‹ Des mécanismes respiratoires chez les Crustacés Décapodes; essai de physiologie évolutive, éthnologique et phylogéniqueChapitre 51 sur 82 · X. vermiculatus · texte numérisé non relu

X. vermiculatus

aa. Pates des 4 d. p., ni épineuses, ni dentées (CAR. TUBERCULEUSE) X. Reynaudii, X. Peroni.

S. B. Espèces dont la carapace n’est couverte ni de granulations ni de tubercules.

b. Mains et pales des 4 d. p. dépourvues de crêle tranchante sur leur bord supérieur.

b* Car. bosselée dans toute son étendue et piquetée (b. a. I. f.

dentés). X. itpressus.

b** Car. bosselée antérieurement, plane dans moitié postérieure (bords a. 1. fortement dentés).

X. lividus, X. floridus, X. rivulosus, X. parvulus, X. hirtipes.

b*** Car. sans bossellements notables.

X. crenatus, X. Gaudichaudii, X. punctatus, X. planus, X. rotundifrons.

bb. M. et p. des 4 d. p. avec crête longitudinale.

M.Bouvier dans son étude récente sur les Xanthes d'Europe [ E,98 | a montré l'énportance des caractères tirés de l’ornementaltion. Le Xantho rivulosus Risso et le Xantho floridus MonraGu out une carapace unie ou ornée de poncluations, et dans tous les cas très peu granuleuse (pas de lignes granuleuses sur le corps et sur la pince des palles antérieures), — souvent pas de poils sur la face externe etle bord antérieur du carpe et du propodite des pattes ambulatoires.

Chez le Xantho rivulosus, le front est moins infléchi, les sillons de la carapace sont beaucoup moins profonds, les dents latérales sont moins saillantes et plus aiguës. Chez le Xantho floridus, il existe presque toujours des anfractuosilés sous forme de larges ponclualions irrégulières dans les régions plérygostomiennes, parfois sur l’épistome ( + sur les pattes-mâchoires externes), dans certains cas même sur la partie antérieure de la carapace ; le bord supérieur des articles moyens des pattes ambulatoires est le plus souvent irrégulier, des épines et des {ubercules S'y développent sur le méropodite; la face externe des mêmes articles présente fréquemment des anfracluosilés longitudinales qui séparent un ou deux bourrelets saillants; souvent enfin on voit apparaître sur le carpe des paltes antérieures des an/fractuosilés irrégulières, et, sur la face externe de la pince, des sortes de rides transversales. Le Muséum possède un exemplaire de Xantho floridus, {rès rugueux, plus rugueux que celui qu'a décrit HELLER, à tort, sous le nom de Xantho tuberculatus, qui a encore plus d’'anfractuosites méandriformes sur le carpe des pattes antérieures, plus de dépressions transversales sur les pinces el sur les pattes ambulaloires, qui porte même comme lui deux lubercules dans la région hépatique.

Chez le Xantho tuberculatus Coucu, la carapace est recouverte surtout dans dans ses parties dorso-latérales de lignes de granules transversales ow légérement obliques (notamment deux ou trois de ces lignes sur l’aire hépatique, qui n’est ni tuberculeuse, ni lobée, et une immédiatement en arrière du bord frontal); — les régions plérygostomiennes sont ornées de gros granules, l’épistome est lisse ; — les pates antérieures sont munies de gros granules sur la face externe du méropodite et d’un certain nombre d'épines sur le bord supérieur du même article ; le carpe est orné de lignes granuleuses droiles ou arquées el 1rès saillantes, qui déterminent à sa surface des dessins le plus souvent #26andriformes (aspect corrodé avec l’âge); la face externe des pinces, chez les jeunes, est ornée de quelques lignes longitudinales de gros granules entre lesquelles se trouvent d'autres granules plus petits, ete. ; — les paltes ambulatoires sont munies de poils serrés el inégaux sur toute leur longueur ; il y a des épines sur le bord supérieur du méropodite et parfois aussi sur le bord supérieur du carpe.

J'ai tenu à donner ces quelques extraits du mémoire de M. Bouvier pour montrer les variations en nombre infini de l'ornementation

280 GEORGES BOHN.

chez les Xanthes; ces variations sont caractéristiques de formes peu différenciées ; notons pour le moment la tendance à la formation d'anfractuosités dans la carapace ; nous retrouverons celles-ci chez des types plus différenciés.

La carapace des Xanthes est bosselée ; des régions plus ou moins saillantes sont séparées par des sillons plus ou moins profonds. Ceci est particulièrement net chez le Xantho floridus, à carapace peu élargie (à — 1, 47); chez le Xantho rivulosus, à carapace plus large (è — 1,53), le relief de la carapace qui s’aplanit s’efface; de même les dent ; les Xantho bidentatus et varius de Samoa ont des carapaces très larges et peu accidentées; de même le Xanthodius Sternberghi.

Le Xantho tuberculätus, qui vit uniquement dans les profondeurs, et qui a une carapace de petite taille et déjà granuleuse, nous conduit aux Xänthodes, petits Xanthes qui ont été recucillis en abondance par le Travailleur et le Talisman dans la région du Cap Vert et dans les profondeurs.

Chez les Xanthodes, on voit se différencier progressivement des poils extrêmement curieux, des poils en massue, rappelant un peu ceux des Piluninus ; la plupart des poils chez les Xantho rivulosus et tuberculäatus ont leur extré mité arrondie garnie d’une houppe de poils secon daires,; chez le Xantho rivulosus, les poils présentent quelquefois dans oi leur région subterminale

te. MM

(LL DLLD Ss

Fig. 145 à 147. — Ornementation progressive UR pointllé de courtes des poils de la carapace chez les Xantho saillies chitimeuses. Il ‘en t les X odes (formation des poils et x ' et les Kanthodes (orm tion des poils en St de méme chez le Xe massue). X. r., Xantho rivulosus Risso ; : \ X. T., Xanthodes Taylori STIMPSON ; thodes Taylori, mais les X.e., Xanthodes eriphioïdes À. M.-Epw. saillies les plus éloignées dusommet s'hypertrophient en poils secondaires; chez le Xarthodes eriphioïdes, enfin, on a de véritables poils en massue.

