Elle veille à radministration des médicaments
W. Elle doit demeurer dans l’établissement et no doit pas sortir sans la permission du directeur.
Elle ne peut loger chez elle, même ses plus proches parents, même pour une seule nuit, sauf en cas de maladie, et avec autorisation du directeur.
25. Elle peut donner aux femmes enceintes des travaux légers (couture, filage), mais sans que cela puisse leur occasionner de fatigue.
20. Elle est chargée de la nourriture des femmes enceintes et accouchées, et de celle des élèves .
H. Règlement roiR les femmes enceintes ou accouchées dans les établissements PROVINCIAUX (Ecoles de sages-femmes) (Paderborn).
\ . On peut recevoir cinquante femmes par an, gratuitement, et autant de payantes qu’d s'eu présente.
2. La durée du séjour est de six semaines environ ; le directeur peut la prolonger dans les cas de besoin ou dans l’intérêt de la science.
3. Il dépend du directeur de partager ces six semaines de manière à ce que la plus grande partie tombe avant ou après l’accouchement, selon l’intérêt de la femme et celui de la science.
5. Les admissions n’ont lieu que pendant la durée de l’enseignement des élèves sagesfemmes, c’est-à-dire du 1 octobre au 3 1 mai. Celles qui sont admises pendant cette époque sont gardées au delà de ce terme, et jusqu’à ce que leur état leur permette de sortir.
Mais les femmes enceintes ne sont jdus admises dès qu’on prévoit qu’elles accoucheront pendant les vacances.
fi. L’admission des femmes enceintes appartient au directeur.
7. Les fcmines enceintes ne sont pas admises si elles sont affectées de syphilis, d’une maladie cutanée ou d’affection contagieuse.
8, Les femmes enceintes non mariées ne peuvent être admises qu’avec une permission écrite de l’autorité de leur commime qui s’engage à reprendre la femme et l'enfant, afin qu’ils ne restent pas à la charge de la ville de Paderborn.
0. Chaque naissance est annoncée par le clirectcnr et le curé de Paderhoin au curé de la connnnne à laquelle appartient la lenime.
11 . Si la femme enceinte vent être admise sans dire son nom, le directeur doit, avant de l’admettre, demander des instnictions au gouvernement de Minden.
12. Les femmes admises doivent se soumettre à l’examen des élèves.
Les femmes payanles sont isolées des autres, et n’ont aucun rapport avec l’enseignement. Elles doivent adresser leur demande d’admission ait directeur, et payer d’avance })Our un mois. 20 silbergroschen par jour (2 fr. 50 cent.), en hiver; et 15 silbergroschen, en été (1 fr. 95 cent.).
FRANCE
PARIS
L’admirable mémoire de Tenon, publié, en 1788, par l’ordre de Louis XVI, nous donne des détails sur la manière dont étaient organisés, à la fin du siècle dernier, les services d’aceouchements dans la ville de Paris. Toute femme enceinte qui se rendait à l’Hotel-Dieu, y était admise lorsqu’elle était parvenue au neuvième mois de sa grossesse. Celles qui, avant cette époque, désiraient trouver un refuge secret, le trouvaient à l'hôpital de la Salpêtrière; une salle particulière, où aucun étranger ne pouvait pénétrer, leur était destinée ; et si elles se proposaient de nourrir, une autre salle secrète leur offrait dans le même hôpital un asile et un refuge temporaires.
Malheureusement, le service principal, celui de l’Hôtel-Dieu, était dans un étal déplorable; six salles étaient destinées aux femmes enceintes, aux accouchées, aux nourrices; elles renfermaient, le 12 janvier 1786, soixante-sept grands lits et trente-neuf petits, au total cent six lits, occupés par 175 femmes grosses ou accouchées, et
DES MATERiMTES.
par 16 personnes de service, « ce qui place, dit Tenon, trois personnes dans dix-huit grands lits de quatre pieds quatre ponces de large. Les galeuses ont à leur disposition cinq places dans trois lits; les vénériennes en ont deux dans un seul lit de trois pieds de large. Quant aux autres malades, on les confond dans les mêmes lits avec les femmes enceintes bien portantes. » Les résultats étaient en rapport avec un si incroyable état de choses. En onze années, de 1770 à 1780 inclusivement, sur 17,876 accouchées, il en mourut 1,142, c’est-à-dire 6 pour 100, ou 1 sur 15,6, et, comme le fait observer Tenon, le transfert dans les autres salles des accouchées malades pourrait faire évaluer cette mortalité à une morte sur dix accouchées.
