SAINT-PÉTERSBOURG
Hebammen-lnslilut — Institut de IH°‘° la grande-duchesse Hélène Pawlowna
En 1797, l’impératrice Maria Federowna fit l’acquisition d’une maison appartenant au comte Subow, et située dans la partie sud de la ville, vers l’embouchure du canal de la Fontanka.
Elle la disposa pour servir d’école de sages-femmes et de maison d’accouchement pour les femmes indigentes et celles d’employés
subalternes ; elle constitua pour l’entretien de la maison un capital considérable confié au conseil des pupilles de Saint-Pélersbourg.
Le docteur Molirenheim, médecin de Sa Majesté; directeur de la division d’accouchements de la maison d’éducation (Enlant-Trouvés) fut chargé de la direction médicale et administrative du nouvel établissement. Pendant plus de trente ans cette nouvelle Maternité fut une dépendance on une annexe de la maison impériale d’éducation; ne recevant que peu d’accoucbées, elle était surtout destinée à renseignement théorique de l’obstétrique; la division d’accouchements de la maison d’éducation par le grand nombre de ses lits servant surtout à l’enseignement pratique.
En 1829, lorsque la grande-duchesse Hélène Pa^vlowiia succéda à rimpératrice, dans le rôle de j)rotectrice de cet établissement, elle rendit indépendante les deux directions et confia celle du nouvel institut à son médecin particulier le docteur Ockel . De cette mesure date pour l’Institut une période de trente-quatre ans, pendant laquelle l’impulsion que lui donna une femme plus grande encore par le cœur et l’intelligence que par le rang, fut pour lui la cause d’un état prospère et qui prit sa source dans des améliorations incessamment cherchées et aussitôt exécutées que conçues.
Le nombre des accouchements qui n’avait été, de 1797 à 1828, que de 2,047, ou en moyenne annuelle de 64, fut, de 1829 à 1862, de 15,182, ou 400 environ par an. Pendant la première période, 512 sages-femmes y ont fait leur éducation, 975 y ont été instruites pendant la seconde.
En 1844, on adjoignit à l’établissement un service de gynécologie. En 1850, 50,000 roubles (environ 200,000 francs) furent affectés à l’agrandissement de la maison, qui de 25 lits put en renfermer 50, tout en effectuant la séparation des accouchées saines et malades.
En 1856, la grande-duchesse modifia l’organisation de l’établissement, le personnel fut augmenté de quatre médecins et d’une
sage-femme^ attachés cà l’Inslitut, les uns d’ime manière permanente, les antres temporairement.
Le personnel permanent se compose (run directeur, d’un professeur, d’un répétiteur, d’une sage-femme en chef et de trois aides sages-femmes ; d’un économe, d’une gouvernante, d’une surveillante des élèves internes
Le personnel temporaire compiend quatre médecins assistants nommés pour trois ans.
Le directeur (D" Etlinger) a pour fonctions de diriger rétablissement sous le ra[)port médical et administratif. Le prolesseur fait le cours (en russe) et dirige la section d’accouchement. Le répétiteur est chargé de l’éducation des sages-femmes allemandes et dirige la section de gynécologie.
Les quatre assistants se partagent entre eux le servieede la garde et de la consultation; le plus ancien est chargé de la direction de l’infirmerie des accouchées malades.
Les élèves sages-femmes logées dans l’établissement sont annuellement an nombre de douze; elles doivent être âgées de 18 ans au moins et n’avoir pas plus de *26 ans, on leur donne gratuitement l’entretien et rinstruction. Elèves de la couronne, elles reçoivent à leur sortie, pour frais de première installation, une certaine somme d’argent et sont envoyées, par le ministre, dans les domaines de la couronne de diverses provinces où elles sont engagées pour un service de six ans.
En dehors deces élèves de la couronne, on reçoit six ou huit pensionnaires payant annuellement 100 roubles (400 francs) pour frais d'instruction et d’entretien. Si ces pensionnaires sont des paysannes envoyées par le seigneur dans le but d’en faire une sage-femme pouvant soigner ses paysannes dans leurs accouchements, ces frais sont payés par le seigneur. L’abolition du servage a modifié celte partie du règlement.