Des faits de ce genre, relatifs à l’évolution d’un détail de l'ornementation, ont une plus grande importance qu'on ne pourrait 9 [e]

le penser; celui que je viens de citer servira peut-être dans la discussion de la parenté des Piles.

Disposition antennaire. — J'ai déjà insisté sur la disposition antennaire du Cycloxanthus 16-dentatus, disposition qui paraîl assez primitive et rappelle un peu celle présentée par les Thià : le front se projette comme un auvent au-dessus des antennes.

Chez le Cycloxänthus californensis décrit par RATHBUN, l’article 2 des antennes vient s'appuyer (se souder) contre un bourrelet latéral du front ; deux fosseties assez profondes reçoivent les antennules. C’est là un passage vers le Xantho floridus.

Fi. 148. — Cycloxanthus califor- Fi. 149. — Xantho varius. Antennes nensis RATHBUX. Chambre prosto- et maxillipèdes postérieurs. miale.

Chez cette dernière espèce, le front est moyennement avançant et très déclive ; étroit, il s’incurve vers ses deux extrémités latérales de manière à former deux bourrelets sur lesquels viennent s'appuyer, par leur angle supéro-imterne, les articles 2 des antennes ; ceux-ci ont une direction oblique, et, quoique bien développés en largeur et en hauteur, ils n'atteignent pas le sommet de l’avancée ptérygostomienne ; les articles 5 et 4 sont encore assez développés, et sont situés dans un hiatus compris entre le front et la paroi orbitaire inférieure ; le fouet est court; entre les articles 2 des antennes droite et gauche se trouvent des fossettes antennulaires, situées,

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comme l'épisiome, sur un plan supérieur à celui des pattes-màchoires externes.

Une «des caractéristiques essentielles des Xanthes paraît être la suivante: articles ? des antennes, larges, mais relativement courts (plus

RUE courts que l'avancée ptérygosto mienne) et venant s'appuyer, par leur angle supéro-interne, sur une certaine étendue d'un repli formé par l'angle

Fi. 150. — Xantho rivulosus Risso. Disposition des an- externe du front.

tennes externes. C’est sur une variation de détail de

ce caractère que repose la distinction entre les Xantho et les Xanthodes (Voir à ce sujet ORTMANN. Z. Jähr., VII, 3, p. 443-4).

Orifices antérieurs des gouttières des scaphognathiles. — La disposition antennaire varie relativement peu chez les Xanthes el ne semble pas avoir une grande influence sur la manière dont le courant respiraloire sort où entre. En revanche d’autres appendices (buccaux) subissent des variations multiples qui peuvent être en rapport avec la circulation de l'eau.

L'épistome bien développé est limité par une crête endostomiale (fig. 151, e), peu élevée, surtout au voisinage de la ligne médiane ; c'est en ce dernier point que semblent converger les courants respiraloires de sortie; les paltes-mâchoires sont un peu écartées de cette crête, et ne la dépassent en avant que chez les Cycloxanthus. L'espace prélabial ne présente pas de crêtes, mais on y voit s'avancer les lacini des pattes-mâchoires internes, qui, en général, se prolongent en avant des mandibules, assez près de la ligne médiane, et offrent des formes assez différentes.

M. Bouvier a montré [E,98] que le /obe portunien, nul chez le Xantho floridus, rudimentaire chez le X. révulosus, est développé chez le Xantho luberculatus et les Xanthodes.

Il est curieux de retrouver ici le lobe dit portunien, et de le voir se découper progressivement en passant des Xanthes aux Xenthodes, comme on le voitse différencier dans la série des Neptuniens et dans celle des Portuniens (Voir plus haut, p. 241).

Chez le Cycloranthus 16-dentatus (fig. 144), le bord antérieur de la lacini ne dépasse pas le niveau des mandibules, mais une lan-

uelte s'avance au-devant de ceux-ci sur une certaine longueur ; chez le Cycl. californensis, les choses s’accentuent ; chez la plupart des Xantho, la lacini, notablement allongée dans le sens transversal, n’atteint pas cependant la ligne

médiane ; elle se détache davan-

tage de la mandibule ; son bord TR

antérieur est situé très avant NE

dans l’espace prélabial et esl IS assez écarté de la paroi sur

Xantho varius, la lacini a une disposition tout à fait spéciale :

elle n'avance pas plus que chezles Cycloxanthus, mais elle est très courte dans le sens transversal.

Chez les Xanthodes (fig. 155- 96), la lacini, courte en général, s’incurve Souvent, ainsi que SON Fic. 151-152. — Xontho vurtus. Dispo-

laquelle glisse l’eau; chez le /

bord antérieur poilu (X. Talis- sition de la lacini dans l'espace A S 7 / ; prélabial. /, lacini; e, endostome ; ( A odaciylus D

mant, À. melanod chu ) de m, facette mandibulaire de a

manière à constituer une sorte lo d'orifice expirateur.

Aux variations de posilion correspondent en effet des variations de forme.

La lacini a vaguement la forme d’un tétraëdre à sommet antérointerne, dont les faces sont: l’une supémeure (face regardant le plafond de l’espace prélabial), l’autre inférieure, la troisième interne.