Heureusement, la Révolution vint bientôt modifier l’organisation de riIôtel-Dieu et celle du service des accouchements; le 15 juillet 1795, nn décret convertit en hôpital l’ancienne abbaye de Port- Royal, située rue de la Rourhe, et y réunit les femmes en couches et les enfants trouvés. En 1814, une nouvelle modilication eut lien; la section des enfants trouvés, connue sous le nom de Maison (rallailcment, fut définitivement séjiarée de la Maison d’accouchement, et transportée rued’Enfer, dans rétablissement qu’elle occupe aujourd’hui, sous le nom d’hospice des Enfants-Assistés. Déjà, en 1802, la Maison d’accouchement avait reçu l’organisation nouvelle, qui la ti’ansformait en école pour les sages-femmes, oi’ganisatioii définitivement constituée par les arrêtés de 1807 et de 1810.
Aujourd’hui, Paris comprend trois établissements spéciaux d’accouchemeut : l’école d’accouchement de la me de Port-Hoyal (la Maternité), la clinique de la Faculté de médecine (la Clinique), et la nouvelle Maternité, annexée à l’hôpital Cochin. Outre ces établissements spéciaux, presque tous les hôpitaux généraux possèdent une salle destinée à recevoir des femmes se présentant à l’hôpital, alors que le travail de raccouchement est déjà commencé.
Les conditions générales pour l’admission sont les mêmes pour
2lo
les femmes enceinles que pour les autres malades; elles doivent être domiciliées à Paris, c’est-à-dire y habiter depuis plus de six mois; dans le cas contraire, *’admissiou n’a lieu que moyenuaiit le payement de 2 fr. 25 cent, à 2 fr. 50 cent, environ par jour. Cette clause du règlement est, malheureusement, appliquée trop souven! par des agents administratifs trop zélés dans l’exécution des règlements, et qui méconnaissent dans ces circonstances, j’en suis convaincu, les véritables intentions de l’administration des hôpitaux. Toutefois, nos collègues des hôpitaux étrangers n’a})prendronl pas sans étonnement que le droit de recevoir un malade dans l’hô- ]>ital auquel nous sommes attachés ne nous appartient pas, et que l’administration se l’est expressément réservé. « Il sera, dès lors, bien entendu, dit la circulaire du 28 juillet 1854, que l’administration seule dispose des lits existants dans ses établissements, et que la mission de MM. les médecins consiste à signaler les maladies qui \eur j)araissent devoir être traitées à l’hôpital. »
Et, dans une autre instruction, nous trouvons un article 8, ainsi conçu : « L’admission des indigents malades à l’hôpitnl est prononcée ])ar l’administrateur de service. Il prend, autant que jiosslble, Vavis du médecin de l’établissement. » Malheureusement aussi, cette clause du règlement n’est pas lettre morte, et il nous arrive trop souvent de voir refuser, par un employé de bureau, les secours de la charité publique à un malheureux, n’ayaiit pas le temps voulu pour avoir à Paris son domicile légal, ou étant trop pauvre pour pouvoir payer les frais de séjour à l’hôpital, et cela malgré le billet d’admission, au bas duquel notre signature constate l’urgence de lui donner des secours. Ici, la responsabilité de pareils faits, que j’ai constatés moi-même plusieurs fois, retombe de toute sa gravité sur l’administration laquelle, oubliant que la charité est sa véritable mission, a promulgué un règlement (jui ne place pas au-dessus de toutes les autres considérations la déclaration écrite et signée par le médecin, que le malade, quel qiCil soit, a besoin d’un lit d’hôpital et des secours de la médecine ou de la chirurgie. Nous pou-
VOUS, dans les mêmes circonstances d’exclusion, être indnlgenls pour des institutions particulières, qu’elles soient à Paris ou ailleurs, entretenues par des souscriptions volontaires, constituant, en définitive, pour les souscripteurs ou ceux auxquels ils transmettent leurs droits, une association, une sorte d’assurance mutuelle contre la maladie; nous ne pouvons plus l’être pour des administrations publiques, quel que soit le pays où elles existent, surtout lorsque leurs revenus, comme cela a lieu à Paris, proviennent de legs, dans lesquels cette clause limitative et exclusive n’était pas insérée; d’allocations prises sur les revenus municipaux, revenus, provenant de droits et d’impôts payés par tous ceux qui se trouvent à Paris; et ceux qui participent aux charges, devraient pouvoir parliciper aux secours. On ne laisse pas. Dieu merci, mourir de faim, dans les rues de Paris, un malheureux, dénué de tout, sous prétexie qu’il n’est j)as de Paris; il ne faudrait pas qu’on puisse jamais exciper d’un règlement ])our le laisser mourir, faute <les secours que médecins et chirurgiens ne refusent, du moins, à personne.
GependanI, liàtons-nous de le dire, ces faits sont exceptionnels, nos sollicitations personnelles sont presque toujours favorablement accueillies des employés de l’administration ; et pour ce qui concerne les femmes enceintes sur le point d’accoucher lorsqu’elles se présentent à l’hôpital, je ne sache pas que l’entrée de l’établissement leur ait jamais élé refusée pour des raisons extra-médicales.
