SCHLESINGER
Malade pris de bourdonnements, céphalée, fièvre et vomissements. Signe de Kernig très net. Par la ponction lombaïre, on obtient un liquide purulent renfermant du pneumocoque. On pratique plusieurs ponctions lombaires et une injection intra-rachidienne de sérum antipneumococcique de Rœmer. Quelques jours après cette injection, l’amélioration commença à se manifester et persista. La dernière ponction ne donne plus issue à un liquide trouble. Le malade conserve de la congestion papillaire consécutive probablement à l’oblitération du trou de Magendie.
Le pronostic éloigné n'est pas plus mauvais que celui des affections causées par le microbe de Weichselbaum: les séquelles immédiates et tardives ne semblent pas plus fréquentes.
Elle n’a pas, pour l’avenir du malade, plus d’inconvénients que les autres méningites: elle met le système nerveux en état de moindre résistance et appelle sur lui d’autres affections.
Quels sont les éléments du pronostic ?
Certaines conditions individuelles : le surmenage, l'alcoolisme, la grossesse, les tares nerveuses assombrissent le pronostic.
Il semble que la méningite soit d'autant plus grave qu'elle frappe un sujet plus jeune; les adultes semblent plus résistants, et elle devient de nouveau très grave chez les sujets âgés.
On ne peut, de l'aspect clinique, tirer des renseignements de grande valeur sur la gravité du cas : si les types suraigus et aigus sont rapidement mortels, on a vu gué-
it rir des cas d'apparence très grave, qui, au premier abord, semblaient voués à une évolution fatale.
C’est surtout sur l'étude du liquide céphalo-rachidien que sera basé le pronostic : l'existence d’une réaction leucocytaire est en faveur d’une guérison prochaine.
Les divers cas rapportés, il résulte, au contraire, que l'absence de réaction, la pullulation des microbes, la constatation de la formule paradoxale est un mauvais signe et que la mort est à peu près fatale.
I] faut aussi tenir compte du degré de virulence du microbe; dans certains cas, d'ailleurs, il conditionne l'intensité des réactions cellulaires.
Ta durée de la survie de l'animal inoculé sera donc un bon appoint pour l'établissement du pronostic.
2 Pronostic collectif. —- a question se pose de savoir quel danger fait courir à ses semblables un malade atteint de méningite cérébro-spinale à pneumocoques. Est-il capable d'entraîner l'éclosion d’une épidémie ?
Sans doute, un tel malade a dans son nez ou dans son rhino-pharynx des pneumocoques plus nombreux qu'un sujet sain; Netter a démontré qu'il en est ainsi au cours des pneumonies.
Nous reposons donc ici la question de la contagiosité de l'affection dont nous nous sommes déjà occupé au début de notre travail et nous croyons qu'on est autorisé à ne pas considérer la méningite comme plus dangereuse au point de vue collectif que la pneumonie.
A ce propos, citons les paroles de Comby :
« Si la pneumonie peut être contagieuse dans certaines circonstances de temps, de milieux, d’épidémie, 1l faut bien reconnaître qu'elle ne l’est généralement pas. C'est
= — ainsi qu'à l'hôpital je n'ai jamais vu la pneumonie se transmettre d’un enfant à un autre: les cas intérieurs sont exceptionnels. »
La localisation méningée du pneumocoque ne semble pas devoir donner à ce microbe un pouvoir spécial d’engendrer des épidémies: et il n'est pas prouvé que le pneumocoque ait acquis par sa localisation méningée chez un sujet une spécificité suffisante pour provoquer chez un autre individu la même affection.
Nous pouvons donc, je crois, conclure que la méningile cérébro-spinale à pneumocogues n'est pas plus dangereuse collectivement que la pneumonie.