PUS AVEC INTERPOSITION DE TISSU MUSCULAIRE, OU PLIS CONTRACTILES
Plis contractiles. — Parmi ces plis, tous contractiles, les uns ne sont point susceptibles, du moins dans le rhylhme ordinaire de leurs fonctions, d’éprouver de vibrations par l’action de l’air atmosphérique; les autres, au contraire, peuvent éprouver un ébranlement qui permet de les considérer comme des plis vibratiles. A la première classe appartiennent les colonnes de la vessie, la valvule iléo-cœcale et le pylore; à la seconde, la corde vocale inférieure, les piliers du voile du palais, et le voile du palais lui-même. C’est dans cet ordre que nous jetterons un rapide coup d’œil sur ces diverses espèces de plis.
Plis contractiles non vibratiles. — Colonnes de la vessie. — On a donné le nom de colonnes de la vessie aux saillies mus*
culeuses tapissées par la membrane muqueuse, qui forme dans leurs intervalles des excavations quelquefois profondes et susceptibles de donner refuge à des calculs qui y présentent le phénomène connu des chirurgiens sous le nom d’enchalonnement.
Valvule iléo-caecale. — Formée par deux valves juxtaposées, et résultant d’une espèce d’invagination de l'intestin grêle dans le gros intestin , celte valvule, par sa grande perfection de structure, par le rôle important qu’elle remplit dans le mécanisme de l’appareil digestif, mérite que nous examinions avec un soin minutieux toutes celles de ses particularités qui peuvent intéresser le physiologiste et le médecin, d’autant mieux que comme elle est en quelquesorte un type parmi les replis contractiles, ses caractères prennent une grande valeur à noire point de vue présent.
La valvule iléo-cœeale ou de Bauhin occupe l’entrée de l'iléum dans le gros intestin, sur la limite entre le cæcum et le colon ascendant. Elle se compose de deux plis comprcnanttout.es les tuniques des deux intestins, moins la séreuse, et dont les bords libres couvrent une fente tranvcrsale par le moyen de laquelle l’iléum et le colon communiquent ensemble. Le bord adhérent des deux plis regarde i’iléum, et leur bord libre, beaucoup plus court, est tourné vers le colon. La face supérieure du pli supérieur et la face inférieure du pli inférieur se trouvent dans la cavité du gros intestin, les faces opposées dans celle de l’iléum. En marchant à la rencontre l’une de l'autre, elles forment un entonnoir dont la partie creuse est tournée vers l’iléuin, et l’autre vers le colon, de sorte (pie les matières contenues dans l'intestin grêle passent facilement dans le gros intestin. Le pli supérieur est plus étroit, demi-circulaire et horizontal; tous deux ne sont en réalité que l’extrémité infundibuliforme de l’iléum lui-même, qui s’enfonce d’un pouce dans le gros intestin (sous sa tunique séreuse) , et c’est en cela que la valvule iléy-cœcde diffère de l’anneau pylorique. C'est ce
qui a fait dire que l’on peut comparer le pylore à un rétrécissement, cl la valvule ileo-cœeale à une invagination. Chaque pli se eomposc donc de deux leuiilels, dont 1 un appar lient au gros intestin cl l’autre à 1 iléum , et dont chacun porte les caractères de 1 intestin dont il dépend.
Les deux plis de la valvule sont revêtus intérieurement par la membrane muqueuse, leur face concave par celle de l’iléum. Celle face est parsemée de villosités; l’autre, au contraire, est lisse, mais percée de trous correspondant à des glandes de Lieberkuhn, distribuées d’une manière régulière; toutes deux sont nettement distinctes 1 une de 1 autre à l’ouverture de la valvule. Les fibres circulaires de la tunique musculeuse de l’iléum pénètrent dans la valvule et s’attachent par du tissu cellulaire à celles du gros intestin. Les fibres longitudinales, au contraire, et la tunique séreuse passent, en manière de pont, sur ce point pour se rendre de l’iléum au colon. Il arrive souvent que la tunique séreuse forme à la face supérieure un pli semi-lunaire, au-dessous duquel passe l’iléum. Aussi, lorsqu’on enlève la tunique séreuse et qu’on détache le tissu cellulaire, on peut retirer du colon la portion invaginée de l’iléum , de manière que la valvule disparaisse entièrement, et qu’alors l’iléum se continue sans interruption avec le gros intestin, qu’il s’y ouvre en manière d’entonnoir, comme fait l’œsophage à l’égard de l’estomac, c’est-à-dire qu’il s’élargit peu à peu pour arriver enfin au point de jonction.
