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CHAPITRE VII

Traitement et prophylaxie

Que faire quand on a constaté l'existence d'un syndrome méningé ? Sans aucune hésitation, pratiquer une ponction lombaire et faire le plus rapidement possible le diagnostic bactériologique par l'étude du liquide retiré.

En attendant le résullat, on mettra en œuvre les divers moyens thérapeutiques à recommander dans toute méningite et que nous passerons rapidement en revue :

Les bains chauds, préconisés par Aufrecht et vulgarisés par Netter, donnés toutes les trois heures, sont une bonne pratique.

L'argent coilloidal, sous forme d’électrargol ou de collargol, a été préconisé par Netter, soit en frictions, en injections intra-veineuses ou rachidiennes.

Divers médicaments s’opposant à l’excitabilité du système nerveux : les opiacés, le chloral, le bromure.

Les applications de glace et les émissions sanguines, efficaces contre la céphalalgie.

On a essayé des injections intra-rachidiennes de Iysol (méthode de Frauça) à 1 p. 100, 5 à 7 ce. tous les jours. Quelques cas de guérison ont été signalés (thèse Stéfanopoli).

Ce sont là des moyens applicables dans tous les cas et nullement spécifiques contre telle variété de microbes.

Ver ss tt IV ANNE R RERDS ET Ge |

Si la réponse de laboratoire est affirmative sur la présence du pneumocoque, pas d'autre méthode thérapeutique que là continuation de ces divers procédés.

La ponction lombaire répétée amène une certaine amélioration, Rollÿ est persuadé que des ponctions renouvelées fréquemment (tous les jours) exercent une influence favorable sur l'évolution de la maladie.

Il existe bien des essais de traitement spécifique; le sérum anlipneumococcique de Rômer semble avoir été efficace dans quelques cas. Nous avons rapporté une observation d'un malade de Schlesinger (obs. XX VII) traité avec succès par ce sérum; mais cette méthode n'est pas passée dans la pratique.

La question, dans tous les cas, n'est pas aussi facile à résoudre et le chinicien peut se trouver parfois aux prises avec un problème angoissant. En présence d'un cas à évolution particulièrement rapide, où chaque minute d'attente peut être dangereuse, n'est-on pas tenté d'in- Jecter, dès que la ponction à amené un liquide purulent, le remède si précieux qu'est le sérum de Dopter, et d’action d'autant plus efficace qu'elle est précoce. Tout ira pour le mieux si le laboratoire dit ménimgocoque; mais si la réponse est pneumocoque. y a-t-1l des avantages, y a-t-1l des inconvénients à avoir pratiqué celte injection un peu bâtivement ?

Des avantages dans la pratique de l'injection de sérum antiméningococcique dans la méningite cérébro-spinale à pneumocoques : il n'y en a pas.

Dans deux de nos observations, nous voyons ce sérum injecté être inefficace : ‘dans l'observation XVIII, une 1njection de 20 ce. produit une amélioration passagère des

symptômes.

= De

Dans le cas de Caussade et Logre (obs. D), l'injection de 80 cc. n’a été suivie d'aucune amélioration, mais les caractères du liquide ont été modifiés : il est devenu plus fluide. 11 semble que la quantité de fibrine a diminué, ce qui a rendu la ponction plus facile qu'au début de la maladie. Le pneumocoque n'a nullement souffert : le sérum antiméningococcique n'a eu sur lui aucune action empêchante.

Des inconvénients, il y en a quelques-uns : l'introduction dans l'organisme humain d’un sérum animal quelconque n'est pas une opération absolument inoffensive.

On a observé quelques accidents consécutiis à ces injections : ceux dus au sérum anti-méningococcique ont été étudiés dans la thèse de Duboscq.

On peut observer des accidents au cours de la première injection, ils se traduisent parfois par un syndrome méningé relevant de la méningile sérique : cette réaction des méninges à l'introduction dans le cul-de-sac arachnoïdien d'un sérum a été bien étudiée par Sicard.

Elle se traduit cliniquement par les signes habituels de méningite, et seule la ponction lombaire vient révéler leur origine sérique : si on la pratique trois ou quatre heures après le début des accidents, elle permet de retirer un liquide louche, opalescent où puriforme, contenant des polynucléaires en grande quantité, mais ne renfermant pas de microbes : ce qui est caractéristique.

Ce sont là des accidents non très graves par eux-mêmes, mais pouvant (lorsqu'ils apparaissent dans le cours de la maladie) donner lieu à des erreurs de pronostic : laissant croire à une rechute; on a des erreurs de diagnostic faisant croire à une méningite microbienne, qui n'existe pas en réalité.

