième personne, l’intermédiaire étant et restant sain.

Si l’on veut rechercher par quelles voies se fait la contagion, quel est te mode de transmission, l’obscurité commence. Découvrir les voies que suit la contagion serait en meme temps découvrir les moyens certains de la supprimer; mais si nous ne pouvons percer les ténèbres qui couvrent les mystères du mode de propagation des maladies contagieuses, nous pouvons du moins constater si cette propagation existe, dans quelles circonstances elle s’exerce, quelles circonstances la facilitent ou s’opposent à ses progrès.

La fièvre puerpérale, née spontanément chez une femme accouchée dans une Maternité, se propage par contagion, et cette propagation [)eut se faire de manières très-différentes : 1" directement d’une femme malade à une autre; 2" par l’intermédiaire des élèves et des médecins pendant ou ai)i‘ès l’accouchement; 5" par les miasmes contagieux conservés dans les salles de femmes en couches par les murs, les matelas, les lits, les rideaux, les objets de pansement, etc.

1" Propagation par les malades. — C’est le mode de contagion le plus ordinaire, et c’est aussi celui qui amène la mortalité la plus grande. C’est à la contagion directe qu’est dii principalement la différence si considérable qui existe dans la mortalité des femmes accouchées en ville et celles accouchées à l’hôpital ou dans les Maternités.

En dehors môme de cette considération si importante de la noncoïncidence des épidémies dans des établissements voisins, mais absolument séparés, la marche même des épidémies qui sévissent dans une Maternité est une preuve du mode de propagation par voie de contagion.

Pour quelques médecins, cependant, il semble qu’une maladie ne peut être réputée réellement contagieuse qu’à la condition d’attaquer indistinctement toutes les personnes qui se trouvent dans le foyer de la contagion, et s’il s’agit d’un hôpital, qu’à la condition

DES MATERNITÉS. IOr>

crallaquer successivement, et de proche en proche les malades oceupant les lits contigus. M. P. Dubois, dans la discussion à l’Académie de médecine, donnait sérieusement comme une preuve de la non-contagiosité de la maladie ce fait: que les accouchées successivement atteintes à la Clinique n’étaient placées ni dans les mêmes salles, ni dans des lits contigus. «L’influence épidémique Si plané, « dit-il, sur tout l’établissement. » Le professeur de la Facnlté oubliait ou plutôt méconnaissait l’influence que lui-même, ses aides et ses élèves avaient sur la propagation de la maladie ; c’était la date des accouchements qu’il eiit fallu considérer, et non la place occupée par le lit de la malade; car si le lit était immobile, le médecin, lui, portait la contagion de salle en salle, et de lit en lit, conlaminant les accouchées en état de réceptivité morbide. Niera-t-oii la contagiosité de la rougeole, de la scarlatine, })arce que tous les indiviilus en rapport avec un rubéoleux ou un scarlatineux n’ont pas pris la maladie?

Un exemple, pris à Paris, nous montrera comment se propage la fièvre puerpérale et comment on crée une épidémie.

L’administration des hôpitaux a construit à l’hôpital Gochin, mais sans en soumettre les plans à l’approbation du corps des médecins et chirurgiens des hôjiitaux, une petite Maternité. Inaugurée le 15 juin 1865, placée dans une bonne situation topographique, on se flattait que la fièvre puerpérale iie s’y montrerait pas, du moins sous forme d’épidémie.

Mais déjà, au mois d’aoiit, pendant une période de moins do quinze jours, cinq femmes y moururent de lièvre puerpérale ; c’était une épidémie. Ce fléau qui ne respecte rien, avait de son souffle empoisonné, dit-on, l’hôpital modèle. J’ai voulu à mon tour voir de près les faits, et voici ce que cette courte en(|uêtc m’a montré.

Le 16 aoêit entra dans cet établissement une femme Bonnin, qui fut couchée au n" 59 de la salle 4, salle qui s’ouvrait pour la première fois et dans laquelle se trouvaient déjà cinq malades. La nouvelle arrivée était pâle et amaigrie; elle était à sa cinquième

grossesse, et ses couches antérieures avaient été peu heureuses, car elle avait eu des accidents puerpéraux six ans auparavant et encore l’année précédenle. L’accouchement, qui eut lieu le 16, à minuit; ne j)résenta rien de remarquable. Le lendemain, 18, elle eut du IVisson, et il se déclara une fièvre puerpérale bien caractérisée. {Cependant on laissa celte malade quarante-huit heures dans la salie, et on ne la transféra au deuxième étage, dans une chambre isolée, que quatre heures avant sa mort, arrivée le 20. Pendant que cette malade était encore à son lit (n"59),on mit dans les lits contigus, aux n'’" 38 et 40, deux primipares jeunes et fortes.