Les conditions d’admissibilité des femmes enceintes diffèrent, suivant qu’il s’agit d’un hôpilal ou d’un service spécial d’accouchement. A la Maternité, à la Clinique, les femmes sont reçues à partir du huitième mois de leur grossesse; mais elles doivent se soumettre aux explorations obstétricales, faites, avec toute la réserve indis- {)ensable, par les élèves en médecine ou les élèves sages-femmes. Dans les hôpitaux ordinaires, les femmes ne sont reçues qu’en cas d’urgence, et lorsque le médecin interne de garde a lieu de croire, après avoir pratiqué le toucher, que l’accouchement se fera dans
les deux lieures qui suivent. Dans le cas contraire, les femmes ne sont pas admises, et on les invite à se rendre dans un des trois établissements spéciaux : la Maternité, la Clinique ou l’hôpital Cochin. Je m’occuperai seulement de ces trois institutions.
HApital des Cliniques.
L’hôpital des Cliniques (ou plus ordinairement la Clinique), construit dans les bâtiments de l’ancien couvent des Cordeliers, a été longtemps administré par la Faculté de médecine; placé depuis sous la direction de l’administration des hôpitaux, il a été réouvert en 1834.
Situé sur la place de l’Ecole-de-Médecine, en face de la Faculté, il se compose d’un parallélogramme de batiments, entourant une cour centrale; mais toutes ces constructions sont loin d’avoii* la même importance. Les deux bâtiments formant les extrémités opjiosées de l’hôpital constituent presqu’â eux seuls tout rétablissement, car les deux ailes qui les relient n’ont qu’un étage, et leur rez-de-chaussée forme une galerie couverte, une sorte de cloître. La clinique chirurgicale de la Faculté occupe un des bâtiments principaux : l’aile du nord et une partie de l’aile du sud; le reste est consacré à la clinique d’accouchements.
La situation de cet hôpital laisse beaucoup à désirer. Le bâtiment de la clinique chirurgicale a sa façade sur une rue qui aboutit à la place de l’Ecole-de-Médecine; celui de la clinique d’accouchements donne d’un côté sur la cour centrale, de l’autre sur l’ampliithéâtre consacré aux études anatomiques des élèves de la Faculté : amphithéâtre renfermant une moyenne journalière de cinquante cadavres en cours de dissection. Sur les parties latérales, riiôpital est enclavé dans des maisons particulières.
Le service d’accouchements, le seul dont j’aie à m’occuper actuellement, comprend six salles, destinées aux femmes accouchées ; ces salles sont, â partir de l’entrée, disposées de la manière sui-
vante : un corridor central, éclairé par les portes ouvertes des salles latérales, aboutit à une première salle, placée perpendiculairement à l’axe du corridor; cette salle renferme douze lits, et communique par une large porte avec une seconde salle, parallèle à la première, de même étendue, et ne renfermant que huit lits. Entre l’entrée j)rincipale du service et ces deux salles, se placent, des deux côtés du corridor, six chambres, trois de chaque côté. Quatre de ces chambres sont occupées par des femmes accouchées, et renferment chacune quatre lits: les deux chambres qui précèdent les grandes salles terminales sont affectées : celle de droite à la prépaient ion des cataplasmes, au chauffage du linge, etc. ; celle de gauche constitue le cabinet delà surveillante.
La partie du service, affectée aux accouchées, se trouve isolée; le parloir des femmes enceintes, le cabinet du professeur, la salle d’exploration (dite du toucher), servant aussi quelquefois à placer une malade atteinte de délire, la salle destinée à l’accouchement (dite chambre de travail), le dortoir des nourrices et celui des femmes enceintes sont sé})arées des salles d’accoucliées.
Ces salles des accouchées doivent seules m’occuper; toutes communiquent largement les unes avec les autres, car si elles ont des portes, ces portes ne sont pas fermées, du moins pendant le jour. Là encore, j’ai été heureux de voir que les réclamations, formulées, en 18G1, dans ma note sur l’hygiène hospitalière, com[)arée en France et en Angleterre, n’ont pas été inutiles; et, quoique l’administration reste toujours officiellement partisan du système de chauffage artificiel pour les hôpitaux, elle a eu l’excellente pensée de placer deux cheminées à foyer ouvert aux extrémités des grandes salles, et une dans chacune des petites salles.
Les lits sont en fer comme ceux des autres hôpitaux ; ils se com- [loscnt d’un sommier élastique et d’un matelas de laine ; mais, malheureusement, ils possèdent toujours leurs rideaux, qu’on ne renouvelle et qu’on ne hlanchit que tous les six mois, môme quand la femme qui occupait le lit, a succombé à la fièvre puerpérale.
Les habitudes sont, au contraire, excellentes pour ce qui concerne les matelas. Après chaque accouchement, ils sont enlevés, reportés au magasin, recardés et remplacés par d’autres, nouvellement remis à neuf. Les femmes ont chacune leur éponge et une canule pour injections vaginales.
Il n’y a pas d’infirmerie, et les accouchées malades, qu’elles soient ou non atteintes de fièvre puerpérale, sont soignées dans le lit, où elles avaient d’abord été placées après leur accouchement.
