CHAPITRE VIH
Dans ce chapitre, nous traiterons des plis muqueux proprement dits, dont nous tâcherons de faire une exposition aussi complète qu’il nous sera possible. Nous n’avons trouvé jusqu’ici dans aucun ouvrage la réunion de tous les plis muqueux en une histoire générale. Si nous avons cru devoir entrer pour la plupart dans les détails descriptifs que nous regardons nous-même comme trop étendus, eu égard au genre de travail que nous soumettons au lecteur, c’est parce que nous avons pensé qu’on ne pouvait mieux établir les divisions dans ce classement difficile qu’en les fondant sur une élude approfondie de la structure des plis.
Nous distinguerons dans les replis muqueux proprement dits, deux grandes classes :
La première comprenant ceux qui consistent dans le simple adossement de la membrane muqueuse à elle-même, sans interposition d’aucun organe en particulier, d’aucune partie du moins autre que celles qu’on appelle éléments généraux d’organisation, tels que du tissu cellulaire, les nerfs et les vaisseaux.
La seconde classe renferme tous les plis formés par l’adossement de la membrane' muqueuse, avec interposition, soit de tissu musculaire, comme au pylore, à la valvule iléo-cœcale, aux plis formés par les piliers du voile du palais, aux
colonnes de lu vessie ( plis contractiles) ; soit du tissu osseux , comme on peut en trouver un exemple aux cornets des fosses nasales , qui ne sont évidemment qu’un repli muqueux, renfermant une lame osseuse à la manière d’une gaine; soit du tissu cartilagineux, ainsi qu’on le voit pour la duplicalurc qui renferme la trompe d’EusIachi, le cartilage arylhénoïde et aux éperons bronchiques, ou du tissu jaune élastique, comme pour la duplicalure dans laquelle est renfermée l'épiglotte; soit des cartilages et des os à la lois, ainsi qu’on le voit à la duplicalure qui sert de gaine à la cloison des fosses nasales ; du tissu fibreux, comme pour le ligament thyro-arylhénoïdien supérieur: du tissu érectile, comme pour les petites lèvres, les rides et les colonnes du vagin (plis érectiles, des glandes), comme pour le repli épiglolli-arylhénoïdien; des muscles et du tissu fibreux, comme pour le ligament thyro-arythénoïdien inférieur ; enfin des muscles, des glandes et des aponévroses, ainsi qu’on le remarque ail voile du palais, qui est certainement celui de tous les replis muqueux qui est le plus complexe dans sa composition. On pourrait même se demander, à l’égard de ce dernier, s'il est permis de qualifier de replis muqueux un organe d’une structure aussi compliquée; et si, en suivant une pareille manière déclasser, on ne serait pas conduit, pour être logique , à placer la langue elle-même parmi les replis muqueux. C’est là l’inconvénient de presque toutes les classifications. Quand on veut pousser à leurs dernières limites les inductions de l’analogie, on est souvent conduit à des résultats contestables, quelquefois à des résultats absurdes. Nous croyons donc aller aussi loin que possible en admettant le voile du palais au nombre des replis muqueux, nous fondant principalement sur ce que , suivant l’expression des physiologistes, il constitue une valvule contractile, et se rapproche par là des autres valvules que nous trouverons à la surface des membranes muqueuses.