Au n” 38, la femme üelisle, entrée le 19 août, accouchée le 21, fut prise de fièvre puerpérale le 22, fut transportée dans les salles i.solées du second étage, le 23 seulement, et mourut le 24.

Au n" 40, la femme Blanchière, entrée le 20 août, accouchée le 21, fut prise de fièvre puerpérale le 22, fut transférée le 24 seulement, et mourut le 27.

Le mal ne devait pas s’arrêter là. Celle salle 1P4, située au premier étage, communique librement, par l’intermédiaire d’un large corridor avec la salle n" 3. Le 25 août, entrait au iC 24 de celte salle 3 une femme Guillaume, qui accoucha le même jour, fut prise le 28 de fièvre puerpérale, fut transférée le 29, et mourut le même jour.

Le même jour, 25 août, entrait et accouchait, une femme Aucagne, qu’on plaça au n“ 28 de la salle 3. Prise de lièvre puerpérale le 29 août, cette malade mourait le 2 septembre, et l’épidémie cessait momentanément. La fièvre puerpérale devait cependant encore faire d’autres victimes dans le nouvel établissement.

Au n" 26 de la salle 3 entrait, le 8 octobre, une femme Baratte, (jui accoucha le même jour; mais qui, prise bientôt de lièvre puerpérale, succomba le 20 octobre.

Au même n“ 26, dans ce même lit, on plaça, le 27 octobre, une lemme Saint-Saulieu, qui accoucha le 28, fut atteinte ensuite de la lièvre puerpérale, et mourut le 7 novembre.

Ajoutons à ces mallieiiieuses victimes une femme Bonavenlure, entrée le 6 octobre, accouchée le même jour, morte ensuite du choléra, et nous aurons, depuis le 15 juin jusqu’au 15 novembre 1865, 8 décès dans la nouvelle Maternité, sur un total de 258 accouchées, c’est-à-dire une mortalité de 5,5 pour 100 ou de 1 accouchée sur 50, résultat presqu’aussi désastreux que ceux donnés par les établissements si défectueux comme installations, la Clinique et la Maternité; sept des huit décès furent dus à la fièvre puerpérale.

Peut-ou ici douter un seul instant que la contagion seule a été cause de cette épidémie qu’on attribuait à une influence occulte, à une cause insaisissable et impossible à combattre? Mais on se trouve toujours en présence de ce problème impossible à résoudre poiu‘ ceux qui ne tiennent pas compte du degré plus ou moins grand de la réceptivité morbide: pourquoi la contagion n’a-t-clle pas continué à faire des victimes puisque d’autres accouchées se trouvaient encore dans la salle? Si nous ne pouvons savoir quelles sont les conditions qui rendent tel individu susceptible de subir l’influence d’une cause morbifique et tel autre capable d’y résister; si nous ne pouvons expliquer pourquoi celui-ci prend une scarlatine, une rougeole, une variole, tandis que celui-là séjourne impunément au milieu des scarlatineux et des rubéoleux, prétendrons-nous pour cela que la rougeole, la scarlatine, la variole ne sont pas contagieuses? 11 en est de la fièvre puerpérale comme de ces maladies. 11 est inutile, du reste, de m’étendre davantage sur ce point, et j’aurai suffisamment prouvé l’existence de la contagion directe si je montre la lièvre puerpérale transmise par les élèves, les sages-femmes, les médecins, et entretenue à l’état d’endémie par l’insalubrité spéciale des salles.

Je dois dire, toutefois, que plusieurs de nos confrères d’Angleterre, partisans très-déclarés de la contagion par l’intermédiaire de l’accoucheur, ont cru pouvoir attribuer à celte cause la propagation de la fièvre puerpérale et mettre en doute la fréquence et même l’existence de la contagion s’exerçant, sans intermédiaires, de malade

à accoucliée. On jieut arguer, en effet, que les femmes placées dans le môme établissement, dans les mêmes salles, sont ordinairement soignées par les mômes personnes; cependant, en présence des exemples nombreux où la contagion s’est exercée indépendamment de rinlervention directe et immédiate de raccouclieur, on ne peut mettre en doute le mode de propagation de la maladie d’une accouchée à l’autre.

