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CHAPITRE XVII

Propriété* et fonctions «les membranes muqueuses.

Propriétés. — L’extensibilité du tissu muqueux n’est pas Irès prononcée, surtout quand elle est mise en jeu brusquement. Il n’en est pas de l’homme comme de certains animaux de la classe des reptiles, chez lesquels l’extensibilité des muqueuses et de l'œsophage leur permet d’avaler des corps extrêmement volumineux , relativement aux dimensions de l’animal.

La sensibilité n’est pas également vive dans toutes les parties des membranes muqueuses; mais on peut dire que ces membranes sont remarquables par le développement de cette propriété. Voici l’expérience par laquelle Biclial démontrait le siège spécial de la sensibilité dans les papilles.

On enlève l’épithélium sur une partie quelconque , et on irrite le corps papillaire avec un stylet aigu. L’animal s’agite , crie et donne des marques d’une vive douleur. On glisse ensuite , par une petite ouverture faite à la peau , un stylet pointu dans le tissu cellulaire sous-cutané, et on irrite la face interne duchorion. L’animal reste en repos et ne jette aucun cri, à moins que quelques filets nerveux, heurtés par hasard, ne le fassent souffrir. Il résulte de là, bien évidemment, que c’est à la surface libre des muqueuses que réside la sensibilité.

Propriétés chimiques. — Les membranes muqueuses , mais surtout celles de l’estomac et de l’intestin , jouissent de la propriété de cailler le lait. C’est à celle faculté que se rapporte l’usage que l’on fait de la présure dans les usages domestiques. La présure, ainsi que le fait remarquer M. de Blainville, est le résultat de la pulvérisation de la couche interne de l’un des estomacs des ruminants. Eh bien , on trouve suspendus dans la présure, le derme, les cryptes muqueux, le réseau vasculaire et l’épithélium, en sorte qu’on ne saurait rapporter plutôt au premier de ces éléments qu’aux autres la propriété acide de la substance qu’ils composent.

propriété, d’ailleurs, sur la cause de laquelle ou n’est pas d’accord, les uns l’attribuant à l’acide acétique , et d’autres, à l'acide lactique (qui, pour M. Berzélius, n’est qu’une modification du premier), mais en diffère par une propriété remarquable, le défaut de volatilité).

Salurabilité des membranes muqueuses par diverses substances , et entre autres par des sels. Celle curieuse propriété , en vertu de laquelle une muqueuse mise fréquemment en contact avec une substance saline perd de sa faculté absorbante pour cette substance et recouvre celte faculté, à l’égard d’une autre, a été étudiée avec soin par H. Poiseuille. Elle paraît propre à jouer un rôle dans les applications thérapeutiques.

Usages des membranes muqueuses . — Leur premier usage est de former un tégument interne à toutes les cavités ouvertes au dehors. Leur partie la plus importante forme un revêtement à tout le canal alimentaire , depuis la bouche jusqu’à l’anus. Le reste de ces membranes constitue des prolongements ou des appendices prolongés en cul-de-sac, plus ou moins profondément étendus et ramifiés dans la masse du corps, et aboutissant par leur embouchure, soit à la peau externe, soit à la peau interne.

Les principales fonctions des membranes muqueuses sont l’absorption et la sécrétion.

Absorption. — Nulle part l’absorption n’est aussi évidente et aussi considérable que sur la muqueuse gastro-intestinale. C’est elle qui est la source presque exclusive de l’alimentation du corps, et c’est par celle surface, la plus absorbante de toutes, que l’art introduit la plupart des médicaments. L’absorption des liquides est démontrée par tant de faits, qu’il est peut-être superflu de les rappeler. On sait avec quelle rapidité disparaissent les boissons ingérées dans l’estomac pour être rendues par les urines ou parla sueur. Les fluides secrétés déposés à la surface de la membrane muqueuse sont eux-mêmes bien souvent résorbés. Enfin, ne voit-on pas des fluides gazeux distendre quelquefois énormément le tube digestif, amener la tympanite et disparaître

rapidement sans qu’on puisse dans certains cas admettre une autre cause que l’absorption?

La muqueuse pulmonaire ne se trouvant en contact qu’avec l’air atmosphérique, exerce surtout son action absorbante sur les principes constituants de ce fluide et sur les gaz auxquels il sert de véhicule. Il faut y joindre probablement aussi les mucosités déposées à sa surface. L’absorption de l’un ou de plusieurs des principes de l’air pendant la respiration ne peut être révoquée en doute. Celle des fluides gazeux n’est pas plus douteuse. En respirant pendant quelques instants l'odeur de la térébenthine, du camphre, de l’encens, les urines prennent l’odeur de la violette. C’est par la respiration et l’absorption des miasmes des amphithéâtres ou des hôpitaux, des effluves des marais ou des lieux infectés d’une épidémie, que se produisent* les maladies graves qui en sont la conséquence.

L’absorption à la surface de la muqueuse génito-urinaire, pour être peu active, n’en est cependant pas moins démontrée. Dans une rétention d’urine, ce liquide résorbé imprime des qualités particulières à tous les autres liquides, et la sueur elle-même prend une odeur urineuse.

Sécrétion et exhalation. — L’exhalation est la plus simple des modilications sécrétoires. Celte transsudation perspiratoire qui consiste en de la sérosité, semble n’être qu’une simple filtration à travers les porosités des artères : elle est très abondante à l’intestin et dans le poumon , où elle prend le nom de transpiration pulmonaire.

Après la sécrétion perspiraloire , qui n’exige qu’une organisation très simple, vient la sécrétion qu’opèrent les follicules. Quelque part qu’on examine ces follicules , qu’ils soient réunis en masse ou disséminés, et plus ou moins épars dans l’épaisseur des membranes muqueuses, ils présentent partout le même travail, quoiqu’avec des produits différents. Partout le sang leur apporte les matériaux qui sont élaborés dans l’épaisseur de leurs parois;, partout le produit de celle élaboration s’amasse dans leur petite cavité pour être versé à la surface libre de la membrane qui les recèle.

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