ALLEMAGNE
Deux idées ont présidé en Allemagne à l’organisation des secours spéciaux à domicile: la bienfaisance et les besoins de Fenseigne-
* Ces chiffres pour 1802 ne concordent pas exactement avec ceux que j’ai donnés (page 52), tous deux émanant cependant officiellement de l’administration, et sont empruntés à ses puldications officielles.
DES MÀTEDNITES.
ment. Les services d’accouchements à domicile, connus sous le nom de polyclinique d’accouchement existent à Berlin, Leipzig, Stettin, Halle, Munich, Wurzburg, etc. Je prendrai pour type de description la polyclinique de Leipzig.
Le siège ou le centre de la polyclinique est placé au troisième étage d’une maison située à l’angle de Grimmaischestrasse (n° 28) et de Nicolaïstrasse (n“ 54). Le local comprend un antichamhic, trois salles et une chambre à coucher. L’antichambre sert de salle d’attente et de cabinet ])Our les mannequins et les pré[)arations. Une des salles sert d’ampbitbéâtre pour les leçons et de cabinet pour le médecin en chef directeur, l’autre comme demeure de l’un des assistants; l’espace qui reste est utilisé par le domestique de la polyclinique et sa famille. L’amphithéatre renferme également la bibliothèque et l’armoire des instruments.
Le })ersonnel comprend : 1° un directeur président; 2” un suppléant du directeur, habitant la maison jdacée à côté du local de la polyclinique (Grimmaischestrasse, n" 29); 5" deux assistants, dont l’un loge au siège môme de la polyclinique; 4° un domestique marié, logé également dans la maison.
5“ Des sages-femmes;
6“ Les familles nourricières (Pflegeparteien), ({ui reçoivent chez elles les femmes enceintes qui viennent y faire leurs couches. Le détail de l’organisation est des plus remarquables, car il résout })our Leipzig une des plus puissantes objections contre la possibilité d’établir sur une large base l’assistance obstétricale h domicile. Beaucoup de femmes sans asile, ou logées d’une manière absolument insufüsante, trouvent ainsi un abri et des soins, sans courir le risque si grave du séjour dans une Maternité, et cela nous donne la raison du petit nombre de lits que renferme la Maternité de Leipzig.
La polyclinique reçoit les femmes dans les ({uatorze derniers jours de la grossesse. Cette durée toutefois est abrégée quand il y a surabondance de demandes, et la réception ne se fait plus que peu de temps avant l’accouchement. L'administration recherche quelques
familles pauvres, dans lesquelles elle croit pouvoir luellre sa conliance, et qui, luoyennaul i-étribution, doimeut asile aux femmes enceintes. Ces familles reçoivent en échange une indemnité pour le logement .et la nourriture qu’elles donnent à la pensionnaire, et en outre, 2 tlialers (7 fr. 50) pour raccouchenient et les neuf jours. Si la durée de son séjour se prolonge, la femme accouchée doit pourvoir elle-même à son entretien.
Chaque famille logeant une femme enceinte, doit en prévenir la police.
La polyclinique reçoit les femmes enceintes malades de Leipzig et des environs de la ville, qu’elles soient mariées ou non et sans acception de position sociale ou de religion. Elles sont soignées chez elles ainsi que leur enfant, et, si pour nu motif quelcompie elles ne veulent pas séjourner dans leur domicile, elles sont placées dans une famille nourricière. Elles servent à l’instruction des élèves et des sages-femmes, reçoivent gratis les soins, les médicaments et quelquefois même des secours pécuniaires.
Les femmes désirant être admises aux secours de la polyclinique doivent se faire inscrire chez le diiecteur tous les jours ouvrables de 7 à 8 heures du soir, plusieurs semaines avant le terme de l’accouchement. Cependant les femmes mariées peuvent ne se faire inscrire qu’au moment de raccouchernent ; mais elles ne reçoivent les secours médicaux qu’après s’être fait inscrire à la direction et avoir reçu la visite d’un des élèves pratiquants.
L’inslitution étant, je l’ai déjà dit, destinée à la bienfaisance, mais aussi à la propagation des connaissances spéciales en obstétrique, et étant en réalité une clinique à domicile, les secours varient suivant que l’accouchée recevra seulement les services de la science, ou suivant qu’elle deviendra en même temps une source, et disons le mot, un moyen d’instruction spéciale.
