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+ Euryp. planissimus
BROVAIUS EEE VNR
304 GEORGES BOHN.
La largeur maxima est atteinte immédiatement en avant de la zone médiane (— Eurytium limosum).
On constate chez un certain nombre d'espèces une tendance à l'élargissement du bord postérieur
e — bord étroit #7 — bord moyen ! — bord large
La carapace tend à prendre une forme quadrangulaire.
On peut remarquer de plus qu'il y a un certain parallélisme entre l'élargissement du bord postérieur et l’élargissement subantérieure de la carapace; si le P. angustifrons semble faire exception, c'est que, vu l’avancée du front, l'indice ? a une valeur apparente inférieure à la valeur réelle.
b) Variations de l’ornementation de la carapace.— La carapace a des aspects extrêmement divers. Dans bien des cas, elle est lisse, avec quelques rides, et presque glabre (P. Sayi, P. planus, P. depressus, etc.); chez le P. Harrisii, ces rides deviennent des lignes transversales saillantes. Chez le P. purpureus, la carapace, légèrement bosselée, est luisante, granuleuse, verdâtre ; les pinces sont ponctuées de rouge; chez le P. peruvianus, sauf la teinte, l'aspect est à peu près le même. Aïlleurs l'aspect se modifie complètement : le P. affinis a une carapace subquadrangulaire, rougeâtre, couverte de poils en arrière ainsi que les pattes (un peu l'aspect d’un Pilumnus), tandis que P. Hartlii a une carapace accidentée, granuleuse, et des pinces noires.
En général le bord antéro-latéral présente 4 dents ou saillies, la plus antérieure variant beaucoup de forme.
c) Variations de la forme du front et de la disposition des antennes.
Dans tous les cas les articles 2 des antennes restent indépendants du front: c'est là un caractère de très faible spécialisation ; toutefois ils se soudent souvent avec l’avancée ptérygostomienne (paroi orbitaire inférieure).
Ceci se voit nettement chez le P. peruvianus (fig. 192): le front constitue une sorte d’auvent, au-dessus des antennules obliques et sans fossettes distinctes, et des antennes, dont les divers articles se détachent les uns des autres très nettement ; l’article 2 mobilisable
2 ons SUR LA RESPIRATION DES DEÉCAPODES. 30
est soudé avec une partie du rebord de l'avancée plérygostomienne, et est absolument indépendant du front, quoique reposant sur une sorte de repli de sa face inférieure.
Fra. 191 Fi. 192
Fi. 191-192. — Panopeus augustifrons B. et R. et peruvianus A. M.-Epw. Disposition des antennes ; front ; maxillipèdes postérieurs.
Certaines des particularités observées chez le P. peruvianus s’accentuent chez d’autres espèces, en particulier chez le P. angustifrons (fig. 191): le front tout en restant bilobé et étroit s'avance beaucoup (un peu à la façon du front du Cycloxanthus) et le repli sur lequel les articles antennaires 2? reposent se précise.
Chez d’autres espèces, P. purpureus, P. Sayi, P. Harrisi, au contraire, le front avance moins que chez le P. peruvianus Chez le P. Harrisii, en particulier, il est fort peu avançant et étroit, sur un échantillon de P. purpureus, j'ai observé un fait assez curieux (rappelant celui que j'ai signalé chez un Cycloxanthus 16-dentatus): les deux lobes offraient une asymétrie assez nette, l’un d'eux était plus avançant que l’autre.
Ceci indique combien le front est plastique chez ces Crabes, et rien ne prouve que l'avancée frontale soil un caractère primitif Chez eux.
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Chez ceux qui paraissent le moins spécialisés : P. Harrisi, P. Sayi, P. purpureus, le front est peu avançant; chez des Panopées assez peu spécialisées également, mais à carapace plus large: P. peruvianus, P. texanus, et P. angustifrons, il s'hypertrophie pas mal dans le sens antéro-postérieur; enfin chez des formes beaucoup plus spécialisées, comme le P. affinis (qui rappelle les Pilumnus) et le P. Hartltii, le front reste bas, s'élargil, et les articles 2? des antennes semblent s’ankyloser.
d) Variations relatives à la lacin1.