Le service est fait par une sage-femme en chef, une aide sagefemme, et une surveillante, assistée de six infirmières. Deux infirmières séjournent le jour dans les salles d’accouchées : une y veille la nuit ; deux autres se partagent le service de jour et de nuit à la salle de faccouchement; la sixième est attachée à la salle des femmes enceintes.
Le personnel médical se compose de professeur d’accouchements (M. Depaul), d’un chef de clinique, d’un interne en pharmacie, et d’élèves.
La clinique est destinée à l’éducation pratique des étudiants en médecine et des élèves sages-femmes libres, inscrites à la Faculté. Les étudiants ayant accompli leur troisième année d’études y sont seuls admis. Ils s’inscrivent, à tour de rôle, par série de cinq élèves; et un signal, placé à l’une des fenêtres intérieures du bâtiment, leur indique quand une femme se trouve en travail, et, aussi, quand ils peuvent en dehors des heures de la visite médicale entrer à la Clinique. Les étudiants ne font que les accouchements ayant lieu pendant le jour, les élèves sages-femmes sont chargées de ceux qui s’effectuent pejidant la nuit; à cet effet, les élèves sagesfemmes sont, à tour de rôle, de garde dans la salle d’accouchement, et alternativement une fois le jour, une autre fois la nuit.
Tandis que les femmes enceintes ne peuvent réglementairement être reçues dans les hôpitaux ordinaires que si le travail de l’accouchement est commencé, elles peuvent entrer h la Clinique dès le huitième mois de leur grossesse. Une salle spéciale, renfermant
DES MÂTEPNITÉS.
seize lits, leur est affectée, au deuxième étage de rétablissement.
Ce que j’ai dit plus haut, quant à la disposition des salles renfermant les femmes en couches, leur communication trop facile les unes avec les autres, l’absence complète d’isolement des femmes atteintes de fièvre puerpérale, la présence des rideaux et leur renouvellement beaucoup trop rare, expliquent la grande mortalité qui règne à la Clinique. Cette mortalité a diminué pendant ces trois dernières années; mais on peut être assuré que l’apparition d’une lièvre puerpérale spontanée ou primitive, coïncidant avec des conditions fâcheuses et temporaires d’encombrement, d’état atmosphérique, etc., y déterminera encore le développement d’épidémies meurtrières. Telle qu’elle est, la Clinique ne me paraît pas susceptible d’améliorations capables de la rendre apte à recevoir sans danger des femmes en couches, et j’appelle de tous mes vœux le jour où elle recevra une antre destination.
Maternité de rhôpital Cochin.
Au mois de juin 1865 a été inaugurée la nouvelle Maternité de l’hôpital Cochin, Maternité modèle au dire de l’adminisiration qui l’a construite sans prendre l’avis du corps médical des hôpitaux.
Dans nos discussions antérieures sur l’hygiène des hôpitaux, nous avions montré que les salles de malades ne doivent pas renfermer plus de dix ou douze lits , que chaque lit doit être séparé du lit voisin [)ar un large intervalle, que chaque salle doit être chauffée [)ar une cheminée à foyer ouvert, qu’il faut annexer à chacune de ces salles un lavabo, un office, des water-closet, etc.; toutes ces dis])Ositions se retrouvent dans la nouvelle Maternité et nous avons été heureux de voir qu’en définitive nos critiijues et nos conseils n’ont ]>as été tout à fait inutiles, heureux surtout de constater une fois de plus que l’administration cherche avec un sincère empressement à améliorer ce qui existe. Malheureusement elle semble jalouse d’en conserver l’initiative a[)parente et le privilège réel, et
DES MATERMTKS.
le but échappe quelquefois à ses légilimcs désirs ; ainsi ce qui est excellent pour un hôpital chirurgical, est iiisuflisaiit quand il s’agit d’uii établissement d’accouchement, quand il s’agit d’éviter la propagation d’une maladie dont les médecins seuls peuvent découvrir ou connaître les conditions d’apparition et de dévelopjæment.
I.a lièvre puerpérale, comme je l’ai dit plus haut (page 165), s’est propagée librement dans la nouvelle Maternilé un mois à peine après sa mise en activité. Puisse cet exemple ne pas être perdu et puisse-t-il montrer à l’administration supérieure, si dédaigneuse, sur la question du nouvel Hôtel-Dieu, de l’avis unanime des chirurgiens des liô])itanx de Paris, que les connaissances spéciales ne s’acquièrent que par de longues années d’étude et d’observation, et que, si les ingénieurs et les architectes sont les seuls capables de diriger la construction matérielle d’un hôpital, les médecins seuls (et à la condition expresse d’avoir étudié les questions) sont capables de pouvoir indiquer quelles idées doivent, dans l’état présent de la science, présider au choix de l’emplacement, à l’évaluation de l’étendue, à la dis])Osition intérieure des établissements hospitaliers qu’il s’agit de construire.
