‹ Des MaternitésChapitre 68 sur 106 · BERLIN · texte numérisé non relu

BERLIN

Berlin renferme deux Malernités : celle de l’hôpilal de la Charité et la Clinique de l’Université.

La Clinique de l’Université est installée dans une ancienne habi-

lation particulière, qui sert de Maternité, et dans laquelle habitent le médecin en chef et son assistant. Elle ne reçoit qu’un petit nombre de femmes en couches; mais elle est remarquable par l’organisation du service d’accouchement à domicile qui en dépend, service destiné à la fois à l’enseignement de l’obstétrique et à la bienfaisance, et dont je donnerai une idée plus complète, en donnant plus loin, au chapitre de l’enseignement, un extrait du règlement qui préside à son organisation.

La Maternité de l’hôpital de la Charité, isolée du reste de l’établissement, est installée dans l’ancien lazaret des varioleux; elle peut recevoir quatre-vingts femmes enceintes. Le sous-sol, voûté, et d’une hauteur de 4 mètres, renferme les chambres destinées aux femmes enceintes et aux élèves sages-femmes. Le rezde-chaussée et le premier étage, d’une hauteur de 5 mètres environ, sont destinés aux accouehées. Un corridor règne sur toute la longueur du bâtiment, ses fenêtres sont doubles, et il est ehauffé j)ar des fourneaux qui chauffent aussi les salles. Chaque salle renferme, en général, six lits.

11 m’est impossible de donner quelque renseignement sur la mortalité de la M-aternité, les comptes rendus ne donnent que le chiffre des accouchées, des entrées et des sorties ; et les femmes, prises de fièvre puerpérale, sont, comme les autres accouchées malades, transférées dans les serviees ordinaires de la Charité. Cependant, des renseignements, puisés sur les lieux mêmes, me donnent lieu de croire que la fièvre puerpérale règne assez fréquemment dans cette Maternité. Le transfert des malades paraît avoir lieu, moins pour éviter la contagion, que comme mesure générale d’organisation administrative.

Les femmes enceintes sont reçues au sixième mois de leur grossesse, quelle que puisse être leur condition de fortune; mais chaque malade doit payer, et si elle ne peut le faire elle-même, sa commune ou ses parents doivent payer pour elle.

Des sages-femmes sont, d’une manière permanente, attachées à

l’établissemenl; mais le cours est fait, l’été, aux étudiants, par le professeur Sihveller; et, l’hiver, aux élèves sages-femmes, par le professeur Nagel. Aucune institution d’assislance à domicile ne dépend de cette Maternité.

Le service de la Maternité, outre les sages-femmes qui y sont al lâchées d’une manière permanente, est fait, comme celui de la Charité, par des élèves de l’institut Frédéric-Guillaume, ayant déjà quatre années d’élndes, attachés à l’hopilal comme internes, et ayant le titre de TJnter-Arzt. Le temps qu’ils passent à la Charité leur compte pour l’année de service militaire que chacun doit faire en Prusse, où il n’existe, henreusemenl, ni conscription ni remplacement militaire.

Il y a, en Prusse, dix-huit Maternités, en même temps Ecoles de sages-femmes, qui, pour la plupart, relèvent directement de l’Etal. Elles sont presque toutes organisées de la meme manière, et régies d’après le règlement suivant, donné, en 1844, pour la province de Westphalie, et dont je donne ici une analyse très-ahrégée ’, en réservant pour un chapitre spécial ce qui se rapporte à renseignement.

I. St.\TÜT.S GÉ.NÉRAUX .\DMI>'ISTR.UIFS UES ÉCOI.ES DE SAGES-FEMMES.

t. L’établissement de Paderboni est destiné à former des écoles de sages-femmes pour la province de Westphalie, à soigner les 'femmes enceintes ou accouchées.

2. Il est sous la direction suprême du président supérieur de la province.

T). Une commission, composée de conseillers médicaux (Medicinalrath) des gouvernements respectifs, subordonnée au président, dirige et surveille l’établissement.

4. Les fonctions de la commission sont ; l’examen définitif des sages-femmes, l’examen des projets d’amélioration des établissements. La commission à laquelle se joint le directeur de la Maternité se réunit deux fois par an.

5. La direction immédiate de l’établissement est confiée à un directeur.

6. L’admission des élèves dépend des gouvernements respectifs; celle des femmes enceintes de la province dépend du directeur de la Maternité.

7. Les élèves étrangères à la province ne sont admises qu’avec l’autorisation dugouver ncur de la province; les femmes enceintes étrangères à la province ne sont admises que dans le cas d’urgence.

' lloRN. Das Prei'ssische Medicinalwesen. Berlin, 1805.

8. Tous les ans 011 donne l’éducation spéciale <à 00 élèves divisées en deux groupes, (iliaque cours dure quatre mois.

9. Les élèves sont entretenues par leurs communes ; les femmes enceintes sont soignées aux frais de l’État, d’après l’état du budget de l’établissement.

Les inslrnments que les élèves reçoivent à leur sortie leur sont donnés aux frais des communes ; les primes pour les élèves (pii se sont le plus distinguées sont données sur les fonds de secours aux sages-femmes.

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