Cette dernière (fig. 152, #4) qui est en continuité avec une des faces de la tige portant la lacini se moule plus ou moins sur les mandibules et offre des variations nombreuses, qui entrainent des différences d'aspect considérables de la lacini. Chez le Cycloxanthus 16-denlatus, elle regarde en haut et se rétrécit progressivement jusqu'au sommet de la lacini; chezle Xantho floridus, il en est de même, sauf que, le rétrécissement étant brusque, la face est remplacée presque tout de suite par un simple bord. Chez le Xantho rivulosus, cette face est incurvée et son bord inférieur déborde, par suite d’une extension vers la ligne médiane de la face de même nom ; dans d’autres cas c'est l'inverse: chez le X. punctatus la face

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supérieure déborde au-devant de la facette interne. Dans d’autres cas enfin c'est la face interne, bien développée, qui déborde sur les deux autres faces {X. varius): dans certaines dispositions, on entrevoit

FEV h

Fig. 153. — Xantho bidentatus M.- Fc. 154. — Xantho punctatus M.-Epw. Ebw.Maxillipède antérieur gauche. Maxillipède antérieur gauche.

comme une ébauche de lobe portunien {X. rivulosus), X. varius, mais ce lobe rudimentaire a des valeurs différentes, étant formé par les trois faces indifféremment, et soit par leur bord ou par leur sommet ; il semble résulter des contacts variés de la lacini avec la mandibule et son palpe, et n'avoir aucune importance physiologique, dans la respiration toutefois. Il est à remarquer que la formation de ce lobe dépend surtout de la forme de la face interne, et que

FiG. 155-156. — Lacini des maxillipèdes antérieurs Fig. 157. — Xantho tuberchez les Xanthodes. X. e., Xanthodes eri- culatus Coucx. Laplioides A. M.-Epw ; X. T., X. Talismani Gin,

M.-Epw. et Bouv.

celle-ci est en général en relation avec la forme générale de la lacini: elle est sensiblement la même chez le Cycloxanthus 16-dentatus, le Xantho floridus, et le Xanthodius Sternberghi; or, chez ces trois espèces la lacini s'allonge beaucoup transversalement au-devant

des mandibules, et il n'y a aucune apparence de lobe portunien.

Chez les Xanthodes (fig. 155-56), il y a un lobe portunien constitué en général par l'extension d’une partie du bord interne de la face supérieure vers la ligne médiane, au-dessus du palpe des mandibules semble-t-il (X. Talismani, X. eriphioïdes); c'est une languette qui n'a aucune importance physiologique, de formation purement accidentelle ; il en est de même chez le Xantho tuberculatus (fig. 157).

Ce qui est plus important, ce sont les variations de forme et de position du bord antérieur de la lacini; ce bord est toujours garni de longs poils filtrants ; il est très long chez les espèces primitives (Cycloxanthus), droit chez les Xantho et Xanthodius, court chez beaucoup de Xanthodes, et contribue alors à constituer un orifice respiratoire.

Ces considérations sur les variations de forme accidentelles(lobe dit portunien) et «adaptalives (incurvation du bord antérieur) de la lacini pourront être, je crois, d’une certaine utilité pour les carcinologistes qui voudraient reprendre l'étude générale des Xanthes et Xanthodes; le caractère tiré du lobe portunien ne semble pas avoir une valeur très grande pour le groupement des espèces par affinités.

Branchies el épipodites. — Je ne donnerai ici que quelques indications sur la constitution des organes contenus dans la chambre branchiale.

FiG. 158 à 160. — Disposition des branchies chez les Xanthes. ©, Cycloxanthus 16-dentatus M.-Ebw.; X./., Xantho tuberculatus Coucx ; X. 7, Xantho rivulosus Risso.

Chez le Cycloxanthus 16-dentatus (fig. 158), les branchies ne laissent qu'un espace libre insignifiant à la partie postérieure, et le groupeantérieurcomplet nesubit pasde réductions notables ; le vaisseau interne saillant présente des tubercules à crochets, tandis que les faces externes planes sont semées çà et là d’un pointllé de petitessaillies chitineuses (fig. 161).

Les poils des épipodites ont une ornementation parfaitement détermi née : crochets dirigés en arrière, puis un à deux pointes, enfin des dents courtes de plus en plus petites à mesure qu'on se rapproche du sommet.

FiG. 161. — Cycloxanthus 16-dentatus M.-Enw.

Ornementation des branchies,

FiG. 162 à 168. — Ornementation des poils des épipodites chez les Xanthes. C, Cycloranthus 16-dentatus M.-Epw.; X. f., Xantho floridus MonNTAGu ; X. r., Xantho rivulosus Risso ; X, p., Xantho punctatus M.-Epw. ; X. b., Xantho bidentatus M.-Epw.; X. v., Xantho varius; X. s., Xanthodius Sernberghi SrMPsox.

La disposition et lornementalion des branchies varient peu cher. les autres espèces considérées. Il n’en est pas de mème de l'ornementation des poils des épipodites; chez la plupart des Xantho (fig. 1462-68) (y compris le Xantho tuberculatus) et chez le Xanthodius Sternberghi ce sont le plus souvent des crochets disposés comme chez le Cycloxanthus ; chez le X. bidentatus les crochets sont associés à des brosses de poils secondaires; ceci parait être la règle chez les Xanthodes, où les crochets ont des formes et de dispositions variables.

FriG. 169 à 173. — Ornementation des poils des épipodites chez les Xanthodes. X. 1. Xantho tuberculatus Coucx ; X. e., Xanthodes eriophioides A. M.- Enw. ; X. T., X. Taylori Srimpson ; X. T., X. Talismani Ew. et Bouv. ; X, m., X. melonodactylus A. M.-Epw.

Enchainement des espèces. — Chez les Xanthes on observe une multitude de variations qui rendent difficiles les coupures génériques et, vu les conditions si différentes dans lesquelles ils vivent (Crabes littoraux, Crabes des profondeurs, Crabes des îles subtropicales et tropicales), il est difficile de se rendre compte de l’enchainement des espèces.