La nouvelle Maternité placée au fond du jardin de l’iiôpitai Cochin est bâtie sur le plan des pavillons isolés, à escalier cenli'al (voir le plan planche VI, fig. 1). Elle se compose d’un rez-de-chaussée et de deux étages. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont destinés aux femmes accouchées saines, le second étage renferme quelques petites chambres isolées destinées aux accouchées malades; l’appartement de la sage-femme, le dortoir des infirmières, etc... Je décrirai seulement le premier étage le plus important et celui qui caractérise le mieux le mode de construction adopté.
L’escalier venant du rez-de-chaussée est placé du côté de la façade postérieure, il monte jusqu’à un large corridor occupant le centre de l’édifice et parallèle à son grand axe. En face de l’escalier se trouve la chambre de l’accouchement prenant jour sur la façade principale par deux larges fenêtres, et s’ouvrant sur le corridor
central par deux portes dont l’une a été condamnée comme inutile. Cette salle renferme trois lits pour l’accouchement.
A côté et à droite de cette salle s’ouvre uu corridor aboutissant à une petite cuisine ou office, et donnant accès sur le côté à un petit cabinet éclairé indirectement par la cloison vitrée qui le sépare de la petite cuisine; il renferme une baignoire, un lavabo et un apjiareil à douches utérines.
De l’autre côté du corridor se trouvent ; à gauche de l’escalier (en y faisant face) une chambre destinée aux opérations obstétricales et servant de cabinet au médecin ; à droite de l’escalier et au fond d’uu étroit corridor, des water-closet, un évier et l’ouverture de la trémie qui avait d’abord été oubliée dans la construction.
A chaque extrémité du corridor s’ouvrent deux belles salles éclairées de chaque côté par quatre fenêtres et renfermant chacune dix lits. Le chauffage est affectué par une cheminée ouverte ]dacée à l’extrémité opposée à la porte et par un calorifère à air chaud dont le cylindre traverse la salle du parquet au plafond. Cette disposition donnée à la Maternité est passible de critiques et de reproches. La salle destinée cà l’accouchement s’ouvrant directement sur le corridor commun par deux larges portes simples, il en résulte que les cris des femmes en travail d’accouchement s’entendent avec une déplorable facilité dans les salles oii sont les nouvelles accouchées dont ils interrompent le sommeil. Les femmes en travail éprouvent souvent le besoin d’évacuations alvines et vésicales, souvent il est utile de leur administrer iin bain, toujours il est besoin pour elles de liuge chaud, de tisanes chaudes, etc. Or la salle de l’accouchement ne communique directement, ni avec la salle de bain, ni avec les water-closet, ni avec l’office ou petite cuisine, et cela eût été d’autant plus facile que, sauf pour les water-closet qu’on peut remplacer par l’appareil Tirmarche ou tout autre analogue, il n’y avait pour établir cette communication qu’une simple cloison cà percer. Enfin, la salle d’opération est de l’autre côté du corridor et malgré la destination qui lui est officiellement affectée, comme il est peu
])i‘obable qii’im accouclieur fera jamais Iransporler d’une 'salle à une autre, au travers d’un corridor une femme sur laquelle il se décide à pratiquer la version, ou à appliquer le forceps, la salle d’opération restera probablement ce qu’elle est actuellement : le cabinet du médecin ou une salle de rechange pour raccoucliement.
Quant aux salles des accouchées, tout en rendant })leine justice à leur propreté actuelle, à l’espacement convenable des lits, à la présence d’une cheminée, etc., ce que j’ai dit jusqu’à présent peut faire présager ce que je pense de l’influence fâcheuse de la réunion de dix accouchées dans la même salle.
Il est à peine besoin de le dire, malgré les imperfections et même les défauts tenant à la trop nombreuse population de ses salles, la nouvelle Maternité constitue un immense progrès sur les autres services d’accouchement actuellement en activité, et il serait facile de l’améliorer encore en faisant disparaître les imperfections que je signalais tout à l’heure, en transférant immédiatement dans les salles de médecine de l’hôpital, et, s’il est possible, dans des chambres isolées, les femmes atteintes de fièvre puerpérale; en prenant contre la contagion des précautions qu’on prend d’autant moins que le personnel médical de la nouvelle Maternité ne paraît pas croire à la contagiosité de la maladie; en évitant, comme cela a eu lieu, le séjour des malades dans les salles après le développement du typhus puerpéral; en évitant surtout (et je constate ce fait sans aucune idée de re])roche envers qui que ce soit) que les infirmières donnent leurs soins à la fois aux malades placées dans les chambres isolées du second étage et aux accouchées non malades ; et enfin que le médecin interne passe sans transition, et avec les mêmes vêtements, des salles des femmes en couches à rampliitliéâtre, et vienne, presque sans transition, pratiquer le toucher après avoir pratiqué l’autopsie d’une fièvre puerpérale.