La femme a le droit de ne recevoir auprès d’elle qu’un seul élève pratiquant ; mais elle doit en prévenir d’avance et autant que possible par écrit la direction. Elle reçoit gratuitement les soins de la sage-
femme et du médecin et les médicaments pour elle et son enfant.
Si deux ou trois élèves pratiquants assistent h raccouchement, la femme reçoit en plus de 1 à 2 thalers; ou, au lieu d’argent, on lui donne gratuitement un logement et des soins dans une famille nourricière. Exceptionnellement des secours pécuniaires peuvent être accordés.
Les femmes malades non accouchées ])ar la polyclinique reçoivent aussi gratuitement des soins, des médicaments; on leur donne aussi quelquefois des secours pécuniaires.
Quoique suivant la loi du royaume de Saxe, les sages-femmes doivent donner gratuitement leurs soins aux femmes indigentes; celles qu’emploient la polyclinique reçoivent une indemnité de 1 à 2 thalers par accouchement.
Le directenr est chargé de tout ce qui concerne la ])olyclinique ; il choisit son remplaçant et ses assistants; il peut refuser ou accepter le concours de telle ou telle sage-femme; il a le contrôle des dépenses et des secours; il fait ou dirige les accouchements artificiels ou chirurgicaux ; il doit, chaque année, au ministre, un compte rendu de sa gestion.
Le budget de la polyclinique nous montre avec quelle faible somme une bonne organisation permet de faire beaucoup de bien. Nous trouvons, dans une intéressante })ublication du docteur Germann, le compte rendu financier de l’exercice 1854-1855.
Frais d’entretien des femmes enceintes et accoucliées, secourues
par la polyclinique 584 tli. 1,440 fr. »
Location du local, y compris cliaulîage, éclairage et payement
des domestiques 220 tli. 825 fr. o
Médicaments, instruments, bandages, alcool pour préparations,
frais de bureaux, etc 65 tli. 243 fr. 75
Secouis aux accouchées malades, à leurs enfants, aux pauvres, pour les bajitèmes, enterrements, frais de voiture, etc. . . . 200 tb. 750 fr. j>
869 th. 5,258 fr. 75
Les dépenses indirectes, comprenant le traitement des assis-
DES M.VTERNITÉS. 247
lants et du médecin en chef directeur, ont été de 209 llialers (783 fr. 75).
La dépense totale a donc été de 1,078 thalers (4,042 fr. 50).
Les dépenses ont été couvertes par une allocation du ininistère
des cultes et l’instruction publique 200 tli. 750 l'r. »
Par le payen;ent des élèves pour les cours C2 lli. 252 fr. 50
202 th. 982 l'r. 50
Les 816 thalers restant (3,060 fr.) ont été fournis parla caisse privée du directeur.
De 1852 à 1855, le nombre des femmes accouchées annuellement a varié de 135 à 151, et celui des femmes traitées d’affections utérines, a varié de 256 et 387. La moyenne de dépense a donc été de 9 francs par accouchée ou malade.
La polyclinique d’accouchement, si bien organisée à Berlin, et dont je donnerai plus loin le règlement (voir chapitre de VEnseignemeiit) existe aussi dans beaucoup de villes de Prusse, et l’assistance à domicile se trouve presque toujours reliée à renseignement de l’obstétrique. A Paderborn, par exemple, une somme relativement considérable est affectée aux secours à donner aux femmes qui, accouchant à domicile, permettent de les examiner pendant leur grossesse, et qui permettent également à quelques élèves d’assister à l’accouchement en présence du professeur ou de la sage-femme en chef de la Maternité. La quotité des secours est lixée par le directeur suivant la pauvreté plus ou moins grande de la femme ; mais 011 ne leur donne qu’un secours en argent, sans leur délivrer gratuitement aucun médicament.
RUSSIE
L’organisation des secours à domicile en Russie ou du moins à Saint-Pétersbourg et à Moscou, les seules villes où je l’aie étudiée
sur place est digne des plus grands éloges; el Saint-Pétersbourg n’a, même sons ce iaj)port, rien à envier à Pans. La Pnissie est si ]!en et surtout si mal comme de nos compatriotes, qu’on me jtei'mettra d’entrer sur ce point dans quelques détails, un peu étrangers ce|tendant an sujet spécial qui m’occupe en ce moment.