' EuGüNBEncER. Loco cUato.
riES MATERNITÉS. 150
l.es élèves libres, externes, payent annuellement 50 roubles (120 francs). La durée du cours est de deux années; après l’examen les élèves reçoivent un diplôme.
Le traitement et l’entretien des accouchées et des malades sont gratuits; seulement, si une femme désire une chambre particulière, elle doit payer 60 kopecks par jour (2 fr. 40 c.).
La dépense totale de la maison, y compris les gages des serviteurs et les appointements des médecins et des sages-femmes, est de 20,000 roubles (80,000 fr.) par an, dont 5,000 (12,000 fr.) sont couverts par le payement des élèves et des malades payantes.
Le nouveau plan, présenté parle docteur Ellinger et réalisé en 1852, a non-seulement permis de porter de 25 à 50 le nombre des lits, il a aussi permis de combattre la contagion par l’application du système des chambres séparées, réalisé dans le nouveau bâtiment.
L’Institut des sages-femmes est, comme je l’ai dit, situé sur le quai de la Fonlanka. 11 se compose de deux bâtiments, l’un principal destiné aux femmes en couches, l’autre accessoire renfermant la buanderie, les remises, les écuries ; il renferme aussi les logements de l’économe, des médecins, la salle de garde, la bibliothèque. Ce bâtiment, qui ne figure pas dans le plan ci-joint (pl. VII, fig. i), est tout à fait distinct delà Maternité et en est séparé par une cour.
Le bâtiment principal est divisé en deux: l’ancien et le nouveau; l’ancien a deux étages, le nouveau en a trois, en y comprenant le rez-de-chaussée. L’ancien bâtiment renferme au rez-de-chaussée l’appartement du docteur Etiinger médecin en chef et directeur de l’établissement; au premier étage, la salle de réception des malades arrivant, la chapelle et quatre salles de femmes en couches (deux plus grandes renfermant de 5 à 8 lits, deux plus petites n’en contenant que 5 à 4).
Le bâtiment ancien communique avec le nouveau par un escalier chaulfé. Le rez-de-chaussée de la nouvelle construction est occupé
par les services généraux : chambre de réserve pour le linge saleel pour les habits des malades, chambre pour les laveuses, salle des provisions, réfectoire des gens de service, cuisine , boulangerie, chambre des infirmières chargées du soin des malades, etc.
Le })remier étage renferme le logement de 1a sage-femme en chef, les chambres à coucher et le réfectoire des élèves, les logements de la surveillante, de la seconde sage-femme, de l’économe, etc.
Le second étage, que reproduit le plan ci-joint, est consacré aux accouchées. Il comprend une salle de bain, une petite cuisine ou office , la chambre où se fait raccouchement et qui renferme deux lits, trois chambres, pouvant communiquer ou être isolées, destinées aux accouchées non malades; enfin, dans l’angle du bàtimcut, une grande chambre de six lits, destinée aux femmes enceintes, et formant une sorte de séparation entre la partie destinée aux lêmmes malades et la })récédente. Les jietites chambirs •sont consacrées aux accouchées malades, les deux salles aux femmes atteintes d’affection de Lutérus et des voies génitales; les deux dernières sont réservées pour les accouchements secrets. Um* porte sépare le bâtiment en deux parties distinctes.
La ventilation de l’édifice principal et de l’aile surajoutée est effectuée }>ar des fenêtres à valves (Klappen-Fenster), des poêles avec foyers d’appel, et des cheminées à foyers ouverts. Le chauffage se fait surtout par les poêles (Zug-Ofen) placés dans les salles et <lans les corridors, la ventilation par les cheminées.
Les chambres non occupées restent ouvertes, quelle que soit la saison, et l’on y fait des fumigations de chlore, de vinaigre et d(‘ sureau. J’ai parlé plus haut [voir Prophylaxie) des moyens hygiéniques employés pour les objets mobiliers et des précautions prises pour empêcher la contagion par les malades et les médecins.
« Quand ces ju'écautions venaient à être négligées, la fièvre puei-- « pérale, dit M. nugenberger, ne lardait pas à se manifester, d(i sorte qu’une fièvre puerpérale, développée à la suite d’un accou- « chement j)athologique, en déterminait d’autres par transmission.
