‹ Des membranes muqueusesChapitre 22 sur 37 · PREMIER GROUPE · texte numérisé non relu

PREMIER GROUPE

Agglutination de follicules simples.

Glandes de Peyer , nommées glandes agminées ( glandulœ agminatœ , plexus intestinales ), plaques gaufrées, Cruveilh., ne se rencontrent que dans l’iléon. On n’en trouve jamais dans le gros intestin. Elles sont toujours situées sur le côté de l’intestin opposé au mésentère, c’est-à-dire au bord convexe, jamais du côté du bord concave, ni même sur l’une et l’autre face de l'intestin. Quant à leur nombre, Rudolphi en comptait 8 à 10, Peyer 15; Meckel et Boelim en portent le nombre à 20 ou 50 et au-delà. Quand il y en a beaucoup, elles s’étendent jusque dans le jéjunum ; mais, dans cet intestin. elles sont très espacées.

Le moyen de les reconnaître et de les étudier consiste à examiner d’abord l'inleslin par transparence, disposition dans laquelle leur opacité les fait immédiatement reconnaître. La partie du canal intestinal la plus favorable pour celle

étude est la lin de l’iléon. Leur grand diamètre correspond constamment à l’axe longilmlinal du tube alimentaire.

Dimensions. — Elles peuvent avoir plusieurs pouces de longueur sur 8 à 10 lignes de largeur.

Leur forme est généralement elliptique ou ovalaire, rarement triangulaire, ou irrégulièrement carrée.

Les plaques de Peyer n’étant autre chose qu’une agglomération très serrée de petites glati les solitaires , il en résulte que leur surface se présente comme hérissée d’éminences et de dépressions, comme si de nombreux tubercules s’y trouvaient lassés les uns contre les autres. Le moyen propre à mettre eu évidence la véritable texture des plaques de Peyer consiste à pratiquer une coupe par abrasion à leur surface, de manière à laisser sur place la plus grande partie de leur épaisseur. Toutes les vésicules étant alors ouvertes du côté de la surface libre de l’intestin, se présentent comme des géodes ou de petites fossettes arrondies, ayant chacune sa paroi propre. Ces fossettes, souvent réunies au nombre de plusieurs centaines dans une même plaque, ont des dimensions qui, pour les plus volumineuses, s’élèvent à près dune demi-ligne, tandis que les plus petites n’ont qu’un dixième de ligne. Chaque fossette représente l’hémisphère profond du follicule dont l'hémisphère superficiel a été enlevé par la coupe. Si l'on contemple avec plus d’attention encore la surface intacte d’une glande de Peyer, on remarque bien tous les autres éléments de la tunique villeuse, maison s’aperçoit qu’ils ont changé d'état. C’est ce qui arrive aux villosités et aux glandes de Lieberkuhn. Les villosités ne manquent pas, comme on pourrait le croire d’après l’aspect de la surface, qui paraît effectivement lisse; elles forment une couronne au pourtour des glandes, dont les tubercules semblent, d’après cela, n’ôlre que des villosités déformées et devenues plus épaisses.

Les glandes de Lieberkuhn ne manquent pas plus que les villosités. Au pourtour de chaque plaque, entre les villosités , on ! rouve une couronne de o à 10 fentes rayonnantes

qui conduisent à de petits utricules glandulaires. Ce sont là évidemment des glandes de Lieberkulin , dont les orifices ont pris une forme oblongue et par conséquent se sont agrandis dans un sens. On éprouve plus de difficulté pour trouver l'orifice des follicules glandulaires proprement dits sur les tubercules. Il est rare qu'on aperçoive au milieu de ceux-ci une fossette et bien moins encore une ouverture. Bœhm et Krause n’ont jamais vu d’ouverture médiane, malgré leurs observations multipliées. Mais Krause dit que la teinture de carmin qu’il avait introduite dans le fond des follicules par une ouverture qu’il avait pratiquée exprès, sortit par les fentes qui entourent la plaque, et qui viennent d’être décrites comme étant les orifices des glandes de Lieberkulin, situées sur les glandes de Peyer. D’autres, comme Pe-yer, Rudolphi, Billard, Barkbausen, Berres, prétendent avoir vu, au sommet des tubercules, une ouverture qui conduisait dans le follicule. Huschke dit avoir cire relié vainement cette ouverture dans la plupart des tubercules, et avoir été par là involontairement conduit à se rappeler les ampoules des villosités; parfois seulement, il lui a semblé exister un orifice médian : il ne saurait considérer comme tels les trous disposés en couronne. Bœhm et Krause ont remarqué que le fond des glandes de Peyer était moins raboteux, moins divisé en compartiments que celui d’autres glandes mucipares.

La cavité d’uu follicule contient un liquide mucilagineux, visqueux et miscible à l’eau , dans lequel nagent d’abondantes granulations de mucus. Ce liquide ressemble donc à celui des glandes solitaires, seulement il paraît plus visqueux et plus riche en granulations. À la suite des maladies (inflammations, fièvres et autres maladies générales), les follicules sont transparents, vides et affaissés.

A l’endroit des glandes de Peyer, la tunique celluleuse de l’intestin est plus dense, plus épaisse, et unit plus intimement la membrane muqueuse à la tunique celluleuse. Lorsqu’on pûqsse de l’air dans la tunique celluleuse de l’iléum ,

on ne pénètre pas dans la tunique celluleuse des glandes de Peyer, jusqu’au bord seulement desquels le lluide s'avance. Ce sont là aussi les points de l’iléum les plus riches en vaisseaux, car chaque follicule a un réseau vasculaire très serré, de manière que, quand la glande de Pever est desséchée , on peut souvent calculer, d’après ces réseaux, quel était le nombre des glandes solitaires qui la constituaient.

Les glandes de Peyer diffèrent des glandes solitaires, non seulement par leur aggrégation, mais encore par celte autre circonstance que les valvules commentes n’en dépassent jamais le bord, où elles s’arrêtent tout court, au lieu qu’on rencontre quelquefois des glandes solitaires sur ces valvules elles-mêmes. Celles-ci diffèrent d’autres glandes agminées en ce qu’elles sont des amas de glandes simples de forme diverse, les unes utriculaires, les autres vésiculaires.

Les glandes de Peyer sont remarquables dans le choléra, l’entérite et la lièvre typhoïde, où, en raison du grand nombre de vaisseaux qu’elles reçoivent, il leur arrive fréquemment de s’ulcérer, de se détruire , et aussi de donner lieu à des hémorrhagies. On les trouve également hypertrophiées chez les phthisiques et les hydropiques.

Leur existence , comme glandes normales, a été niée par M. Natalis Guillot; mais, malgré toute notre confiance dans les assertions de cet excellent anatomiste, nous ne pouvons nous ranger à son opinion sur ce point.

Les glandes de Peyer ont, chez l’enfant, des follicules proportionnellement petits; à leur surface on aperçoit, au lieu de villosités, des plis délicats et rétiformes semblables à ceux qui existent sur le reste de la membrane muqueuse. Chez les vieillards, ces taches glanduleuses font moins de saillie sur la membrane muqueuse.

Page 1