Saint-Pétersbourg, comme tontes les grandes villes de Piussic, jiossède une administration d’assistance publique (Prikay-obstcliestrennavo j)rizrenja) s’occupant, comme la nôtre, des malades et de ceux qui ne peuvent pas travadler par suite de faiblesse on d’infirmités. Elle tire ses ressources de legs, de dons, des revenus des legs antérieurs et aussi de la caisse nmnicipale; mais à Pinverse de ce <jni existe à Paris, en France et en Belgique l’élément médical prime l’élément administratif, et loin d’être sons la dépendance de l’administration, ce sont les médecins qui contrôlent les administrateurs. Les personnes auxquelles la direction en est confiée sont nommées par l’empereur sur la présentation du conseil municipal et du gouvernement de la province. Le médecin inspecteur d’un gouvernement est le chef de tous les médecins de ce ressort, il a la direction supérieure de toutes les affaires médicales de la province. Le médecin en chef de l’assistance publique n’est chef que des hôpitaux et des hospices.
Dépendent de l’assistance publique de Saint-Pétersbourg : IMes maisons de secours des pauvres, des infirmes ; 2" les hôpitaux : Aboukoff, Marie-Madeleine, Pierre et Paul, des ouvriers , Kalinkin Olga (incurables).
L’administration de l’assistance publique se compose pour chaque province russe :
]“ Du conseil médical ordinairement de cinq membres qui sont : rinspecteur (président), dirigeant toutes les affaires médicales de la pi'ovince, l’assistance publique comprise; l’opérateur, chargé de la chirurgie légale et de toutes les grandes opérations dans tous les hôpitaux de la province; l’accoucbeur chargé de la médecine légale et obstétricale et de la direction des sages-femmes de toute la province;
le pharmacien en chef chargé de la pharmacie et expert chimiste; le vétérinaire en chef; 2" du médecin en chef de Fassistanee publique; 5" des ordinateurs-médecins chargés des services hospitaliers ; 4" des felchers, sorte d’officiers de santé subalternes (nos anciens barbiers-chirurgiens); 5° des infirmiers.
Enfin, sous la direction du médecin en chef sont placés des économes, des employés de bureau et des lingères en chef.
En dehors de lassistance publique, il y a dans chaque ville du gouvernemeut ; 1“ le médecin de la ville (Gorodovoï Vratch); 2“ im médecin de rayon (Ouezdnü Vratch) chargé de faire la médecine légale, d’inspecter les médecins ordinaires ; 3“ im ou ])lusieurs médecins des paysans de la couronne, dépendant du ministère de la liste civile et chargés de soigner ces })aysans.
Toute cette vaste administration est dirigée par le département de médecine du ministère de l’intérieur et confié à M. le D^Pélikan, (jui est en même temps médecin général de l’assistance publique de toute la Russie. M. le Zizourin, jadis professeur à l’Université de Kiew, dirige la médecine militaire; M. le D' de Rosenberger la médecine navale et S. A. 1. le prince d’Oldenbourg les hôpitaux de la couronne.
Saint-Pétersbourg est divisé en arrondissements municipaux et administratifs, ayant chacun un médecin de la police, qui est plus spécialement occupé de l’hygiène et de la médecine légale de l’arrondissement; il a avec lui un accoucheur et une sage-femme. L’accoucheur est tenu d’aller partout où on l’appelle. Saint-Pétersbourg j)ossède des maisons de travail, entretenues par la ville (analogues aux workhouses anglais). On y reçoit les vagabonds et les indigents capables de travailler, mais sans ouvrage. Je ne puis m’étendre ici sur ce sujet, et je me bornerai à parler de l’assistance donnée aux pauvres et aux malades par le Comité pour les men- < liants et la Société Philanthropique.
