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les gaines de myéline, les bandelettes roses le tissu fibreux (fig. 4).
Enfin, presqu’à l’extrémité de la pièce, à 4 millimètres de l’origine du faisceau, la réaction méningée devient extrêmement faible. Par contre, on observe un autre phénomène, le faisceau s’est tassé et n’occupe plus dans sa gaine qu’une partie de la place qu'il occupait plus haut. Il donne l'impression de flotter dans sa gaine. La comparaison des figures ci-contre en donne une idée. Cette diminution de volume correspond à la disparition progressive des faisceaux dans lesquels les fibres nerveuses sont plus altérées. Il s’est fait une véritable sclérose atrophique du nerf (fig. 5).
Le faisceau B présente sensiblement les mêmes lésions, avec cette différence toutefois que l’endonévrite, la périnévrite, qui paraissent et sont plus intenses, sont, en réalité, moins mordantes pour les fibres nerveuses. I y a sclérose du nerf avec hypertrophie ou sans atrophie, tandis que dans le cas précédent il y a sclérose avec atrophie.
Voici le détail des lésions : Avant son entrée dans sa gaine, un peu au-dessous du précédent, ce faisceau est représenté par quatre fascicules, a, b, c, d, juxtaposés, mais non encore adhérents. Chacun présente la même périfasciculite, la même vascularité que le faisceau précédent. L’endofasciculite paraît moins intense. À ce niveau l’un des fascicules a est coupé dans le sens de la longueur, l’un b dans le sens transversal, les deux autres c, d obliquement ; tous, ils sont engainés à distance par un feuillet arachnoïdien, qui,
70 LÉSION DE NÉVRITE RADICULAIRE TRANSVERSE
comme pour le faisceau précédent, s’épaissit au fur et à mesure qu'il s'approche du canal dans lequel se logera le faisceau (fig. 3).
Puis tous les fascicules entrent dans la gaine arachnoïdo-dure-mérienne commune, s’accolent immédiatement l’un à l’autre et le faisceau est constitué. L’aspect de chaque fascicule n’a guère changé, on y retrouve la même endofasciculite, périfasciculite que plus haut, une partie étant devenue de l’endonévrite.
La gaine arachnoïdienne est toujours très épaisse, remplit la moitié de l’espace qui sépare le faisceau de la gaine durale, elle n’est pas encore accolée au faisceau lui-même.
Au fur et à mesure que ce faisceau B descend, ve et périnévrite et surtout arachnoïdite augmentent, si bien que, t millimètre au-dessous de l'entrée du nerf dans sa gaine, le faisceau est parcouru par deux épaisses bandes de tissu fibreux représentant les anciennes cloisons interfasciculaires, augmentées de largeur et d’où partent des fibres qui forment un réseau à travées relativement denses et dont les mailles enserrent les fibres nerveuses. La méningite est tellement développée que l’arachnoïde hypertrophiée remplit tout l’espace qui sépare la dure-mère du faisceau ; elle adhère au faisceau sur la moitié au moins de son périmètre. Leila périnévrite par méningite est maximum. Les parois vasculaires sont plus épaisses que jamais. Ce maximum de périnévrite persiste un instant, puis la lésion décroît (fig. 4).
En effet, encore à 1 millimètre environ en aval,
CLovis VINCENT. — Wéningiles chroniques syphililiques. PITeAVE
Fig. 5. — L'arachnoïdite du faisceau B a presque disparu. L'endonévrile persiste encore. Atrophie du faisceau A. Ces 3 figures montrent bien qu'il existe sur les deux fascicules un foyer qui augmente, présente un maximum, décroit. Il mérite bien le nom de foyer de névrite radiculo-/ransverse (Van Gieson.)
G. STFEINHEIL, Éditeur.
l’arachnoïdea beaucoupdiminué d'épaisseur; elleatteint à peine celle qu'elle avait à l'entrée du faisceau dans la gaine durale, elle est accolée à la dure-mère. L'endonévrite a, par contre, augmenté; chaque fascicule est plus que Jamais remanié et tourmenté par les travées conjonctives ; Je dis tourmenté parce que je montrerai que ces travées déterminent des tourbillons de fibres nerveuses ; mais nulle part on ne trouve l'aspect rose uniforme du faisceau comme au niveau de certains fascicules du faisceau précédent. L'endonévrite est ici au maximum, mais elle est moins destructive que dans le faisceau précédent (fig. 5).
À partir de ce ‘point la périnévrite diminue encore, l'endonévrite elle-même tend à s'atténuer, sans disparaître complètement.
L'observation de ces faits permet donc la conclusion formelle suivante: Les deux faisceaux « A » et« B » sont atteints tous deux de périnévrite et d’endonévrilte. Celle lésion a son maximum de beaucoup en un point qui est situé immédiatement au-dessous de l'entrée de chaque faisceau dans la qaine arachnoïdo-dure-mérienne. Îl existe là un vérilable foyer de névrite radiculaire transverse.