J'ai signalé l'existence d’une espèce à caractères assez primitifs, le Cycloxanthus 16-dentatus, qu'on aura, je crois, intérêt à examiner.

Je ne me suis pas fait une opinion précise au sujet de la parenté des Xantho et des Xanthodes ; ces derniers présentent un singulier mélange de caractères primitifs et de caractères spécialisés ; ils sont modifiés sans doute profondément par leur genre de vie, et on pourrait peut-être les considérer comme des formes pédomorphiques.

288 GEORGES BOHN.

S 2. — LES ACTEES.

J'ai étudié les espèces suivantes :

10 Actæa rugata Wire ( —A. Rüppelli KRAUSSE) ; Vanikoro ;

20 Actæa granulata Auboun ; Japon, 1895, FRANK ;

30 Acta hirsutissima RüPreL ; Nouvelle-Calédonie, BALANSA ;

4% Actcæa fossulata GiraRD (A. M.-Enw. det.); COUTIÈRE, 1897, Djibouli ;

5 Acta rufopunctata M.-Epw.(Bouv det.); Travailleur, 9 août 1882, Desertas, 100 à 150 mètres ;

6° Heteractæa lunata M.-Ebw. et Lucas ; Basse-Californie, 1894, DIGUET ;

7 Hypocœlus granulatus DE Haax ( — Xantho granulatus DE HaaAN); Japon, 1895, FRANK ;

8 Phlyctenoxanthus erosus ( — Actæa erosa) (Smiths. Inst.) ; Floride, AGASSIz;

9 Euxanthus mamillatus M.-Epw.; Vanikoro, 1893.

Toutes ces formes se ressemblent beaucoup entre elles et paraissent se rapprocher des Xanthes.

Le corps est en général moyennement élargi.

La chitinisation et la calcfication se font suivant un mode tout à fait particulier : la carapace divisée en un certain nombre de territoires saillants présente, — ou bien des granulations (Actæa rugata, Actæa rufopunctata des profondeurs, où les granulations blanches sont disposées en monticules, Æypo-

cœlus granulatus) — ou bien des Fi. 174. — Actœa rugata C4 | À Warre. Antennes et ma. #2@melons (Euœanthus mamillatus), — xillipèdes postérieurs. ou bien des érosions. C’est là le résultat

de l’exagération de certaines tendances que nous avons signalées chez les Xanthes.

Les pattes postérieures assez courtes peuvent venir en général

s'appliquer sur le dessus de la carapace, dans des dépressions situées aux angles postérieurs ; chez l’Heteractæa lunata, ces pattes sont garnies de poils en massue.

Le front des Actées peut être considéré comme un front de Cycloxanthus 16-dentatus qui se serait raballu en avant, de manière à recouvrir plus ou moins l'angle supéro-interne de l’article basilaire 2 des antennes, et s’y souder.

A E Da.

A ? | Fi. 175. — Hypocælus granulatus De Fi@. 176 à 179. — Comparaison de la AAN. Antennes et maxillipèdes disposition des antennes externes H Ant t Ilipèd lisposition d t t postérieurs. chez l'Actæa rugata AupouIx (A),

l'Euxanthus mamillaris M.-Epw.

(A), l’'Hypocœlus granulatus DE Haan (E)), et les Carpilius (C).

Ceci se voit très nettement en particulier chez l'Aclæa rugata et chez l'Euxanthus mamillaris (fig. 176 et 178, Æ); chez l'Hypocœlus granulatus (fig. 175 et 177, Æ£), le front vient s’ajuster contre le bord interne de l’article basilaire 2 de l'antenne, sans le recouvrir.

Le bord externe de cet article basilaire est soudé plus ou moins

dans toute sa hauteur à la paroi orbitaire inférieure; il en résulte que l'orbite est close; on y voit, au-dessus d’un gros pédoncule

Fig. 180. — Phlyctenoxanthus erosus. Méropodites des maxillipèdes postérieurs.

oculaire, les articles antennaires, 3 et 4, et le fouet peu développés.

Les antennules sont toujours obliques.

Le bord antérieur des méropodites des maxillipèdes postérieurs est parfois entaillé de manière à constituer une ébauche d’orifice respiratoire externe (Phlyctenoæanthus erosus, fig. 180).

Les lacini offrent souvent la même position et la même forme que chez les Cycloxanthus et les Xanthes primitits. (Actœa rugata,... Euæanthus mainillatus, qui montre un pseudolobe portunien au sommet, etc.).

Les branchies n'offrent rien de parti-

culier; les poils des épipodites ont des ornements variés ; l'ornementation du Cycloxanthus se trouve parfois chez l'Actæa rugala, toujours chez l'Æuxanthus mamaillatus ; chez certains Aclæa, on observe des brosses el des crochets de formes variées.

De l'étude que j'ai faite, il résulte que toules ces espèces sont très voisines les unes des autres, et que certaines d’entre elles,

FrG. 181. — Actæa rugata Aupounx. Maxillipède antérieur gauche.

comme l'Actæu rugalu, à carapace granuleuse, et l'£uæanthus inarillatus, à carapace bosselée, offrent de grandes analogies

nl LA

Fi. 182, — Actæa rugata Aupoun. Poils des épipodites.

avec les Cycloxanthus ; la différence essentielle résulte du rabattement d'un front étroit, avançant, bilobé, sur les antennes.

Par l'Evxanthus mamillaris, 1 semble, de plus, qu'on puisse passer au ZLophactæa granulata, qui possède plutôt un front de Xanthe qu'un front d’Actée, et de là aux Zozymes.

Je n'éludierai pas plus ces dernières espèces que l’Afergatis floridus RüMPHius, qui offre avec elles de grandes analogies.

Je passerai immédiatement à la discussion des affinités du curieux genre Carpilius.

S 3. LE GENRE Carpilius LEACH.