Le Comité pour les mendiants (Prikaz Onitschich) dépend de la municipalité de Saint-Pétersbourg, mais il reçoit des simples parti-
DKS MATERNITÉS.
culiers des legs, des duiis, el le produit de cotisations volontaires Les membres de ce comité, nommés par l’Empereur, sont choisis parmi les simples particuliers ou les employés supérieurs des administrations civiles et militaires. Le comité central a dans Saint- Pétersbourg un certain nombre de succursales qui distribuent des secours en nature (pain, soupe, viande, etc.). Il y a un réfectoire, cl le })auvre peut s’y asseoir ou, s’il le préfère, emporter chez lui ce (jui lui a élé donné. Les malheureux, munis du certificat d’indigence délivré par la police, reçoivent ces secours gratis; les autres peuvent également participer au déjeuner ou au dîner, moyennant 7) koi)ecks (12 cent.) par repas. Beaucou}) de personnes et plusieurs sociétés charitables achètent des bons du Comité })Our les mendiants, et les distribuent aux individus nécessiteux.
Tous les individus trouvés à l’état de mendicité sont envoyés par la police à cette Société, qui envoie les non-valides dans les maisons d’infirmes, après leui’ avoir remis un certificat. Tout certificat du Comité pour les mendiants est regardé comme un billet de réception. Les individus jeunes, valides, trouvés à l’état de vagabondage, sont envoyés dans les maisons de travail pour 2, o, 4 mois à un an. Les particuliers vont dans ces maisons de travail chercher des domestiques ou des ouvriers; mais, quoique placés, ceux-ci restent pendant quelque temps sous la surveillance et la tutelle du Comité des mendiants.
La Société Phikmthropi(iue correspond pins directement à nos bureaux de bienlaisance; elle reçoit ses ressources de la ville et
* l’anni ces colisalious, se trouve celle du rachat des visites de Noél et de l’.àqties. Lors de ees deux fetes religieuses, il est d’hahitude eu Russie de se faire des visites, et d’envoyer des cartes, comme nous le faisons à Paris au 1" janvier. Quelques personnes ont eu l’heureuse idée de transformer cette sotte hahitude en œuvre de hicnfaisance. Chai|ne personne qui veut se raclieter de cette ohligation créée par la mode, envoie, lors de chacune de ces fetes, une certaine somme, dont l’importance est laissée ;i sa discrétion, au Comité pour les mendiants. Le nom du souscripteur et le chiffre de sa cotisation sont puhliés ou journal officiel de Saint-Pétershourg. Cette année (1" janvier IStiC), le Corps diplomatique a suivi, à Paris, l’exemple des hahitants de Saint- Pétersbourg, en remplaçant l’envoi des cartes de visites par un don pécuniaire, remis au bureau de liicnfaisance. Puissent, l’année proebaine, les Parisiens suivre cct exemple.
des dons ou legs faits par des particuliers; mais les administrateurs sont nommés par l’Empereur. Le baron Frederichs, aussi distingué par son intelligence que par son dévouement pour les malheureux, est le chef de cette société et en même temps de toutes les sociétés de secours de Saint-Pétersbourg. 11 est secondé par un conseil de curateurs, composé des curateurs des divers arrondissements.
Saint-Pétersbourg est divisé en arrondissements de secour.s, distincts des arrondissements administratifs; chacun d’eux est dirigé par deux curateurs ; Pun de ces curateurs est médecin et l’autre administrateur. Le curateur des j)auvres visite ceux qui reçoivent ou demandent des secours sans être malades; le curateur-médecin visite ceux qui sont malades, et contrôle en même temps le service de^ médecins des pauvres appartenant à la Société Médico-Philanthropique, section importante de la grande Société Philanthropique.
Le Comité Médico-Pliilantliropùpie correspond à notre service d’assistance médicale à domicile. Saint-Pétersbourg est divisé en 14 arrondissements de secours, ayant chacun un curateur-médecin, un médecin des pauvres, un médecin-adjoint et un nombre de sagesfemmes, variant avec l’importance de l’arrondissement. Le personnel médical (curateurs, médecins et adjoints) comprend 42 médecins et 25 sages-femmes. Le Comité Médico-Philanthropique a son siège dans le local occupé par la Société Impériale Philanthropique (Liteinaja, n" 31). Chacun des médecins qui en dépendent, est tenu d’avoir à la porte de sa maison un écriteau, indiquant les heures de sa consultation quotidienne; il doit donner gratuitement des conseils à tous ceux qui se présentent avec un certificat d’indigence ou un billet de réception du comité, prescrire les médicaments nécessaires, lesquels sont délivrés aux frais du comité. Le médecin visite dans leurs demeures ceux qui ne peuvent venir à sa consultation, et il envoie avec un billet d’admission dans un des hôpitaux de la ville ceux qui ne pourraient, sans inconvénient
DES MATERMTÉS.
