MUNICH
La nouvelle Maleniité de Munieh a été élevée en 1855 sur l’emplacement occupé par l’ancien établissement. Elle a, outre l’avantage du voisinage de riiôpital et des cliniques de rUniversilé, celui d’êlre placée sur un terrain sec; libre de tous les côtés, elle est entourée de jardins, protégée des venis du nord par les édifices voisins. Sa façade est séparée du boulevard sur lequel est situé l’établissement par un petit jardin.
Le batiment se compose d’un rez-de-cbaussée élevé sur caves, d’un entre-sol et de deux étages occupés parles femmes en couebes.
De forme carrée et ne formant à l’extérieur qu’une seule masse, la Maternité se divise intérieurement en une partie centrale et deux latérales, qui, en cas d’apparition d’une épidémie ou de faits isolés de fièvre puerpérale, peuvent être complètement isolées l’une de l’aiiti’e au moyen de portes vitrées.
Les deux parties latérales se ressemblent, sous le rapport du nombre et de la dis])osition des chambres, de sorte que la maison entière présente pour ainsi dire deux édifices séparés réunis par leur partie moyenne. (Voir pl. V, fig. 1.)
Pour rendre possible, en cas de besoin et sans gêner le service, la séparation des deux moitiés de l’établissement, chaque partie latérale a une entrée particulière, un escalier séparé; et comme cela existe également pour la partie moyenne, il en résulte que le bâtiment a trois portes d’entrée.
Le rcz-dc-cbaussée renferme le cabinet du directeur, les appartements de l’économe et de son employé, la cuisine, le magasin au
bois, les bains, les chambres pour provisions, la loge du portier.
A l’enlre-sol sont : la salle des cours, l’appartement du premier et du second assistant, le musée, la chambre de garde du ])raliquant, l’appartement de la sage-femme et les salles pour les pensionnaires de la première classe.
Le premier étage est occupé par le réfectoire, le dortoir, l’inlirmerie et la chambre de travail des femmes enceintes, l’infirmerie des enfants, la chambre de la sage-femme.
Le second étage (clinique d’accouchements) comprend la chambre des accouchements, une chambre pour accouchées malades, la salle de la sage-femme, la chambre de réunion des convalescentes, huit salles pour accouchées, la chapelle, etc.
Les salles des femmes enceintes ou accouchées forme un carré long, ayant, vers l’entrée, une sorte d’excavation, dans laquelle se trouve le poêle de chauffage. La largeur de ces salles est de 21 pieds (6"’, 09), sa longueur de 40 (11*‘‘,60), sa hauteur de 15 (4"’, 55); elle donne, par conséquent, un cubage total de 10,500 pieds pour six lits, ou 1,750 pieds (51'", 21) par lit.
Les lits sont placés le long des cloisons de séparation des salles, de manière qu’aucun courant d’air ni des fenêtres ni des portes n’arrive sur la malade. Chaque salle pourrait, au besoin, renfermer dix lits, et comme il y a, outre les deux chambres pour l’accouchement, dix-huit salles pour femmes enceintes ou aceouchées, il en résulte qu’on pourrait placer dans l’établissement 180 lits, tout en conservant plusieurs petites chambres pour les femmes qu’on voudrait isoler.
Parmi les particularités que nous présente la Maternité de Munich, nous pouvons citer la salle de désinfection, dans laquelle l’air est fortement chauffé à l’aide d’un poêle particulier. Lorsqu’on en fait usage, on y place les objets à désinfecter, on ferme hermétiquement la porte; mais, pour qu’on puisse surveiller l’intérieur, une fenêtre est enchâssée dans la porte, et un thermomètre permet de constater l’élévation de la température, et de la régler de
manière à ne pas détériorer les objets on les usiensiles passés ainsi à rétiive.
Le parquet des salles, comme celui de presque tous les établissements bospilaliers de l’Allemagne, est enduit d’une composition, dont l’huile fait la base, et dont la propriété est d’empêcher l’imbibition du bois, et de le préserver de l’humidité.
La Maternité de Munich reçoit deux classes d’accoucbées : 1“ les malades payantes et celles qui yeulent garder le secret ; 2" les malades pauvres, reçues gratuitement.
La division payante n’a aucun rapport avec la clinique obstétricale; le médecin qui la dirige est nommé par le magistrat de la ville.
Le professeur d’accouchements, chargé de la direction de la clinique, est nommé par le gouvernement; il en est de même de celui qui dirige l’Ecole des sages-femmes.