Si l’avancée frontale ne semble pas un caractère primitif chez les Panopées, les pattes-màachoires externes de ces Crabes n’avancent jamais au-devant de l’épistome : le bord antérieur des méropodites est même plutôt en retrait de l’endostome.
Ainsi les Panopées ne semblent se rattacher à aucun litre aux formes corystidiennes, c’est-à-dire à chambre prostomiale.
En revanche les lacini des paltes-mâchoires internes se modifient déjà de façon à ébaucher des orifices respiratoires prélabiaua.
ES D nie Ur À | NUS
F1G. 193-194. — Disposition de la lacini chez les Panopées. P. S., P. Sayi S.-J. SMITH ; P. p., P. peruvianus A. M.-Epw.
Chez loules les espèces les lacini avancent beancoup dans l'espace prélabial, présentent une face interne qui se termine assez en arrière en une sorte de lobe porlunien, et un bord antérieur court, plus où inoins soulevé el incurvé, et garni de poils nombreux (surtout chez le P. texanus).
e) Variations relatives aux branchies et aux poils net- Loveurs. — Les branchies antérieures subissent une réduction
M. Rss
notable, les branchies 3 en particulier ; 3 & très réduite est intercalée entre 5 bei 30:
FiG. 195. — Panopeus augustifrons B. Fi. 196. — Panopeus augustifrons B. et R. Disposition des branchies et R. Extrémité des poils des antérieures. épipodites.
Les poils épipodiaux (fig. 196) présente une brosse subterminale, puis des crochets à double pointe, et enfin un peigne à dents fines.
Résumé. — En résumé, les Panopées sont des Crabes qui ont conservé où retrouvé des caractères assez primitifs; j'ajoute « retrouvé » car j'ai montré plus haut (p.238) que chez les Portunes il suffit que la chitinisation devienne pour une cause ou une autre anormale pour que les diverses tendances ancestrales se manifestent à nouveau.
Quoi qu'il en soit, les Panopées sont susceptibles de fournir des renseignements sur l’origine des Xanthidés, et la parenté des divers groupes.
L’avancée du front serait un caractère acquis secondairement ; quant à une chambre prostomiale on n'en trouve aucune trace.
Les Panopées seraient des formes assez voisines des trois espèces que j'ai décrites dans le paragraphe précédent, et en particulier de l'Eurylium limosum.
1° La carapace est en général lisse, comme chez le Psewdozius, l'Epixanthus, VEurytium; Vélargissement moyen est de 1,5, indice du Pseudozius ;
2 Les pattes postérieures sont relativement longues et subcylindriques, comme chez les trois espèces mentionnées plus haut ;
308 GÉORGES BOHN.
3° Le bord antéro-latéral de la carapace présente 4 dents ou avancées, comme chez l'Æurytiumn limosum ;
4° Les antennules sont obliques, comme chez le Pseudozius Bouvieri, où subtranversales comme dans les deux autres formes voisines ;
»° Les antennes sont indépendantes du front, comme chez le Pseudozius et V Eurytium, où bien viennent s'appuyer contre celuici, comme chez l'Epiranthus frontalis ; le front, de forme excessivement variable, s'élargit souvent en devenant rectiligne comme cela a lieu chez ces trois espèces ;
6° Il y a une ébauche d’orifice respiratoire dans l'espace prélabial, due à l'incurvalion du bord de la lacini, comme chez l'Eurytiuin ;
7 Les branchies 3 subissent une réduction, un peu plus accentuée que celle présentée par l'£urytiun limosum ;
& Enfin les poils des épipodites ont la même ornementation que chez l'£urylium.