Comme l’orifice de la valvule iléo-cœcalc est beaucoup plus petit que le calibre du colon, et que les plis, en s’appliquant l’un contre l’autre quand le cæcum est plein de matières fécales, ferment cet orifice , la valvule peut déjà par cela seul empêcher les matières de refluer vers l’intestin grêle. Mais la contraction des fibres musculaires contribue aussi à ce résultat.
Je ferai remarquer à ce sujet que la forme exactement bivalve de la portion invaginée de l’intestin grêle n’a peut-
être pas été, de la part des anatomistes, l’objet d’une explication bien complète. Je vais indiquer comment je me rends compte de cette disposition.
Si un canal arrondi comme l'intestin grêle s’ouvre dans une cavité, et si ce canal a des parois flexibles et non soutenues, on conçoit très bien que l’extrémité membraneuse et flottante s’affaissera sur elle -même; mais ce sera sous une forme irrégulière, abandonnée au hasard, à une impulsion quelconque; on ne trouvera pas que l’affaissement se fasse constamment par l’application de deux valves qui seront toujours invariablement disposées dans le même sens et qui auront toujours une disposition identique. Il faut donc, pour qu’un pareil résultat ait lieu, qu’il y ait là quelque disposition anatomique constante. Je crois avoir trouvé celte cause dans la disposition suivante. Une ou deux des colonnes qui régnent sur la longueur du gros intestin passent surles deux côtés de l’ouverture de l’intestin grêle et représentent deux brides qui forment en cet endroit un enfoncement par suite duquel se produit l’aplatissement de l’intestin grêle de haut en bas. Ces bandes fibreuses maintiennent l’aplatissement de l’extrémité de l’iléon à l’état permanent. On conçoit aussi que la cause, étant musculaire, peut augmenter ou diminuer le pincement des deux valves : or, elle n’augmente jamais plus celte juxtaposition que quand cela est nécessaire, c’està-dire quand le cæcum et le colon se contractent.
Un point qu’il ne faut pas perdre de vue dans l’histoire de celle valvule, c’est la brusque interruption que présentent sur le bord même des deux replis les caractères de la muqueuse, qui, de villeuse qu’elle était sur l’une des faces de la valvule, devient immédiatement lisse et dépourvue de villosités sur la face opposée. Cette sorte d’exception à la loi qui nous montre les muqueuses passant généralement de l’une à l’autre en modifiant graduellement leurs caractères, est un des attributs de la muqueuse qui revêt certains plis contractiles, car le même fait s’observe pour le voile du palais.
Elle donne lieu à une conséquence bien remarquable dans l’ordre pathologique , et qui consiste en ce que les maladies respectent souvent celle limite physiologique.
Plis en cloisons du gros intestin. — Ce ne sont point à vrai dire des valvules. Ces saillies ou crêtes semi -lunaires qui séparent les cellules sont formées aux dépens de toutes les tuniques de l’intestin, sans en excepter la séreuse. Si, par l’analogie qu’elles peuvent avoir avec les valvules connivenles de retarder le passage des corps qui cheminent dans le gros intestin , on les appelait les valvules conniventes du gros intestin , on emploierait une expression anatomiquement fausse, puisqu’elles renferment du tissu musculaire, tandis que les valvules conniventes n’en présentent aucun vestige.
Plis du col de la vésicule biliaire. — C’est à la même classe de plis que l'on peut rapporter les valvules considérables qui se trouvent au col de la vésicule biliaire, au niveau de chacune des deux courbures en S que décrit le col de celle vésicule. Ces valvules, qu’il ne faut pas confondre avec celles exclusivement formées par la muqueuse dans le canal cystique, sont formées aux dépens de toute l’épaisseur des parois du col , et résultent de l’inflexion alternative du col sur lui-même : aussi s'effacent-elles par le redressement du col quand ce redressement est complet.
Si quelque chose peut donner aux deux dernières variétés de plis que nous venons d’indiquer un caractère particulier parmi les plis contractiles, c’est qu’ils résultent d’un froncement ou d’une inflexion de la totalité de l’organe; on pourrait peut-être les appeler plis par coudure ou par froncement.
Pylore. — Le repli membraneux qui se rencontre à l’orifice pylorique de l’estomac, et qui a été désigné sous le nom de valvule pylorique, constitue une sorte de diaphragme qui diminue notablement le diamètre de l’ouverture pylorique. Ce diaphragme est formé par un repli de la muqueuse et
de la celluleuse, auquel se joint un faisceau de fibres annulaires pressées les unes contre les autres, et constituant un véritable sphincter musculeux. •
Pli rectal du sphincter interne. — Du pli pylorique peut être rapprochée la saillie annulaire que forme à la partie interne du rectum le sphincter interne , surtout quand il est contracté.