« Quand les iiifraclioiis aux lois de la propreté amenaient une épi- « demie, elle ne cessait qu’à l’arrivée d’une saison cliaude, alors « (jiie la ventilation pouvait être faite d’une manière plus complète, « ou seulement par la fermeture momentanée de la maison, comme « en 1846, 1848 et 1859. Aussi la prophylaxie consiste dans la « ventilation, la propreté et l’ordre. »
De 1845 à 1859, l’étahlissemcnta reçu 8,519 femmes enceintes, 597 femmes atteintes d’affections gynécologiques, et 5,911 malades diverses. 8,056 ont accouché, 20 sont mortes avant l’accouchement, 262 ont quitté la maison avant d’être accouchées.
Sur les 8,056 accouchements, 7,852 étaient dus à des grossesses simples, 181 à des grossesses gémellaires; trois fois, il y eut trois enfants h la fois. 7,598 accouchements eurent lieu à terme, 428 avant terme, 478 réclamèrent des opérations.
Maternité des Enfants-Trouvés.
Ce que je viens de dire de l’Institut des sages-femmes me dis- ])cnse de détails sur la Maternité annexée à l’établissement impérial d’éducation des Enfants-Trouvés. Celui-ci est également destiné à l’éducation des sages-femmes ; mais il est loin de pouvoir nous servir de modèle. Les salles communiquent les unes avec les autres; la plupart des précautions prises contre la contagion, dans l’Institut de la grande-duchesse, y sont négligées; mais ce qui nous engage surtout à ne pas entrer dans une description inutile de cet établissement, c’est qu’il va bientôt être supprimé, et que ))eut-être il l’est déjà à l’heure qu’il est. Un nouveau bâtiment, situé près de l’hôpital Marie, et dont je donne le plan, a été construit récemment pour le remplacer.
DES MÂTERMTÉS.
Clinique obstétricale de l'Académie.
Celte clinique esl une seeliou des hôpitaux que renf'emie l’Aeadémie médico-chirurgicale, située sur les bords de la Néva; elh' n’est ouverte que pendant la période scolaire, c’est-à-dire pemhinl l’hiver et ne renferme que 14 lits. 576 accouchements seulement y ont eu lieu de 1854 à 1859, avee une mortalité moyenne considérable, 0 pour 100 (34 morts). 11 est vrai tjue la plupart des aecouchements sont pathologiques. Je citerai }*lus loin quelques |>articularités appartenant à celte clinitjue, quant à ce qui concerne la manière assez ingénieuse dont se fait la démonstration |)ratique du travail de l’accouchement et des manœuvres obstétricales.
Nouvelle Maternité.
hes mauvaises conditions dans lesquelles se trouvait placée la Maternité, dépendant de la maison des Enfants-Trouvés de Sainlhélersbourg, a déterminé le gouvernement à construire un nouvel établissement. Lorsque nous l’avons visité, au mois d’avril 1864, il était à j)eu près complètement terminé, mais non encore habité.
La nouvelle Maternité est située dans la Nadejdinskaïa, large rue, aboutissant à la perspective Newski et aux environs des jardins qui dépendent du grand hôpital Marie. Le batiment principal, ]>arallèle à la rue, en est séparé par une grille et une petite avantcour très-étroite. Deux ailes surajoutées, faisant retour en arrière, constituent une cour incomplètement fermée par une construction parallèle au bâtiment principal, destinée (je crois) à servir d’hôpital d’été.
A droite de l’édifice, se trouve une entrée particulière, conduisant dans une petite cour latérale, dans laquelle se trouve l’am-
Dl^S MATERNITÉS.
pliithéàtre d’autopsie, (jiii, pour le dire en passant, laisse fort à désirer quant aux dimensions et à la clarté.
Le plan, reproduit pl. 8, lîg. 1, me dispense d’une description toujours fort difticile à rendre intelligible, et je me bornerai à ])arler de la destination affectée aux deux étages principaux, en faisant part des observations cpie m’a suggérées la visite attentive et trois fois répétée du nouvel établissement.