L’établissement sert alternativement à l’éducation spéciale des étudiants et des sages-femmes. Aux premiers, pendant huit mois, de décembre en juillet; aux sages-femmes, pendant quatre mois, d’août en novembre; de telle façon que les étudiants ne séjournent pas dans l’établissement en même tenq^s que les élèves sagesfemmes ‘.
La maison d’accouchements est la propriété de la ville de Munich, qui en dirige l’administration; la direction immédiate est confiée au professeur de la clinique obstétricale.
L’administrateur [Yerwalter) doit surveiller tous les services, et, au besoin, représenter le magistrat. Un conseil surveille plus spécialement les dépenses et le service de l’économat; il tient souvent ses séances dans l’établissement.
Dans beaucoup d’bôpitaux d’Allemagne, la cuisine est affermée, tantôt en payant au fermier chaque article, chaque mets en particulier, lantôt en payant par jour et par tête pour la nourriture des
* Cette disposition se retrouve dans plusieurs Maternités d’Allemagne, spécialement à Wurzburg.
malades. C’est celte dernière méthode qui est employée à Munich. La cuisine de la maison d’accouchement est affermée à l’administratenr (Verwalter), moyennant 14 kreuzer (54 cent.) par jour et par tète. En 1855, il a reçu 3,868 florins, 54 kreuzer (8,356 francs). Sans expérience siilfi santé, nous ne saurions approuver ou blâmer cette manière de faire, qui nous paraît a priori préjudiciable au bien-être des malades.
Le professeur donne l’enseignement; il est aidé par le répétiteur de l’Ecole des sages-femmes et par les sages-femmes de la maison. Chaque élève sage-femme doit au moins avoir fait vingt-quatre accouchements, avoir examiné et soigné un plus grand nombre de femmes enceintes, ordinairement plus de quarante.
Trois sages-femmes demeurent dans l’établissement, et reçoivent des honoraires : une sage-femme en chef et deux aides-sagesfemmes.
La sage-femme en chef, outre ses fonctions médicales, est chargée de la surveillance de tout ce qui concerne le service : ordre, propreté, linge, etc. Elle est aidée par ses aides-sages-femmes, une infirmière (AiisMiIfs-IIehamme), et des élèves externes (Ilospitantinnen) de l’Ecole des sages-femmes, en nombre indéterminé, et faisant gratuitement le service.
La sage-femme en chef reçoit 12 florins (25 fr. 90 cent.) par mois; chaque aide- sage-femme, 6 florins (12 fr. 95 cent.); et l’infirmière, 5 florins (10 fr. 80 cent.), plus 25 kreuzer (90 cent.) ])ar jour pour sa nourriture, une portion de bière, le logement, le chauffage et l’éclairage.
Les élèves externes sont logées leurs jours de garde. Si elles le méritent par leur conduite, leur zèle et leur instruction, le magistrat peut les nommer sages-femmes dans les arrondissements qui en sont dépourvus. Par cet arrangement, dit M. Anselme Martin, ancien directeur de la Maternité, l’établissement a gratuitement des aides, et la ville de Munich des sages-femmes expérimentées.
J’ai cru utile de citer, à titre de pièce justificative, les chapitres
les }»liis importants du règlement de la Maternité de Munich; il [leiit servir, comme spécimen, à se rendre compte des détails de l’organisation des Maternités allemandes.
Maternité de Munich.
La Maternité est sous la direction immédiate du professeur de clinique obstétricale de l’Ecole des sages-femmes, dél^ué et représentant de l’administration municipale, à laquelle appartient l’établissement.
Deux médecins en chef s’occupent de l’enseignement et des soins à donner aux malades ; l’un de ces médecins est le directeur de la Maternité.
Deux médecins assistants sont les aides et les suppléants des médecins en chef; ils reçoivent des appointements, et sont logés dans l’élahlissement.
Une maîtresse sage-femme, ou sage-femme en chef, a la surintendance des subalternes.
Un employé (Verwalter) s’occupe des détails matériels et financiers.
Directeur*. — Le directeur de la maison d’accouchement doit surveiller raccomplissement des ordres de l’autorité supérieure, et diriger l’établissement. 11 est resi»onsable devant le gouvernement de la haute Bavière ; et, pour ce qui regarde plus spécialement les ordres entraînant une dépense de fonds, il est responsable devant le magistrat. Comme il n’est chargé ni de l’administration, ni du détail des dépenses, ni d’affaires administratives, le budget et la direction matérielle sont sous la surveillance du magistrat.
D reçoit comme président de l’Ecole des sages-femmes 700 florins; mais il ne reçoit rien comme directeur de rétablissement d’accouchement, cette seconde fonction étant une conséquence de la première.
Gehiir- uni Findelhaus in München, ihre Geschiclile uni Erfahrungen, von D. A. Martin.