Pli thyro-arythénoïdien inférieur ou corde vocale. — Ce sont les deux replis de la membrane muqueuse , qui naissent de chaque lame du cartilage thyroïde, près de l’angle de réunion des deux lames, à 2 lig. au-dessous de l’échancrure supérieure, et qui se portent en arrière, vers la face interne de chaque cartilage arylhénoïde, pour s'attacher à l’angle antérieur de ce dernier.
Ce ne sont point des renflements arrondis, comme les ligaments thyro-arythénoïdiens supérieurs, car leur coupe transversale de haut eu bas offre une tranche triangulaire et prismatique. Ils ont un bord tranchant, blanc, qui, lorsqu’on le lire avec des pinces, peut s’étaler en une membrane étroite, et qui a un aspect tendineux, élastique. Dans le pli se trouve la portion interne du muscle thyro-arythénoïdien, dont la portion externe marche sur la paroi externe du ligament, entre les deux cartilages, pour s’insérer à la base de la face antérieure du cartilage arylhénoïde. Ainsi le pli en question offre celte particularité, qu’il peut être raccourci par la contraction du muscle , et qu’en même temps son bord tranchant peut se trouver converti par là en une lamelle plus ou moins large.
Les bords tranchants des deux cordes vocales sont opposés symétriquement l'un à l’autre ; mais ils ne le sont point franchement eu travers, car ils se tournent en même temps un peu vers le haut, comme les replis thyro-arythénoïdiens supérieurs se tournent vers le bas, en sorte qu’ils peuvent aisément s’écarter l’un de l’autre pendant l’expiration , de même que ceux-ci durant l’inspiration. En partant du carli-
lage thyroïde où Ils commencent tout auprès l’un de l’autre, ils forment unelongue courbe jusqu’auxangles antérieurs des cartilages arythénoïdes, qui les repoussent en dedans, et à partir desquels le pli de la membrane muqueuse produit un second arc plus court entre les faces internes des cartilages arythénoïdes.
Plis thyro-arythénoïdiens supérieurs. — Quoique ces plis ne renferment pas de tissu musculaire, nous en parlons ici, parce que, désignes sous le nom de cordes vocales supéi ieures, nous avons cru devoir les rapprocher des cordes vocales inférieures, tout en faisant remarquer la différence qui existe entre les unes et les autres sous le rapport de la composition.
Le pli de la membrane muqueuse , appelé aussi ligament thyro-arythénoïdien supérieur, est très prononcé; il naît, de chaque coté, de la partie supérieure de la face interne du cartilage thyroïde, près de l’angle produit par l’union des deux lames, et s attache en arrière au tubercule de la face antérieure du cartilage arylhénoïde. Ce pli ne contient pas de fibres musculaires, et par conséquent n’a pas de force motrice ; il est rempli de tissu cellulaire et de graisse, et 1 on y trouve quelques faisceaux fibreux.
Piliers du voile du palais. — Ils sont au nombre de deux, et ieprésenlent de chaque coté deux espèces de colonnes ou piliers latéraux disposés en arcades , qui partent de la luette, et qui , rapprochés en haut, sont séparés en bas par un intervalle considérable; excavation amygdalienne.
I oile du palais. — Il y a ceci de remarquable dans le voile du palais, que des deux feuillets muqueux qui tapissent, l’un sa face antérieure, l’autre sa face postérieure, chacun présente les caractères de la cavité muqueuse à laquelle il appartient. Entre ces deux feuillets se trouvent compris différents objets qui sont, en procédant d'avant en airière, une couche glanduleuse très prononcée, la portion aponévrotique du péristaphylin externe, le péristaphylin hi-
fi
terne, les libres du pharyngo et du glosso-staphylins , et les palato-staphylins.
DEUXIÈME DIVISION
DES PLIS MUQÜEIJX AVEC INTERPOSITION. TLIS DÉPOURVUS DE TISSU MUSCULAIRE OU PLIS NON CONTRACTILES.
Plis muqueux enveloppant des os ou des cartilages. — A celle classe nous rattachons les duplicalures muqueuses qui enveloppent les cornets des fosses nasales, la cloison du nez, la crête inédio-palaline, d’une autre part les duplicatures muqueuses dans lesquelles sont contenus la partie cartilagineuse des trompes d’Eustachi, les cartilages arylhénoïdes, les éperons bronchiques, et enfin l’épiglotte.