Parmi les Xanthidés, les Carpilius ont un aspect tout à fait à part, et on peut s'étonner qu'on les ait prises pour type d'un groupe qui ne renferme que des formes absolument différentes d'elles.

On rapproche fréquemment les Carpilies des Afergalis, qui eux aussi ont la caparace lisse, et des Actæa. Pendant longtemps les Carpilies et les Atergatis faisaient partie du genre Cancer tel que l'avait défini LINE, et c’est une habitude assez fréquente que l'on a de maintenir les groupements imparfaits dûs aux connaissances si incomplètes des premiers naturalistes.

Déjà MILNE-EDbwaRDs avait montré que la disposition de la région antennaire est différente chez les Carpilies et les Atergatis ; ORTMANN n'a fait que reprendre cette remarque lorsqu'il établit sa classification des XANTHINI, et le groupement :

Carpilius, Euxanthus, Carpilodes, Hypocælus (+ Phymodius, Chlorodius).

J'ai examiné deux espèces du genre Carpilius : 1° des échantillons de tailles très diverses du €. mnaculatus L., un échantillon du C. converus FORSKAL.

Je vais insister sur les nombreux caractères qui mettent les Carpilius à part des autres Xanthidés, et je discuterai ensuite les groupements classiques.

Forme générale du corps. — La forme du corps est très remarquable ; elle est globuleuse, ou tout au moins subglobuleuse ; le petit échantillon de C. conveæus que j'ai examiné était globoïde, et, ses pattes étant repliées sous la carapace, on pouvait le faire rouler dans la cuvette à dissection comme un caillou,

292 GEORGES BOHN.

La face dorsale de la carapace est fortement bombeée dans les deux sens el ne présente qu'un faible élargissement transversal.

Valeurs dei — -- pour les Carpilies en un certain nombre de

Crabes qu'on a l'habitude de grouper autour d’elles.

Garpilius convexus 2.220128 1,320. | Acta rugata..Ln205 COUR 1,33 G:maculatus ee ere 1,311 | Actæea rufopunctatan te 1,55 ACtæa fossulatas "ccm 1,64 Hypocælus granulatus ......... 1537 Atergatis floridus.............. 1,42 Carpilodes triste re 1574

Chez les Carpilius l'élargissement porte surtout sur la zone postéro-médiane de la carapace : à la limite des bords antérolatéraux et des bords postéro-latéraux, il y a un tubercule p; la ligne qui réunit les deux tubercules symétriques correspond à la largeur maxima et passe au milieu de la région cardiaque.

Malgré cela le bord postérieur de la carapace est très étroit; le sternum a de même une fable largeur.

Ornementation de la carapace.— La carapace est très fragile.

L'ornementation est réduite à sa plus simple expression.

Le dessus de la carapace est lisse, non sillonné, non bosselé, absolument glabre.

Le bord antéro-latéral, épais, non marginé, ne présente ni dents, ni incisures; en arrière il se termine par une sorte de tubercule mousse.

Les branchiostégistes sont glabres dans toute leur étendue (y compris le bord) et présentent une ligne latérale extrêmement nelle, mais sans ornements, se prolongeant nettement jusqu'au bord postérieur de la carapace.

Les pinces ne présentent pas d’ornements non plus.

Or, chez les Afergatis, qui ont la carapace lisse, il y a des restes d’une ornementalion disparue en grande partie.

La carapace est jaunâtre, lachée de rouge ; chez le C. maculatus, la disposition des taches est parfaitement régulière ; les doigts des pinces ne sont pas colorés en noir (différence avec la plupart des Xanthidés).

Locomotion. — Les pattes sont particulièrement longues, cylindriques, grêles.

(C'est là une particularité qui semble éloigner les Carpilies des Xanthes, des Actées, des Carpilodes, des Atergatis).

. Disposilion antennaire.—[a disposition des antennes est assez particulière et a attiré déjà depuis longtemps l'attention des zoologistes (base de la classification de ORTMANN).

Elle est commandée par la disposition du front. Celui-ci, large, épais, 4rilobé, est rabattu en avant: atteint ainsi presque l'angle orbilaire inféro-interne, ne laissant entre lui el l'orbile qu'un étroit hiatus.

(Chez les Æ7iphia, 1 se produit quelque chose d'analogue, et le front se soude même à la paroi orbitaire inférieure sur une certaine longueur).

L'article basilaire 2 des antennes est bien développé ; il a une direction oblique, et, comme le

front tend à se rabattre sur lui, il pie. 183. — Carpitius maculatus ne repose pas sur une apophyse L. Antennes ct maxillipèdes

frontale comme cela a lieu chez les postérieurs.

Xanthes, mais, au contraire, il est

« enchässé », comme l’a bien montré A. M.-Epwarps, entre le rebord sous-frontal et le bord interne de la région ptérygostomienne. Il est long par rapport à sa largeur, mais il est plus court que l'avancée pérygostomienne. L’étroit hiatus compris entre le front et la partie supérieure de celui-ci est occupé par les articles suivants peu développées; le fouet est très court.

(Chez les Carpilodes, l'article 2, oblique aussi, bien développé, repose sur une apophyse frontale ; il est presque aussi long que le bord libre ptérygostomien ; aussi l'orbite est-elle également presque fermée, mais c’est alors par Farticle 2, tandis que la fermeture de l'orbite a lieu chez les Carpilies par suite du rapprochement du front et de la paroi orbitaire mférieure).

294 GEORGES BOHN.

Respiration. — L'appareil respiratoire des Carpilies présente des faits intéressants.

La fente d'entrée de l’eau n’est pas garnie de poils, et le bord du branchiostégite qui la limite est fortement entamé par l’article basilaire, saillant, des pinces.

La disposition des appendices buccaux n'offre rien de bien particulier ; tous ces appendices ont tendance à s’enchàsser dans des cavités : les pattes-mâchoires externes en particulier deviennent operculiformes.