L'Epiranthus frontalis diffère du Pseudozius Bouvieri par une différenciation plus grande, marquée par le contact des antennes avec le front qui s'effectue un peu comme chez les Xanthes, par la réduction des branchies antérieures, et la différenciation des crochets sur les poils nettoyeurs.
L'Eurytium limosum diffère du Pseudozius Bouvieri surtout par la forme de la carapace, élargie dans la région médio-antérieure ; de plus, si l’orifice respiratoire prélabial est moins différencié, les branchies antérieures subissent déjà une réduction assez considérable.
C’est également par ces trois caractères que les Panopées différent du Pseudozius Bouvieri.
Il semble que l’on puisse admettre une étroite parenté entre toutes ces espèces (Voir p. 500); elles auraient eu un ancêtre commun X, caractérisé : 1° par un front bilobé peu avançant, sous lequel se replient obliquement les antennules, et éloigné des antennes, assez développées et mobiles dans les articles basilaires (2, 3, 4); 2° par des paltes-mâchoires externes non avançantes ; 3° par des lacini courtes, latérales, avançantes, à bord antérieur légèrement incurvé, et présentant une facette interne (pseudo-lobe portunien), et aussi 49 par la forme de la carapace, peu élargie, à bord postérieur court,
SUR LA RESPIRAIION DES DÉCGAPODES. 309
el l'absence d'ornements chitineux ; 5° par des pattes antérieures longues subcylindriques.
Une premiére voie de différencialion aurait été suivie par les ancêtres du Pseudozius Bouvieri: la lacini des pattes-mâchoires internes se serait découpée pour constituer un orifice respiratoire prelabial.
D’autres formes auraient subi un élargissement de la carapace antérieur et postérieur à la fois, et pris ainsi #ne forine vaguement quadranqulaire; en même temps les branchies antérieures auraient subi une 7duction de volume notable; ce seraient les ancêtres X’del'Æurytiumn limoswm, qui se comportaient sans doute comme le font encore actuellement les Panopées des côtes d'Amérique.
Dans une troisième série, la différenciation aurait été poussée plus Join ; outre l’orifice respiratoire des Pseudozsius, el la réduction branchiale antérieure des Æurylium, 11 y aurait un acheminement vers la soudure des antennes avec le front {Æpiranthus frontales).
Pseudozius (orifice prelabial )
orifice prélabial D Epixanthus D antennesel front \ réductions branchiales
Pano pec s(reduclions branchiales)
Piluranus
1 à . , . é Curtonolus Eury! um (réductions branchiales
La longueur de chaque flèche représente le degré approximatif de différenciation.
Les Panopées, très peu différenciées, ont conservé ou retrouvé la plasticité des ancêtres; chez certaines espèces, on retrouve la tendance dominante des ancêtres des Pseudozius (constitution d'un
er
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orifice prélabial) ; chez d’autres celle des ancêtres des Æpiranthus (rapprochement des antennes et du front), qui n’est autre que la tendance xanthienne {(Xantho, Actæt).
Autour des nombreuses espèces de ce genre prennent place d’autres espèces que l’on a fait rentrer dans des genres voisins ; ce sont en particulier : l’Eurypanopeus planissimus (étudié avec les Panopeus), le Glyptoplax pugnaæS.-T. Surrx (Panama) et l'Eucratoplax quttata À. M.-Ebw., caractérisés par un front assez avançant ; le Catoptrus nitidus À. M.-Epw. (Samoa), qui semble se rapprocher des Curtonotus, formes qui différent déjà notablement des Pañnopeus.
Les Curtonotus (C. longimanus DE Haa et C. vestilus DE HaaAN) des mers du Japon sont des Crabes très curieux, car, tout en prenant une allure très particulière de Catométope, ils ont conservé des caractères très primitifs : les lacini sont constituées comme chez les Panopeus, mais les branchies 3 sont longues et bien développées; la disposition antenpaire se modifie d'une façon toute spéciale : article ? peu développé, indépendant de la paroi orbitaire ; orbite largement ouverte ; etc.