Coloration par l'hématéine-éosine orange. — Je viens de montrer les lésions que décelait sur cet hypoglosse la coloration au Van Gieson. Je vais étudier maintenant l'aspect que prend ce nerf après coloration par l'hématéine seule ou par l’hématéine-éosine orange. En effet, le Van Gieson ne met en évidence que des tissus
phoïde signe l’inflammation chronique comme l'infil- :
7% LÉSION DE NÉVRITE RADICULAIRE TRANSVERSE 7 : KE —————— - = {
conjonctifs adultes, à l'état de collagène; il ne permet de juger la quantité du tissu conjonctif du nerf malade que par comparaison avec un nerf sain. L'hématéine, en colorant les noyaux des cellules, permet de saisir l'inflammation encore en activité : elle montre les cellules conjonctives encore à l'état de fibroblastes, x l'infiltration lymphoïde; or on sait que linfiltration lym-
tration par les polynucléaires et les hématies signe l'inflammation aiguë.
Je ne passerai pas en revue les coupes millimètre Fa par millimètre, comme dans le procédé précédent; je : dirai seulement quelques détails particuliers que re-
présentent les coupes reproduites.
Les différents fascicules, qui constituent un faisceau, sont, à des degrés divers, véritablement infiltrés de cellules d'origine conjonctive représentées par leur noyau. Ce sont tantôt des fibroplastes à noyau étalé, ' clair, peu riche en chromatine, à protoplasma invisible dans les fascicules ; ils sèment véritablement la à coupe et cachent les tubes à myéline qui restent. Ce | sont lantôt des éléments allongés à noyau plus rétracté ayant déjà sécrété du collagène, serrés les uns contre les autres et formant des coulées dont la direction générale représente la direction du trousseau fibreux auquel ils donneront naissance. Ce sont encore des lymphocytes, qui existent soit seuls, soit HÉSRSE aux éléments précédents.
Le tissu conjonctif inter- et périfasciculaire a subi des transformations analogues ; presque partout il est
formé de fibroplastes imbriqués et constituant des couches épaisses d’où partent de véritables expansions qui pénètrent et dissocient les fascicules. Au milieu de ce tissu conjonctif en état de réaction, presque tous les vaisseaux sont malades ; il n’est guère de capillaires
qui ne soient formés de trois ou quatre couches de cel-
lules conjonctives concentriques à noyaux fortement teintés, entourées déjà d’une couche très dense de collagène; certaines artérioles sont frappées à un tel point que la lumière est obstruée parles cellules endothéliales en réaction qui saillent de sa membrane interne. Enfin certains vaisseaux, particulièrement les veines, sont infiltrés jusque dans leur adventice par des lymphocytes. De véritables nodules lymphoïdes, qui se détachent en bleu sombre sur le fond général gris rose des coupes, se trouvent ainsi formés (fig. 6, D) ,
Enfin, l’arachnoïde et même la dure-mère voisine
montrent des lésions qui ne sont pas moins accentuées.
Le Van Gieson avait fait voir déjà l'arachnoïde épaissie et constituée en partie par du tissu conjonctif
adulte, coloré en rose par la fuchsine du réactif. L’hé-
matéine met en évidence que là comme ailleurs l'inflammation est encore en évolution. On trouve des lésions analogues à celles que l'on observe sur le tissu conjonctüif périfasciculaire : augmentation du nombre
des cellules fixes, infiltration par des lymphocytes, par :
des mononucléaires de grande taille, des polynucléaires neutrophilés, des cellules éosinophiles polynucléares ou mononucléaires, enfin des globules rouges.
74 LÉSION DE NÉVRITE RADICULAIRE TRANSVERSE re
Au point où se produit une adhérence, entre l’arachnoïde ét le faisceau nerveux, la symphyse se fait par un mécanisme analogue à celui par lequel s'opère une symphyse dans n'importe quel point de l'organisme, c'est-à-dire formation d'un exsudat représenté par un réseau fibrineux comprenant dans ses mailles les éléments de l'inflammation chronique auxquels se mêlent des fibroplastes isolés, déjà accolés à des blocs de collagène, de structure plus où moins fibrillaire. On a l'aspect que représente la figure 8, où le foyer de névrite radiculaire transverse est maximum.
Enfin, pour terminer, et c’est là un point sur lequel je veux insister, les coupes à l’hématéine-éosine montrent que le travail inflammatoire a dépassé l’arachnoïde. La dure-mère elle-même est intéressée. On trouve dans son épaisseur un grand nombre de vaisseaux entourés d'une gaine lymphoïde d’artères et de veines frappées d’endo- ou péri-artérite ou d’endo- et périphlébite. C’est là un fait très important ;-car on peut, dans certains cas, retrouver en dehors du nerf radiculaire, dans les espaces conjonctifs qui creusent la dure-mère, des tracés de cette inflammation, alors qu'au niveau du nerf radiculaire on ne trouve plus qu'une cicatrice,
Ces observations me permettent d'affirmer qu'il existe sur ce nerfune inflammation en évolution ayant un maximum en un point qui est le même que celui montré par le Van Gieson.
Coloration des fibres nerveuses. — Je vais mainte-
nant montrer quelles altérations des fibres nerveuses.
CLovis VINCENT. — Méningiles chroniques syphilitiques. Dies, WT