D'autre part, une injection de sérum met le sujet en élat d'anaphylarie, ce qui, plus tard, pourra être l'origine d'accidents graves au cas où l'injection d’un sérum quelconque, contre le tétanos ou la diphtérie par exemple, devra être pratiquée.

Que faire donc dans ces cas à évolution très rapide, dans lesquels le danger de l'attente peut être plus grand que les risques d'accidents à courir en pratiquant une injection ?

Netter est affirmatif à ce sujet et, dans un rapport au Congrès de l'Association française de pédiatrie, 1l s’exprime en ces termes : |

« On n'’attendra pas qu'un examen bactériologique complet ait prouvé qu'il s'agit de méningocoques. On injectera le sérum anti-méningococcique toutes les fois que la ponction amènera un liquide trouble. Il sera même sage de procéder à l'injection quand la ponction aura amené un liquide clair. Le liquide céphalo-rachidien peut, en effet, être clair, soit dans les premiers jours, soit à une période avancée. Il y aura donc avantage à ne pas ajourner une injection; nous avons procédé ainsi en maintes circonstances et injecté du sérum dans des cas de méningite tuberculeuse, de méningite à pneumocoques; même dans les cas de réactions méningées au cours de la pneumonie, de la fièvre typhoïde, d’oreillons, etc... nous n’avons relevé aucun Inconvémient à son emploi.

« Mais si, après la première injection, l'examen d'un hquide trouble a fait reconnaître le pneumocoque, les injections de sérum seront inutiles, le sérum agissant comme un médicament spécifique. »

En outre de la rapidité d'évolution de l'affection, on

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liendra compte aussi des circonstances locales et du moment; dans un moment d'épidémie ou dans une ville comme Paris, où les cas sporadiques à méningocoques sont fréquents, mieux vaut peut-être agir vite et avani le diagnostic absolu, dans la crainte que le méningocoque ne soit aussi en cause et que l'on ait aflaire à l'association des deux microbes.

Mais, en dehors des cas d’épidémie, et dans un centre où les méningites à méningocoques sont très rares, il semble qu'on ne peut être aussi affirmat.

. Depuis que Netter exprimait son avis, les inconvénients des injections de sérum ont été mieux connus et les méthodes de laboratoire se sont perfectionnées, permettant un diagnostic de plus en plus précoce. Et, dans la plupart des cas, il nous semble que ce sont les conseils suivants, donnés par Widal, que l'on doit suivre : « Puisque nous sommes maintenant suffisamment outillés, dit-il, pour l'examen du liquide céphalo-rachidien et du sang, puisque les nouvelles méthodes de recherche microbienne, cytologique, de réaction de Vincent, d'agglutination, de réaction de fixation peuvent le plus souvent permettre d'assurer un diagnostic immédialement, ou en moins d’une journée, faisons crédit de quelques heures au laboratoire, et ne pratiquons la sérothérapie rachidienne qu'à coup sûr. » (Widal, Congrès français de médecine, 15 octobre 1910.)

Prophylaxie. — La méningite cérébro-spinale à pneumocoques, avons-nous dit, ne doit pas être considérée comme étant plus contagieuse que la pneumonie.

Pour la prophylaxie, comme pour le traitement, la nécessité d’un diagnostic étiologique rapide s'impose : les

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N. die mesures à prendre dans les cas de méningite à méningocoques sont sévères et leur application doit être faite le plus tôt possible. |

Ces mesures ne sont pas à appliquer quand il s'agit du pneumocoque, et nous ne pensons pas qu'on doive traiter un méningitique autrement qu'un pneumonique et, à notre avis, les mesures suivantes, que Comby recommande de prendre chez les enfants, dans un cas de pneumonie, sont suffisantes.

La pneumonie étant une maladie à contagiosité très faible, l'isolement rigoureux des malades qui en sont atteints ne s'impose pas. |

« Les enfants bien portants, dit cet auteur, ne devront partager ni le lit, n1 la chambre de leurs parents atteints de pneumonie. Leur interdire de quitler l'appartement, la maison, ne sera pas une mesure obligatoire, mais simplement une mesure de prudence. Les linges seront désinfectés par le sublimé; on nettoiera fréquemment la bouche des enfants malades ou convolescents de pneumonie (gargarisme, irrigations boriquées), pour faire dis-

-paraître le pneumocoque qui persiste si souvent dans leur salive. » , Ces mesures sont aussi bien applicables à l'adulte.

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