CHAPITRE VII
Plis «les membranes muqueuses.
Examinées à l’œil nu, les membranes muqueuses présentent tantôt une surface lisse presque à l’égal de celles des séreuses, comme la surface des calices et de l’uretère; tantôt, et c’est ce qu’on observe le plus habituellement, une surface molle et spongieuse, tomenleuse et veloutée, ce qui leur a fait donner le nom de membranes villeuses , ou veloutées, sous lequel elles sont désignées par une foule d’auteurs.
Toutefois, dans quelques portions des membranes mu-
queuses, un observe un aspect granuleux ou glanduliforme qui a été indiqué par M. le professeur Cruveilhier comme se rencontrant à l’estomac, par exemple. Dans les cas de ce genre, la muqueuse présente l’aspect d'une couche de granulations; on dirait au premier abord des grains de glandes salivaires disséminés à la surface interne de l’estomac; mais cette disposition glanduleuse n’est qu’apparente, et tient à l’épaisseur de la membrane muqueuse, à la disposition circulaire ou demi-circulaire des sillons, qui donnent aux espèces d’îles ou de presqu’îles interceptées par eux, l’aspect sphéroïdal.
Les membranes muqueuses, examinées à leurs orifi :es et dans différent-; points de leur trajet, présentent une multitude de saillies valvulaires plus ou moins longues et flottantes qui concourent d’une manière très diverse aux fonc- I ions qui se passent dans les membranes muqueuses, et qui, à raison de leurs usages, présentent des différences notables dans leur construction. Sous la dénomination générique de plis muqueux, nous comprendrons toutes les éminences en forme de valve qui s’observent, soit à l’orilice, soit dans le trajet des membranes muqueuses. Ces plis peuvent être distingués en trois classes : 1° replis cutanés muqueux; 2* replis séreux muqueux; 5® replis muqueux sur leurs deux faces.
1° Replis culanés muqueux. — Bien que les replis auxquels prennent part les membranes muqueuses à l’orifice externe des cavités intérieures, ne soient pas exclusivement muqueux, comme la muqueuse entre dans leur composition, nous croyons devoir les mentionner d’une manière générale sous le nom de replis cutanés muqueux. Parmi ces replis cutanés muqueux se trouvent les lèvres, les paupières, les ailes du nez, les grandes lèvres, le prépuce, les plis rayonnés de l’anus. On pourrait contestera plusieurs de ces replis, le caractère doublement muqueux et cutané; mais si l’on dénie à la face interne du prépuce et de la grande lèvre le caractère muqueux, on ne saurait disconvenir du moins que la
peau a déjà subi des modifications qui la rapprochent singulièrement de la muqueuse, quoiqu’elle conserve encore plusieurs caractères du tissu cutané. Ces replis cutanés muqueux ne sont presque jamais constitués par le simple adossement des deux membranes, la peau et la muqueuse. Presque toujours s’interposent enlre ces deux membranes, soit du tissu darloïde, comme aux grandes lèvres et au prépuce, soit à la fois du tissu musculaire, du tissu érectile, et une couche glandulaire, comme aux lèvres buccales; soit enfin du tissu musculaire, des aponévroses, des glandes, et même des cartilages, comme aux paupières et anx ailes du nez.
Ces replis présentent deux surfaces et deux bords : des deux surfaces, l’une est franchement cutanée ^ elle offre des caractères sur lesquels nous n’insisterons pas, attendu qu’ils rentrent dans l’histoire de la peau. La face interne, tapissée par la muqueuse, est remarquable par l’épaisseur de son épithélium. Le bord adhérent se continue avec les parties environnantes; le bord libre est. précisément le point sur lequel on observe la couche érectile quand il en existe, et le tégument de transition entre la muqueuse et la peau. Le plus habituellement ce bord est arrondi; mais, par une disposition spéciale,’ il offre à l’orifice palpébral une coupe anguleuse, surtout du côté correspondant à la muqueuse.
Les glandes qui appartiennent à ces replis sont, pour la portion cutanée, des glandes sébacées etsudoripares, pour la portion muqueuse des follicules mucipares , ou des glandes muqueuses composées. La paupière offre, sous ce rapport, une disposition remarquable qui consiste en ce que les glandes de Meïbomins, qui déposent leur produit à l’extérieur de la mu ■ queuse, sont cependant couchées au-dessous d’elle. Les plis cutanés muqueux de l’anus offrent des particularités qui ne nous permettent pas de nous contenter, en ce qui les regarde, des généralités dans lesquelles nous venons d’entrer. On les appelle colonnes du rectum, columnœ Moryagnii; enlre eux se trouvent de grands sinus muqueux, sinus mucosi. Ces plis sont situés immédiatement sur les plexus des vaisseaux
hémorrhoïdaires, et ceux-ci sur le sphincter, qui I ni- même est en rapport avec ces veines.
2° Replis muqueux séreux. Le seul exemple de celte espèce de repli est celui que présente l’orifice abdominal de la trompe.
Replis muqueux sur leurs deux faces. — Celle classe de replis renfermant de nombreuses divisions et sous-divisions, nous lui consacrerons dans ce travail un chapitre spécial.