Grâce à ces précautions, je suis convaincu que la Maternité de l’hôpital Cochin fournirait de meilleurs résultats que ceux qu’elle a donnés jusqu’à présent, et qu’elle remplirait mieux le but si vive-
ment dicrclié, mais foiT imparfaitement atteint par ratlministration.
Maternité.
La Maternilé, comme je l’ai dit plus haut, est depuis 1795 installée dans rancienne abbaye de Port-Royal. Le service des enbmts trouves en fut séparé en 1814, et sou organisalion a peu changé depuis cetle époque. Située topographiquement dans une excellente position, sur un terrain élevé, à côté de l’Observatoire, à proximité des jardins du Luxembourg, la Maternité possède de grandes cours, à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments; de vastes jardins s’étendent en arrière de la maison, dont ils forment une dépendance. La Maternité occupe donc une situation des plus salubres, des meilleures à tous égards, et c’est à des causes en quelque sorte intérieures qu’elle doit son extrême insalubrité.
Son entrée principale est sur la rue du Port-Royal ; elle dépend d’un ])ctit bâtiment annexe de l’bôpital, et dans lequel se trouvent les bureaux et le logement du dii’ecleur, le bureau des entrées, la salle de garde du médecin interne attaché à la maison.
Un quadrilatère de bâtiments circonscrivant une cour centrale constitue la partie fondamentale de l’établissement, celle où sont placées les femmes eu couches. Je n’entrerai pas dans le détail des couloirs, des escaliers et des corridors; la Maternité n’a pas été constiuite pour la destination qui lui a été donnée ultérieurement, et je me bornerai à signaler les dispositions qui ont pu avoir de l’innueuce sur la grande mortalité de cette institution.
Le bâtiment du sud est destiné aux accouchées. Le rez-de-cbaussée est occupé par les services généraux : cuisine, jibarmacie, etc. Le premier étage et le second ont une disposition identique. Cbacim d’eux comprenait, jusqu’à ces derniers mois, une seule salle régnant sur toute la longueur du bâtiment, coupée en deux parties par un office ou petite cuisine. De cbacuii des murs de façade par-
lent des cloisons qui n’arrivent qu’au tiers de la largeur de la salle, et circonscrivent ainsi des petites cellules, privées de paroi dans la })arlie qui répond au centre de la salle, et par conséquent largement ouvertes de ce côté; de sorte que la salle se trouve convertie en un long corridor sur lequel s’ouvrent largement, à droite et à gauche, deux rangées de cellules. Chacune de ces cellules, renfermant un lit et un berceau, répond à nue fenêtre extérieure : fenêtre qu’il est impossible d’ouvrir lorsque le lit est occujié, sous peine de déterminer, grâce au cloisonnement, un violent courant d’air. Aussi sont-elles ])iesque toujours fermées, et il en résulte alors que l’air stagne et s’immobilise dans le fond de celle demi-cellule, ouverte seulement en avant. Ce mode de cloisonnement, qui ne s’oppose en rien à la contagion, qu’on ne peut mieux comparer qu’aux boxes des écuries anglaises (comme dis])osition seulement, bien entendu), me paraît chose des plus lâcheuses. Malheureusement, elle a été conseillée par Chaussier, et cela expli(pie peut-être comment elles subsistent toujours, malgré les réclamations faites depuis vingt ans, successivement, j>ar MM. Dubois et Moreau, chirurgiens en chef de cet établissement.
L’infirmerie des femmes accouchées se trouve dans le bâtiment de l’ouest; elle se compose, depuis le mois d’avril 1864 et pour chacun des deux étages, de trois petites salles de trois ou quatre lits, donnant pour chaque étage dix lits; malheureusement, elle est destinée aux femmes malades, quelle que soit leur maladie, de sorte qu’une femme atteinte de pneumonie, de rougeole, de bronchite, se trouve transportée dans le foyer où règne trop souvent la fièvre puerpérale, et se trouve exposée au danger imminent qui résulte de la propagation de cette maladie.
La situation et la disposition de la salle pour l’accouchement est au contraire excellente. Bien éclairée des deux côtés, bien pourvue d’eau, possédant un petit office, cette salle communique directement avec l’amphithéâtre des cours et des opérations, de telle sorte qu’en cas d’intervention chirurgicale, à un moment où plusieurs femmes
sonl en travail d’accoiichcmenl, il est très-lacile de lrans|>oiTer sur !c lit d’opération la mallieureuse pour laquelle l’art est obligé d’intervenir activement.