L'épistome est une aire plane assez bien développée; la crête endostomiale le surplombe un peu.

Fig. 184. — Carpilius maculatus LL. Fic. 185. — Carpilius maculatus L. Orifice prélabial, o; /, lacini; 7, Lacini des maxillipèdes antélanguette mandibulaire ; €, endos- rieurs. 22, face mandibulaire ; tome. a et 8, ses deux bords.

En soulevant les pattes-mâchoires, on se trouve en présence d'une disposition des plus caractéristiques du genre, qui est due à une FORME TOUTE SPÉCIALE DES LACINI DES PATTES-MACHOIRES INTERNES. Le bord antérieur de la lacini présente une échancrure circulaire profonde, qui constitue, à une certaine distance de la ligne médiane, un ORIFICE RESPIRATOIRE. L'espace préabial spacieux ne présente d’ailleurs aucune crêle, aucune saillie. Je vais donner une description détaillée de cette lacini. Partons de la forme

trétraédrique (Voir plus haut, p.?83). Les deux faces supérieure et inférieure déterminent un plan horizontal, qui aboutit en dedans a une face interne 2, courie, large, débordant suivant les deux lignes « et 6. L’échancrure a lieu aux dépens du bord antérieur de la lame horizontale ; elle est comprise entre deux lobes garnis à leurs extrémités, surtout du côté de l’échancrure, de longs poils filtrants. Le bord « a dessiné un pseudo-lobe portunien.

Quand on pénètre dans la chambre branchiale, on est frappé du grand développement, tant en longueur qu'en largeur des branchies 9; 9C el 50 atteignent sensiblement le même niveau que 4; et 34, relativement bien développée, est enchassée à la base de 5e, les branchies 2, au contraire, sont faiblement développées ; 2c est étroite et n’est guère plus longue que la moitié de 3h; 24 n’atteimt même pas la partie postérieure de 34.

Les branchies formées de lamelles molles pressées les unes contre les autres n'offrent rien de particulier au point de vue de l’ornementation. Les poils des épipodites sont garnis de brosses et de scies à dents hautes et fines.

Résumé. — Les Carpilius ont une physionomie tout à fait particulière :

1° Un corps globuleux porté par de longues pattes cylindriques et grêles ; des pinces grosses et inégales ;

2° Une carapace mince, fragile, lisse, sans ornements chitineux (— pinces), tachée de rouge ;

3° Des sutures nettement marquées, — dans la région antennaire où les appendices sont plus ou moins enchâssés, et au niveau de l'abdomen (chez le mâle, il y a 6 segments parfaitement distincts) ;

4° Un front trilobé, rabattu, de facon à rejoindre presque les parois orbitaires inférieures et à clore ainsi les orbites; des antennes enchâssées, à disposition spéciale ;

5° Un ORIFICE RESPIRATOIRE ANTÉRIEUR de constitution particulière (forme caractéristique des lacini des pattes-mächoires internes) ;

6° Des branchies 5 bien développées aux dépens des branchies ? ;

7° Des branchies faiblement chitinisées ; des poils en brosse sur les épipodites.

296 GEORGES BOHN.

Par la plupart de ces caractères, les Carpilius différent des espèces que nous avons étudiées jusqu'ici parmi les Xanthidés, et par suite de celles que leur associe ORTMANN.

En effet les Xanthes, les Actées et autres formes voisines ont:

1° Une carapace aplatie et élargie dans toute la zone médiane (la ligne joignant les dents postérieures droite et gauche passe en avant de la région cardiaque); des pattes assez courtes et aplaties pouvant glisser les unes sur les autres et sur l'arrière de la carapace ;

2% De la chitine épaisse ; une carapace divisée par des sillons en territoires très nets, présentant sur les bords des incisures ; une teinte jaune foncée uniforme (les doigts des pinces se détachant en noir) ;

3 Des sulures plus ou moins effacées ;

4% Un front, plus ou moins avançant, plus ou moins déclive, et présentant une incisure médiane fort nette; sur deux plis latéraux viennent reposer les articles 2 des antennes ;

»° Des lacini, avançantes, s’allongeant plus ou moins vers la ligne médiane, à bord antérieur droit ou légèrement mcurvé (Xanthodes) ;

6° Des branchies 3 moyennement développées ;

7° Des poils épipodiaux à crochets puissants.

Après avoir comparé les Carpilius avec les autres « Xanthidés de l’Agèle des Carpilides », il m'a fallu placer le genre Carpilius à part de tous les autres, et le rapprocher plutôt de formes telles que les Menippe, les Paragalene, les Eriphia.

Les Paragalene (Voir plus loin) ont en effet un certain nombre de caractères des Carpilius : pattes longues, lacini mcurvée, branchies 3 développées, poils des épipodites, ete.

Chez les Æriphia, le front se rabat et vient se souder à la paroi orbitaire inférieure; des orifices respiratoires antérieurs se constituent.

Mais ce sont 1à des ressemblances lointaines; nous allons examiner encore quelques Crabes qui paraissent isolés, et qui se rapprochent peut-être davantage des Carpilies.

S 4. — Pseudozius Bouvieri. — Epivanthus frontalis. — Eurylium limosuin.

Ce sont le Pseudozius Bouvieri À. M.-Epw., l'Epiranthus frontalis M.-Enw, l'£urytlium liinosum Say. Is présentent entre eux de vagues ressemblances, et leur place dans la classification varie avec les auteurs, qui les ont disséminés çà et là.

Pseudozius Bouvieri À. M.-Enw. — De ces trois Crabes, le Pseudozius Bouvieri est le moins différencie.

J'ai examiné {rois échantillons, deux de petite taille provenant des îles Açores, un de grande taille recueilli par le Talisman dans les îles du Cap Vert. Je n'insisterai pas sur leur description, vu que ces échantillons ont précisément servi à MILxNE-EDpwWARDS pour établir l'espèce (1).

