‹ Des Méningites Chroniques SyphilitiquesChapitre 25 sur 31 · EU UE OS · texte numérisé non relu

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tubes sains sans ordre systématique apparent. Parfois cependant les petits tubes presque incolores sont grou-

pés par paquets de trois ou quatre dans le même anneau

conjonctif. Ces petits paquets ont donc un des caractères principaux que l’on attribue au faisceau de la régénération. | A.

Le fascicule voisin à est plus altéré; les gros tubes y sont rares ; 1l en existe une trentaine au plus pour un

fascicule qui, par son volume, devrait en contenir le

triple ; les tubes minces, au contraire, presque incolores, y sont très nombreux. Grâce à un tourbillon déterminé vraisemblablement par la prolifération conjonctive, quelques-uns sont coupés en long et on prend connaissance de leur aspect sur une plus grande étendue. De ces tubes pâles, étroits, les uns sont régulièrement calibrés ; sur toute leur longueur, ils sont formés par deux lignes parallèles très minces ; leur intérieur est à peine teinté en bleu gris clair; d’autres, au contraire, sont monoliformes par endroit, suivis de parties filiformes plus ou moins longues. On a ainsi les aspects signalés par Dejerine et Thomas dans les racines des tabétiques.

Les faisceaux c et d présentent les mêmes altérations, plus intenses encore. Il n'existe plus que quelques fibres normales ; il y a, par conséquent, un étroit rapport, semble-t-il, entre l’état du tissu conjonctifet l’état du nerf. |

Sur les coupes suivantes, les différents fascicules réunis en faisceau montrent les mêmes lésions un peu plus accentuées. En effet, dans le fascicule a, un grand

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nombre de fibres, restées normales sur les coupes supérieures, tendent également à se dépouiller de leur myéline. Les fibres épaisses à gros contour noir sont très rares. $

Il ne s’agit pas là d’une faute de technique, d’un défaut d’imprégnation ; certaines fibres du même fascicule ont un aspect normal; surtout celles du faisceau voisin, qui a subi les mêmes réactions chimiques, se présentent avec leurs caractères normaux. D'où la conclusion : Dans la traversée du foyer inflammatoire, les fibres se sont aliérées ; de même dans les fascicules voisins les fibres normales ont disparu.

Plus bas encore, les fibres primitivement saines ont encore davantage tendance à prendre l'aspect de véritables ombres de tubes à myéline, et cela tranche quand on regarde celles du faisceau voisin.

Un petit fascicule de cette coupe est intéressant (fig. 10); tandis que dans les autres fascicules les tubes à myéline sont épars, séparés par des travées conjonctives plus épaisses qu'eux, dans le pelit fascicule en question les fibres fines sont étroitement groupées les unes contre les autres, quelques-unes seulement sépa-

rées par de fines fibrilles conjonctives.

Plus bas encore, alors que le faisceau est atrophié, le même aspect se conserve, avec cette différence que les tubes nerveux ont plus de tendance à se grouper. Je rappelle qu’à ce niveau le foyer inflammatoire est passé.

Dans le faisceau B (fig. 11), on observe les mêmes phénomènes, avec celte particularité, toutefois, que lesfibres

CLovis VINCENT. — Méningiles chroniques syphilitiques. PIAExe

FiG. 11. — Faisceau B. — La plupart des fibres sont de taille normale et de coloration normale; on remarque cependant entre les fibres d'aspect normal des fibres semblables à celles de la figure précédente.

G. STEINHEIL, Éditeur.

altérées sont bien moins nombreuses que dans le fais-

ceau précédent. Mais là aussi les fibres altérées augmentent de nombre dans la traversée du foyer inflammatoire. FA

Dans ce faisceau B, un des te à l'entrée du nerf dans la méninge, a été coupé en long. On y suit la même fibre sur une très grande longueur. On y peut voir ainsi, à côté de fibres de taille, de coloration nor-

males, des fibres pâles ou filiformes, comme celles que

J'ai signalées dans le fascicule b du faisceau A. Toutes ces fibres présentent la même teinte, la même forme, le même aspect général sur la longueur où il est possible de les suivre. Cet aspect des fibres nerveuses n’est donc pas un accident, un caprice de coloration ou d'imprégnation.

Quelle est maintenant la valeur de ces fibres d’aspect anormal?

Sont-ce des fibres altérées par la péeenee d’un foyer inflammatoire sur leur trajet?

Sont-ce des fibres normales que l'endonévrite a dissociées et, montre séparées de leurs voisines, alors qu’en groupe elles peuvent passer inaperçues ?

Ou bien, encore, ces fibres ont-elles été altérées par les réactifs : fixateurs, colorants ?

Ce ne sont pas, à mon avis, des fibres normales mises en évidence par la dissociation pathologique. Des coupes, pratiquées sur un nerf hypoglosse normal,

raitées par les mêmes réactifs et suffisamment fines

pour que les tubes nerveux apparaissent séparés l'un de l’autre, montrent une fibre fine toutes les six ou

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huit grosses. Elles ne montrent pas de tubes incolores ou ponctiformes comme j'en ai signalés. Done un nerf hypoglosse normal ne montre pas l'aspect décrit.

On ne peut pas, par conséquent, logiquement admettre qu'il s'agit là de fibres normales.

Sont-ce des fibres artificiellement anormales ? Je ne

le pense pas non plus, pour les raisons suivantes : un nerf hypoglosse normal, traité par les mêmes réactifs : formol, bichromate, celloïdine, acide osmique, ne présente rien de semblable. Bien plus, dans la même pièce, sur la même coupe, des fibres voisines, adjacentes, des fibres de faisceaux voisins, placés dans les

conditions aussi semblables que possible, se compor- De

tent de différente façon vis-à-vis du même réactif, et ii

cela pas en un seul point de leur trajet, comme cela 3 pourrait être après un défaut de coloration ou d'impré- 1 V7

gnation, mais sur une longueur microscopique relati- se

- vement grande. \& À DE j a

(ee Il est donc peu probable que cet aspect des fibres di soit artificiel; cela est encore moins probable après ‘: examen des arguments suivants :

| 1° Dans le cas étudié le nombre des fibres alté- JS pa rées augmente dans la traversée du foyer inflam- F3

1 . matoire; Le NE ae Done des fibres altérées nn a-UN:COP- ÈS Du tain point proportionnel à l’acuité du processus inflam- | À matoire. C'est dans le faisceau atrophié que les fibres de altérées sont de beaucoup les plus nombreuses, puis- | qu’à sa sortie du foyer inflammatoire il semble n'être | De plus constitué que par des fibres altérées. Fe

re S

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