Plis des cornets du nez. — La muqueuse qui enveloppe ces lames osseuses que l’on appelle cornets a ceci de remarquable, qu’en se repliant sur le bord de chaque lamelle osseuse, elle le dépasse toujours dans une étendue assez grande pour donner lieu à une espèce de frange épaisse et flottante qui contribue à rétrécir considérablement l’étendue des fosses nasales dans l’état normal, et qui, pour peu qu’elle s’épaississe, en détermine facilement l’occlusion complète. Celte même disposition de la membrane muqueuse à excéder toujours la limite des rebords osseux sur lesquels elle se réfléchit, rétrécit singulièrement la grandeur des orifices. Le repli muqueux qui enveloppe la cloison des fosses nasales, ainsi que celui qui sert de gaine à la crête médio-palaline, ne nous offrant rien de particulier à mentionner ici, nous ne croyons pas devoir y insister.
Repli muqueux de l’orifice des trompes d' Eustachi . — La trompe d’Eustachi se termine dans le pharynx par une extrémité évasée, orifice guttural ou pavillon de la trompe; la membrane muqueuse qui tapisse cet orifice est assez
épaisse, el conserve les caractères, soit de la muqueuse pharyngienne, soit de la pituitaire, avec lesquelles elle se continue.
Duplicature des cartilages arythénoïdes. — C’est la portion de membrane muqueuse servant de gaine aux cartilages arythénoïdes eux-mêmes.
Êpiglotti-arythénoïdien. — Ces replis , qui contiennent dans leur épaisseur des ligaments du même nom , et chez les animaux des fibres musculaires, sont remarquables par la grande quantité et par la laxité du tissu cellulaire qu’on y rencontre. C’est dans ces replis que Wrisberg a décrit des cartilages qui font saillie en dedans, sous la forme de petits renflements coniques et perpendiculaires. Ces cartilages sont tellement mous , délicats, que leur existence même a été niée par plusieurs anatomistes.
Repli muqueux enveloppant l’épiglotte. — • La muqueuse linguale, en se portant de la base de la langue sur le larynx, rencontre l’épiglotte; de là plusieurs sortes de replis, des replis glosso-épiglolliques , et un grand repli muqueux qui enveloppe l’épiglotte.
Éperons bronchiques. — Dans l'intérieur du poumon, les bronches et les ramifications bronchiques se subdivisent à l'infini , chacune en deux branches égales ; par suite de cette division dichotomique , existe une espèce de saillie anguleuse ou d’éperon, placé intérieurement à l’angle de division , par un mode analogue à celui qui se rencontre si fréquemment dans le système artériel.
Plis renfermant des tissus glanduleux ou des conduits excréteurs.
1° Pli de Vater. — On a donné ce nom au pli longitudinal dans lequel le canal cholédoque perfore la muqueuse intestinale, ou plutôt se continue avec elle.
2° PU duverumontanum. — A la même catégorie que le pli de Vater peut être rapporté, sous le rapport de la présence d un conduit excréteur, le verumontanum, qui, avec de la substance glandulaire prostatique, renferme dans son
épaisseur l’exlrémité îles canaux éjaculaleurs et celle des conduits propres de la prostate.
Plis érectiles. —Celte variété de plis s’observe surtout aux parties génitales de la femme; on en trouve deux exemples, l’un dans la disposition des petites lèvres, l’autre dans la présence des plis et colonnes du vagin. Ces deux ordres de replis deviennent en même temps des duplicatures d’ampliation; mais leur existence étant permanente et fixe, hors la situation exceptionnelle de l’accouchement, ils constituent une classe de plis érectiles qui ne sauraient en aucune manière être assimilés aux rides éventuelles de l’estomac, de la vessie et des intestins. Afin de bien faire ressortir la véritable nature érectile de ces plis, nous entrerons dans quelques détails sur leur organisation.
1° Petites lèvres. — Situées à l’intérieur des grandes lèvres, elles couvrent en partie l’orifice de l’urètre. Leurs deux faces sont couvertes d’une membrane muqueuse rose, délicate, humide, dépourvue de poils. Des deux branches de bifurcation par lesquelles elles se terminent à la partie antérieure, l’une, plus mince, se rapproche de celle du côté opposé, au-dessous du gland, avec le tissu duquel elle se confond. C’est donc cette dernière qui conduit le tissu caverneux de la nymphe au gland du clitoris.