La carapace est lisse, brun-orange, légèrement bombée d’arrière en avant, assez élargie (4 — 1, 5 ; zone médiane).

Les pattes postérieures sont assez longues, subcylindriques. Les pinces sont noires. Les bords antéro-latéraux présentent des indications de dents à la partie postérieure.

Le front, rectiligne, muni d’une suture médiane, large, forme une légère avancée, une sorte d'auvent qui abrite les antennules très inclinées et les antennes.

L'article 2 de celles-ci reste indépendant du front; court et légérement incliné vers le dehors, il est compris entre l’article basilaire des antennules et le bord ptérygostomien ; il est dépassé à l'avant par l’un el par l’autre ; l'orbite est assez largement ouverte, et dans la fente orbitaire interne, les articles 3 et 4 sont moyennement développés et mobiles.

Les néropodiles des pattes-màchoires externes, larges, ne dépassent pas l'endostome: leur bord antérieur en est un peu écarté, les carpopodites reposant sur la partie médiane de l’espace prélabial.

(1) On trouvera dans les Crustacés Décapodes du Travailleur et du Talisman (G, 00), la description de cette espèce, p. 52, et des figures (PI. XV, 11 à 14) représentant les principaux appendices buccaux, en particulier la lacini fortement échancrée et qui ressemble beaucoup à celles des Carpilies ; d’où l'absence de figures dans ce travail.

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L'eau sort en effet par les côtés, comme l’indiquent la situation et la forme des lacini des pattes-màchoires internes; ces lacini sont situées en dehors d'une ébauche de crête antéro-postérieure, s'avancent assez avant, et présentent une forte échancrure : ainsi se trouve constituée une sorte d’orifice respiratoire ; cette disposition rappelle un peu ce que j’ai décrit chez les Carpilies ; il y a également un pseudo-lobe portunien rudimentaire.

Les branchies sont moyennement inclinées ; 6 c” est assez courte el n'atteint pas la pointe épimérale; les branchies 3 sont bien développées ; 30 esteffilée à son extrémité ; les branchies 2 sont peu développées (2 & en particulier).

Les branchies sont plutôt faiblement chitinisées ; leur ornemenlation est peu accentuée, les poils épipodiaux ont une brosse subterminale et un peigne terminal.

En résumé, l’un des traits les plus caractéristiques du Pseudozius Bouvieri est la constitution de l’orifice respiratoire ; les caractères de faible spécialisation sont indiqués par l'indépendance des antennes d'avec le front, par la formule branchiale et l'ornementalion des lamelles et des poils.

Spixvanthus frontalis M.-Enw. — L'Epixanthus frontalis, d'après ce que j'ai pu voir sur un exemplaire déterminé par M. Bouvier et provenant de Poulo-Condor, est un Crabe ayant subi une spécialisation assez marquée, un peu dans le sens des Xanthes.

La carapace, fragile, lisse, brillante, très finement granuleuse en avant, ne présente pas de territoires saillants comme chez les Xanthes ; une légère dépression médiane s'étend d'avant en arrière sur la région gastrique.

La carapace montre desponctualionsrougessur un fondjaunâtre.

Régulièrement bombée d'avant en arrière, elle ‘est élargie moyennement ( — 1,53).

Les pattes postérieures sont relativement beaucoup plus longues que chez les Xanthes ; les méropodites sont subcylindriques au lieu d’être plats.

Les pinces, assez inégales, ont les doigts faiblement colorés, munis de tubercules irréguliers; les mains sont renflées el sans ornements : elles sont donc bien différentes de celles des Xanthes.

Le bord antéro-latéral de la carapace offre des éncésur'es.

Le front, relativement plus large que chez les Xanthes, est rectiligne et avance peu ; les antennules sont transversales (elles sont obliques chez les Xanthes); les articles 2 des antennes, obliques, sont notablement dépassés par une saillie ptérygostomienne, mais dépassent les articles basilaires des antennules, pour venir s'appuyer, un peu comme chez les Xanthes, sur une saillie frontale inférieure ; l'orbite est largement ouverte.

FiG. 186. — ÆEpixanthus frontalis M.- FiG. 187. — Epixanthus frontalis M.-

Erw. Antennes et maxillipèdes Enw. Lacini du maxillipède antépostérieurs ; orifice prostomien. rieur g., et Sa position.

Les »26ropodites des pattes-mâchoires sont larges, non avançcants; leur bord antérieur présente une petile échancrure qui indique à l'extérieur l'orificerespiratoire.Celui-cirappelle beaucoup celui des Pseudozius: les lacini sont situées au dehors de crêtes antéro-postérieures bien marquées; le bord antérieur assez irrégulier estincurvé (Voir fig. 187); il y a une ébauche de lobe portunien.

Les branchies 3 sont relativement moins développées que chez les Pseudozius ; c'est l'inverse pour les branchies 2.

— — ——— LE Se

FiG. 188. — Epixanthus frontalis M.-Epw. Extrémité des poils des épipodites.

Les poils des épipodites présentent une brosse peu fournie, quelques crochets, puis un peigne à dents lamelleuses.

300 GEORGES BOHN.

En résumé, l’Æpixranthus frontalis a les orifices respiratoires des Pseudozius ; il est plus spécialisé : l'article 2 des antennes prend contact avec le front un peu comme chez les Xanthes, et les branchies antérieures (3) subissent une légère réduction, également comme chez les Xanthes ; mais ceci n'implique pas une ressemblance familiale, car les soudures des antennes et les réductions branchiales se font dans tous les groupes, et à plus forte raison, somme toute, dans deux groupes assez voisins. Par l’ensemble des autres caractères (forme, chitinisation, ornements, pattes, orifices respiratoires, etc.), les Æpixanthus se rapprochent beaucoup plus des Pseudozius que des Xanthes.