On s’habitue si vite, en Russie, au grandiose des établissements publics, on s’habitue surtout si facilement à voir de grands espaces affectés aux jardins et aux cours des hôpitaux civils ou militaires, (pi’on est im})ressionné d’une manière fâcheuse en trouvant si resserrées les unes sur les autres les constructions qui constituent la nouvelle Maternité, et je n’ai pu m’empècher d’en faire la remarque. Il n’est pas besoin, me répoiulit-on, de jardins pour un hôpital de femmes en couches, puisque aussitôt qu’elles peuvent .se lever, elles quittent la Maternité. Cela est vrai; mais qui dit jardin, dit en même temps isolement et aération; aussi je continue à regretter qu’il n’y ait pas ])lus d’espace vide autour des bâtiments nouveaux, cela eût permis déjà d’éloigner l’amjdiilhéâtre et les dépendances.
Si je passe maintenant à l’examen des étages occupés par les accouchées, j’aurai à faire des objections plus graves. Le deuxième étage au-dessus du rez-de-chaussée est, comme le troisième, destiné aux femmes en couches. On y arrive par un large escalier placé au centre du bâtiment; sur les côtés se trouvent la lingerie et l’appartement de la surveillante du linge; en face, la salle des conférences et les chambi’es pour le médecin et la sage-femme de service.
.\ droite et à gauche règne un large corridor prenant jour sur la cour intérieure, et sur lequel s’ouvrent les salles. A une des extrémités du bâtiment de façade se trouvent deux chambres pour l’accouebement, une salle pour quatre femmes enceintes; puis sept chambres à quatre lits pour femmes en couches (non mariées).
Cette disposition, qui peut-être n’aura pas été conservée, ce que
j’ignore, ne me paraît pas sans reproches. 11 est indispensable (Fenipêclier, autant que possible, que les cris des femmes accoucliani ne viennent troubler le sommeil des aocoucbces. Or, les deux salles pour raccoucbement s’ouvrant directement sur le corridor commun, les cris doivent s’entendre dans tonte la partie correspondante tontes les fois qn’on ouvre les portes de ces salles. De j)lus, les quatre femmes enceintes couebées dans la chambre voisine ont d’autani plus sujet d’être troublées par ces cris qu’ils leur annoncent les douleurs qu’elles auront bientôt à subir.
Ces inconvénients eussent pu être évités en partie en affectant à l’accoucbement la salle affectée aux conférences, à la condition de siipprimei- la porte donnant directement sur le corridor, et en la reportant dans celui qui donne accès à la chambre de la sage-femme ou à celle du médecin de service.
Dans les ailes latérales se trouvent, de chaque côté, quatre chambres à un seul lit, pour accouchements secrets ; une chambre d’inlirmières ; un office ou petite cuisine; deux chambres à quatre lits pour accouchées mariées ; une salle de bain. Enlin, dans l’aile droite, une chambre pour accouchée gravement malade.
Ici, les objections deviennent plus sérieuses ; car, à côté de trèsbonnes dispositions, il en est d’autres que je trouve tout à fait mauvaises. Chaque accouchée secrète occupe une petite chambre particulière, bien séparée du reste de l’hôpital, ce qui est excellent; mais cet isolement exceptionnel n’a vraisemblablement pas été fait dans un but d’hygiène spéciale : entre cette section et celle des femmes mariées se place une chambre destinée à une accouchée gravemenl malade, c’est-à-dire presque toujours à une femme atteinte de lièvre puerpérale, et ce que j’ai dit dans la première partie de ce travail m’exempte de faire ressortir les graves inconvénients d’un pareil voisinage.
Les salles d’accouchées renferment quatre lils; c’est, à mon avis, deux, ou au moins un de trop, car cela multiplie d’autant les chances de [iropagation de la lièvre puerpérale. Le batiment placé au fond
de la cour servira, me dit-on, d’iiôpilal d’été; il est fâcheux qu’il ne serve pas plutôt d’inlirmerie spéciale pour les femmes atteintes de fièvre puerpérale.