Les reproches ne sont |>as moins graves pour ce qui concerne la transmission de la maladie par le personnel. 11 y a peu de tenq)s encore, le service de l’infirmerie des accouchées malades était fait |)ar les mêmes élèves sages-femmes que le service des accouchées saines. Une élève avait sous son observation une ou deux malades et en même temps une ou deux accouchées. Sortant de donner des soins à sa malade, elle allait toucher une femme enceinte ou changer le linge et faire la toilette spéciale d’une accouchée. Tout ce que j’ai dit jusqu’à présent permet de comprendre quelles facilités une telle pratique donnait à la propagation de la fièvre puerpérale. Aussi cette .absence de t)récautions (que je blâme énergiquement, mais que je n’incrimine pas, puisque, aujourd’hui encore, les idées de contagion ne sont pas admises à la Maternité, et étaient, il y a quelques années, énergiquement combattues par MM. Dubois et Moreau, successivement chirurgiens en chef de rétablissement) de la part du pei'sonnel, jointes à la réunion dans une même salle d’un grand nombre d’accoucliées, n’explique que trop les redoutables épidémies dont la Maternité a été incessamment le théâtre, épidémies (pi’on attribuait à des influences atmos})hériques, et ])resque à une sorte de génie malfaisant venant s’abriter de temps en teni})s dans l’école d’accouchement, alors que les causes productrices de la moiialité existaient dans l’établissement lui-même, et auraient ])u être notablement diminuées.
Moins heureux que pour les Maternités étrangères, nous ne pourrions tracer aujourd’hui, faute de documents scientifiques, l’histoire médicale de la Maternité. Ce n’est pas, toutefois, que plusieurs travaux importants ne soient sortis de l’école d’accouchement de Paris, et plusieurs épidémies ont eu leurs historiens; mais ces derniers se sont presque toujours bornés à faire l’iiistoire anatomique ou symptomatologique de la fièvre [)uerpéi'ale, quelquefois à vanter
telle mélliode thérapeutique de préférence à telle autre (en réalité aussi impiiissaiite) sans exaiuinerla question si importante de l’étiologie et sans nous fournir d’éléments statistiques siiflisauts sur le chiffre de la mortalité par fièvre puei'pérale.
M. ïonuelé, dans sa thèse sur la lièvre puerpérale observée à la Maternité en n’indique rien sous ce rapport; M. Charrier
qui, dans la sienne, a décrit l’épidémie de 1854, nous donne, par mois, le chiffre des décès sans nous indiquer celui des accouchements; seul M. Moreau, eu faisant l’histoire de l’épidémie de 1845- 1844, nous fournit du moins cet élément d’appréciation. Pendant huit mois, de janvier à août 1845, la Maternité ne perd que 54 malades sur 2,327, c’est-à-dire 1 ,4 pour 100, résultat malheureusement inconnu depuis plusieurs années; pas une seule femme ne meurt en juillet, une seule succombe en aoiit, et tout à coup la mortalité s’élève : 54 décès en septembre, 67 en octobre, montrent avec quelle violence y éclate et s’y propage la fièvre puerpérale. C’est celte maladie qui a toujours été la cause de la grande inoiialité de l’école d’accouchement. Ainsi en 1854, d’ajirès M. Charrier, 19 femmes y succombent à diverses affections, tandis que 215 meurent jiar la lièvre puerpérale.
Heureusement, hâtons-nous de le dire, de notables améliorations viennent d’être apportées à ce regrettable état de choses. Le corps médical des hôpitaux s’est ému de l’épouvantable mortalité qui, depuis quelques années surtout, pèse si lourdement sur la Maternité, et l’on s’est enfin décidé à effectuer quelques réformes.
Les grandes salles occupées par les accouchées saines, et qui auparavant régnaient sur toute la longueur du bâtiment, ont été di^ isées par des cloisons vitrées complètes (mais percées de portes qni ne s’ouvrent que pour les besoins du service) en quatre compartiments, en quatre petites salles dont chacune renferme six lits. Au centre existe une petite cuisine, ou office, séparée également du reste des salles. Le premier étage possède extérieurement une galerie couverte qui règne autour de la cour centrale, cette
galerie a été lieureiisement utilisée comme moyen de communication particulière avec cliac|ue section principale de la salle. Les petites salles, formées par l’établissement des cloisons vitrées, alternent les unes avec les autres; cpiand l’une a été occupée et que les acconcliées l’ont quittée, on ouvre largement les fenêtres, on la nettoie, on renouvelle les literies, et on la laisse reposer pendant tonte la période d’activité de la section voisine.
Cliacinie de ces sections possède une cheminée ])lacée au milieu de la salle et d’une assez bonne disposition, l.e foyer est à ciel ouvert comme dans les cheminées dites à la ])russienne. Le tuyau de fumée et le foyer sont environnés d’une seconde enveloppe dans laquelle circule de l’air, lequel, jniisé à l’extérieur par un canal s’ouvrant sur le mur de façade, passant sous le parquet et arrivant sur les côtés et en dehors du foyer, s’échauffe au contact des parois de la cheminée, monte dans la double enveloppe extérieure au tuyau de fumée, et se répand dans la salle à travers des ouvertures percées au niveau du plafond.