Eurytium limosum SA. — L'ÆEurytlium linosum se spécialise un peu dans le sens Telpheuse.

J'ai étudié un échantillon déterminé par A. Mizxe-Enwarps, et provenant de Rio de Janeiro.

La carapace est lisse, violacée (dans l'alcool), finement granuleuse et glabre, sauf en arrière et en dessous ; à part une légère dépression gastrique antéro-postérieure, elle est régulièrement bombée, la courbure étant plus forte du côté du front que du côté de l'arrière ; elle estmoyennement élargie (à — 1, 55), au maximum dans la zone médio-antérieure.

Fi. 189. — Eurytium limosuim SAY. Antennes et maxillipèdes postérieurs.

Les paltes postérieures sont assez longues, subcylindriques ; les pinces sont inégales et ont des doigts non colorés.

Les bords antéro-latéraux, assez courts, ne présentent que quatre dents ; le bord postérieur est assez large.

Le front est large, rectiligne ; les antennules sont absolument transversales ; l’article basilaire 2 des antennes, court et très large, n'atteint pas le front ; le bord orbitaire inférieur n’est pas plus élevé que lui, et les articles 3 et 4, ainsi que le pédoncule oculaire, sont bien à découvert par la face ventrale.

L'épistome est bien développé etse soulève du côté de l’endostome en une lame, qui envoie en avant une sorte d’éperon sur la ligne médiane el qui s’incurve au niveau de chaque orifice respiratoire.

Les 2néropodites des pattes-màchoires externes sont plutôt en retrait sur l'endostome, et présentent même une ecoche au niveau de l’orifice respiratoire. La lacini a une faible largeur et s'arrête à une crête de l’espace prélabial; son bord antérieur est légèrement incurvé, (pas d'ébauche de lobe portunien).

Fi, 190, — ÆEurytium limosum Say. Maxillipède antérieur g.

Les branchies antérieures sont en retrait les unes sur les autres. Les poils nettoyeurs possèdent une brosse assez bien fournie, quelques crochets peu saillants, un peigne terminal (intermédiaire entre Pseudorius et Epixanthus).

Le trait le plus saillant est iei encore la constitution d'un orifice respiratoire, à laquelle prennent part: 1° l’endostome ; 2 le bord antérieur des méropodites ; 3 une crête antéro-postérieure ; 4 la lacini incurvée.

Il serait intéressant de comparer ce genre avec le genre Æurycarcinus, moins différencié semble-t-il.

302 GEORGES BOHN.

Les analogies entre les trois genres étudiés peuvent se résumer de la façon suivante.

Pseudozius Epixanthus Eurytium Bouvieri frontalis limosum Cérapacc HP EEEC ere Carapace lisse

légèrement bombée d'avant en arrière EL. plutôt antérieur

= 1,50 1 1,09 = 4455 PATES NS A ee ere ice Pattes postérieures assez longues, subcylindriques Bord. ant. lat. carapace... Dents a. 1. peu prononcées

2 post. D 4 ÉTOND RER Ce C-e Front rectiligne, large, avec suture médiane

un peu avançant Antennuleseese- tone cree Obliques Subtransversales Art. 2 antennes............. Indépendant du S'appuyant au front N'atteignant pas front le front OrDite- rec ee Orbite ouverte ORIFICE RESPIRATOIRE Différencié prélabial

Bord méropodite B. méro. échancré B. méro. avec soulevé encoche Lacini découpée Lacini échancrée Lacini incurvée

Crète antéro postérieure

Branches ere eee tie Br. ant. bien Br. 3 en retrait Br. 3 en retrait développées Porls/nettoyeurs...,.....-e BROSSE +- peigne Brosse 4- cROCHETS Brosse + crochets

+- peigne lamelleux + peigne.

S 5. — VARIABILITÉ DES PANOPÉES.

Les Panopées sont, comme les Crabes précédents, /ort peu spécialisées, et, comme elles présentent une EXTRÈME VARIABILITÉ DE CARACTÈRES, leur étude est précieuse pour la recherche de l’origine et de la parenté des Xanthidés.

Ce sont des Crabes de petite taille, qui vivent sur les côtes d'Amérique; malgré les formes nombreuses qu’elles présentent, elles ont été groupées dans un seul genre, le G. Panopeus.

J'ai pu étudier 11 espèces sur des échantillons conservés dans l'alcool et provenant des collections du Muséum ; ce sont:

1° Pan. angustifrons B. et RarnB. (Auct. det.); Lond Island Sound, 1890 ;

2 Pan. texanus ; Texas;

3 Pan. depressus, S. J. Suirx (type) ; Eymont Key ;

4° Pan. Harrisii (Mus. de Cambridge) ;

5 Pan. Sayi S. J. Surrx (type) ; New Haven;

6° Pan. purpureus LockiN@Tox (type) ; Californie ;

7 Pan. affinis, Sr. KINGSLEY (RATHBUN det.) ; Basse-Californie ;

8" Pan.peruvianus À.M.-Enw.(Auct. det.); San Lorenzo (Pérou);

% Pan. Harttii S. J. Suirx (Auct. det.); Panama ;

10 Pan. planus S. J. Surrx (Auct. det.); Panama ;

11° Pan. ovatus B. et RATHBUN ; Guaymas (Mexique).

Et de plus Æurypanopeus planissimus SrimPsox ; Basse Californie, Diguet.

Les variations portent sur :

a) La forme de la carapace ; b) L’ornementation de la carapace ; c) La forme du front et la disposition des antennes ;

d) La forme de la lacini et sa position (constitution d’un orifice respiratoire) ;

e) Le développement des branchies antérieures ;

f) L'ornementation des poils nettoyeurs des branchies.

a) Variations de forme de la carapace. Ælarqissement

variable. — Voici les diverses valeurs du rapport de la longueur à | , H à la largeur maxima de la carapace, à — ——.

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