‹ Des Méningites Chroniques SyphilitiquesChapitre 22 sur 31 · CA · texte numérisé non relu

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Moelle cervicale.

F1G. 2. — Coupes de la moelle du premier malade.

On remarquera la dégénérescence des cordons de Goll et de Burdach sur presque toute la hauteur de la moelle. Les champs postéro-externes sont conservés à la moelle cervicale: les fibres endogènes le sont au moins en partie.

& STEINHEIL, Éditeur.

4° segment lombaire.

permet de mesurer des troubles musculaires que ne nous révèle pas l'examen direct de l’amplitude des mouvements des globes.

Il n'existe rien de semblable au niveau de la langue, et l’on conçoit fort bien que certaines paralysies incomplètes dans cet organe musculaire restent insoupçconnées. :

Je passe maintenant à l’étude des lésions du nerf proprement dites.

Un nerf hypoglosse normal est constitué par un nombre variable de faisceaux. Je donne le nom de faisceau à chacun des paquets de fibres nerveuses qui ont une gaine durale et arachnoïdienne commune avant de se fondre dans le tronc du nerf périphérique.

Le nombre des fascicules qui constituent un faisceau est variable suivant les cas ; tantôt tous les fascicules qui sortent du bulbe se réunissent pour former un seul faisceau ; 1! n’y a qu’une gaine durale ; tantôt il y a deux faisceaux principaux et des accessoires, comme dans le cas dont je m'occupe.

Dans l’ensemble, cependant, chaque faisceau a la même structure. Il est constitué par trois, quatre ou cinq fascicules pressés les uns contre les autres, polygonaux {sauf à la périphérie) par pression réciproque.

Les fascicules sont séparés l’un de l’autre par une mince cloison conjonctive, formée de quelques fibres juxtaposées ou pressées, dans lesquelles les noyaux sont rares. Ces cloisons représentent la gaine arachnoïdienne viscérale, qui accompagne le nerf dans l’espace sous-arachnoïdien. Au niveau des angles des

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64 LÉSION DE NÉVRITE RADICULAIRE TRANSVERSE

différents fascicules, il y a, en général, des vaisseaux, artères, veines de structure normale. Bref, il n’y a là que du tissu conjonctif au repos. Une gaine conjonctive périphérique enveloppe les différents fascicules pour en faire un seul faisceau. Elle est elle-même très mince et contient des vaisseaux.

Tant que le faisceau n’est que le nerf radiculaire, il est entouré, mais à distance, par le feuillet dit pariétal de l'arachnoïde. De même, il n’y a pas adhérence intime entre ce feuillet arachnoïdien et la gaine durale. La soudure entre la dure-mère et l’arachnoïde ne se

fait, semble-tl, que là où commence le nerf périphé-

rique. Le feuillet arachnoïdien est extrèmement mince ; ilest constitué par quelques fibres conjonctives contre lesquelles sont plaqués de rares noyaux.

Enfin, chaque fascicule est très pauvre à son intérieur en tissu conjonctif. Les fibres nerveuses qui le constituent sont serrées les unes contre les autres sans interposition, semble-t-il, de fibrilles conjonctives. Il n'y à qu'au niveau des espaces triangulaires limités par trois fibres nerveuses que le Van Gieson montre un point rouge qui correspond très vraisemblablement à un entre-croisement de fibrilles conjonctives.En réalité, à un très fort grossissement, on voit que de très minces fibrilles conjonctives séparent l’une de l’autre chaque fibre nerveuse. La coloration à l’hématéine montre que là aussi les noyaux sont extrêmementrares et qu'on est en présence d'un tissu conjonctif tout à fait endormi. |

La figure ci-jointe donne une idée de la structure

d'un faisceau normal. Il a été prélevé sur une vieille

femme de la Salpêtrière (fig. 1).

Dans l’état pathologique que je vais décrire, tout cela se modifie, Il y a augmentation du tissu conjonctif

interfasciculaire et intra-fasciculaire. Par conséquent

endo-névrile intra- et interfasciculaire ; il y a prolifération du tissu conjonetif périfasciculaire, prolifération ù du tissu conjonctif arachnoïdien (pariétal}, symphyse __ enun pointentre le feuillet arachnoïdien épaissi et le

tissu conjonctif périfasciculaire, par conséquent péri-

névrile. Tout cela est accompagné de vascularite, d'infiltration lymphoïde périvasculaire ou disséminée, in- GS dice de l’activité de la lésion. Bref il y a là une véritable = sclérose du nerf radiculaire ayant son maximum en

un point déterminé et encore en activité. :

Je vais maintenant préciser, pour chaque faisceau de cet hypoglosse, les lésions observées. Il est constitué

ST 32, a 4

par quatre faisceaux, deux volumineux principaux.

me. deux très pelits aberrants. Je m HECUPErE surtout des

24 deux gros faisceaux.

% Les deux faisceaux principaux ne s’enfoncent pas

43 rigoureusement au même point dans leur gaine mé-

. ningée. L'un, celui que j'appellerai faisceau A; s'en- 264

: fonce le premier. [a été intéressé par la coupe d'emblée Loir

: perpendiculairement à sa direction. L'autre, celui que “8

Û j'appellerai faisceau B, s'enfonce à quelques dixièmes ! Ne

4 de millimètre au-dessous du précédent. Il a d’abord Re une direction oblique par rapport à sa direction défin- ce

| tive et est d’abord coupé en long par le rasoir. Puis ue

k . les deux nerfs courent parallèlement l’un à l’autre, 73

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‘laire normalement

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. 66 LÉSION DE NÉVRITE RADICULAIRE TRANSVERSE

chacun dans unegaine dure-mérienne et arachnoïdienne propre jusqu’à leur fusion pour constituer le tronc du nerf périphérique, fusion que je n'ai pas observée. Cela n’a d’ailleurs pas d'importance, je crois, pour l'étude de la lésion. Je montrerai, en effet, que la méningite périfasciculaire ou intrafasciculaire, ou si lon veut, la péri- et l’endo-névrite cessent avant la fusion des deux faisceaux principaux en un tronc commun.

