CHAPITRE XVI
Développement des membranes muqueuses.
Voici, d’après Béclard et Meckel , le point initial du développement des muqueuses. La membrane vitelline ou intestinale est la première partie apparente dans l’oeuf; c’est par son prolongement vers l’estomac et vers l’anus que se forme l’intestin. La seconde partie apparente est l’allantoïde ou la membrane vésicale; c’est par son extension que se forment les voies urinaires. La peau extérieure se forme ensuite : d’abord largement ouverte en avant du tronc, elle vient se clore dans la ligne médiane de l’abdomen , et définitivement autour de l’ombilic. Il reste à faire connaître la manière dont se forment les villosités ; c’est à Fi\ Meckel que l’on doit la connaissance de ce point de l’embryogénie. Les villosités se forment de très bonne heure. Dès le commencement du troisième mois on les aperçoit sous forme de plis longitudinaux très rappro-
chés. Ces plis présentent, ensuite sur leur bord libre des incisions en dénis de scie qui augmentent successivement de profondeur; et vers la lin du quatrième mois les plis sont remplacés par celte multitude de petites éminences qui constituent les villosités. Elles sont d’abord assez grandes et très distinctes jusqu’au septième mois; au commencement elles sont aussi nombreuses, quoique plus courtes, dans le gros intestin que dans le grêle. Celles du gros intestin deviennent ensuite de moins en moins nombreuses jusqu’à la naissance. Il est à remarquer que dans les reptiles, les villosités sont remplacées par des plis longitudinaux.
Glandes de Liebcrkuhn. — Suivant Berres, les ceintures vasculaires des glandes de Lieberlaihn s’élèvent encore par des anses au-dessus de la surface de la membrane muqueuse du nouveau-né, ce qui semble indiquer une formation incomplète des villosités.
À l’utérus, la cavité contient, chez le nouveau-né, un très grand arbre de vie, qui se prolonge presque au fond de l’organe, ce qui le fait paraître fort inégal. Celte particularité, comme la dépression du fond, rappelle encore la forme bicorne primitive, et les plis longitudinaux des trompes, avec lesquels se continuent ceux de l’arbre de vie. Après la cinquième année, suivant Meckel, la cavité utérine est tout-àfait lisse. Chez l’adulte, il n’y a plus que les bords convexes en dedans qui rappellent la duplicité fœtale. Dans l’âge avancé, l’orifice interne de la matrice s’oblitère quelquefois, l’arbre diminue, ses plis s’effacent de plus en plus, surtout à la face postérieure, et quelquefois ils sont tellement détruits, jusqu’à l’orifice interne de l’organe, qu’ils ne ressem blent plus qu’à une fossette, et que le canal du col se continue avec la cavité de la matrice, en n’offrant plus qu’une simple dépression. Nous ne reviendrons pas sur les détails donnés à l’occasion du développement dans diverses parties de ce travail.