2" Propagation par les élèves^ les sages-femmes et les accoucheurs. — L’idée que la fièvre jiuerpérale est contagieuse par l’intermédiaire des personnes qui soignent les femmes affectées de la maladie est loin d’ôtre nouvelle.

Les mesures prophylactiques recommandées par Armstrong' indiquent assez ses idées à cet égard. « 11 faut, dit-il, empêcher « les uilirmiers et autres personnes ayant donné leurs soins, aux « i'emmes affectées d’approcher des femmes sur le point d’accouc( cher et de leur donner des soins. 11 hiut veiller scrupuleusement « à ce qu’elles prennent pour elles-mêmes les plus grands soins de « ju’opreté, leur faire faire chaque jour des ablutions sur tout le « corps, et leur faire changer fréquemment de linge et de vête- « ments. »

Et plus loin, Armstrong ajoute en note cette phrase tirée de Gordon : « J’ai des preuves évidentes que toute personne ayaul « a[)proclié une malade atteinte de lièvre ])uerpérale se chargeait « d’une atmosphère d’infection (pi’elle communi(piait à toutes les « femmes en couches qui se trouvaient à sa portée. »

« Je n’ai jamais, que je sache, ditGooch% communiqué la ma- « ladie à aucune femme; cependant quelques exemples authen- « tiques ])laident en faveur de la contagion. Plusieurs médecins « m’ont dit avoir transmis la maladie d’une malade à une autre, « et ce, après un voyage de 6 milles (9 kilomèlres) fait pendant

* Armstrong. Facls and Observations, p. 4G.

^Goocii’s. Pratical Compendium of Midwifery, p. 285.

(c lin vent violciil. Un praticien me dit qu’après avoir assisté à l’au- « topsie d’iiiie femme morte de la maladie, il transporta l’infection « à Line Maternité, et presque tontes les accouchées moiirnrent de « la maladie. Quelquefois elle se montre seulement dans riiôpital « d’une ville, d’autres fois elle se montre dans la pratique privée. « Quoique ma projire pratique ne m’ait jamais fourni de preuves de « la contagion de cette maladie, je crois qn’il faut agir avec pré- « caution, et je me suis fait une règle, après avoir vu une femme « atteinte de fièvre puerpérale, de ne jamais visiter une accouchée « sans changer an préalable de vêtements, et cette règle m’oblige à « conserver quelques costumes complets uniquement destinés aux « visites que je puis faire aux malades contaminées. Les fous n’ap- « prennent jamais qu’à fécole qui conte si cher, celle de l’ex- « périence; je ne me sens pas disposé à prendre sur ce chapitre « une leçon à cette école. »

Gordon, qui a décrit l’épidémie d’Aberdeen, rapporte que la lièM-e puerpérale se montrait surtout chez les femmes accouchées ou soignées par des médecins ou des sages-femmes ayant été déjà en contact avec d’autres malades.

M. Botrel, de Saint-Malo, a raconté à M. Tarnier qu’un médecin de cette ville ayant perdu sept femmes de fièvre puerpérale, tandis (|ue ses collègues n’eu perdaient aucune, ne voulut plus faire d’accouchements. L’épidémie s’arrêta brusquement.

Dans une communication faite à la Société médico-chirurgicale d’Edimbourg, le docteur Paddie ’ montra dans sa propre pratique des exemples incontestables de contagion.

Le 2 septembre, il acconcha une femme de 52 ans, d’une mauvaise santé antérieure; le troisième jour, elle fut prise de fièvre puerpérale, et mourut le huitième.

Le 7 septembre, il accoucha une femme de 25 ans; elle devm malade le troisième jour, et mourut le sixième.

* North. Jour», of Médecine, janvier 1840.

Le 14 septembre, il accoiiclia une troisième femme âgée de 25 ans; prise de fièvre le deuxième jour, elle mourut le septième.