Je ne suivrai pas cette nouvelle voie d'évolution.
FiG. 197-198. — Orifice prélabial : 1° chez le Pilumnus vespertilio (P) ; 2° chez l'ÆEurytium limosum (E) ; !, lacini ; e, endostome.
Je serais également tenté de rapprocher de toutes les formes précédentes les Pilumnus, Crabes très différenciés. Certaines Panopées (P. affinis) prennent déjà un peu l'aspect de ces derniers, des poils se développant sur arrière de la carapace el sur les pattes. Chez les Piluninus, le front, plus où moins avançant, est bilobé ; les articles 2 des antennes sont soudés intimement à la paroi orbitaire inférieure, les antennules sont presque transversales ; les
méropodites des pattes-mâchoires souvent un peu entaillés et l’endostome incurvé laissent entre eux comme une sorte d’orifice expirateur distinct; les lacini, situées en dehors d’une crête antéropostérieure, et à bord antérieur avançant et incurvé, ont tendance à constituer un orifice respiratoire prélabial; elles ont d’ailleurs la forme de celles des Panopées; enfin, fait très remarquable, les branchies 3 subissent des réductions (3h courte, 3 « réduite); les poils nelloyeurs présentent seulement des brosses et des scies.
S6. — LE Pauragalene longicrura NARDo.
Je terminerai par l'étude d'un Crabe méditerranéen qui est un peu à part parmi les Xanthidés et qui ne semble pas se rattacher au premier abord aux formes que je viens de passer en revue (Panopées, ele.) ; c'est le Paragalene longicrura NaARDo, que j'ai examiné sur
un échantillon provenant de la Stalion zoologique de Naples.
FiG. 1499. — Paragalene longicrura Fig. 200. — Paragalene longicrura Narpo. Lacini des maxillipèdes Orifice prélabial. /, lacini ; e, antérieurs. . endostome.
La carapace fortement chitinisée, granuleuse, présente des crêtes et des dents très nettes : le front a 6 dents, y compris les dents orbitaires supéro-internes (les orbites, 4); les bords antéro-latéraux, 5 très fortes, y compris les dents orbitaires supéro-externes ; le front
SE GÉORGES BOHN.
assez avançant s'incline en avant; les pinces sont trés fortes, à contours arrondis.
Il y a une avancée ptérygostomienne très accusée contre laquelle viennent appuyer les articles 2 des antennes ; ceux-ci sont éloignés du front et mobiles ; les antennules sont assez obliques.
Le bord antérieur du méropodite est plutôt en retrait de l’endostome.
La lacini a une forme tout à fait particulière (fig. 199); sa face interne est large, mais courte ; son bord antérieur est profondément incisé; elle est assez courte et vient butter en dedans, non contre une crête antéro-postérieure, mais contre une saillie irrégulière développée dans l’espace prélabial ; il existe donc dans cette région un orifice respiratoire assez bien différencié.
Les branchies 3 sont bien développées, mais la branchie 2 est très réduite, faute de place.
L'ornementation de poils neltoyeurs comprend deux rangées de longs poils secondaires diamétralement opposées dont l’une s'interrompt pour faire place à une double ligne de petites saillies chitineuses et à un peigne aux dents courtes et fines.
Fig. 201. — Paragalene longicrura Narbo. Extrémité des poils des épipodites.
En comparant avec soin le Paragalene longicrura aux formes déjà décrites, on arrive forcément à le placer à côté du Pseudozins Bouvieri, dont il a le caractère de faible spécialisation, la formule branchiale et lorifice respiratoire particulier.
On sait qu'on à rapproché le Geryon des Paragulene et qu'on à vu dans cette forme un passage aux Catométopes.
SUR LA RESPIRATION DES DÉCAPODES. lle
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