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ÉLÈVES EN MÉDECINE

A l'étranger, comme dans notre pays, on exige de l’étudiant plusieurs années d’études avant de l’admettre à la pratique de l’obstétrique ; mais les conditions varient suivant que l’élève devra faire son éducation dans une clinique sédentaire sjiéciale, dans une Maternité ou dans les polycliniques, c’est-à-dire au domicile môme des accouchées. Examinons d’abord ce qui se passe dans les hôpitaux.

L’étude de l’obstétrique se compose de deux parties principales : r l’étude des phénomènes antérieurs à l’accouchement, tels que constatation de la réalité et de l’époque de la grossesse, diagnostic de

kl présentation et de la position, de la eonformation normale ou vieieuse du bassin, etc. ; 2° la connaissance des phénomènes de l’accouchement lui-môme, qu’il soit régulier ou pathologique.

La clinique d’accouchement, comme toutes les autres, est beaucoup mieux faite, au point de vue de rinstruction, en Allemagne et en Angleterre, qu’en France. Je le dis hautement, parce que mon devoir est de dire ce que je crois être la vérité, de chercher le progrès, et non de flatter mes maîtres et mes amis.

Enseignement dans les hôpitaux.

l.es services d’obstétrique destinés à l’enseignement clinique à Vienne, à Prague, à Berlin, à Leipzig, à Dresde, à Munich, tàWnrzhurg, reçoivent les femmes enceintes plusieurs jours et quelquefois plusieurs semaines avant la terminaison de la grossesse. Comme je l’ai dit en parlant des Maternités en particulier, une sorte de contrat s’établit entre la malade et le médecin : la femme reçoit gratuitement les soins du médecin, le logement, la nourriture, quelquefois même un secours en argent; en échange, elle consent à donner aux médecins qui la soignent les moyens de s’instruire, en restant toutefois fidèles à ce principe : ne pas nuire, primiim non iiocere.

Les élèves, après avoir ver^é le montant de la cotisation, exigée [)Our obtenir le droit de présence aux cours théoriques ou pratiques, sont partagés en séries de deux ou de quatre étudiants. Ce payement de droits de présence, que beaucoup do personnes critiquent en France, et qui n’est pas dans nos mœurs, est, je crois, au contraire, une excellente mesure : l’élève prend plus d’intérêt à un cours qu’il ne peut suivre qu’en s’imposant un léger sacrifice pécuniaire; le professeur y trouve une rémunération dont l’importance varie avec sa capacité professorale et les soins qu’il donne ii son enseignement. Ajoutons enfin que l’étudiant allemand et anglais ne payant pas les inscriptions que nous devons payer dans nos facultés fraii-

^2oG DES MATERNITÉS.

çaises. il en résulte, en définitive, que les frais d’étude sont moins élevés en Allemagne qu’en France. Quoi qu’il en soit, les élèves appartenant à une ou jdusieurs séi ies sont exercés plusieurs fois par semaine au toucher et à la constatation des phénomènes d-ela grossesse.

Une ou })lusieurs des femmes enceintes reçues à la Maternité se rendent dans la salle de la clinique. En présence du professeur d’accouchements, deux élèves pour ch a pie femme procèdent successivement à l’examen, par le toucher et la palpation abdominale; ils rendent compte de vive voix de ce qu’ils ont constaté; le professeur conlirme ou rectifie leurs appréciations, et l’on conçoit facilement de quelle immense utilité est une clinique faite de cette manière.

Les memes élèves qui ont observé la femme pendant sa grossesse, sont appelés à assister à raccouchement, auquel préside la sage-femme, et dans les cas anormaux l’assistant ou le médecinjirofesseur. A l’Académie médico-chirurgicale de Saint-Pétersbourg, où le nombre des accouchements est assez restreint et le nombre des élèves assez considérable, on a cberché un moyen de faire assister tous les élèves à l’accouchement, sans que leur présence soit pour la femme une cause de pénible émotion.

Le lit de travail est placé au milieu de l’amphithéâtre; il est fortement éclairé au moyen de becs de gaz, disposés de manière à concentrer leur lumière sur la partie moyenne du lit. La femme qui doit accoucber est amenée dans ramplnlhéâtre ; elle n’a alors auprès d’elle que deux ou trois personnes. Lorsque le travail de l’accouchement est commencé, on administre le chloroforme; et lorsque la patiente est plongée dans le sommeil anesthésique, les élèves, qui attendaient dans une salle voisine, viennent s’asseoir sur les gradins de l’amphithéâtre, assistent à tontes les périodes de l’accouchement, et se retirent avant le réveil de l’accouchée. Je n’ai j)as été témoin d’accouchements faits de cette manière, je ne puis donc signaler les inconvénients ou les avantages probables de cette pratique ; mais j’avoue qu’elle me paraît a priori avoir pour la malade des inconvénients, qui me la rendent peu sympathique.

L’enseignement clinique de l’obstétrique, dans les hôpitaux et les Maternités, jirésente, par la réunion des malades et la concentration des élèves dans un même lieu, des inconvénients el des avantages qu’on retrouve pour toutes les cliniques; les facilités et les difficultés qui en résultent pour l’enseignement sont les mêmes; la bonne organisation dépend surtout du professeur; et pour ce qui regarde Paris, je ne suis que juste, en reconnaissant les notables améliorations, apportées à cet enseignement par M. le professeur Depaul. Je crois, cependant, devoir reproduire le règlement suivant, qui mérite d’être cité comme un modèle d’organisation de l’enseignement de l’obstétrique :

UÈGI.EMENT POUR I.ES ÉEÈVES QUI FRÉQUEMENT LA CLINIQUE GYNÉCOLOGIQUE ET OBSTÉTRICALE DE l’üNIVERSITÉ DE BERLIN.

Le buf de riiistitution est d’assister les l'eninies jiendaiit leur grossesse et leur accoucheineiit et celles affectées de maladies utérines, et de lavoriser l’étude de l’obstétrique et de la gynécologie. Ce but est rempli par les moyens suivants :

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