La forme et les dimensions des petites lèvres sont soumises à diverses variétés. Chez certaines femmes , elles s’allongent au point de n’êlre plus couvertes par les grandes lèvres, hors desquelles elles font plus ou moins saillie (état fœtal) ; c’est même là un caractère constant de race chez les femmes des Boschismans, où elles pendent de plusieurs pouces entre les cuisses, constituant ce qu’on nomme le tablier des Holtentotes. Les petites lèvres revêtent alors presque complètement le caractère cutané.
Plis et colonnes du vagin. — La membrane muqueuse du vagin est lisse dans sa partie tout-à-fait profonde; mais dans les deux tiers inférieurs jusqu’à l’entrée du vagin, elle présente toujours de gros plis, principalement sur ses pa-
rois antérieure et postérieure. Ces plis sont de deux sortes :
1° Les rides du vagin (rugœ vaginœ ) , plis transversaux, minces, dentelés sur les bords , d'une dureté presque cartilagineuse, qui entourent à peu près le vagin, comme font les valvules de Kerkring; mais ces plis sont très nombreux, fort serrés les uns contre les autres, et en outre moins saillants, plus fermes, eu crête de coq. Vers le bas, ils ont des bords tranchants et sont beaucoup plus longs; dans le haut, ils s’aplatissent peu à peu et prennent l'apparence de verrues. C’est sur les colonnes qu’ils ont le plus de longueur et qu’ils sont le plus serrés.
2° Les colonnes ( columnœ rugarum ) sont deux renflements longitudinaux simples ou tout au plus doubles, couverts de rugosités, serrées les unes contre les antres; l’un de ces renflements descend au milieu de la paroi postérieure, l’autre au milieu de la paroi antérieure. Chez les vierges, ils ont 1 à 2 pouces de long, sur 4 ou b lignes de large. Ils commencent à l’entrée du vagin, par une extrémité plus ou moins arrondie, s’élèvent rapidement , de manière à acquérir non loin de là leur plus grande hauteur, et vont ensuite en s’aplatissant peu à peu vers le fond du canal, où ils finissent par disparaître, tantôt plus tôt, tantôt plus tard, de sorte que, chez les vierges, la partie supérieure du vagin n’olîre qu’un petit nombre de plis minces, rugueux, peu élevés et distants les uns des autres. La colonne antérieure est plus longue , plus large et plus saillante que la postérieure; ou la rencontre chez les sujets même où cette dernière manque. Eu général , ces rides sont plus distantes dans le milieu de leur largeur que sur les côtés, et il n’est même pas rare de les trouver divisées par un sillon longitudinal, profond, en deux moitiés qui se réunissent peu à peu vers le haut , tandis qu’après la destruction de l’hymen , leurs extrémités inférieures font saillie à l’entrée du vagin , sous la forme d’excroissances qui ressemblent à des condylomes. La colonne postérieure se loge entre les deux moitiés de 1’anlérieure ; il lui arrive assez souvent d’être
double. Quelquefois, pendant l’accouchement, elle fait saillie sous la forme d’une production chargée de deux tubercules. La grossesse produit l’effacement des colonnes du vagin; elles se ramollissent même à l’époque des règles. Chez les multipares, elles sont plus basses, plus lisses, moins rugueuses que chez les vierges , de même qu’en général le vagin tout entier devient plus lisse chez les femmes avancées en âge. Elles reçoivent beaucoup de nerfs, et leurs bords dentelés sont tournés vers le haut. Ces rides et ces colonnes remplissent le double usage de servir, par leur texture érectile, d’organes d’excitation dans l’acte reproductif, et d’appareil d’ampliation dans le phénomène de l’accouchement.
Parmi les plis avec interposition , il n’est peut-être pas inutile de faire observer que quelques uns d’entre eux présentent un caractère de forme assez remarquable. Je veux parler des plis en éperon ; ce sont ceux qui , placés au contact d’une division dichotomique, forment une crête habituellement fort tranchante, et qui s’étend quelquefois , sous forme de cloison assez longue , entre les deux tubes , dont elle forme la limite respective. C’est ce que l’on observe aux éperons bronchiques et à la réunion du conduit cyslique et du conduit hépatique, où l’on voit une espèce d’éperon très prolongé formé parla membrane interne réfléchie sur ellemême. A la réunion du conduit cholédoque avec le conduit pancréatique , existe également un éperon qui se prolonge quelquefois jusqu’à l’embouchure commune, dans le duodénum.