Je vais maintenant dire, avec le plus de précision possible, l'aspect que prend chacun de ces faisceaux après coloration par le Van Gieson, lhématéine-éosine orange, les divers procédés de ‘coloration des fibres nerveuses.

GColoraltion par le Van Gieson. — Faisceau A, composé de quatre fascicules : deux de gros calibre a etb et deux de petit calibre €, d.

Sur les premières coupes, le faisceau n'est encore constitué que de fascicules isolés, c’est-à-dire que tous les fascicules n'ont pas encore une gaine arachnoïdo-dure-mérienne-commune. Déjà cependantles fas-

cicules isolés sont altérés ; les deux plus gros a et à

moins que les deux petits, c et d.. Gette altération se traduit par un épaississement de la gaine périfaseicuà peine visible, qui apparaît ici sous la forme d’une bandelette colorée en rose. Elle se traduit encore par l'épaississement des parois vasculaires, par l'aspect rose général que prend tout le fascicule, sur lequel se détache les gaines jaunes de myéline. Normalement, les gaines de myéline apparaissent presque seules.

Crovis VINCENT. — Méningiles chroniques syphilitiques. le, LUS

à Arachnoïde énormémen( épaissie, Arachnoïde.

FiG. 3. — Épaississement de l'arachnoïde autour du faisceau A. Épaississement de

la même membrane au fond de la gouttière qui loge le faisceau B. Cloisonnement des fascicules par des travées conjonctives limitant de petites mailles recevant chacune trois ou quatre fibres. (Van Gieson.)

G. STEINHEIL, Éditeur.

Les plus petits des fascicules apparaissent formés presque exelusivement de tissus fibreux. Ils sont représentés par un bloc rose, percé par les orifices de vaisseaux épaissis, remplis ou non de sang, et sur lequel se détache, de distance en distance, un point Jaune, qui correspond à une fibre myélinique normale.

La gaine arachnoïdienne est déjà épaissie, mais elle n’a pas encore l'épaisseur qu'elle aura plus tard.

Plus bas, les fascicules s’accolent et, pour les recevoir, la méninge se déprime en gouttière. L'aspect général de chaque fascicule n'est pas encore changé beaucoup ; par contre, l'aspect de l’arachnoïde l’est énormément. La coupe montre que, au fur et à mesure que cette membrane descend au fond du cul-de-sac “qui loge le faisceau A, son épaisseur augmente (fig. 3, 6). Au fond il devient cinq ou six fois plus épais et déjà 1l y a soudure entre ce feuillet et les fascicules voisins. La périnévrite ébauchée par l’hypertrophie de la gaine périfasciculaire se prononce. Je montrerai que ce phénomène est le même pour le faisceau B. Cet épaississement progressif de la gaine périfasciculaire est une des choses les plus intéressantes que montrent ces coupes. Elle explique en partie la névrite radiculaire transverse. Car sila méningile est diffuse, elle est énormément plus prononcée au point où le nerf radiculaire s'enfonce dans sa gaine arachnoïdo-dure-mérienne et dans les premiers dixièmes de millimètre de cette gaine.

Sur les coupes suivantes, le canal dure-mérien est

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68 LÉSION DE NÉVRITE RADICULAIRE TRANSVERSE

constitué, la gaine arachnoïdienne est partout hypertrophiée, elle adhère en plusieurs points au faisceau nerveux. Elle n’y adhère d’ailleurs jamais d'une façon aussi intense que dans le faisceau B. Les différents fascicules du faisceau se sont encore rapprochés l’un de l’autre, ils ne se sont pas encore soudés, sauf pour les fascicules a et d (fig. 3).

Dix-huit coupes plus bas {environ 15 millimètres) l’aspect change un peu : 1° l’arachnoïde reprend une épaisseur plus voisine de la normale ; 2° tous les faisceaux sont rassemblés dans une gaine commune et commencent à se souder l’un à l’autre, un faisceau véritable est formé là où 1l n’y avait auparavant que des fascicules juxtaposés.

La lésion de périfasciculite et d’endofasciculite reste la même, avec cette différence que, dans tous les points correspondants à l’accolement des faisceaux, la périfasciculite devient de l’endonévrite interfasciculaire.

Au-dessous encore, 1 millimètre environ plus bas, l'arachnoïde a diminué encore d'épaisseur et la membrane s’est éloignée du faisceau pour s’accoler presque à la dure-mère. Les cloisons interfasciculaires commencent à disparaître ; par conséquent, 1ly afusiondes divers fascicules entre eux et on ne les distingue plus sur la coupe du fascicule qu’à la teinte différente des parties correspondantes de cette coupe. Aux fascicules très atteints d’endonévrite intrafasciculaire correspondent des parlies presque exclusivement roses, à ceux moins altérés correspondent des parties tigrées de jaune et de rose; les taches ou traînées jaunes représentent

À Crovis VINCENT. — Wéningiles chroniques syphililiques. Pit AE:

| Arachnoïde.

Arachnoïde très épaisse.

Fig. 4. — Le faisceau À n'est plus frappé que par l'endonévrite. L’arachnoïde à repris à peu près son épaisseur normale, Le faisceau B présente les mêmes lésions que le faisceau A sur la figure précédente (endonévrite, arachnoïdite). (Van Gieson.)

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