[K)ur leur santé, être soignés dans leur domicile. Le médecinadjoint aide dans son service le médecin des pauvres.
Les médicaments sont, je l’ai dit, fournis aux indigents inscrits aux frais de la Société Pliilantliropique; mais ils le sont encore dans d’autres circonstances. Lorsqu’un médecin de la ville juge que son malade est trop pauvre pour })ouvoir payer le prix entier de la prescription, il écrit sur son ordonnance : Pro j)aupcro; souvent même il indique si la réduction de prix doit être du quart, de la moitié ou de la totalité. Muni de cette ordonnance ainsi contre-signée, le malade peut envoyer cherclier les médicaments dans n’importe quelle pharmacie de la ville ; à certaines époques déterminées , les pharmaciens remettent ces ordonnances et la note de leurs honoraires à la Société Philanthropique.
Les honoraires du médecin sont de 200 roubles (800 francs) ; mais la plupart ne touchent pas celte indemnité, et en font don à la société.
Le comité fait distribuer gratuitement à tous les indigents de la ville des bandages, des suspensoirs, des lunettes, sur un hou des médecins des pauvi'es. Le siège de cette institution est dans le premier quartier de rarrondissemeut de l’amirauté; un médecin est spécialement chargé de ce service.
Après cette longue digression, qui m’a paru utile, car Saint- Pétersbourg rivalise, non sans avantages, avec Paris, pour ce qui regarde l’organisation de la bienfaisance, je reviens à ce qui concerne plus spécialement les accouchements.
Vingt-trois sages-femmes sont chargées des soins à donner aux femmes indigentes ou nécessiteuses, enceintes ou accouchées; elles doivent les soigner et les visiter jusqu’au neuvième jour après l’accouchement, procurer aux accouchées malades et aux enfants nouveau-nés le linge indispensable et, si besoin est, des matelas, fournis gratuitement par le comité.
Pour ce qui regarde le service supérieur d’accouchement au domicile des pauvres par des médecins-accoucheurs, Saint-Péters-
bourg est divisé en six aiTondissemenls seulement, à chacun desquels est allaclié un médecin, jouissant d’un traitement. Outre ces six accoucheurs, il en est huit autres non payés, faisant le même service, comme candidats aux places vacantes. L’accoucheur de l’arrondissement est le chef de toutes les sages-femmes de l’arrondissement, qui doivent, chaque mois, lui envoyer le bulletin des naissances, avec mention des présentations et positions, des accidents survenus, des opérations pratiquées, etc.
Obligé, malheureusement, de restreindre le plus possible les limites déjà trop étendues de ce travail, je regrette de ne pouvoir montrer, par l’examen des autres institutions charitables de Saint- Pétersbourg, avec quelle libéralité s’y distribuent les secours matériels aux pauvres, les secours médicaux aux malades, les secours intellectuels aux nombreux enfants reçus dans les établissements publics d’instruction élémentaire et supérieure, car cela me permettrait de montrer avec quelle énergie la Russie marche dans la véritable voie du progrès, et quels sont, à l’égard de ce qui s’y passe, les préjugés de beaucoup de nos compatriotes.
Comme on le voit, trois systèmes différents caractérisent d’une manière générale l’assistance donnée à domicile aux accouchées. L’Allemagne s’occupe des intérêts de l’enseignement presque au même degré que de l’exercice de la charité ; l’Angleterre place la charité au-dessus de toute autre considération, mais sa charité est exclusive; Paris et Saint-Pétersbourg ne demandent, pour donner des secours, qu’une condition : être pauvre.
ENSEIGNEMENT DE L’OBSTÉTRIQEE
L’enseignement de l’obstétrique varie nécessairement, suivant qu’il s’agit de former des élèves sages-femmes destinées seulement à la pratique des accouchements normaux, ou des médecins susceptibles d’ètre appelés à pratiquer les opérations les plus délicales et les plus difficiles de la chirurgie obstétricale.