Lorsque cette dernière accouchée devint malade, M. Paddie comprit que la fièvre puerpérale faisait irruption dans sa clientèle ; il assembla plusieurs confrères et les consulta sur l’opportunité d’une abstention momentanée de sa part. Ses collègues furent d’avis qu’il devait se borner à employer toutes les précautions possibles contre la contagion; en conséquence, il changea ses vêtements, meme ses gants, employa les lotions sur les niains avec une solution de chlorure de chaux, et continua sa pratique. Les 19, 22 et 25 septembre, il fit trois accouchements (jui ne furent suivis d’aucun accident. Mais le 20, il accoucha une femme de 29 ans, qui mourut trois jours après de fièvre puerpérale; et le 27, une autre femme de 25 ans, qui mourut en moins de trois jours. Or, en prenant quelques informations, M. Paddie vit que la femme accouchée le 26 avait été visiter raccouchée du 14' septembre, sa voisine, pendant que celle-ci était atteinte de fièvre puer])érale : c’est à cette visite que cette femme avait pris le germe de la maladie, et le docteur Paddie l’avait transmis encore de la malade accouchée le 26 à celle accouchée le 27. C’est alors que le médecin crut devoir, pendant un certain temps, s’abstenir de tout accouchement et de toute visite.

Armstrong, Ramsbotliam, Lee, Gooch. Robertson, Ilutcliinson, Rlundell, Danyau, citent des exemples où ces prétendues épidémies s’étaient limitées à la clientèle d’un même médecin.

Jackson, de Philadelphie’, pendant qu’il pratiquait dans le comté de Northumherland, eut de suite sept accouchements suivis de fièvre puerpérale. Les autres femmes enceintes, effrayées, s’adressèrent à un médecin d’une ville voisine; aucune d’elles, aucune de celles accouchées par des sages-femmes, ne furent malades.

' Américan. Jour, of Med. Sciences, octobre 1842.

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Le docteur Slorer, du 10 au 28 février 1830, accoucha six femmes; la dernière seule fut prise de fièvre puerpérale, et mourut le 8 mars. Le 9, le docteur Storer fit l’autopsie; dans la nuit, il accoucha une femme qui mourut le 16; le 10, nouvel accouchement, fièvre puerpérale, mais guérison; le 16, autre accouchement, mort le 21 ; le 17, le 19, il fit deux autres accouchements; les deux accouchées moururent le 22. « Jusqu’au 20 mars, dit M. Storer, « j’avais porté les mêmes vêtements ; je refusai alors tout accouche- « ment jusqu’au 21 avril; je repris ensuite ma clientèle après « avoir renouvelé mes habits; je n’eus plus aucun cas de fièvre « puerpérale. »

Dans la discussion soulevée à la Société obstétricale d’Edinburgh, par la lecture du travail de M. Arneth, M. Simpson mentionna le fait suivant: En 1856, M. Sidey, d’Edinburgh, eut dans sa clientèle cinq ou six cas de fièvre puerpérale à une époque où il n’en existait aucun cas dans la pratique de ses confrères.

M. Simpson, qui n’avait pas à cette époque les mêmes idées qu’aujourd’hui sur la contagion, assista à l’autopsie de deux des malades deM. Sidey., et mania les pièces anatomiques; les quatre premières femmes que M. Simpson accoucha après cela furent prises de fièvre puerpérale.

En 1821, le docteur Campbell, d’Edinburgh*, fit l’autopsie d’une femme morte de fièvre puerpérale consécutive à un avortement. Il initia pièce anatomique dans la poche de son habit d’hôpital; le lendemain, ayant les mêmes vêtements, il assista à un accouchement; l’accouchée fut prise de fièvre puerpérale et mourut. Quatre autres femmes vues par lui consécutivement eurent le même sort.

Le docteur Rigby* rapporte que, contrairement à ses avis, un jeune médecin fit l’autopsie d’une femme atteinte de fièvre puerpérale; trois femmes accouchées peu après par lui, et une quatrième, chez laquelle il retira quelques caillots utérins, moururent.

' Half Yearly Abst., IV, p. 525.

- Britüh and Foreign Med. Heview, janvier 1842.

DES MATEUiMTÉS.

De iioiiibreux exemples analogues sont rapportés dans le London Encyclopædia of Pratical Medeeine. Merriman, cité par Holiner, croit même qu’il suffit d’avoir été présent à une autopsie de fièvre jnierpérale pour transmettre la maladie.

M. Depaul'a montré, dans la discussion de l’Académie de médecine en 1858, comment il avait pu être Ini-même l’agent de la contagion.