L’infirmerie des accouchées malades est, de plus, tout à fait séparée des salles occupées par les accouchées saines; mais je regrette de le dire: aujourd’hui encore, les malades, qu’elles soient atteintes de fièvre puerpérale ou d’autres affections, sont réunies dans la môme infirmerie, disposition éminemment vicieuse, qui doit à tout prix dispai'aître, car il s’agit de la vie des malheureuses qu’on y transporte.
Je loue hautement l’administration de ses efforts récents pour améliorer la Maternité, mais je dois dire ce que je crois, la vérité; or, je crois ces améliorations, quelque réelles et importantes qu’elles soient, absolument insuffisantes; il faut une reconstruction de l’établissement et un changement radical dans la distribution des services du personnel des sages-femmes.
La subdivision de la salle en petites sections par des cloisons vitrées est chose excellente par ra})port à ce qui existait; mais croit-on, par hasard, qu’une cloison de verre, tlont la [)orte s’ouvre
à chaque instant pour laisser passer les personnes attachées au service des malades soit une barrière suffisante contre la contagion? Si une lièvre puerpérale se développe chez une accouchée, croit-on qnhl suffise, après son transport à rinfirinerie ou son décès, de renouveler les literies et de laisser reposer la salle huit ou quinze jours sans procéder à un badigeonnage complet îles murailles et au lavage du parquet? Croit-on que risolement d’nne infirmerie soit obtenu par rocclusion permanente d’une porte, alors qu’elle est placée dans le même batiment, dans la môme coui‘, et qu’on y place indistinctement toutes les malades? Ce qui s’est lait depuis le mois de mars 1865 constitue, je me [)lais à le dire, une amélioration réelle, mais j’ajoute aussi une amélioration insuffisante. Cependant, j’espère; car cela du moins indique que, malgré toutes les dénégations, les idées de contagion pénètrent môme cà la Maternité de Paris.
J’ai dit qu’il faut un changement radical dans la distribution des services du personnel des sages-femmes; ce changement, partiellement effectué depuis le mois de mars 1805, est, comme le reste, tout à fait insuffisant. Les élèves sages-femmes, qui, aiq)aravant, donnaient à la fois leurs soins à des femmes saines et à des malades, limitent aujourd’hui leur service à une seule classe d’accouchées ; aujourd’hui l’élève attachée à l’infirmerie ne doit plus prendre soin d’une accouchée saine. Peut-elle, ce})endant, faire des accouchements, pratiquer le loucher sur les femmes en travail, je l’ignore; mais les élèves sages-femmes, quel que soit le service auquel elles sont attachées, assistent chaque jour aux visites faites à l’infirmerie des accouchées; or c’est là une détestable pratique bien faite pour propager dans toute la maison, si les circonstances adjuvantes se montrent réunies, une fièvre puerpérale accidentellement développée dans une salle et traitée à l’infirmerie.
Quoiqu’on fasse, il faudra leconstruire la Maternité; puisse le déplorable et ruineux projet d’Hôlel-Dieu, aujourd’hui en cours d’exécution, ne pas mettre obstacle à une reconstruction qu’exige
liautemenl ce qu’il y a de plus sacré : le respect de la vie humaine.
Je parlerai plus loin de l’organisation de la Maternité comme école d’accoucliemeiit, je me borne à dire que l’établissement est confié cà un directeur administratif, comme cela existe pour tous les autres hôpitaux de Paris. Un cbirurgien en chef, non logé dans l’établissement, est chargé des opérations obstétricales, et il est mandé à l’hôpital toutes les fois que sa présence est jugée nécessaire; il est de plus chargé delà direction d’une infirmerie où sont ])lacées les accouchées ayant subi quelque opération ou atteintes d’affections chirurgicales; il fait, enfin, comme professeur, un cours théorique d’accouchement aux élèves sages-femmes.
Un chirurgien-adjoint, dont les attributions sont fort mal définies, le supplée ou le remplace. Cette organisation est celle qu’établissait le décret de 1810, mais elle ii’a plus aujourd’hui de raison d’ètre; les deux chirurgiens, absolument collègues, nommés par les mêmes concours, ayant le môme titre de chirurgiens des hôpitaux de Paris, n’ont entre eux d’autre inégalité que celle qui résulte de la date de leur nomination.
Un médecin des hô[)itanx est chargé du service de rinfirmerie 'des femmes accouchées, de celle des femmes enceintes et de celle des élèves sages-femmes.
Un interne des hôpitaux est chargé de monlrer aux élèves sagesfemmes l’anatomie, la saignée, la vaccine, etc., et d’aider le médecin et les chirurgiens; il habite en dehors de l’établissement.
Une sage-femme en chef réside dans la maison; elle est chargée de l’éducation et de la surveillance des élèves sages-femmes; elle est assistée d’un certain nombre d’aides-sages-femmes.
Telle est sommairement l’organisation d’un établissement qui est une tache pour notre pays et une cause de danger et de mort pour les malheureuses que la misère oblige à y chercher un asile dont la population ]>arisienne commence heureusement à soupçonner le danger.