DES PLIS PAR ADOSSEMENT SIMPLE. — PLIS ÉVENTUELS
Plis éventuels. — Nous rangeons ces plis en (leux catégories : i°les rides proprement dites, ou plicatures d'ampliation; 2° les plis d’évolution.
PREMIÈRE SOUS-DIVISION'
Des plis par adossement simple , éventuels.
Nous comprenons dans cette sous- division ce que nous appelons les rides d’ampliation.
Rides proprement dites, ou rides d’ampliation. — Cette espèce de plis est pour ainsi dire accidentelle ; ils ne s’observent que pendant l’état de contraction de l’organe que tapisse la membrane muqueuse qui en est le siège. Dans l’oesophage exislenl à la fois des plis longitudinaux et des rides qui paraissent dues à la contractilité des libres musculaires. Cependant quelques auteurs considèrent les plis longitudinaux de ce conduit comme tenant à sa constitution propre , et étant indépendants de l’élasticité ou de la contraction des libres circulaires de la tunique musculeuse. Lorsque l’estomac est fortement revenu sur lui-même, la muqueuse olfre des plis ondulés qui marchent pour la plupart dans le sens du grand diamètre de ce viscère, et qui sont surtout prononcés à sa grande courbure et au cul-de-sac.
Ces plis s’effacent par l’effet de la distension , ainsi qu’on peut s’en assurer sur un estomac retourné. Ils n’ont d’autre usage que de permettre l’ampliation rapide de l’estomac, ampliation à laquelle la muqueuse n’aurait pu que difficilement se prêter, vu son peu d’extensibilité. Ces plis longitudinaux temporaires, bien distincts des replis perma*
nenls qui se voient dans d’autres parties du canal alimentaire, sont surtout prononcés du côté du pylore ; ils sont quelquefois extrêmement réguliers, tantôt droits, tantôt flexueux, et marchent parallèlementde l’orifice cardiaque vers l’orifice pylorique. Le plus ordinairement ils sont coupés, plus ou moins obliquement, par d’autres plis flexueux qui donnent à la face interne de l’estomac un aspect aréolaire. Ces plis sont constitués par la membrane muqueuse seule et parle tissu cellulaire sous-muqueux; la membrane fibreuse y est complètement étrangère. Sur un grand nombre de cadavres dont on pratique l’autopsie, ces plis ne sont point apparents, ainsi que le fait remarquer Bicliat, parce que le plus communément le su jet est mort à la suite d’une affection qui a altéré en lui les forces contractiles au point d’empêcher toute action de ce viscère; en sorte que, quoiqu'il se trouve fréquemment en étal de vacuité, les fibres ne sont nullement contractées. Dans les expériences sur les animaux vivants, au contraire, ces plis deviennent très sensibles, et voici comment on peut les démontrer. Si l’on fait manger ou boire abondamment un chien, et que l’on ouvre l’estomac le long de sa grande courbure, aucun pli n'est alors apparent. Mais bientôt le viscère se contracte, ses bords se renversent, les aliments sortent, toute la surface muqueuse se couvre d’une infinité déridés très saillantes qui ont, pour ainsi dire, la forme des circonvolutions cérébrales. On obtient le même résultat en arrachant l’estomac d’un animal récemment tué, en le distendant par l’air et en l’ouvrant ensuite, ou bien encore en le fendant tout d’abord dans son état de vacuité et en le tiraillant en sens opposés par ses bords : il s’étend, ses rides disparaissent, et si on cesse de le distendre, elles se reforment alors sur-le-champ d’une manière manifeste.
Dans les loges ou cellules que présente la cavité du gros intestin, on observe, quand elles sont vides, des plis irréguliers, ou rides de la même nature.
La trachée, dans sa partie postérieure, présente des plis longitudinaux qui reconnaissent pour cause la contraction des fibres musculaires transversales qui unissent entre elles les extrémités des cerceaux cartilagineux. Le canal déférent présente aussi des plis parallèles à sa longueur, et qui paraissent dépendre de la contractilité de sa tunique externe. Cependant ce genre de causes n’est pas rigoureusement démontré, et, suivant quelques auteurs, des plis existant au nombre de quatre, et emboîtés les uns dans les autres, existeraient à la face interne de ces conduits et tiendraient à l’organisation de la muqueuse plutôt qu’à son plissement par l’action de la tunique externe.
La muqueuse de la vessie présente des plis analogues à ceux de la muqueuse gastrique, et qu’il ne faut pas confondre avec les colonnes charnues. La muqueuse du bassinet et de l’uretère est plissée suivant sa longueur; les plis s’effacent par la distension. Il n’v a de valvules ni à l’embouchure des calices, ni dans le bassinet, ni à l’embouchure de l’uretère, ni dans le trajet de ce conduit.
Plis d’évolution. — Nous avons appelé plis d’évolution des reliefs de la membrane muqueuse qui, comme ceux que l’on rencontre dans la cavité utérine, 11e sont pas de nature à céder à un simple tiraillement, mais s’effacent par le fait de la distension produite dans la grossesse. Ces plis se remarquent sur les faces antérieure et postérieure de la cavité du col utérin. Sur le milieu de chacune de ces faces se voit un bourrelet longitudinal, simple et lisse, des côtés duquel montent en rayonnant sous des angles aigus , de petites branches qui ressemblent aux feuilles d’un palmier ou aux branches d’un peuplier. Ces petites branches ont d’abord une élévation proportionnellement assez considérable, présentent des bords nettement tranchés, et laissent de profonds interstices entre elles; mais elles se dépriment en s’étendant sur les côtés, et s’unissent ensemble par des ramuscules [tins petits. Elles offrent donc l’apparence d’un arbre, ce qui les a
fait nommer arbre de vie ( arbor vitœ , plicœ palmatæ). Lorsqu’on introduit une sonde métallique plate dans le col utérin et qu’on lu fait tourner sur son axe, ces plis piocurent la même sensation que si l’instrument frottait sur une surface rugueuse et cartilagineuse. Les troncs médians ne sont pas précisément en face 1 un de 1 autre; l arbre de vie postérieur ( columna rugarum posterior cervicis ) se trouve à gauche de l’arbre antérieur ( columna rugarum anterior ), par analogie avec ce qui a lieu dans le vagin, où, presque toujours aussi, on trouve la colonne postérieure à gauche, et l’antérieure à droite, surtout chez les enfants.