U En 1859, dit-il, pendant mon internat à la Maternité, un jour « que je venais de faire plusieurs autopsies de femmes mortes de « fièvre puerpérale, on vint me chercher pour donner des soins h « une dame en travail dont l’hahitation était assez éloignée de la « Maternité. Avant de me rendre près d’elle, je pris toutes les pré- « cautions recommandées en pareille circonstance; je changeai de « vêtements et me lavai les mains avec le plus grand soin; elles « conservaient cependant cette odeur si tenace dont les imprè- « gnent pour plus de vingt-quatre heures les autopsies de ce « genre. Cette dame accouchait pour la seconde fois; sa délivrance « tilt naturelle et des plus faciles. Dans la soirée, et sans qu’au- « cime imprudence pût l’expliquer, un violent frisson se déclai a, et « hientül apparurent tous les phénomènes hahituels de la fièvre « puerpérale, qui se termina très-rapidement par la mort, malgré « tons les moyens ipie je mis en usage et les savants conseils de « M. Duhois, que j’avais fait appeler en consultation. L’autopsie ne « ])iit être faite.

« En 1849, alors que j’étais chargé des fonctions de chef de cli- « nique dans le service d’accouchement de la Faculté, étant .à l’am- « phi théâtre, occupé à faire l’autopsie d’une fièvre puerpérale, on « réclama mes soins pour une dame de la rue de l’Ancieime-Comé- « die. Je pris les mêmes précautions que dans le cas précédent; mais « mes mains emportaient la même odeur. 11 s’agissait d’une sep- « tième grossesse, qui se termina avec promptitude et sans aucune

Bull. (1er Acad, de Méd. 1858. XXlIf, p. m.

DES MATERNITÉS. i\\

« coin pi ica lion. Tout alla bien jiis-qu’aii soir, mais alors éclalèreni « les accidenls de la fièvre puerpérale : frissons, douleur abdomic( nale, elc. M. Dubois voulut bien encore m’aider de ses conseils, c( mais Ions ses efforts furent inutiles; cette malade succomba aussi « rapidement que la première. Le cadavre ne fut pas ouvert. »

Dans son travail récent sur la fièvre puerpérale, M. Ilugenberger, de Saint-Pétersbourg, avoue aussi avoir communiqué lui-même la fièvre ])uerpérale à quebjues accouchées de rinslitut qu’il dirigeait.

Les épidémies, dit-on, régnent aussi bien en ville qu’à l’hôpital, et l’on cile, par exemple, le fait publié par Lee, d’une épidémie régnant à la fois dans les in-patienls et les oui-imtients du Dritish lying-iu Hospital, à Londres. Sur 100 malades, 75 accouchèrent chez elles; il en mourut 24, ou 52 pour 100, et la mortalité ne fut guère plus forte à l’hôpital, où, sur 25, il en mourut 0, c’est-à-dire 50 pour 100. Peut-on, avec les faits aujourd’hui connus, s’étonner de celte coïncidence? Les personnes chargées du service à domicile venaient à l’hôpital, visitaient les femmes malades, et allaient porter en ville la contagion aux out-patients; il y avait éj)idémie, si l’on veut prendre ce mot dans le seiis de maladie portant sur un grand nombre de personnes, mais épidémie par extension donnée à la contagion.

Veut-on savoir ce que sont et comment se produisent ces épidémies qui se montrent en ville, nous en trouvons un bel exemple rapporté }>ar Piobertson. Il existait en 1830, à Manchester, un service d’accouchement à domicile àépeuàimi de Manchester lying-in Charitij, et fait par douze sages-femmes. Ces sages-femmes ne limitaient pas leurs fonctions à certains quartiers de la ville; elles allaient indistinctement pratiquer les accouchements chacune dans toutes les parties de la ville sans (pi’un quartier fût plus spécialement affecté à l’une qu’à l’autre. En 1850, quatre cents accouchements furent faits en ville par ces douze sages-femmes; seize femmes moururent de fièvre puerpérale, et ces cas ne s’étaient pas

])résenlés flans le même quartier; ils étaient disséminés dans toutes les parties de la ville de Manchester. Or, ces seize accouchements suivis de mort par fièvre puerpérale, s’élaient tous montrés dans l’espace d’un mois et dans la clientèle de la même sage-femme; aucune de ses onze autres collègues n’avaient eu dans la leur de cas de fièvre puerpérale. L’examen du registre-agenda de la sagefemme révéla les faits suivants, résumés dans ce tableau :

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