Mais ce que je reproche ]iar-dessus tout à la nouvelle Maternité, c’est son mode de chauffage et de ventilation. La méthode de cliauffage employée est celle par l’air chaud, et je dois dire tout d’abord que de très-grandes améliorations y ont été apportées par M. Dei'schau, l’habile ingénieur chargé de réaliser celte partie du programme. Le chauffage ]iar l’air a deux inconvénients qu’il faut, avant tout, faire disparaître : la surchauffe de l’air, sa dessiccation.
Dans beaucoup d’appareils, l’air froid se cbauffe au contact de cylindres de fer fortement chauffés ; la lame d’air qui louche les parois intérieures du cylindre, comme à Beaujon, où la surface extérieure du poêle, comme dans les salles de M. Braün, à Vienne, se chauffe à iOO degrés, et quelquefois bien au delà, et cet air prend une odeur ])articnlière qui témoigne de son altération. En faisant liaverser à l’air froid un fourneau épais de briques réfractaires, M. Derschau s’est assuré que le maximum de chauffe ne dépasserait pas 40 ou 50 degrés.
If hydratation de l’air desséché par le chauffage sera, m’a-t-il été dit également, en examinant les appareils non encore en activité, opéré par un filet tl’eau pulvérisée à l’intérieur du tuyau où circule l'air chauffé.
Je l’ai répété bien des fois déjà (et, dans mon rapport général sur les hôpitaux, je pourrai entrer, à cet égard, dans les développements que comporte cette impoiTante question), le chauffage par l’air chaud est en même temps la ventilation par l’air chaud, et il faut au malade de l’air frais eipur pour la respiration, du calorique rayonnant pour réchauffer la surface extérieure du corps. Une cheminée à foyer ouvert chauffe par le calorique qui en rayonne directement, et une personne assise devant une cheminée où brûle à découvert du bois ou du charbon peut recevoir sur la surface extérieure de son corps des rayons de 50, 40 degrés de chaleur, sans que la température de
JCt)
DKS MATERNITÉS.
la couche tl’air au milieu duquel elle est plongée, et qu’elle respire, dépasse une température de 15 degrés, tandis que dans le chauffage par l’air chaud, l’air qui arrive aux ])Oiimoiis est à la mèmetem])érature que celui dans lequel le corj)s se trouve placé.
Le chauffage j>ar l’air chaud, passible toujours de reproches, me paraît, malgré les raisons d’économie, devoir être absolument banni des hopilaux. En vain ohjectera-t-on, spécialement pour la Russie, qu’on ne peut laisser entrer directement de l’air dont la température peut riiivcr être abaissée jusqu’à — 20°; entre réchauffement préalable, jusqu’à + 0° ou 8°, de l’air extérieur ultérieurement échauffé par les poêles ou les cheminées de la salle, et réchauffement complet etartiliciel de tout l’air introduit, il y a pour le médecin et l’hygiéniste un abîme que la science de l’ingénieur ne saurait combler.
Je regrette d’autant ])lus de voir des systèmes malheureusement enqiloyés en France (sans avis préalable des médecins et des chirurgiens des hêpilaux, et qu’on emploiera peut-être encore, quoique la Société de chirurgie les ait formellement proscrits), s’introduire en Russie, c’est-à-dire dans un pays dans les hôjtitaux duquel nous avions trouvé, avec un véritable bonheur, un mode de chauffage aussi simple qu’excellent : la réunion dans les mêmes salles des |)oèles en briques ou en faïence et de cheminées ouvertes; les poêles élevant à un degré suffisant la température de la chambre; la cheminée renouvelant incessamment l’air, et offrant au malade débile, affaibli, fébricitant, les douces influences d’un bon feu.
Ainsi que j’aurai plus tard l’occasion de le dire et de le montrer, les hôpitaux russes, })i'is dans leur ensemble, sont les mieux tenus et les plus satisfaisants de tous les hôpitaux de l’Europe. Le désir de mieux faire a fait adopter pour la nouvelle Maternité des dispositions empruntées à la Relgique et à la France, et je suis si convaincu de leur nocuité, que j’ai cru et que je crois encore pouvoir annoncer, avec l’espoir d’être démenti par les faits, que la iionvellc Maternité ne sera pas longtemps inaugurée sans qu’on y voie apparaître d’une façon inquiétante la fièvre juierpérale.